CHAPITRE XVII
= Le chapitre xvire se compose d’un discours, relativement bref, mais dont le LKR thème est parfaitement déterminé. C’est comme une esquisse des principes qui ᾿ ες doivent régir les rapports des disciples entre eux. Le point de départ est une , À question des disciples sur celui qui, dès à présent, et en vue de l'avenir, doit être regardé comme le plus grand. Le plus grand est celui qui s’humilie comme un enfant. Mais par là Jésus ne détruit pas le principe d’une hiérarchie. Il y aura parini ses disciples des forts qui devront accueillir les petits, se garder de
TR les scandaliser, mais plutôt aller à la recherche de ceux qui s'égarent, corriger ‘© ceux qui ont péché, si bien que la notion d’une communauté, d'une église, se x présente, église dans laquelle les disciples qui écoutent Jésus auront le pouvoir
de lier et de délier. Et ce mot d’ Église amène la promesse que le Sauveur sera δ parmi ceux qui prieront en son nom. Zélés pour la perfection des autres, et par là même ennemis du péché, les disciples auront une indulgence sans borne envers ceux qui les auraient offensés, sous peine de se voir refuser le pardon, comme le prouve la OO du débiteur pardonné, devenu un créancier impi- EX toyable.
Dans ce chapitre de 35 versets, les 9 premiers ns ont des parallèles dans Mc. Klost. et McNeile (après d’autres) estiment que Mt. ἃ composé d’après le conglomérat de Mc. 1x, 33-50 qu’il aurait regardé comme un tout. Et cepen- dant il n’a rien nulle part de 38-40, 49 et 50b; 37b et 41 ont leur parallèle dans Mt. % 40 et 42, les deux premières péricopes sur la préséance et sur les égards dus aux petits sont traités d’une manière fort différente. Le seul point où il faille admettre une dépendance, c’est Me. 1x, 43-48 et Mt. 8-9. Mais précisément = le contenu de ces deux versets se trouve déjà presque entièrement dans Mt. v, 29-30. 1] est donc vraisemblable que c’est le traducteur de Ma. qui ἃ repris Mt. ο΄ v, 29.30 dans le style et à la place de Mc. (d'autant que ce passage ne rentre pas aisément dans le beau groupement de Mt. où tout est relatif aux rapports : avec le prochain, donc social, et, pour dire le mot, déjà ecclésiastique). Si ‘4 cette addition est reconnue comme telle, elle prouve le caractère original du reste de la composition de Ma. D'ailleurs son accord avec Le. xvn, 4-2; xv, 1-7; ς΄ xvu, 3-4 prouve bien l'existence d’un discours qui ne dépendait pas de Mc. — Sila plus grande partie existait sans Mc., pourquoi le début, si différent de Me., si cohérent avec le reste, lui aurait-il été emprunté? . | . La plupart des critiques indépendants ont jugé ce discours trop ecclésiastique pour être authentique dans toutes ses parties. C’est un fait cependant que les
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D JR ce moment, les disciples s’approchèrent de Jésus, en disant :
- Στ disciples avaient gardé de Jésus ce souvenir qu'il n'avait pas seulement proposé des paraboles à la foule, mais qu'il les avait formés pour continuer après lui son œuvre. On noterait plus justement que l’enseignement du Maître, si lumi- T7 neux qu'il fût, énergique, et touchant, et grave, imposé avec une autorité na. suprême, n'avait pas cependant la précision d'un code; son dessein était que τ, l'Église arrêtât ensuite les lignes, avec l'assistance de l'Esprit-Saint. Mais “FE l'institution vient de lui. C'est ainsi que les auditeurs apparaissent nettement τ comme des chefs au v. 18, et c’est bien à des chefs qu'est remis le soin de. 294 chercher les égarés. L'Église admet que la correction fraternelle est recom- +10 mandée et imposée à tous les chrétiens; mais avec combien de tempéraments, qui en font surtout l'office de ceux qui ont charge d’âmel De même le soin des petits appartient à d’autres qui sont donc plus avancés, moins exposés à ἘΝ recevoir le scandale. Gomme tout le discours s'adresse aux disciples, et règle” 198 ; leurs devoirs entre eux, on pourrait se demander si les règles du pardon ΒΟ applicables à ceux du dehors. Cela n'est pas enseigné ici en termes explicites. Mais la parabole du créancier impitoyable avec son horizon de serviteurs αὐ ont à rendre des comptes au même maître semble bien s'entendre de tous les ἕῳ 4 hommes. Mt. qui écrivait pour des juifs convertis n’avait pas autant que Luc πὰ (x, 25 ss.) à mettre ce point en lumière. C’est surtout ici qu'il y ἃ lieu de s'en
rapporter pour l'application des détails à l'Église, et à ceux qui ont reçu + #13
pouvoir de lier et de délier. PR 4-4. LE PLUS HUMBLE SERA LE PLUS GRAND (Mc. 1x, 33-37; Le. 1x, 46-48). 7 ΔΑΝ | Dans Mc. il y a en réalité deux thèmes : la préséance, et les égards pour les
