‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 216 sur 350 · TT PP PT I LE · texte numérisé non relu

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suscité des morts, et c'est pour cela que le pouvoir des miracles ὁ

Philippe son frère; #car Jean lui disait : « Il ne t'est pas permis de l'avoir: » 5 Et voulant le tuer, il craignit la foule, parce qu'on

* Taussi lui promit-il avec serment de lui donner ce qu’elle deman-

classique γενέθλιος ἡμέρα. Les princes syriens et égyptiens célébraient ces anni-

opère en lui. » Car Hérode avait fait arrêter Jean, et l'avait enchaïné et mis en prison, à cause d'Hérodiade, la femme de à + ὃ k

le tenait pour un prophète. 6A l'anniversaire de la. naissance d'Hérode, la fille d'Hérodiade dansa en public et plut à Hérode;

XVII, v, 2) : « Hérode. jugea préférable de le prévenir en le faisant disparaître avant qu'il n’ait fait quelque révolution, plutôt que d’avoir à se repentir après ἢ que le changement serait arrivé. Jean donc ayant été envoyé enchaîné à À Machéronte par suite de la défiance d'Hérode, y fut mis à mort. » Chacune de ST ces interprétations de la pensée d'Hérode a sa vraisemblance, et peut se justifier par l'incohérence des sentiments dans une âme faible comme celle du tétrarque. L'enlèvement et l’emprisonnement dans une forteresse au delà de la mer Morte montre bien qu'il craignait le peuple. D'autre part, le soupçon qui avait dicté cette mesure avait peut-être fait place à des sentiments moins hostiles quand Hérode avait connu son prisonnier de près. La haine d’Hérodiade fit le reste. mi 6) Pour les γενέσια cf. Comm. Me: Dans II Macch. vi, 7, on trouve l'expression ! |

versaires chaque année et même chaque mois (ef. Scaürer, Ζ Macc. 6, 7 j ἷδ πὰ

Monatliche Geburtstagsfeier, ZnTW. 1904 p. 48 ss.) comme le prouvent le décret de Canope (Drrr. Or. gr. 56) et l'inscription d’Antiochus de Commagène ἊΝ (Drrr. Or. gr. 383). Ces fêtes supposaient l’origine divine du roi, maispouvaient

avoir un caractère profane; les princes hérodiens l’entendaient sûrement ainsi. δὰ ἐν Dans les pays protestants, en haine du culte des saints, on souhaite le jour de la naissance, ce qui est en contradiction évidente avec les théories de Luther sur : ᾿ le péché originel, et un retour aux usages païens. DA On ἃ expliqué le datif γενεσίοις γενομένοις comme une cote mal taillée du gémtif abs. et du datif dans Mc. — Il est plus juste de voir dans cette incorrection ᾿ δι trop forte l'œuvre d’un copiste que celle d’un écrivain soigneux. Les mss. ont γενεσίοις. δὲ γενομένοις (NBDLZ) ou γενεσίων δὲ ἀγομένων (Antioche, W, la masse) ὁ γενεσίων δὲ γενομένων (C @:etc.), préféré par Soden. Dans cette situation, le texte primitif doit être γενεσίοις δέ, sans participe. La leçon de Soden et celle-d'An- ΝΣ tioche sont des corrections, mais aussi la première qui ayant gardé le datif ya conformé le participe; γενεσίοις tout court est une excellente tournure (Deb. 8.200, 3), εἴ. γεσεσίοις Pap. Bert. I, 1, 9. 24 etc. (MM). — ἐν τῷ μέσῳ, tournure très: grecque : « em publie »; entre autres Lucien, Peregr. 8... où l’on voit des vieillards μονονουχὶ κυδιστώντας (faisant la culbute) ἐν τῷ μέσῳ. ἣν 1) Pour: ὁμολογέω au sens de promettre, on peut citer Act. vu, 11 (Antioche ὥμοσεν), d'un style très sémitisant, et Jer. τι (héb. xuiv), 25; 1 Macch. v1, 64 (ms. N prima manu). La formule est donc indépendante de Mc., quoique beaucoup plus courte. | 2h ᾿

