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scripla fuerunt, ad explicandum e
. appellare?
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en même temps certains principes de liberté. Il a été répondu. (26 juin 4919) affirmativement à la question suivante :
Utrum, servatis quae tuxla praecedenter statula omnino servanda sunt, praesertim de authenticitale et integrilate trium evangeliorum Matthaeï, Marci et Lucae, de identitate substantiali Evangelii graeci Matthaei cum eius originali primilivo, nec non de ordine temporum quo eadem orum ad invicem similitudines aut dissimilitudines, inter lot varias opposilasque auclorum sententias, liceat exegetis libere disputare et ad hypotheses traditionis sive sci iplae sive oralis vel eliam dependentiae unius a praecedenti seu à praecedentibus
il a été répondu négativement à la question suivante :
En conséquence 1 . Utrum ea quae superius statula sunt, ii servare censeri debeant, qui, facile amplec-
nullo fulti traditions testimonio nec historico argumento, tuntur hypothesim vulgo duorum fontium nuncupalam, quae compositiomem Evangeli graeci Matthaei et E vangelii Lucae ex eorum polissimum dependentia ab Evangelio Marci et a collectione sic dicta sermonum Domini contendit explicare; ac proinde eam libere propugnare valeant?
On pourrait relever ici des nuances. La Commission entend-elle avant tout barrer le chemin à ceux qui s’y engagent légèrement (facile), tandis qu'elle serait plus indulgente à ceux qui essaieraient de s'appuyer sur la tradition ou sur l’histoire, ou bien qui feraient des prétendus ZLogia “un ouvrage où figureraient des récits historiques? Nous n'avons pas à
trancher ce point. Elle semble avoir maintenu avant tout le caractère
canonique et par conséquent inspiré du Matthieu grec. Il ne serait pas licite, pensons-nous, parce que contraire à la tradition la plus claire, de récuser l'affirmation du texte grec comme on pourrait le faire pour le texte de la Vulgate latine, pour la raison qu'il n'est qu'une traduction. L'Église. ne songe pas à faire moins de cas du seul texte qui figure dans son histoire, définitions et exégèse, pour lui préférer un texte hébreu ou araméen qu'en somme elle ne connait pas. La Commission exige cependant qu’on tienne le texte canonique comme étant en substance celui de l’Apôtre Matthieu. Et sans doute ce n’est pas sans raison qu'au lieu de déclarer simplement le grec authentique, comme l'Église l’a fait pour la Vulgate, la Commission parle seulement d’une identité substantielle. On pourra donc alléguer entre le grec connu et l’araméen inconnu, à tout le moins autant de différences qu'il y en a-entre les textes originaux et la Vulgate. Et personne ne prétend que la traduction grecque dite des Septante, que saint Augustin tenait pour inspirée, n'est pas identique en substance avec la Parole de Dieu. Gela laisse évidemment une certaine marge. Mais il y a plus. Si, comme nous venons de le dire, on n'est pas autorisé à rejeter les affirmations de Mt., traducteur grec, c’est qu'il était inspiré. Comme tel il pouvait sans doute disposer sa traduction avec
CRITIQUE LITTÉRAIRE. EE
une certaine indépendance qui faisait défaut aux Septante et à saint Jérôme. ἀν liques très sûrs, qui sont en même temps des critiques distingués, lui ont reconnu ce droit. Voici par exemple comment s'exprime M. Sickenberger, dans un manuel très répandu et approuvé : « L'identité substan-« tielle entre le Matthieu grec et sa base araméenne, donc le témoignage de l’ancienne tradition, est en sûreté, quand on admettrait que l’arrangeur
grec ἃ introduit encore des péricopes considérables, et des transforma=
tions dans l’ordre des matériaux (1). » C'est à peu près ce que veut dire aussi M. Camerlynck (2). |
IL. Solution proposée. — La position que doivent garder les exégètes
Aussi, même depuis le décret de la Commission, des auteurs catho- Ὁ
catholiques leur est donc indiquée par l'autorité ecclésiastique. Ce n'est
point une raison pour ne pas examiner les faits. D'autre part, les critiques qui ne reconnaissent pas cette autorité ne sauraient, sans
manquer aux règles de leur art, tenir la tradition comme non avenue.
