‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 248 sur 350 · SACRIFICES NÉCESSAIRES (Mc. 1x · texte numérisé non relu

SACRIFICES NÉCESSAIRES (Mc. 1x

Le lien entre cette lecon et la précédente est dans le mot scandale. Cette expres- ‘sion est déjà métaphorique : le scandale étant un acte, action ou parole, qui est

πυρός. 10 τΟρὰ ate μὴ χαταφρονήσητε ἑνὸς τῶν μιχρῶν τούτων, ρᾶτ φρονή ;

᾿ λέγω Ὑὰρ ὑμῖν ὅτι οἱ nue αὐτῶν ἐν οὐρανοῖς διὰ mavrès βλέπουσι τὸ

pour le prochain une occasion de chute morale. C'est ainsi qu'il est pris dans le passage qui précède. Jésus avait dit combien il fallait éviter de le donner; iln'avait pas dit ce qu'il fallait faire pour ne pas le recevoir. C’est la lecon qu il présente ici, en se servant d’une comparaison. Pour sauver sa vie, on n'hésiterait pas à sacrifier un membre; il doit en être de même pour entrer dans la vie éternelle.

Mais il va sans dire ‘un membre du corps n'empêche d'entrer dans la vie éternelle que s’il est une occasion de pécher. Tout naturellement on est induit à appliquer la maxime à toutes les occasions de pécher. Quand le sacrifice de l’ordre moral exigé serait aussi douloureux que le retranchement d'un membre, il ne faudrait pas hésiter. ἘΠ

Or Mt. ἃ déjà traité ce thème (v, 29 s.), en parlant d’abord de l'œil, puis de” la main droite. Le contexte était excellent, car le sacrifice de l'œil était requis .

pour éviter de mauvais désirs. La main, dont on voit moins qu'elle puisse entrainer au mal, ne venait qu’ensuite par une sorte de parallélisme.

Si donc Mt. est revenu sur ce sujet dans le même contexte que Mc., on est très porté à conclure que c'est en dépendance de Mc. C’est ainsi que nous avons raisonné à propos de Le. D'autant que Mt. a mis ensemble le pied et la main, ce qui est d'un abréviateur. La difficulté c’est que la dépendance de Μί., écrivain ou traducteur, par rapport à Mc. paraît exclue par les termes de Mt. qui dépend plutôt de lui-même (v, 29 s.}, et qui sont incontestablement plus rapprochés de l'original araméen tel que nous pouvons le concevoir. Mt. écrit ἔχκοψον ou ἔξελε et dans les deux cas il ajoute βάλε ἀπὸ σοῦ, comme dans v, 29 s., tandis que Me. n’a qu'une seule expression, ἀπόκοψον et ἔχόαλε, chacune en résumant deux, car ἐχχόπτω signifie « couper », mais ἀποχόπτω « retrancher », et de même pour ἐδάλλω. — De plus, Mt. dit deux fois « la vie » et deux fois « être jeté », . tandis que Mc. a « la vie » puis « le règne de Dieu », « aller » et « être jeté »,

apparemment pour varier le style. Enfin Mi. écrit deux fois καλόν σοι, selon l'usage constant, tandis que Me. ἃ χαλόν σε (cf. Me. 1x, ὃ — Mt. xvir, 4 — Le. 1x, 33); χαλόν σοι est assurément grec, mais encore plus sémitique en ce sens que l'araméen ne pouvait mettre le pronom à l’accusatif (le datif dans la version syr. de Me. τσ, 43 ss. et Mt. xvir, 4).

Il faut donc convenir que ce doublet est loin d'avoir Fées de Le. xx, 46, qui transcrit Me. xx, 38. Si l'on se décide à l’admeltre, ce qui parait le plus probable, il faudra donc supposer que Mt., le traducteur grec, aura surtout emprunté à Mc. la place du morceau dans ce contexte, où il était d’ailleurs appelé par le passage de scandale à scandale. Pour le détail, il aura été en partie fidèle à la première expression de la maxime dans le discours inaugural. A moins de supposer que ce conglomérat, scandale actif, scandale passif symbolique, n'ait existé dans la catéchèse et se soit imposé à Me. et à Mt. — Mt. n'a rien de la réflexion de Mc. sur le sel (1x, 49 s.); elle figure en partie sous une forme plus claire dans M. vi, 43.

