αὐτων p. χειρας (SV) plutôt que om. (TH
ἄς εἰπεν (H) plutôt que ἐνετείλατο λεγων (TSV).
6. om. ἡ τὴν μήτερα avrou p. αντου (H) plutôt que add. (TSV). — λογον (H) plutôt que νομον (TSV).
quand même ce qui sort du cœur à l'opposition initiale en le faisant sortir par la bouche (v. 18).
Son schema est donc beaucoup plus rigide et tout à fait selon le procédé sémitique. L’inclusio du v. 20 termine la discussion comme elle a commencé au v. 2. La parabole (v. 11) roule exactement sur le même thème. Dans la première partie il y ἃ inclusio au v. 6 sur la tradition au v. 2. Il était assurément plus aisé de concevoir cet ordre très logique sans avoir lu Mc. que pour le mettre en œuvre. En tout cas ce n'eûùt pas été une amélioration dans le sens chrétien que de restreindre la portée plus vaste de Mc. dans la seconde partie.
L'indépendance de Mt. serait plus évidente et son schema encore plus rigoureux si l’on regardait comme ajoutés dans le v. 19 les vices qui ne sont pas des péchés de la langue. Il était assez naturel de compléter ces catalogues. Celui de Me. est beaucoup plus complet, peut-être sous l'influence de Paul (cf. ΕΒ. 1911 p. 543).
Quant au passage 12-14, si concret, si bien en situation, quoi qu'en disent les critiques, et tout à fait dans le style de Mt., c'est une nouvelle preuve de l’indépendance de Mt. par rapport à Mc. La présence de Pierre est notée dans le v. 15 parallèle à Mc.
Enfin on ne saurait oublier que le thème des discussions sur la Loi a plus d'importance dans Mt. et le caractérise, surtout quand le Sauveur donne sa propre pensée à l'encontre d’une tradition pharisienne. On devra tenir compte pour la solution de la question synoptique de ce passage où le ton de Mc. est manifestement plus « chrétien » que celui de Mt.
4-9. CONTROVERSE SUR LA TRADITION RABBINIQUE (MC. vir, 4-13).
1) Τότε προσέρχονται, style de Mt. Pharisiens et scribes viennent également de Jérusalem. C'était bien le foyer de leurs doctrines, et la nuance de Mc., qui n’amène que les scribes de Jérusalem, n’importait pas à la question.
2) Sans parler ni du fait qui provoque l’attaque, ni des usages qui expliquaient le mécontentement des Pharisiens, Mt. exprime clairement leur grief. Majeure : Pourquoi transgresser la tradition? Mineure : Car c’est une transgression de manger sans se laver les mains. Mt. a conservé l'expression sémi-
* τ Mt it de CM CN pa Her VO ν» AE) Ÿ 6 :
Jérusalem, disant : ?« Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens? car ils ne se lavent pas les mains lorsqu'ils mangent du pain. » 81] répondit et leur dit : « Pourquoi vous-mêmes transgressez-vous le commandement de Dieu par votre tradition? 4 Car Dieu a dit : Honore ton père et ta mère, et : Celui qui maudit son père ou sa mère, qu'il soit mis à mort; ‘tandis que vous dites : Quiconque aura dit à son père ou à sa mère : Soit consacré l'avantage que tu pourrais retirer de moi! Scelui-là n'aura pas à
tique « manger du pain » pour « prendre un repas ». Mais « ne pas marcher selon », tournure sémitique (1), ordinairement rendu πάρεύομαι, cf. Sap. vi, 4, et reproche plus doux, presque patelin, est remplacé par le tranchant παραδαίνω. En se servant de ce mot, les Pharisiens assimilent leur tradition à la loi du Seigneur : Dt. 1, 43 etc. Dan. 1x, 5 (LXX); 1x, 11 (Théod.). Leur prétention est donc moins justifiée, ils sont plus évidemment dans leur tort, ce qui est bien dans l'esprit de Mt. Mais la phrase de Mc. paraît plus conforme à leur génie. Mc. reproduit plus exactement leurs paroles; Mt. n’exagère pas leur pensée, car ils devaient regarder la pratique des apôtres comme une transgression positive, tout à fait illicite. D'ailleurs ce παραδαίνω préparait la réplique du v. 3. La vraie transgression c’est celle des commandements. On ne doit donc pas regarder ce mot comme une correction voulue de Mc. mais comme une chaîne nécessaire dans l'argumentation de Mt. De même au v. 5 8. les Pharisiens se prononcent plus carrément. C’est la controverse avec ses termes nets et précis.