Aussi avons-nous vu qu'ils ont tenté de la restreindre au seul témoi-
gnage de Papias — qui se serait trompé. Si les raisons de critique interne
étaient décisives dans ce sens, ils deyraient sans doute en venir là. Mais si les raisons pour et contre étaient égales, il ne serait que juste
de s’en tenir à la tradition. Voyons donc d’abord le système de la cri-
tique, et demandons-nous s’il conclut contre la tradition, mais telle qu'elle est : l’œuvre de l’apôtre Matthieu antérieure à Marc est un écrit araméen; la traduction le reproduit en substance, mais il n’est pas dit qu’elle soit antérieure à Mc. ou indépendante de lui.
Nous ne demandons pas aux critiques d'établir entre Mc. et Mt. une dépendance littéraire quelconque. Le fait nous parait constant, quoique
d’une nature différente de ce que nous avons constaté entre Mc: et Le.,
d’après l'ordre des faits, les doublets et le style.
A propos de l’ordre des faits, saint Augustin a exagéré l'impuissance de la mémoire (3). Incontestablement elle peut recevoir une certaine discipline sans le secours de l'écriture. Il faut sans doute reconnaître ce phénomène dans la tradition du Credo. Encore est-il qu'on en a recueilli plusieurs formes. Mais si du moins le principe de la discipline est clair sur ce point, il est au contraire certain que l'autorité ne s’est pas exercée dans le même sens à propos des paroles et des actes de Jésus.
(1) Kurzgefasste Einleitung in das Neue Testament, 2° éd., p. 60.
(2) Synopsis, 1921, p. τὰν etc. ἡ :
(3) De consensu ev. II, χχὶ (51) : quia enim nullius in potestate est, quamvis optime fideliterque res cognitas quo quisque ordine recordetur — quid enim prius posteriusve homini veniat in mentem, non est ut volumus, sed ut datur — ete. Quoi qu'on pense de cette théorie, il est clair que saint Augustin ne suppose pas une catéchèse qui se serait imposée à la mémoire.
XXXVI ; INTRODUCTION
Gi l'on avait demandé aux chrétiens de 165 savoir et de les réciter dans le même ordre et dans les mêmes termes, on n'aurait pas permis aux écrivains de suivre chacun leur voie avec tant de divergences. Il faut tenir compte du respect pour les paroles du Sauveur qui ne permettait pas de les altérer, de la ténacité de certaines mémoires, des habitudes prises, de la coutume dans certains groupes plus ou moins fermés de répéter les histoires dans les mêmes termes.
Mais tout cela n’explique pas que certains événements ou certains enseignements aient été reproduits dans le même ordre, surtout lorsque cet ordre ne s'imposait ni par une réalité constatée, ni par une logique nécessaire.
A propos de saint Luc, nous avons tenu compte aussi du phénomène des doublets. L'argument ne consiste pas dans le fait de la répétition par un auteur des mêmes paroles, mais dans ce fait que la répétition se présente la seconde fois dans un contexte où l'on retrouve en même temps l’ordre d’un autre auteur.
La troisième preuve de dépendance est la similitude des termes, surtout lorsqu'il s’agit de termes rares, et qu'elle est prolongée. Retrouvant ce phénomène d'accord entre Mc. et Mt. nous devons conclure à une dépendance. :
Une certaine dépendance admise, quel est l’imitateur? Si de deux auteurs l’un parait original, spontané, presque incorrect, en tout cas peu soigné, si l’autre est plus régulier, quoique moins savoureux, s’il ἃ l'air d'avoir voulu améliorer, cette amélioration ayant pour résultat de rendre le texte moins expressif et de diminuer le contact avec les faits, on n’hésitera guère à se prononcer. De même si l’on s'aperçoit que de l'un à l’autre il y a progrès sinon dans la foi, du moins dans la précision des croyances.
C’est ainsi que nous avons regardé Luc comme dépendant de Marc.
Dans ce cas la tradition et la critique assignent le même rang; il n'ya
aucune difficulté.
Or si Mt. était par rapport à Mc. dans la même situation littéraire que Le., cette évidence de la critique interne ne doit-elle pas prévaloir sur la tradition de l’ordre chronologique ?
On nous affirme que la cause est la même, qu'on l’examine quant à l'ordre, quant aux doublets, quant à la ressemblance des termes. Et, en effet, comme on le verra dans les études de détail, nous concédons une certaine ressemblance dans l'ordre ou dans l'acolouthie des péricopes, quelques doublets dans M£., un style assez souvent identique dans tous les deux, mais plus régulier dans Mt. Cela posé, Mc. ne peut être l'imitateur : 1) parce qu'il n’a tout au plus qu’un doublet; 2) parce que son style est original; 3) il n'a pas non plus imité l’ordre de Mt. En effet l'ordre n’est tout à fait le même qu'après le ch. xx de Mt. Dans la
vite:
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CRITIQUE LITTÉRAIRE. XXXVII
première partie l'ordre de Mt. paraît voulu pour grouper ensemble des matières connexes.