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μετὰ ὅρχου ὡμολόγησεν αὐτῇ δοῦναι ὃ ἐὰν αἰτήσηται. δὴ δὲ προβιβασθεῖσα ὑπὸ τῆς μητρὸς αὐτῆς Δός μοι, φησίν, ὧδε ἐπὶ πίναχι τὴν χεφαλὴν Ἰωάνου τοῦ βαπτιστοῦ. 9 χαὶ λυπηθεὶς ὁ βασιλεὺς διὰ τοὺς ὅρχους χαὶ τοὺς συναναχειμένους ἐχέλευσεν δοθῆναι, 10 χαὶ πέμψας ἀπεχεφάλισεν τὸν ᾿Ιωάνην ἐν τῇ φυλαχῇ" 11 χαὶ ἠνέχθη ἡ χεφαλὴ αὐτοῦ ἐπὶ πίναχι nat ἐδόθη τῷ χορασίῳ, χαὶ ἤνεγκεν τῇ μητρὶ αὐτῆς. 15 Kai προσελθόντες οἱ μαθηταὶ αὐτοῦ ἦραν τὸ πτῶμα χαὶ ἔθαψαν αὐτόν, at ἐλθόντες ἀπήγγειλαν τῷ Ἰησοῦ. 15 Αχούσας

… à sr 2 Fi τ à ὁ Ἰησοῦς ἀνεχώρησεν ἐχεῖθεν ἐν πλοίῳ εἰς ἔρημον τόπον nat’ ἰδίαν" χαὶ

9. λυπηθεις (TH) plutôt que ελυπηθη (SV) — om. Ge p. δια (TH) plutôt que add. (SV). 10. τον ὦ. Τωανὴν (SV) ou om. (TH).

11. ἐπι (THV) et non εν (S). — om. τω α. mivaxt (THV) et non add. (S).

8) προδιῤασθεῖσα « instruite », cf. Dt. νι, 7, mais non d'avance (Vg. praemonita), ou plutôt, selon le sens normal du mot (Act. xix, 33), mise en avant, poussée par sa mère.

— ὧδε circonstance de lieu, et non du temps (Mc.); assez souvent avec « donner » dans les LXX (héb. nai) Gen. xLv, 5 etc.

9) Ici il y ἃ quelque apparence d’une dépendance de Mc., car λυπηθείς (ou

᾿ ἐλυπήθη), ὁ βασιλεύς, les convives qui n'avaient pas été nommés : tout cela paraît ; 4 [ Ρ

emprunté à Mc. d'autant plus que la tristesse d’Hérode se comprend moins bien dans Mt., après Le v. 5.

Encore est-il que λυπέω peut signifier moins la tristesse que le déplaisir ; cf. Dan. vi, 14 τότε ὁ βασιλεὺς σφόδρα ἐλυπήθη (aram. UNA), qui est tout à fait semblable. Aussi bien ces traits peuvent avoir été ajoutés par 16 traducteur. Jérôme a cru que la tristesse du roi était feinte, et que Mt. s'était fait l'écho de l'impression que cette feinte avait produite; mais l’évangéliste a sûrement pris la responsabilité de cette expression. Même s'il avait résolu la mort du Baptiste, Hérode ἃ pu penser que ces circonstances étaient odieuses et compromettantes. — Les serments et les convives, c’est-à-dire des serments prononcés devant des témoins d’un rang distingué, qui n'auraient pas manqué de reprocher au tétrarque un parjure, sans renoncer pour cela à incriminer sa cruauté.

10) πέμψας, Cf. πέμψασα ἐχάλεσεν Gen. xxvur, 42, tournure sémitique.

11) Sans le réalisme de Me., mais avec le κοράσιον qui indique l’âge de la fille d'Hérodiade.

12) Ce sont bien comme dans Mc. les disciples de Jean, mais avec cette circonstance qu'ils viennent annoncer le triste événement à Jésus qu'ils savaient sympathique. On prétend que Mt. est en contradiction non seulement avec Mc., mais avec lui-même, parce que la réflexion d'Hérode (2) suppose que Jean est mort depuis longtemps (Klost.).

Cela n’est pas du tout nécessaire. D'après Josèphe, Jean ἃ été tué à Machéronte, ct d’après Mc. et Mt, Hérode se trouvait tout près de sa prison, sans

derait. SElle, poussée par sa mère : « Donne-moi », dit-elle, « ici sur un plat la tête de Jean le Baptiste; » ‘et le roi, contristé, [cependant] à cause de sesserments et des convives, ordonna qu'elle füt donnée, letil envoya décapiter Jean dans la prison. 1: Εἰ sa tête fut apportée sur un plat, et donnée à la jeune fille, et elle la porta à sa mère. PEt ses disciples s'étant présentés prirent le cadavre, et l’ensevelirent, et ils vinrent informer Jésus.

