‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 252 sur 350 · Le DÉBITEUR IMPITOYABLE. k · texte numérisé non relu

Le DÉBITEUR IMPITOYABLE. k

Cette belle parabole est propre à Mt., et exprime d'une manière sensible la doctrine du Siracide (xxvur, 1-7), déjà promulguée par Jésus (vi, 14). Elle ne touche pas le nombre des pardons, mais seulement l'obligation de pardonner pour être pardonné, non pas dans le commerce de la vie, mais de la part de

Dieu. Si un homme ne pardonne pas à son frère, c’est-à-dire ici à un autre

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sept fois? » 2 Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais

jusqu'à soixante-dix fois sept [fois]. » D.

23C'est pourquoi le royaume des cieux a été comparé à un as 11 qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. ?# Comme il com mençait de régler, on lui en amena un, débiteur de dix mille ε΄.

homme. il n’a pas à espérer que Dieu lui pardonne. C’est l’enseignement πος et direct de la parabole. ‘ ϑ Mais par l'exemple choisi elle produit une impression qui ne peut avoir ce 4 étrangère à la pensée &e Jésus. Si Dieu nous pardonne des dettes si énormes, quel ne serait pas notre tort de nous montrer durs envers ceux qui nous doivent si peu! La grande miséricorde de Dieu à notre égard est pour nous la meilleure exhortation à l’indulgence. C'est l’élément nouveau de l’enseignement du Christ. Le Siracide met en lumière ce que le refus du pardon a || Sà d’insensé de la part de qui a besoin de pardon. Dans l’évangile, la miséricorde | ὃ s'est déjà exercée et eût dû servir de modèle. mx La parabole passe pour aisée, mais en fait il est très rare qu'on l'explique d’une façon suivie. On ne prend pas au sérieux le titre de roi, que l’on suppose ajouté par Mt. à une source plus ancienne (Loisy), ou même ajouté au texte ἈΠΕ τ de Mt. (MeNeile), et alors le débiteur devient un esclave, non pas du dernie rang, mais auquel son maître aurait confié une banque (même Dausch). Et l’on 1 pourrait admettre que l’épithète de roi n’est venue qu’à cause du royaume, comme pour le roi de Mekilta p. 318. (Ferre, Altjüdische Gleichnisse, p. 27) ὃ qui ne fait rien de royal. Mais si l’on entre dans cette voie, on ne peut plus s'expliquer ni comment les serviteurs possédaient des biens, s'ils étaient esclaves, ni comment on pouvait les faire vendre s'ils ne l’étaient pas. Nous expliquerons donc la parabole d’un vrai roi; si ensuite il-est nommé seulement seigneur de ses serviteurs, ce nouveau titre ne change pas leurs rapports. ee. 23) διὰ τοῦτο lie à ce qui précède, mais seulement parce que la parabole, elle aussi, enseigne à pardonner. L'application $e fera si peu sur le nombre des pardons que dès le début le sujet change. La comparaison portera sur le : royaume des cieux, à la manière vague des paraboles juives, pour dire: « Telle est en effet la règle à observer pour arriver au royaume de Dieu. 5— Le roi figure si souvent dans les paraboles juives que la présence d’un βασιλεύς De serait un signe d’origine sémitique, quand il n'aurait pas de sens bien défini. ὃ Mais ici c’est la clef de tout. Les serviteurs sont des fonctionnaires importants, 8 æ si) selon Te sens de l’hébreu ‘ébéd, compagnon du roi, courtisan, que les Septante ont traduit παῖς, mais aussi δοῦλος (1 Regn. vin, 14 elc.). — συνᾶραι λόγον (cf ὃ xxv, 19) qu’on croyait purement biblique est appuyé de trois cas dans les papyrus, par exemple συνῆρμαι λόγον « je suis en compte » (débiteur), (HoGarta, ES Fayüm towns, p. 261, pas après 50 A. D.). Cela peul très bien s'entendre d'un : Le roi qui demande compte du tribut à un gouverneur de province ou à un ministre des finances tel que sous les Ptolémées fut le dioecète Apollonios ou son inten- k dant Zénon (ΗΒ. 1920, p. 163 ss.), contrôleur préposé à la rentrée des impôts. ὃ 24) Un de ces fonctionnaires (εἷς pour τίς) est débiteur de 10.000 talents, ὃ