On comprendrait que Mt. ait changé l'ordre de Mc. pour le réduire à son système; on ne comprendrait pas pourquoi Mc. qui n’a aucune prétention chronologique aurait d’abord corrigé Mt. pour le suivre ensuite. A s’en tenir donc au critère suivi pour Le., il faudrait déjà conclure que Mc. ne dépend pas de Mt.
C'est donc que Mt. dépend de lui ou d’une source commune? Mais quelle peut être cette source commune? Ce serait une histoire comme celle de Mc., dans le même ordre, dans les mêmes termes. Si elle existait, pourquoi Mc. aurait-il écrit?
Que si l’on compare la physionomie, l’économie totale des deux évangiles, tout proclame, dit-on, l’antériorité de Mc.
En effet, si Mt. existait, quelle raison Marc avait-il d'écrire? 11] se serait
donc contenté de faire des extraits de Mt., d'y ajouter de vives couleurs, et quelques épisodes très rares? Mais était-ce une raison suffisante, et ne
risque-t-on pas de compromettre le précieux réalisme de réalité de ses
tableaux en n’y voyant plus ‘que des traits ajoutés à un dessin déjà exécuté ?
Que si au contraire nous admettons, nous, conservateurs, que Marc a été en contact avec la réalité et si nous le comparons à Mt., lequel des deux fait figure de témoin oculaire?
Si ce Mc. si vivant, si mêlé aux événements, qui les voit venir en spectateur, n'est pas même un témoin oculaire, puisqu'il dépend d'après nous de la catéchèse de Pierre, de quel droit attribuer les récits décolorés de Mt. à un Apôtre?
Manifestement, nous dit-on, l’évangile de Marc est la première esquisse biographique de la vie de Jésus, mise à profit par Mt. dans un ouvrage doctrinal, par Mt. soucieux de remédier aux inégalités de Μο., ainsi que le prouvent les points nombreux où il apparaît comme un adroit correcteur. |
Nous ne pensons pas avoir affaibli les grandes lignes de l’argumentation, dont on trouvera le détail plus loin.
Nous répondons en admettant pleinement l'indépendance littéraire de Marc, si ce n’est pour l’ordre de la seconde partie. Mais cet ordre et le choix des épisodes ne dépendent pas nécessairement de notre Mt. comme nous essaierons de l’expliquer. Quant à la manière de présenter les faits, il nous paraît de plus en plus établi par la critique — conformément à la tradition — que Mc. ἃ suivi une source orale, c'est-à-dire la catéchèse de Pierre.
C’est donc concéder une certaine dépendance de Mt.
Mais d’abord ce n’est pas une dépendance de fond dans la manière de concevoir l'ouvrage. Si Mt. était un ouvrage historique sur le même plan
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que Me. il semblerait en effet qu'il serait postérieur, et conçu comme
VI INTRODUCTION
un développement, ajoutant par exemple ce qui était relatif à la naissance du Christ.
Mais en exposant son plan, tel qu'il résulte avec évidence de tout À J'enchainement des péricopes, nous avons vu que l'auteur s’est bien plutôt proposé pour but de soutenir les disciples du Christ dans leur
foi, soit en la défendant contre les attaques des Juifs, soit en mettant en
Re lumière l’enseignement de Jésus. Les adeptes de l'hypothèse des deux
sources en conviennent en général, sans reconnaitre que c'est renoncer à prouver une dépendance de Mt. telle, qu’il aurait seulement voulu
: 12) compléter Mc. Assurément on peut concevoir qu'un écrivain se soit
proposé de fondre en un seul ouvrage un recueil des enseignements de Jésus et quelques traits de sa vie. Mais il faut voir si cette possibilité ἃ été réalisée dans Mt. Il serait bien étrange qu’une pareille compilation ait pu se faire sans qu’on aperçoive encore une certaine disparité dans les morceaux, des notes différentes dans le style. Or ce n’est pas le cas,
et Jülicher lui-même nous dit qu’il ne faudrait pas prendre Mt. pour un
compilateur (1). Son style est, dans son genre, aussi constant que celui de Mc. et beaucoup plus schématique. Je lis dans un dictionnaire quelconque cette définition du schéma : « Figure simplifiée servant uniquement à la démonstration, et qui représente, non la forme, mais les relations et le fonctionnement des objets. » C’est bien ainsi que procède le style de Mt. Tandis que pour Me. les faits se présentent, se déroulent, font impression comme des tableaux qui respirent la vie, dans Mt. ils ne sont amenés que pour servir à la manifestation d’une doctrine. C'est
un point qui n’est guère contesté, quoiqu’on évite de le mettre en
lumière. L'ouvragé a donc été écrit tout entier, et jusque dans le détail, sous l'empire d’une pensée. Encore une fois il est très difficile d'affirmer que tel résultat littéraire a été réalisé de telle ou de telle façon. Mais en présence d’une pareille unité, il faudrait des preuves bien solides pour qu’on traite l’auteur de compilateur, ce qu'on fait en réalité sans lui en donner le titre.
