‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 203 sur 350 · LA PARABOLE DE L’IVRAIE DANS LES EMBLAVURES · texte numérisé non relu

LA PARABOLE DE L’IVRAIE DANS LES EMBLAVURES

2 , Propre à Mt. Sans le dire, Mt. nous met de nouveau en présence des foules

4 (34), n'ayant rien ici de l'instruction sur le mystère de Mc. 1v, 21-25 (Le. vnr, 46-

«” 18). — Comme commentaire général, je reproduis ici ce qu'a dit le regretté

ἊΝ P. Biever, très bon observateur, qui demeura longtemps au bord du lac de

« Tibériade (Conférences de Saint-Étienne, II (4910-1914), p. 279}: « On est | aujourd’hui à peu près d'accord que cette ivraie est le Lolium temulentum des botanistes, le zaoudne ou ziouâne des Arabes, que les paysans de la Transjordane appellent aussi hélimoun. … Ayant que les épis ne se montrent, l'œil le plus exercé ne réussira qu'avec peine à distinguer ses feuilles de celles du

; c’est celui qui entend la parole, et Le souci du siècle, et les délices 4 de la richesse étouffent La parole, et il ne peut faire de fruit. Mais - celui qui a été semé sur la bonne terre, c’est celui qui entend la [ parole et qui comprend, qui fait des fruits et produit Fun cent, δ: |

l’autre soixante et l’autre trente ». 341] Leur proposa une autre parabole,, disant : « Le règne des cieux pourrait être comparé à un homme qui ἃ semé de bonne semence dans son champ. *Or pen dant que les hommes dormaient, son ennerni vint, et il sema par-.

froment; mais après la formation des épis l'enfant le plus inexpérimenté | apercevra aussitôt la différence entre les gros épis de froment et les touffes È d’épis effilés de la zizanie. Mais si l’on essayait à ce moment d’arracher l'ivraie,

on serait non seulement obligé d'entrer dans les champs et de piétiner sur les

épis de froment, mais on risquerait aussi d'enlever une bonne quantité de fro-

ment avec l’ivraie dont les racines sont entrelacées avec celles du froment.On

attend donc jusqu’à la moisson. Le froment atteignant ordinairement une

hauteur plus haute que la zizanie, les paysans, avec leurs faucilles, coupent le : | blé au-dessus de la zizanie de sorte que les épis de celle-ci ne sont pas touchés. Souvent on entend à cette occasiom le maître du champ dire aux moissonneurs : Erfa'ou iadékom. « levez vos mains plus haut », ce qui veut dire : ne baïissez pas trop la faucille,. afin de ne pas couper l’ivraie. De cette manière le froment pur est lié en gerbes, Ordinairement les moissonneurs arrachent déjà l'ivraie au fur et à mesure qu'ils coupent le blé et la jettent en petits tas derrière eux, où elle pourra être brûlée plus tard, ce qui se fait ordinairement, du moins au bord du lac, après que les aires ont été dépouillées et que la paille hachée et le blé sont rentrés. Ce sont les bergers et les gamins qui se chargent de: cette besogue. » — C'est avec un jeu de mots, mais d’après une réalité, que Gen. rab. p. 28 fin. sur Gen. vi, 44 écrit : FN NPD ΝΥΠῚ MONT 79 PONT ὙΠ AND PINT EN C'est-à-dire qu'avant le déluge la terre elle-même forniquait : on y semait du (ἢ blé, elle produisait de l’ivraie. AS

DZ ν 'ῳ δ, λῶν» D

24) Une parabole dont l’objet est mdiqué est déjà moins obscure: nOUS Savons Ἢ ici que là parabole aura trait au royaume des eieux. C’est quelque chose. ) D'ailleurs la formule (cf. RB., 1909, 356), conçue selon l'usage des écoles, ne : 1 compare pas le royaume au seul geste du semeur. C’est tout le récit qui sera ᾿

de nature à faire comprendre par une analogie sensible, comment se justifié 7

la conduite du Seigneur du royaume. — παρέθηχεν comme Ex. xix, 7; cf. Ex τ

xx, À; ἢν. 1v, 44, — αὐτοῖς est la foule, d’après le v. 34. 46

25) Dans les villages de Palestine, il n’est pas rare qu’un homme ait son Ἢ

ennemi particulier, et les vengeances agricoles sont très fréquentes, arbres 4 coupés, moissons brülées, etc. Le cas de l’évangile n’est pas invraisemblable. ‘a