enfants. L'enfant appelé par Jésus ne.sert pas à résoudre la question de la ὁ
préséance. Le. qui suit Mc. a ramené cette idée à la fin. Le rythme de Mt. est \ bien différent : les disciples posent eux-mêmes la question de la préséance, et elle est résolue directement par l'exemple de l'enfant. Si ensuite Mt. parle des CEA égards dus aux enfants (v. 5), c'est qu’il commence un nouveau thème amorcé … ἐς 5 par la présence de l'enfant. On verra les autres nuances de détail. Il paraît impossible d'admettre la dépendance de Me.; mais celle de Mt. n'est guère τ΄ moins improbable, surtout si on le compare à Le. qui, lui, dépend de Mc. . Nous avons donc dans Mt. un autre aspect de la même histoire, et, en somme, le même enseignement. - 240
1) D’après Mt. nous étions déjà à Capharnaüm, ce qui est d'accord avec Mc. pour le fait, mais il ne parle pas d'une maison, ni d’une dispute entre les. apôtres en cours de route, ni d'une question de Jésus. On dirait plutôt queles disciples ont été émoustillés par la préférence donnée à Pierre dans l'épisode τὰ précédent. On ἃ objecté à la promesse de xvr, 18 que si elle avait été prononcée les disciples n'auraient pas eu le moindre doute de la suprématie de Pierre. οὐ Origène a déjà répondu qu'ensuite Pierre avait été sévèrement repris, qu'à la M Transfiguration les fils de Zébédée lui avaient été associés. AMEN Mais la réponse de Chrys. va plus au fond. Les Apôtres ont compris la préτς éminence de Pierre, mais ils en sont quelque peu aloux. N'osant s’en plaindre 2 ER ouvertement, ils interrogent en général, mais avec ἄρα, dont il ne fautpoint
νῶν. ἐόστις οὖν ταπεινώσει ἑαυτὸν ὡς τὸ παιδίον τοῦτο, οὗτός Lot ὁ Fa o
restreindre le sens. Ainsi donc, toutes ces circonstances posées, qui est simple- - ment le plus grand? cf. xx, 25. 27; χχιν, 45. — Euthymios supposait que les Apôtres, voyant que Pierre était préféré sur cette terre, déplacaient la question en parlant du règne des cieux, c’est-à-dire de la béatitude éternelle. Mais les apôtres ne distinguaient pas avec cette précision. La pensée de Me. est que la question se pose dès à présent. Ce qui est décisif pour ce sens aussi dans Mi. (Schanz, Kn.), c’est tout l’esprit du discours, qui règle les relations des disciples du Christ sur la terre, en prévoyant même les scandales. Assurément le règne de Dieu est encore à venir, mais enfin il est commencé et les apôtres ne songent pas au temps qui suit la mort.
— Quant à la conciliation théologique avec Mc. d’après lequel c'est Jésus qui interroge, et non les disciples, Kn. : intelligi etiam potest, discipulos hanc quaestionem Domino non proposuisse, sed Matthaeum.… divisse discipulos haec interrogasse, quod cogitationibus suis quas Domino erant cognilae ea interrogarent.
C’est une application du principe, nécessaire à l’exégèse, de la liberté avec laquelle la tradition reproduisait les faits, non pas au détriment de leur substance, mais quant à la manière de les présenter.
Nous avons ainsi la vraie solution de toutes les difficultés que nous venons de poser. Mt. ne cherche pas à exposer la suite chronologique des faits, encore moins leur développement corrélatif dans la pensée des apôtres; ni chronologie, ni psychologie chronologique, mais une question qui ἃ son intérêt en elle-même, et qui est bien placée dans cet ensemblé. La question amène le développement d’un discours; cela suffit à la justifier. Et c’est spécialement le cas de Mt. de placer dans la bouche des interlocuteurs de Jésus ce que la situation parait commander; cf. xv, 22; χχι, 41.
Si Mt. avait connu et suivi Mc., il n'aurait pas renoncé à cette occasion de montrer que Jésus lisait dans les cœurs; Le. l'a exprimé plus nettement encore que Mc.
2) Mt. n’a pas la réponse, donnée par Mec. tout d’abord (cf. Mt. xx, 26 5.), et
renvoyée par Le. à la fin parce que la réponse doit être tirée des dispositions de l’enfant. Celui-ci est amené comme dans Me., avec προσχαλεσάμενος au lieu de λαδῴν, et sans « l'ayant embrassé », Mt. n'ayant pas coutume d'insérer des détails inutiles à l'argumentation. Dans Mt. Lonfent va servir de thème à un enseignement gradué.
3) D'abord il faut y entrer dans le royaume des cieux ! On ἃ prétendu que Mt. épargne les apôtres de parti pris; qu'ici même il n’a pas voulu pour cela reproduire leur dispute (MeNeile). Mais il suppose cependant qu'ils ont besoin de changer de dispositions! insinuation qui ne se trouve pas dans Mc. Ce n’est pas qu'ils aient eu besoin d'une conversion complète. Tel n’est pas le sens de στρέφω