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du feu ayant deux yeux. Prenez garde à ne pas dédaigner un ὍΝ de ces petits; car je vous déclare que leurs anges dans les cieux

contemplent constamment la face de mon Père qui est dans les cieux. ἫΝ ᾿ (Car le Fils de l’homme est venu pour sauver ce qui était perdu.)

10-14. La BREBIS ÉGARÉE (LC. xv, 2-7). ἣν ἷ La comparaison de Le. et de Mt. est très délicate. Les traits de la parabole: ὯΝ sont si semblables qu'ils suggèrent l'identité. De plus ce qu'on peut nommer la pointe suprême de l'application est bien la même : Dieu ne veut pas la perte d’une seule âme (Mt.) est au fond la même chose que : Dieu se réjouit de la conversion d'un pécheur (Lc.). Mais il y a cette différence que dans Mt. l'accent Ὁ est sur la recherche, dans Le. sur la joie de trouver. Dans Mt. Jésus invite les forts ou les pasteurs à ramener les faibles; Le. met surtout en relief la ᾿

joie divine du pardon. Mt. insiste sur le devoir à remplir par les hommes; Le. pénètre dans le cœur de Dieu. Mt. donne une règle aux HAE Le. défend τὰ É le Sauveur dans sa bonté pour les pécheurs. ἧς Peut-on croire que la parabole s’est transmise dans la tradition sans applica= tion, et que chaque évangéliste, sous sa responsabilité, lui ἃ donné un accent spécial? Cela paraît tout à fait improbable. Elle ἃ dû être transmise avec l'impression qu’elle avait faite. Si vraiment son sens propre était seulement de faire connaître la joie de Dieu à pardonner, c'est Le. qui l'aurait conservé le mieux (Jülicher, τι, 331, et Klost.). Il n'aurait pas imaginé ce point pour faire une série de trois paraboles sur le pardon divin : la brebis, la drachme, le

prodigue. En tenant compte de ses traits particuliers et de la parfaite beauté, du rythme de la joie céleste répondant à celle de la terre, on inclinera à croire 1 D que Jésus lui-même a donné à la parabole cet accent. * [DS

Cependant on doit avouer que le texte de Mt. est parfaitement cohérent. Si de plus on constate avec Harnack (Sprüche.. 65 s.) qu'il ἃ toujours les expres-

sions les plus primitives; si l’on ajoute que la parabole est encadrée par τῶωα

μιχρῶν tours d’une manière tout à fait sémitique (inclusio), on conclura que,

quoi qu'il en soit de Le., la manière de Mt. répond sûrement à une tradition ὃ

très ancienne et à l’enseignement du Sauveur. Le texte de Mt. représente donc | une catéchèse conservée dans un milieu juif. Il est certain cependant que ἃ

joie appartenait au thème primitif puisque Mt. en parle au v. 13, sans d’ailleurs C4 la faire figurer dans la conclusion. Ce χαίρει est une sorte de survivance. De ΠῺΣ sorte que les deux manières sont plutôt des spécialisations d’une parabole plus complète, que des souvenirs un peu mélangés de deux paraboles distinctes. LD:

10) Il est clair que le v. 10 se souderait beaucoup mieux au v. 6 qu’au v. 9; ; après la parenthèse sur le scandale, Mt. revient au thème du soin envers les petits. Ces petits sont les faibles, comparés à des brebis dont il faut prendre ᾿ς. me ce sont bien les mêmes qui figuraient déjà au v. 0 et en conséquence au