BA cette nouvelle, Jésus s’éloigna de ce lieu en barque se retirant dans un lieu désert à l'écart; et les foules l'ayant appris le suivirent

doute dans le palais, pourvu d’une prison. Il n'y a rien là d’invraisemblable, puisque Hérode était probablement dès lors engagé dans la guerre avec Arétas, roi des Nabatéens, et c’est même cette circonstance qui explique le mieux comment il n'avait pas d’abord entendu parler de Jésus. C’est à son retour que ce bruit vient l’inquiéter de nouveau, et il pense d’autant plus au Baptiste que le meurtre récent pèse encore sur sa mémoire si ce n’est sur sa conscience. Après lui, retardés par leur pieuse tâche, arrivent les disciples de Jean. Sur le côté historique de la question, cf. Comm. Mc. En faveur de l'historicité, on lira avec intérêt l’article de M. Windisch, Kleine Beiträge zur ev. Ueberlieferung (ZnTW, 1917, p. 73 ss.) qui montre la vraisemblance du récit surtout d’après l'épisode d’Hérodote (1x, 108-113). Klostermann objecte à Schürer que le peuple n'aurait pas expliqué la défaite d'Hérode comme un châtiment divin pour un fait antérieur de quelques années. Qu'en sait-il? En France on ἃ bien regardé la chute de Napoléon en 1814 comme la punition de l’enlèvement. de Pie VII (juillet 1809). Et les royalistes ne remontaient-ils pas à l'assassinat du duc d'Enghien (1804)? On peut donc placer la mort de Jean en l'an 30 ou 31 et la défaite d'Hérode en 36 — à supposer que Josèphe ait écrit avec précision !

13-21. PREMIÈRE MULTIPLICATION DES pAINS (Mc. vi, 31-44; Le. 1x, 105-47; Jo. vr, 1-15).

Le récit de Mt. est moins long que celui de Le. qui cependant ἃ abrégé Mc. Avec des différences assez notables, il y a quelques expressions qu’on ne peut guère expliquer sans dépendance littéraire. La principale divergence est dans le motif du voyage.

13) Tandis que, dans Mc., Jésus qui vient de recevoir ses apôtres au retour de leur mission les invite à se reposer dans la solitude, Mt. semble dire que Jésus s’y est retiré à cause de ce qu'il vient d'apprendre. Mt. ayant placé la mission auparavant (ch. x), les disciples sont censés présents depuis longtemps. On peut préférer l’ordre de Mc. sur la mission, à cause du caractère systématique des arrangements de Mt., et le motif de la retraite paraît bien avoir été celui qu’il ἃ donné. Mais Mt. n’y contredit pas. Le désir d'éviter ce qu'Hérode eût pu considérer comme une provocation ἃ pu se joindre au motif principal. — ἀκούσας ne peut s'entendre que de la nouvelle relatée au v. 12, et

.non du v. 2. Mais la mort de Jean ne rendait Hérode redoutable pour Jésus qu’à cause de l’ombrage qu'il en avait pris comme d'un nouveau Jean, ou comme

AE ὁ»

ἀχούσαντες οἱ ὄχλοι ἠχολού εἶδεν πολὺν ὄχλον, καὶ ἐσπλαγχνίσθη ἐπ᾿ αὐτοῖς χαὶ ἐθεράπευσεν τοὺς ἀρρώστοὺς αὐτῶν. 19 Οψίας δὲ γενομένης προσῆλθον αὐτῷ οἱ μαθηταὶ λέγοντες "Epnués ἐστιν ὁ τόπος χαὶ ἡ ὥρα ἤδη παρῆλθεν" ἀπόλυσον τοὺς ὄχλους, ἕνα ἀπελθόντες εἷς τὰς χώμας ἀγοράσωσιν ἑαυτοῖς βρώματα. 168 δὲ Ἰησοῦς ο΄ εἶπεν αὐτοῖς Οὐ χρείαν ἔχουσιν ἀπελθεῖν᾽ δότε αὑτοῖς ὑμεῖς φαγεῖν. 17 Oi λέγουσιν αὐτῷ Οὐχ ἔχομεν ὧδε εἴ μὴ πέντε ἄρτους καὶ δύο ἰχθύας. 8 δὲ εἶπεν Φέρετέ μοι ὧδε αὐτούς. Trait χελεύσας τοὺς ὄχλους ἀναχλιθῆναι ἐπὶ τοῦ χόρτου, λαβὼν τοὺς πέντε ἄρτους χαὶ τοὺς δύο ἰχθύας, ἀναβλέψας