Sur la tradition des Pharisiens, rejetée par les Sadducéens, on connaît le texte de Josèphe (Ant. XIII, x,6) : νόμιμά τινα παρέδοσαν τῷ δήμῳ οἱ Φαρισαῖοι Ex πατέρων διαδοχῆς, ἅπερ οὖκ ἀναγέγραπται ἐν τοῖς Muvaéos νόμοις, καὶ διὰ τοῦτο ταῦτα τὸ Σαδδουχαίων γένος ἐχθάλλει, λέγον ἐκεῖνα δεῖν ἡγεῖσθαι νόμιμα τὰ γεγραμμένα, τὰ δ᾽ ἐκ παραδόσεως τῶν πατέρων μὴ τηρεῖν. — « Les mains communes », terme technique de l’ordre religieux (cf. Comm. Mc.), expliqué par des mains non lavées.
3) La citation est amenée dans Mc. par χαλῶς et la riposte débute par le même mot, avec une sorte de parallélisme dans la discussion. Tandis que dans Mt. la riposte vient d’abord et la prophétie sera comme une confirmation selon sa manière ordinaire. La réponse est du tac au tac. διὰ τί... διὰ τί — οἱ μαθηταί σου... καὶ ὑμεῖς — transgression de la tradition des anciens. transgression du commandement de Dieu — et précisément par cette même tradition. C'est parfait comme argument, mais moins ingénu que Mc. vu, 9. à
4) Le même commandement attribué par Mc. à Moïse, selon l’histoire, est une parole de Dieu (Mt.) selon l’origine dernière de la Loi.
5 s.) Lorsqu'on lisait καί au v. 6 devant où μή, la phrase précédente demeurait suspendue, et la suivante était une conséquence tirée par Jésus. Mais ce καί devant être supprimé (même Hetz.), toute la phrase depuis 6ç,jusqu’à καὶ ἠχυρώσατε appartient au discours attribué aux Pharisiens. Schanz reconnaît ouvertement et Kn. laisse entendre que, du moins d'ordinaire, ils ne s’exprimaient pas aussi
Ὁ και Ὡς Ἀν αν δ FAURE SPAS ES ἘΠῚ Ἕ Ἢ nn τιμήσει τὸν πατέρα αὐτοῦ Mal rupwoërs τὸν λόγον τοῦ θεοῦ διὰ τὴν
ἴων ao € 1 A A 2 ΄ »
NE
ὅδ ἢ erûment et même impudemment. Jésus met dans leur bouche la conséquence qui résulte de leur casuistique : voilà un fils qui outrage son père et sa mère, sous prétexte qu'il doit observer son vœu (Dt. xx, 22)! Noter cependant que . ἀτιμάζω est précisément l'expression elassique, Dt. xxvrr, 16; Prov. xx, 26 etc. La langue sémitique manque de termes atténués. — Origène, dont Jérôme a reproduit les termes, prétend qu’un Juif lui a expliqué ce point, mais il est clair que tous deux ont fait dire au Juif des choses qu'il n’a pas dù avancer, et que le texte évangélique ne dit pas non plus. D’après Origène, les Pharisiens, sans doute d'accord avec les prêtres, poussaient les Juifs à consacrer au trésor . (Corban), dont les prêtres savaient profiter, ce qu'ils auraient dû domner à = leurs parents, se proposant de parti pris, non seulement de s'enrichir, mais de détruire la Loi. On comprend que les savants juifs voient là une erreur et | une injustice envers les Pharisiens. Ἵ C'est l’avarice des mauvais fils et non des Pharisiens, qui suggéraïit l'artifice. es biens qu'ils auraient dû donner à leurs parents étaient consacrés par un vœu ou une sorte d’interdit, qui ne profitait ni au trésor sacré, ni aux prêtres mais faisail échapper les fils aux prétentions des parents. La faute des Pharisiens, guides spirituels responsables du peuple, était de regarder comme valables ces prétendus vœux. Et cctte jurisprudence constituait bien une tradition. Jésus pouvait donc reprocher aux Pharisiens non seulement de mettre le forma- . lisme au-dessus de l'humanité, mais encore de tenir en échec un commandement de la Loi par leur tradition.