Il avait. avantage de nuire sérieusement sans éveiller la clameur publique qui 2 aurait aussitôt désigné l'ennemi. Durant longtemps on ne se doutera.de rien. 4

« Pendant que.les hommes dormaient » dit en peu de mots que c'était la nuit, L

el que: personne ne s’est aperçu de rien; ce n’est pas un blâme, car si l'on [

veille dans les vignes ou même dans les blés avant la vendange et la moisson,

ren ἢ

ἀνὰ HA τοῦ σίτου χαὶ & ei 26 : ὅτε δὲ ἐβλάσι θεν ὁ χόρτος χαὶ χαρπὸ τ

Où, μή ποτε συλλέγοντες τὰ ζιζάνια ἐχριζώσητε ἅμα αὐτοῖς τὸν σῖτον.

80. μέχρι (TSV) plutôt que ewç (Η) --- om. τω α. καιρω (THY) plutôt que add. (S). — suvayayete (TSV) et non auvayere (H).

personne ne songe à surveiller des champs semés récemment. — ζιζάνιον vient probablement de l’héb. "5, aram. NY, quoiqu'il soit difficile d'expliquer la

duplication du ζ. Il seraït superflu de chercher quelle espèce botanique Jésus

a en vue, s’il n'avait désigné très simplement une plante très connue, redoutée des agriculteurs. La parabole prend ainsi son sens Fe: sans aucune nuance

Li d érudition.

26) ἐφάνη, l’ivraie se manifeste pour ce qu ‘elle était. 27) Les serviteurs s'étonnent, parce que l'ivraie est en quantité extraordinaire.

Leur première question ne prouve pas qu'eux-mêmes n'avaient pas été présents aux semailles, mais seulement que le maître y a présidé. Ils attendent une réponse positive, justement parce qu'ils ont été ou ont pu être témoins.

28) Le maitre ἃ reconnu l’action d’un homme, qui est donc un ennemi, mais

il ne le désigne pas expressément. Sans insister, les serviteurs proposent de remédier au mal. La conversation se tenait dans la maison, où le semeur faisait spécialement figure de οἰκοδεσπότης. Ramasser l’ivraie ne pouvait se faire qu’en l’arrachant.

29) On voit ici ἣν si le fruit avait paru (26), les épis n'étaient pas encore mûrs.

30) Les moissonneurs sont ici d’autres que les serviteurs (cf. Jac. v, 4). Les Bédouins de la Transjordane confient ce soin à des étrangers venus exprès ; il est douteux que cet usage ait existé en Galilée; le trait a pu être choisi en vue de l'explication. — IL paraît superflu de faire des gerbes liées avec l'ivraie; peut-être est-ce à cause de son abondance exceptionnelle, ou parce que déjà le sens figuré pénètre dans la parabole : l’ivraie, soigneusement ligotée, ne pourra échapper au feu. — Au lieu de αὐτὰ εἰς δέσμας, Origène (kom. in Jer. 1, 45

éd. Klost. p. 14) et Épiphane (exvi, 65) ont lu δέσμας EPA tournure plus

sémitique; mais comme cette leçon ne se trouve nulle part, on peut supposer

Er, = ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, XI, 31- SCO

ne déraciniez avec elle 16 froment. #Laissez-les croître ensemble

“brüler, et apportez le froment dans mon grenier. » MU.

poser sa parabole, mais, depuis Holtzmann, on opinait plutôt que Mt. avait

; ἡ dessus de 1 Ἰνγαῖο au milieu du froment, et s’en alla. Quand l'herbe eut poussé et que le fruit fut noué, alors apparut aussi Ὁ l'ivraie. ? Les serviteurs du maître de maison vinrent lui dire : Sei- :' 4 gneur, n’as-tu pas semé de bonne semence dans ton champ? d’où ὯΝ vient donc qu’il a de l’ivraie? 3811 leur dit : Un homme ennemi a fait cela. Les serviteurs lui disent : Alors veux-tu que nous allions la ὁ ramasser? 391] dit : Non! de peur qu'en ramassant l’ivraie vous ἧς:

jusqu’à la moisson; et au temps de la moisson je dirai aux moissonneurs : ramassez d'abord l'ivraie et attachez-la en bottes pour la