. Celui qui donne une occasion de scandale compte pour rien son frère 1550 Fe xiv, 40), ce qui est bien près du mépris. Peut-être sa conduite à ‘fui δὴν ὦ 1] est-elle irréprochable, mais son devoir est d'empêcher la perte de son frère. #0 Jésus ne dit pas comme fera Paul qu'il doit songer que le Christ est mort pour

LE

| ÉVANGI

AU ue { $

πρόσωπον τοῦ πατρός [LOU τοῦ ἐν οὐρανοῖς ([}). 15 τί ὑμῖν δοχεῖ; ἐὰν γένηταί

ποῖς ἐνενήχοντα ἐννέα τοῖς μὴ rerhavauévors. 11 οὕτως οὖχ ἔστιν᾽ θέλημα

mur: SO AR De ΟΣ ΩΣ de ἔλε

το τούτων. 5'Eky δὲ ἁμαρτήσῃ ὁ ἀδελφός σου, ὕπαγε ἔλεγξον >

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ΩΝ 12. αἀφήσει.... και (H). et non αφεις OM. χαὶι (TSV). | 14. ὑμῶν (TSV) plutôt que μου (H).

15. om. εἰς σε pe apaprnon (TH) et non add. (SV). 3 PARA ADN Ὁ πότ SR Ti De lu, mais il rappelle à ses disciples que lés petits sont assez chers à Dieu pour qu'il ait commis des anges à leur garde (cf. Ps. χα, 11). Ces anges voient la face du Père, c'est-à-dire formenf Ja cour céleste : vue sur le ciel qui -prépare la conclusion du v. 14. Ces petits, ces faibles, esprits sans doute peu cultivés, volontés ο΄ hésitantes, cependant intéressent le Père. ; , 19) Sans préparation, sans même indiquer que le devoir de ne pas mépriser va se changer en une obligation positive, Jésus propose une parabole, ce que nc. dit expressément après une préparation adéquate sur les pécheurs. Mi. est . donc plus spontané. — τί ὑμῖν δοχεῖ; cf. xvu, 25 etc. du style de Mt., mais très naturel au début d’une comparaison. Le. a conservé l'interrogation, mais tout

tient dans une seule phrase, grâce à des participes bien agencés; ἔχων est

τὴ perdue; le faible a seulement besoin d'être remis sur le bon chemin. Le. dit

| «perdue », ce qui convient mieux au thème du pardon. Il n’est pas douteux

᾿ς que ἐπὶ τὰ ὄρη soit plus près de la nature, Klost. cite Théocrite vi, 2 μᾶλα

νέμων... rar ὥρεα μαχρά. — ἐν τῇ ἐρήμῳ (Le.) est plus expressif. — πορευθεὶς ζητεῖ,

= J'expression est sémitique; elle insiste sur la recherche qui est un devoir, tandis que Le. indique déjà le succès, prélude de la joie.

4 13) ἐὰν γένηται εὑρεῖν, déclaré non grec par Harnack, est fréquent dans les +48

papyrus, Xe ἐὰν γένηταί με ἀποδημεῖν etc. (MM), mais εὑρών est plus élégant.

Mt. n'a ni le trait exquis de la brebis rapportée sur les épaules, ni la joie des voisins, laquelle serait exubérante, si elle ne préparait l'application (Lc.). 24 Mt. est encore dans la règle du genre, lorsqu'il place dans la parabole ellemême plus de joie pour une brebis que pour quatre-vingt-dix-neuf, en parallé-

En. lisme avec l'exposition du début. De cette joie, qui est un trait agréable, Mt. ne ee: tire rien dans l'application. — ἀμήν λέγω butv dans la parabole elle-même, ΤῊΝ comme xx1v, 47; cf. LC. xt, 44. |

__ 14) L'application est en parfaite harmonie avec le début. Dieu ne veut pas ΤῸΝ ο qu'un de ces petits périsse définitivement. Il faut donc aller à leur recherche

plus grec que ἐὰν γένηται. Mt. parle d'une brebis. égarée, ce qui suffit pour le {hème de la recherche. Peut-être en somme la brebis n'est-elle pas tout à fait

