‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 210 sur 350 · LE TRÉSOR ET LA PERLE · texte numérisé non relu

LE TRÉSOR ET LA PERLE

Ces deux paraboles, propres à Mt., forment très spécialement une paire. Elles ne sont pas expliquées, peut-être parce qu’elles étaient faciles à comprendre. Elles sont rangées parmi celles que Jésus n’a proposées qu'à ses disciples, ce qui sans doute n’équivaut pas à dire qu’elles n'auraient pu être proposées à

tous. Leur trait commun, c’est qu’elles traitent de la valeur suprême du royaume de Dieu. C’est une excellente affaire que de renoncer à tout pour se mettre en état d'y être admis, pour s'en emparer quand Jésus le propose. Plummer ἃ insisté sur cetté différence que l’homme au trésor ne cherchait pas, tandis que le marchand était en quête de perles. Ainsi celui que la proposition de la vérité vient surprendre dans des pensées mondaines, tandis qu'un autre lui aura consacré de longues veilles. Cette exégèse est peut-être trop subtile. Il était dans la nature des choses qu'un trésor fût trouvé par hasard, et aussi qu'un marchand se donnât la peine d'acheter pour revendre. Dans les deux cas l’acte n’est pas très délicat, car si l'acheteur avait payé le prix, il n'aurait pas fait une bonne affaire. Les propriétaires ne connaissent donc ni le prix du champ avec le trésor, ni celui de la perle. Ce cas doit être jugé comme celui de l'économe infidèle. Si les enfants du siècle savént si bien faire leurs affaires, au risque d’un châtiment futur, quel zèle ne doit-on pas avoir quand il s’agit de

dales et ceux qui commettent l'iniquité “et ils les jetteront dans la fournaise du feu : c’est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. # Alors les justes seront brillants comme le soleil dans le royaume de leur père. Que celui qui a des oreilles entende.

#Le royaume des cieux est semblable à un trésor caché dans un champ : l’homme qui l'a trouvé l’a caché, et dans sa joie il va et vend tout ce qu'il a et achète ce champ-là. # Le royaume des cieux est encore semblable à un homme marchand cherchant de belles perles : {ayant trouvé une perle précieuse, il s’en alla, vendit tout ce qu'il avait et l’acheta.

pratiquer la justice, de tout quitter pour le bien souverain du royaume de Dieu! i

4%) Jésus suppose qu’un travailleur à gages en creusant le sol plus qu'on ne fait d'ordinaire, peut-être pour planter un arbre, a trouvé un trésor. Le cas du

trésor n’était pas rare, dans un temps où les guerres et les invasions étaient fréquentes. On cacha encore bien des choses à Jérusalem en août 1914. L’inventeur, selon la loi romaine, avait droit à la moitié, mais celui-ci préfère avoir le tout, et plein de joie il achète le champ, abandonnant tout ce qu'il a pour avoir le trésor en entier.

C’est exactement le cas d’Horace (Sat. 11, γι, 10 s.) expliqué par Porphyrion : quo effosso (thesauro) ille eundem agrum in quo operam mercenariam faciebat comparavit, mais ici la pointe du conte, c’est que l'inventeur continue à travailler, trait qui ne convenait pas au règne de Dieu. Dans la parabole de Mekilta reproduite par Fiebig (Altjüdische Gleichnisse.… p. 25), c'est après coup que

l'acheteur trouve un trésor; son rôle est nul, aussi l’homme en scène est le

vendeur, désolé d’avoir vendu à bon marché, comme le Pharaon fut désolé d’avoir laissé partir ce trésor qu'étaient les Israélites. Ni la parabole de Jésus, ni celle de Siméon ben Iokaï (vers 150 ap. J.-C.) ne se préoccupent des revendications du vendeur, qui pouvaient se produire (Vita Apollon. τι, 39). — Dans ἐν τῷ ἀγρῷ, l’article est une faute en grec, aussi a-t-il été effacé par D, mais il s'entend assez bien en hébreu : le champ en question (cf. Kautzsch, $ 126, Ἢ, qui constate un phénomène analogue en araméen, Dan. 11, 44; 111, 2).

— ἔκρυψεν, précaution toute naturelle pour ne pas éveiller l'attention du pro-

priétaire. ἀπό (classique ὑπό) est hellénistique, ou rend le sémitique min. — αὐτοῦ est inutile en grec comme gén. subjectif, aussi quelques-uns entendent

« la joie du trésor » (gen. obj.), mais c’est probablement un reflet de l’araméen, où le pronom suffixe s'entend de l'homme. — Les deux verbes ὑπάγω οἱ πωλέω avec ὅσα ἔχει comme Mc. x, 21, tandis que Mt. χιχ, 21 ἃ σοῦ τὰ ὑπάρχοντα. — ἐχεῖνον et non τοῦτον, à cause de l'intervalle depuis ἀγρῷ (Deb. 8 291).

43 5.) Lire ἀνθρώπῳ avant ἐμπόρῳ (Sod. crochets, Ti. Hetz. Vogels) plutôt que

om. (H. d’après ΒΝ, trois minusc.). Le marchand s'adresse sans doute aux pêcheurs de perles, qui n’en connaissent pas la valeur marchande. Il est encore très difficile aujourd’hui de faire comprendre aux Orientaux que les choses ont

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