811] leur proposa une autre parabole, disant : « Le règne des cieux est semblable à un grain de sénevé, qu’un homme a pris et semé "4 ς Β Du é - ᾿ TIRER que c’est un vestige d’une traduction plus littérale de Ma., d'autant qu'Origène continue : καὶ παράδοτε αὐτὰ πυρί, ce qui ne peut passer pour le texte de Mt. τ La parabole de l’ivraie occupe dans Mt. la même place que dans Mc. celle du grain qui pousse, Sans qu'on y mette la main. L'ancienne critique, depuis Strauss jusqu'à B. Weiss, en concluait que Mec. s'était servi de Mt. pour com-

x VA

écrit librement d’après Mc. en vue de l’allégorie. Spécialement, B. Weiss ve prétendait que l'explication donnée par Mt. (36-43) convenait mal à la parabole, avait été tirée d’un ancien écrit apostolique dont Mt. n'aurait pas compris la pointe. Jülicher (IP, p. 558 ss.) a parfaitement réfuté ces hypothèses; on peut trouver ses arguments en français dans Loisy (1, 777 ss.). Jülicher ἃ prouvé 1220 aussi d’une façon positive que la parabole de l'ivraie (24-30) et son explication ἜΜ (36-43) sont en parfaite harmonie. Nous verrons à propos de l'explication sur quoi il se fonde pour nier l'authenticité de l’une et de l’autre. Depuis Jülicher, MM. Loisy, Klostermann, MeNeïle admettent que Mt. avait sa source particulière et l'influence de Mc. aurait seulement consisté à lui faire choisir cette 14 place. Comme si elle n’avait pu être indiquée à tous deux par l’analogie avec. la première parabole du semeur! LASER 94-32. Le GRAIN DE sÉNEvÉ (Le. xur, 48.19 ; Mt. 1v, 30-32). π΄ Le. n’a pas suivi Mc. quant à la place donnée à cette parabole, et son texte se rapproche davantage de celui de Mt. Mais s’il ne dépend pas de Mc., on doit en dire autant de Mt. Tous deux placent ensuite le levain, absent de Mc. Les critiques inclinent donc (Harn. Sprüche, 99) à leur assigner pour source les Logia (Q). Nous constatons avec eux l'indépendance de-Mt. par rapport à Mc, et nous disons que Mt. a trouvé le morceau dans Ma. Klost. hésite, parce que Mt. pourrait étre le texte de Mc. abrégé et rendu plus coulant. Absolument Ε δ Ε QUE " À τος ὙΨΌΣ parlant, oui, mais les raisons d'admettre un autre texte d'où dépend aussi Le. nous offrent ici la preuve qu’un texte en apparence nettoyé peut être un premier jet, plus heureux pour la clarté, sinon pour l'intérêt concret des détails. ἤν:

270 ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, XII, 31-33. Fa

λαχάνων ἐστὶν χαὶ γίνεται δένδρον, ὥστε ἐλθεῖν τὰ πετεινὰ τοῦ οὐρανοῦ χαὶ χατασχηνοῖν ἐν τοῖς χλάδοις αὐτοῦ. "8 "Αλλην παραβολὴν ἐλάλησεν αὐτοῖς Ὁμοία ἐστὶν ἡ βασιλεία τῶν οὐρανῶν ζύμη, ἣν λαβοῦσα γυνὴ ἐνέχρυψεν εἰς ἀλεύρου σάτα τρία ἕως οὗ ἐζυμώθη ὅλον. BE Ταῦτα

οὐδὲν ἐλάλει ἀὐτοῖς᾽ Porc πληρωθῇ τὸ ῥηθὲν διὰ τοῦ προφήτου λέγοντος

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