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25. eye (H) ou εἰχὲν (TSV).

chaque talent valant 6.000 drachmes. C'est donc une somme énorme, qui corres- pondrait environ à 60 millions de francs. Peu importe la vraisemblance. Ce qu'il fallait indiquer, c'était une dette telle que le débiteur ne pouvait songer à s'acquitter. D’après Josèphe (Ant. XVII, x1, 4, cité par McN.), la Galilée et . τ la Pérée payaient un tribut de 200 talents à à ‘Antipas; le domaine d’Archélaüs 600. Ce sont là des sommes précises. On trouve dix mille talents dans Clém. Al. (Péd. n, 40, 415), pour un seul habit, comme nous dirions : une À somme folle.

Ξ Ν 25) On allègue assez inexactement à propos de ce v. et du v. 23 les coutumes juridiques de l’antiquité. Il faut préciser. Dans l'antiquité romaine, la personne du débiteur répondait de la dette : « Si, à défaut de payement, l'emprunteur refuse ses services, le créancier le conduit devant le magistrat pour se faire δ … autoriser à l'emmener (in servitium) ; après quoi il prendra les mesures néces-

saires pour le retenir chez lui; il le fera incarcérer et charger de chaînes » LR (neœus vinctus) (Cuo, Les institutions juridiques des Romains, 2° éd. I, p. 118).

du cas de délit (Ex. χχπ, 2). Il pouvait arriver qu ‘un Israélite fût obligé à se ἮΝ TRES par pauvreté (Lev. xxv, 39. 45), encore sa situation était-elle adoucie, et le fait parut intolérable à Néhémie (Neh. v, 5). La pratique romaine avait eu cours en Orient (Υ Regn. 1v, 1; Is. L, 1) mais elle avait sans doute disparu ; comme à Rome. En Égypte elle était abrogée ; le débiteur répondait avec ses us biens, non par sa personne, qui appartenait à sa cité. Mais cette exception ne

Ἢ pouvait être opposée au fisc qui représentait l'État. On vit donc des magistrats : ΩΝ “ὁ

intérêts du fisc (Drrrens. Or. gr. 669 1. 15 5. en 68 A. D.). C'est dire qu'on

Ἐ 4 le faisait légalement et ordinairement au nom du roi. Si Mt. parlait ici d'un maître qui fait vendre son esclave, on ne comprendrait pas qu'un esclave eût

eu une pareille somme ni même une beaucoup moins forte à sa disposition, qu’il eût eu des biens personnels, etc. En prenant la parabole telle qu’elle est, tout est normal.

Le Seigneur n’espère pas rentrer dans ses fonds; il veut faire un exemple.

+ w en 18) Υ * ΄ TA x mi τὸ 1 κε ο΄ εἷς αὐτῷ ὀφειλέτης μυρίων ταλάντων. 25 .» ἔχοντος δὲ αὐτοῦ ἀποδοῦναι

26. om. χυριε p. λεγων (TH) plutôt que add. (SV). — ἀποδώσω σοι (TH) ou c. α-. (SV.

La loi de Moïse n'avait jamais admis cette rigueur (cf. Dt. xxiv, 7) en dehors Ὁ 2

jeter leurs débiteurs personnels en prison sous prétexte de poursuivre les .

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; talents. 25 Cet homme n'ayant pas de quoi payer, le maitre ordonna)

qu’il fût vendu avec sa femme, ses enfants, et tout ce qu'il avait, afin que la dette fût payée. #Tombant donc [ἃ ses genoux], le serviteur demeurait prosterné devant lui, disant : « Sois patient envers moi, et je te payerai tout. » ?Touché de compassion le maître de ce serviteur le laissa aller et lui remit la dette. #8 Or, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons de service qui lui devait cent deniers, et se jetant sur lui, il lui serrait la gorge,

disant : « Paye ce que tu dois! » #Tombant donc [ἃ ses genoux], son | compagnon le suppliait, disant : « Sois patient envers moi, et je

Aussi ne recule-til pas devant la vente de la femme, ce qui, sans doute, ne

dépassait pas son pouvoir, mais ce qui augmente la détresse du débiteur, car ils

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seront peut-être séparés. Cf. le séquestre (abusif) dans le pap. flor. 61 χατασχὼν ἄνθρωπον εὐσχήμονα καὶ γυναῖκας. — Gén. absolu, irrégulier avec αὐτόν. — ἔχει,

présent après l’aor. comme dans 11, 22.