Dira-t-on qu'un système aussi bien ordonné ne peut être la première manifestation des écritures chrétiennes? Ce serait une affirmation gratuite et même assez contraire à l'évolution telle que nous pouvons la constater. Luc, oui, est en progrès sur Mc. dans le sens de l'histoire. Il a tendu et très délibérément vers une biographie plus complète et plus caractérisée comme telle. Jean lui-même, malgré ses préoccupations
doctrinales, a donné des indications sur la chronologie du ministère
(1) Einleitung in das N. T. (p. 195) : Mit einer Compilation künnen wir es nicht
zu thun haben, wo die Eigenart des Verfassers in Diction und Tendenz, in Klang und Gedankenfarbe sich von Anfang bis zu Ende so fühlbar macht.
CRITIQUE LUTTÉRAIRE, RAT, x Qu
de Jésus: On allait donc bien vers le genre littéraire de l'histoire. Mt. serait un mouvement en sens contraire, car même les récits de la Nati- Ὁ Ἢ vité ne figurent que pour compléter la démonstration. DL Et de la sorte il répondait au premier et au plus urgent besoin de la communauté chrétienne. A peine les Apôtres eurent-ils prêché le Christ Ἢ que la controverse commença, et son terrain était naturellement la vie de Jésus et sa doctrine en face de l'Écriture. M. Burkitt et M. Rendel # Harris (1), suivis désormais de beaucoup d’autres, ont imaginé comme
D RCA Sa Dit ‘à: ds
__ premier livre composé par des chrétiens un recueil de témoignages bibliques, destiné à la controverse. Ce serait une sorte de Proto- 4 Matthieu. ἐπ 1 Il y ἃ là une indication, quoique la ont en soitexagérée. Caronne comprend pas un recueil de ce genre sans sa contre-partie, c’est-à-dire À
la base de comparaison dans la vie et la doctrine du Christ. Plus tard, - ‘10
ce dernier point étant acquis, on a pu isoler les témoignages et en δὴ
compléter la liste. Mais au début on ne pouvait engager la controverse
sans avoir assuré le terrain des faits nouveaux. C'est ainsi que dansle
procès de saint Étienne il fallait savoir si oui ou non Jésus avait ο΄ réprouvé la Loi et le Temple. L’évangile de Mt. répondait à ce besoin. | ἊΝ Étant l’œuvre d’un esprit spéculatif, il n’a rien qui décèle à nos yeux.
le témoin oculaire. C’est ce qu’il faut concéder. Nous ne disons pas que l’évangile est d’un apôtre parce qu’on y reconnaît un témoin oculaire …
- ou un collaborateur de Jésus, mais, la tradition étant ferme sur le nom, Fe
nous disons que ce nom garantit la réalité des faits. Quand l’auteur He.
écrivait, on savait qui il était, et les disciples avaient confiance en lui.
” Il excelle à présenter les faits succinctement, nettement, et à exprimer
avec lucidité l’enseignement qui en résulte. Sa méthode est droite, son
| style limpide. On pourrait imaginer qu’il a réduit les formes opulentes
| de Mc. à une esquisse où il ne manque rien d’essentiel. Mais sa manière
| propre peut être le don de cet écrivain, comme Marc a eu le naturelet
ἰ Luc le sentiment. Ce peut être un premier jet, et il y a lieu de le con- Cr
clure, si c’est bien la manière qu'il fallait à son dessein. Il y a des
témoins oculaires très sérieux, mais qui ne savent pas voir ou ne savent 4 Vs
pas exprimer la physionomie des faits. ‘ M
Nous reconnaissons cependant que s’il s’agit de la forme, il est des cas.
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