δι De es 5) A {] f Ἃ “ Va - Ἂς F2 εἰς τὸν οὐρανὸν εὐλόγησεν χαὶ χλάσας ἔδωχεν τοῖς μαθηταῖς τοὺς ἄρτους

© 45. om. οὖν p. ἀπολυσον (H) plutôt que add. (TSV).

de Jean lui-même. C’est sans doute ce qu’a voulu dire Euthymius : que les deux

} bruits étaient parvenus en même temps à Jésus et qu'il s'était retiré à cause de tous deux. — ἀνεχώρησεν dans Mt. signifie le plus souvent (1, 12.14. 22;

pour se dérober aux recherches, puisque Jésus reviendra sur la rive ouest (34-36), mais une mesure de prudence à un moment où les foules étaient très pressées et peut-être excitées, si bien qu’elles ne veulent pas labandonner. Ψ “ monter en barque étaient peut-être sur la rive orientale; en tous cas cette foule va si vite à pied qu’elle arrive avant Jésus qui R trouve en sortant de la = x si elle s’est groupée autour de lui sur l'autre rive. Dans Mt. la foule ayant #4 appris le départ de Jésus en barque, le suit à pied. Il est clair que ñxokoÿο΄ θησαν est un mot impropre, pour dire que la foule s'arrange pour se trouver de nouveau à la suite de Jésus. L'étonnant est que ἠχολούθησαν, impropre dans om. est précisément le mot employé avec précision par Le. et par Jo. Ce n’est donc pas Mt. qui dépend des deux autres, mais sa tradition qui a été exprimée par Le. et par Jo. en omettant le détail qui la rendait moins appropriée : Jésus en barque et les autres à pied. , ΡΣ 4%) Dans Νο., ἐξελθών s'entend du débarquement, parce qu’il a montré la foule s'apercevant du départ et courant. Elle ἃ donc pu arriver la première, si la barque avait longé le bord avec un vent contraire, et non pas traversé droit à l'est. On a insisté sur ce que dans Mt. la foule suit; elle n’est donc pas arrivée la première, et Jésus « sort » de son désert (cf. xnr, 3.49) pour la recevoir (Le. ᾿ ἀποδεξάμενος). Il ÿ aurait plus de ressemblance dans la forme que dans le fond avec Me., et Mt. ferait partie de la tradition représentée par Le. et surtout par

Jo, vi, 3 (Schan).

Mais tout s'explique plus naturellement si ἀχολουθέω signifie au v. 13 « s’attacher à quelqu'un », s'arranger pour le retrouver, même au prix d’un détour.

θησαν αὐτῷ πεζῇ ἀπὸ τῶν πόλεων. Ko ἐξελθὼν.

χπ, 10) se retirer pour ne pas éveiller l'attention. Ce n’est pas ici une fuite

ον Le texte de Mt. n’est pas sans difficulté. Dans Mc. ceux qui ont vu Jésus.

barque (ἐξελθών). Dans Le. et dans Jo. la foule suit Jésus, ce qui s'entend bien

Seulement il faut avouer que dans Mt. la foule qui suit est celle de la rive

"À ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, xIV, 45-19. 99 à pied, [venant] des villes. Et lorsqu'il sortit, il vit une foule nom- k breuse, et il en eut pitié, et il guérit leurs infirmes. (Le soir étant venu, les disciples s’approchèrent de lui, disant : « Le lieu est | désert, et l'heure est déjà passée; renvoie donc les foules, afin qu'ils aillent dans les bourgs, s'acheter des aliments. »!6 Jésus leur dit ἐν ᾿ « Ils n’ont pas besoin de s’en aller ῥ donnez-leur vous-même à man- ΤΣ ὯΝ ger. » Ils lui disent : « Nous n'avons ici que cinq pains et deux pois- τς sons. » SIL dit : « Apportez-les moi ici. » 9 ΕΓ ayant donné l'ordre : de faire coucher les foules sur l’herbe, et pris les cinq pains et les ὕ deux poissons, regardant vers le ciel, il dit la bénédiction, et après ᾿ ο΄ [168] avoir rompus, il donna les pains aux disciples, et les disciples

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