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, XVII, 15. à

Que vous en semble? si un homme avait cent brebis, et qu l’une d’entre elles se fût égarée, ne laissera-t-il pas les quatre-

ο΄ vingt-dix-neuf autres sur les montagnes et n'ira-t-il pas chercher __ celle qui est égarée ? 15 Εἰ s’il lui arrive de la trouver, en vérité je ἵν Ἧ .Yous [le] dis, il a plus de joie à cause d’elle que pour les quatrevingt-dix-neuf autres qui ne se sont point égarées. {De même ce ἰῷ n'est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu'un seul de ces petits périsse. |

D Fe 104 Et si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. ΟΝ ᾿ - ΤΣ ᾧ ἢ pendant qu'ils sont égarés. --- οὕτως fin très naturelle pour une parabole {1 ὌΝ ὶ 16 etc.), se trouve aussi dans Le. Il se pourrait que la pénitence ait été ajoutée * 4 par Le. comme dans Le. xvrr, 3.4 — Mt. ΧΥΠΙ, 21 5. (Harnack). En tout cas Los ἔμπροσθεν est ici une tournure sémitique ; cf. σι, 26. | | ES 15-20. CORRECTION FRATERNELLE ET JUGEMENT ECCLÉSIASTIQUE (εἴ. Le. xv1, 3.4) 00 Le sens de cette importante péricope dépend de la leçon du v. 145. Il faut donc l’examiner d’abord. Tischendorf et Hort ont fait prévaloir l'omission de Re". εἰς σέ après ἁμαρτήσῃ, avec raison, quoiqu'il y ait aujourd’hui une réaction pour “An l'addition, acceptée par Hetzenauer, Vogels, Soden (entre crochets). L’omission s'appuie sur B N 1. 22. 234, sah. quelques mss. de bon. Dans la lettre à Rusti- ς΄ cus, Jérôme ne suppose pas ir me. Paschase Radbert (ixe s.) ἃ l'addition d’après 10 les codices emendatiores qu’il préférait à la leçon du grec supposée courte; il connaissait donc d’autres mss. latins pour l’omission (P.L. CXX, 619). Parmi les Pères, Origène, Cyrille, Basile, et, ce me semble, Juvencus, omettent. Tous les autres témoins ont l'addition. Mais tandis que l’omission serait inexplicable, | l'addition peut venir du désir de conformer Mt. à Le. qui ne parle que du pardon, et de préparer la demande de Pierre au v. 21, ἁμαρτήσει εἴς ἐμέ. Le contexte lui est si contraire que ceux mêmes qui ont retenu l'addition, comme Augustin et Thomas, ont entendu tout le passage de la correction fraternelle, ce . que fait aussi Schanz. Mais cela ne peut se faire qu’en adoptant la leçon courte. Dès lors le parallélisme avec Le. ne commence en réalité qu’au thème du pardon, v. 21. ] : = ἊΣ Le lien avec ce qui précède est assez clair. Si l’on doit chercher la brebis x égarce, cela veut dire qu'il faut s’efforcer de ramener les hommes au bien; s’il LA leur arrive de pécher, il faudra d’abord les convaincre qu'ils ont tort. Jésus enseigne la manière de le faire la plus douce et la plus charitable. “NES 15) 11 faut bien noter qu’il s’agit d’un frère, c'est-à-dire d'un disciple du 4 Christ. Les autres n'ont pas la même notion du péché, et une intervention cor leur paraitrait déplacée. Cette restriction en suppose d'autres; on ne ΘΙ

agir avec espoir de sucees-que si les relations sont vraiment fraternelles. Mais ze. h enfin le principe est posé, et l’ordre à suivre est fixé par la volonté du Seigneur. D: Combien de personnes imaginent des prétextes futiles pour ne pas remplirz 1 le devoir de la correction fraternelle, qui ἐδεσατουῖ aisément ἃ Je dénonctalien] 4 PS Elle ne doit venir qu’en troisième ligne : Primo pomit secretam admonitionem..

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