26) Au lieu de demander grâce entière, le serviteur essaye de montrer au Le maître que son intérêt est de l’épargner. Vendu à un autre, il ne pourra jamais

s'acquitter. Si on le laisse faire, il saura s’en tirer. Était-il sincère? Du moins

il gagnait du temps.

27) Son Seigneur est ému de compassion, et, soit qu'il ne veuille pas paraitre dupe, soit plutôt par un mouvement de son grand cœur, au lieu du délai qu'on implore, il accorde remise totale. C'est un don plus que royal. Le serviteur

n’aura donc aucun prétexte à se montrer dur; il ne doit plus rien, il reste

même en possession de son avoir, qui n'était probablement pas médiocre. Dans une gestion aussi importante, n’avait-il rien mis de côté? 28) Accumulation de traits accusateurs. C’est donc sans nécessité, pour faire

éprouver à un compagnon les angoisses dont il vient d’être affranchi, et pour une misérable somme, le six-cent millième de ce qu'il avait dû, que ce misérable

se fait justice lui-même. On prétend qu'il se conforme au droit romain parce que Plaute (Poen. 190) parle d’un esclave qui se voit déjà arrêté opétorto collo; mais il ajoute ad praetorem trahor. Le créancier de l'évangile ne se soucie pas des voies de droit, il se jette à la gorge de son compagnon ou collègue comme un batelier grossier qui veut être payé sur-le-champ, sans quoi il ne le serait jamais : καὶ μὴν ἄγξω ce... ἢν μὴ ἀποδῷς (Lucien, Dial. des morts, ΧχτΙ, 1). — Kn. nous avertit que la remise d’une dette à un débiteur ne l'empêche pas en justice

de se comporter ensuite comme créancier. Eh ! sans doute, mais il y ἃ la

manière! Ici le procédé est odieux. — εἴ τι au lieu de ὅ τι (correction de certains

mss.) suggère même que le créancier n’est pas bien βὰν — dans son trouble —

qu'il lui soit encore dû quelque chose.

29) πεσών, comme au v. 26, mais sans προσεχύνει qui. eût été ridicule devant

un homme de la même condition; c’est déjà beaucoup qu'on soit à ses pieds! Ce sont les mêmes paroles qu’au v. 26, mais sans πάντα, car la somme était

de peu de valeur et cette fois le débiteur avait toutes chances de s'acquitter.

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multi τσ 1 COR νῦν

/ 5 a QUI 45. WE θύμησον ἐπ᾽ ἐμοί, χαὶ ἀποδώσω σοι. 06 δὲ οὐκ ἤθελεν, ἀλλὰ ἀπελθὼν

| \ G = Ὰ MU LE ἔβαλεν αὐτὸν εἰς φυλαχὴν ἕως ἀποδῷ τὸ ὀφειλόμενον. 5: ἰδόντες οὖν où …

σύνδουλοι αὐτὸῦ τὰ γενόμενα ἐλυπήθησαν σφόδρα, καὶ ἐλθόντες διεσάφησαν τῷ χυρίῳ ἑαυτῶν πάντα τὰ γενόμενα. ὅξτότε προσχαλησάμενος αὐτὸν à χύριος αὐτοῦ λέγει αὐτῷ Δοῦλε πονηρέ, πᾶσαν τὴν ὀφειλὴν ἐχείνην ἀφῆχά σοὶ, ἐπεὶ παῤεχάλεσάς me’ 8 οὐχ ἔδει χαὶ σὲ ἐλεῆσαι τὸν σύνδουλόν σου, ὡς χἀγὼ σὲ ἠλέησα; 33: χαὶ ὀργισθεὶς ὁ χύριος αὐτοῦ παρέδωχεν αὐτὸν τοῖς

ς ci % 5 € τ βασανισταῖς ἕως οὗ ἀποδῷ πᾶν τὸ ὀφειλόμενον. ῬΟὕτως καὶ ὁ πατήρ μοῦ

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