| Gette jurisprudence ἃ été contestée. D’après M. Montefiore {The synoptic Gospels, p. 164 ss.), les rabbins ont précisément prononcé comme Jésus. La loi ne prévoyait pas l'annulation des vœux; c'est la jurisprudence qui ἃ trouvé SRE moyen d'annuler les vœux imprudents par l'avis des sages. Ce dernier principe est exact, quoique Rabbi Éliézer ben Hyrcanos ait essayé de trouver dans Lév. xxvrr, 2 et Num. vi, 2 le principe de l'annulation des Yœux par un Sage (Bacæer, Die Agada der Tamnaiten, 1, p. 417, 2 éd.). Mais il semble que cette indulgence ou plutôt cette sagesse ait progressé beaucoup, surtout sous lin- fluence de R. Éliézer (début du πὸ siècle), très ennemi des chrétiens, mais qui ἢ les connaissait assez pour qu'on l'ait pris pour l’un d’entre eux. Philon prononait encore le principe : ἐὰν ἐπιφημίσῃ τροφὴν. Yuvatxds ave, ἱερὰν εἶναι, τροφῆς F0 ἀνέχειν. ἐὰν πατὴρ υἱῷ, ἐὰν ἄρχων τῷ ὑπηκόῳ, ταυτόν (Fragments dans la Praep. ev. d'Eusèbe; P. G. xx, 604). De même évidemment pour les enfants par rapport à leurs parents. Il est déjà exhorbitant que pour une pareille supercherie sacrée qui est une injure à Dieu on ait dû consulter un sage. Enfin on s’aperçut de
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- l'hébreu, mais il aurait pu être rendu en d’autres termes. μάτην δὲ σέδονταί με.
tradition. 1 Hypocritoe! il ἃ bien prophétisé de vous le Don) aie en disant: À
8Ce peuple m'honore des lèvres, mais leur cœur est loin de moi; ils me rendent un culte vain, enseignant des doctrines [qui sont] des pré τὸ ceptes humains. » | LAN
ce qu'elle avait de choquant et d’après la. Michna (Nedarim 1} les sages | concédèrent à R. Éliézer que lorsque l'intérêt des parents était en jeu, on pouvait, en l’honneur du père et de la mère, déclarer la porte ouverte, ὁ esta tie dire déclarer le vœu nul, sans qu'il soit due qu’on ne dût pas encore recourir à un sage. La controverse, postérieure à à Jésus, et où les sages semblent se range à um avis ouvert pour la première fois par R. Éliézer, prouve à tout le moins que le Sauveur a pu rencontrer des rabbins tenant pour le vœu. Le Talmud τὸς Φ
Jérusalem (sur Nedarim 1x, 1) ne voulut pas aller plus loin et déclarer nuls
les vœux par lesquels on s'interdit d'observer tel point de la Loi, sous prétexte que cette inobservance ne nuit pas à Dieu mais à l’homme! D'après M Hart τι
(Jewish Quart. Rev. χες, 615-650), Jésus aurait fait allusion au vœu du nazaréen ἊΣ +
qui se sépare de ses parents; cela est tout à fait étranger au texte. τρί ᾿ Le sens de Mt. est bien le même que celui de Mc., mais il a omis le mot hébreu et araméen Corban; et la formule de Me. οὐκέτι ἀφίετε... au lieu du ὃς
᾿ discours direct du Pharisien est plus conforme aux vraisemblances. * πὸ “ἢ
ἠκυρώσατε (en bonnet celte tion vous avez εὐήθη ὰ ae au pu du pee Ἢ ticipe ἀχυροῦντες, plus naturel, et en omettant ἧ παρεδώκατε, qui était redond ant, - Ἷ | et : καὶ παρόμοια τοιαῦτα πολλὰ ποιεῖτε qui ressemble à une réflexion d'écrivain, et qui était imutile avant letexte d’Isaïe. ds ‘ 4 14 κ' “ἢ Mt. en vient au texte d'Isaïe, présenté comme une ou ete de ce qui sh précède, avec le même χαλῶς et la qualification d’hypocrites, mais dans un ἢ
‘ordre inverse. En effet, il ne reviendra pas sur καλῶς comme ἃ fait Me. -- τ᾽
L'ordre de Mt. est littérairement beaucoup plus satisfaisant, car on ne voit pas d'abord dans Me. comment le texte d'Isaïe s'applique aux mains non lavées. Ὁ Et ce west que par une reprise, καὶ ἔλεγεν αὐτοῖς, que Mec. (9) en fait l’application aux vœux. Dans Mt. tout est limpide. Le vœu est un honneur rendu par les lèvres, et c’est un vain honneur s’il ne tient que par une raie ἜΧΩ humaine. LA γὼ.
