OM. avtw p. οφειλομενον (H) plutôt que add. (SV
30) Toujours de son autorité privée, le créancier jette le débiteur en prison, ce qui peut s'entendre d’une prison particulière. Dans l'inscription citée plus haut (Or. gr. 669), on voit des magistrats jeter leurs débiteurs εἴς τε τὸ πραχτόρειόν τινὰς παρέδοσαν xal εἰς ἄλλας φυλαχάς, prisons particulières qui d’ailleurs furent interdites. Tout cela ne se conçoit pas entre esclaves ou même entre serviteurs d’un même maître, mais rentre dans les vraisemblances si le créancier est dans le cas de ces fonctionnaires égyptiens que blâmait le préfet d'Égypte Tib. Jul. Alexander. Il en était de ce débiteur comme des autres; la prison paraît un mauvais moyen pour le mettre en état de payer ses dettes. Mais on pouvait l'obliger à travailler, comme faisaient les anciens Romains; ou il se décidera à faire vendre des biens cachés pour payer, ou ses amis paieront pour lui.
31) Les autres σύνδουλοι doivent aussi être des courtisans-fonctionnaires. Le syriaque à très probablement retrouvé la forme araméenne primitive, Nn22, cf. Esdr. 1v, 7 ἹΠῚ22 « ses concitoyens », ici « ses compagnons ». Les esclaves très nombreux d'un riche, venant de diverses contrées et animés de sentiments. serviles, habitués à l’infortune, n'auraient sans doute pas éprouvé un chagrin aussi Vif. — διασαφέω, xvi, 36 (+ N. T.).
32) ὀφειλή, hellénistique tardif (pour ὀφείλημα), étranger aux LXX, mais constaté dans les papyrus. — παρεκάλεσας, l'aoriste, parce qu'il a suffi d’une prière (Deb. 8 328).
33) Ce raisonnement si pressant n'admet ni réplique, ni glose. Qu'il yait été ou non tenu en justice, le serviteur devait avoir pitié à son tour.
3#) Le sort du misérable paraît être tout à fait celui du plaignant du papyrus
Lips. Inv. 244, 6 d’ailleurs tardif (462 A. D.) : χαὶ παρε[ζκ]λήθην καὶ ἐχλείσθην εἰς.
[τ]ὴν δη[μο]σ[ίαν] ε[Πρχτ[ὴ]ν τῶν χρεῶν ἕνεχα χαὶ πολλᾳ [...lov, ὅπερ ἀπηγορευμένον τοῖς νόμοις, ἐβασανίσθην (MM). Il n’a pas été mis à la torture une seule fois: de temps en temps on le maltraitait pour l’obliger à révéler quelques ressources secrètes. Ce qui était interdit au ve siècle ap. J.-C. était censé permis dans une
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ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, XVIN, 35. | 363 te payeraï. » Mais il ne voulait pas, et il alla le jeter dans une prison jusqu'à ce qu’il payât ce qu'il devait. 81 Voyant donc ce qui.
se passait, ses compagnons de service furent extréêmement attristés,
et vinrent exposer à leur maitre tout ce qui s'était passé. # Alors
son maître, l'ayant fait appeler, lui dit : « Mauvais serviteur ! je t'ai
remis toute cette dette, parce que tu m'as supplié; #n’aurais-tu pas dû avoir pitié de ton compagnon, comme j'ai bien eu, moi, pitié de toi? »#Et son maitre, irrité, le livra aux tortionnaires, jusqu'à ce qu'il eût rendu tout ce qu'il devait. # C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère du fond du cœur. » |
monarchie orientale au τὸς siècle. Le cas de ce débiteur cruel n’est pas un cas ordinaire. Sa dureté lui ἃ valu un traitement de rigueur.
Les Basaviszal (+ Bible) ne sont pas les geôliers ordinaires, mais des bourreaux qui infligeaient la torture. — ἕως οὗ ἀπ., c’est-à-dire toujours, car il n’y ἃ aucune chance pour le débiteur de pouvoir jamais payer.
35) « Mon » Père, dans l'exercice de sa justice. — ἀπὸ τῶν χαρδιῶν, par un sentiment du cœur, car cela seul compte. Ef quia potest unusquisque dicere : nihil habeo contra eum, ipse novit : habet Deum iudicem, non müihi curae est, quid velit agere, ego ignovi ei; confirmal sententiam suam, et omnem simulationem fictae pacis evertit.… (Jér.) Formidolosa sententia, dit Jérôme, mais plus redoutable à ceux qui se croient justes qu’à ceux qui sentent le besoin du pardon.
On a comparé (Fiemic, Die Gleichnisreden… p. 60; cf. Zecrer, Die Künigs-
gleichnisse des Midrasch, p. 30) cette parabole à une parabole de Rabbi José, vers Il
90 à 130 ap. J.-C. ὃ. Roch. ha-chana 417 : « La prosélyte Valeria demandait à Rabban Gamliel : il est écrit dans votre Loi (Dt. x, 17) : « qui ne lève pas la face », et il est écrit (Num. vi, 26) : « que lahvé lève sa face sur toi. » Alors Rabbi José le prêtre s’approcha d'elle. Il lui dit : Je veux te proposer une parabole. A quoi ressemble la chose? A un homme qui emprunte une mine à son prochain et qui stipule avec lui un temps fixé en présence du roi. Et il lui jura par la vie du roi. Le temps vint et il ne le paya pas. Alors il alla pour persuader le roi. Et il (le roi) lui dit : Que mon offense te soit pardonnée. Va et persüade ton prochain. Il en est de même ici : ici (c’est-à-dire dans le second passage) il s’agit des transgressions entre Dieu et l’homme; ici (dans le premier passage) il s’agit des transgressions entre un homme et son prochain. » | Ainsi la parabole a pour but de résoudre une contradiction, d’ailleurs parfaitement imaginaire, entre deux textes que leur contexte justifiait assez. Le sens paraît être que si la faute est commise au détriment du prochain, Dieu qui n’est touché qu'indirectement pardonne à l’homme qui obtiendra le désistement de son prochain. [1 ne tient pas compte de son injure particulière. Il pardonnera donc, non pas précisément à celui qui aura pardonné, mais à celui
60) CASE € v°.
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1 aura obtenu son pardon. Sans parler de l'application parfaitement inco= + “hérente de la parabole aux textes, de son obscurité, elle prête à Dieu une
“% sorte d’indifférence : arrangez-vous entre vous, je suis content. Rien des ice Ὡς
Ἶ γβ dettes, de leur disproportion, de la miséricorde de Dieu, de l'attitude nes de celui qui ἃ été pardonné. D'un côté une argutie exégétique mal venue, de l'autre une vérité morale très haute rendue sensible. Si Jésus avait pu — en. ne dépit de la chronologie — connaître la parabole de José, la transformation ne lui ferait pas moins d'honneur que l'invention. Mais. l'indépendance de José n'est guère moins certaine : chacune se meut dans sa sphère.