8 s.) Le texte exactement comme dans Me. vr, 6, sauf la place de οὗτος AU début, laquelle n’est pas absolument certaine; cf. Comm. Me. Le début s’écarte dans la même mesure de l’hébreu et des LXX, qui ont transcrit l'hébreu, sauf la coordination de la phrase avec ce qui précède; en héb. : « Parce que ce peuple ». — ἣ δὲ... ἐμοῦ est littéralement d'après les LXX, qui rendent bien
est emprunté aux LXX qui ont probablement mal lu l’hébreu; à la fin au lieu de διδάσκοντες ἐντάλματα ἀνθρώπων καὶ διδασκαλίας, Mt. et Mc. ont supprimé καί, et déplacé Dern ce qui permettait ἀ᾽ appuyer davantage sur Le caractère des
AE Du du ed id à
ῃ ἵ { ' ci 1 L : SNS we ᾿ ἕ ον
ù ᾽ ,ὔ A ᾽ 10 Kai προσχαλεσάμενος τὸν ὄχλον εἶπεν αὐτοῖς ᾿Αγχούετε καὶ συνίετε 11 οὐ > Ν COLE » d 4 τὸ εἰσερχόμενον εἰς τὸ στόμα χοινοῖ τὸν ἄνθρωπον, ἀλλὰ τὸ ἐχπορευόμένον ἐχ - ! - SES » 12 πὸ 06 € τοῦ στόματος τοῦτο χοινοῖ τὸν ἄνθρωπον. ὁτε προσελθόντες οἱ μαθηταὶ λέγουσιν αὐτῷ Οἶδας ὅτι οἱ Φαρισαῖοι ἀκούσαντες τὸν λόγον ἐσχανδαλίσθησαν; 18 ὁ δὲ ἀποχριθεὶς εἶπεν [laox φυτεία ἣν οὐχ ἐφύτευσεν ὁ πατήρ μου ὁ οὐράνιος ἐχριζωθήσεται. 13 ἄφετε αὐτούς" τυφλοί εἰσιν ὁδηγοί" τυφλὸς
14. om. τυφλὼν p. οδηγοι (H) plutôt que add. (SV) ou οδηγοι εἰσιν τυφλοι τυφλων (T) — εἰς Bobuvov πεσουνται (THV) et non x. ε. β. (S).
enseignements pharisaïques ; ce sont des commandements imposés par des hommes. S'il était vrai, comme le dit Zahn (Einl. τι, 317) qu'en même temps Mt. se rapprochait de l’hébreu, il faudrait conclure que c'est Mc. qui dépend de lui, puisque c'est Mt. et non Mc. qui sait recourir au texte primitif. Mais ce n’est pas le cas. L’hébreu, en étroite cohésion avec ce qui précède, signifie : le culte qu'ils me rendent est une consigne apprise par cœur, enseignée, cela va de soi, par des hommes; elle n’est donc pas une religion du cœur, mais une routine imposée par la coutume. On ne saurait donc dire que l'expression évangélique est plus près de l’hébreu que des LXX qui mettaient déjà en relief le caractère humain — et non divin — des choses enseignées comme obligatoires.
Mt. ayant placé le texte d'Isaïe à la fin, comme une confirmation, n'avait pas à dire comme Mec. à son v. 8 que tel était bien le sens d’Isaïe en l’appliquant au peuple. Il faut avouer que dans Mc. le v. 8 fait un peu double emploi avec le v. 9.