euxev (TS V) plutôt que epn (H
ὁ γὰρ ἀγαθὸς εἷς ἐστίν, ὁ πατὴρ ὃ ἐν τοῖς οὐρανοῖς., de même χυπὶ, 1; XVI, 4; ΠΙ, 57.
—Ilest clair que Justin dans le Dialogue, lrénée et les Clém. ont cité la fin
d'après Mt, mais on voit aussi qu'à cette haute époque, loin de trouver la
moindre difficulté à la réponse de Jésus, on était bien aise d'en argumenter
pour prouver aux hérétiques qu'il avait enseigné le culte du vrai Dieu; la formule complète ὃ πατήρ (μου) 6 ἐν τοῖς οὐρανοῖς servait à ce dessein. Elle est peut-être authentique, quoique nous n'osions l’adopter, à défaut de témoignage dans les mss. Seulement, si ce texte de Mt., surtout à l'état développé, ratta-
chait bien Jésus au Dieu de l'A. T., cette seconde partie de la réponse de Jésus
se soudait beaucoup mieux à la première partie dans Mc. et dans Lc. que dans
Mt. On comprend très bien que Justin, qui connaissait le texte de Me., l'ait fusionné avec celui de Mt., et de même Irénée.
Il faut reconnaître que cette fusion ἃ eu le plus grand succès, puisqu'elle ἃ dominé complètement dans le texte reçu. C'est donc une preuve que la question et la réponse n'ont excité aucune susceptibilité. Au lieu de corriger Mc. et Le. d’après Mt. comme on eût dù le faire si leur texte avait paru contraire à la divinité du Christ, c’est Mt. qui a été envahi par les deux autres.
b) On doit donc regarder comme le texte de Mt. : διδάσχαλε (sans ἀγαθέ) τί ἀγαθόν (et non τί seulement)... τί με ἐρωτᾷς περὶ τοῦ ἀγαθοῦ (et non τί με λέγεις ἀγαθόν) ; texte qui se recommande de N Β Ὁ οἷο. et surtout de sa différence avec les textes de Mec. et de Le., différence constatée par Origène.
De ce texte les critiques indépendants disent unanimement qu'il est une correction doctrinale de Mc. par Mt., pour éviter que Jésus refuse le titre de bon, ou qu'il ne donne la divinité qu'à Dieu. Mais nous venons de voir que ni avant, ni après l'arianisme, on n’a eu ce scrupule. Si l'on raisonnait des textes primitifs de la tradition comme des mss. de Mt., il faudrait dire que la forme de Mec. et de Le. est une correction dans le sens de la clarté, pour éviter la difficulté considérable du texte de Mt. Si Mt. avait voulu éviter le texte de Me., il avait bien d’autres manières que de constituer un texte difficile. Ordinairement ce sont les textes difficiles qui passent pour originaux! À tout le moins, si le texte de Mec, et de Le. peut être préféré comme plus limpide, si celui de Mt. est une modification des termes dont s'est servi Jésus, il serait contraire aux règles de la critique de voir dans Mt. une modification intentionnelle du texte de Mc. (ὃ
10) L'étranger ἃ conscience, nous le verrons, d'avoir observé les commandements ordinaires, probablement même les règles pharisaiques de la pureté elc. Mais il sait que Jésus prêche une doctrine très parfaite. Quoi qu'il eût pu tabler
ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, ny 47-190: COS
que Sent te de bon pour avoir la vie éternelle? » on lui dit ΓΝ « Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon? Un seul est bon! εἰ
d'ailleurs tu veux entrer dans la vie, observe les commandements.»
18 lui dit : « Lesquels? » Jésus dit : « C'est : Tu ne tueras point; tu ne commettras pas l’adultère; tu ne déroberas point; tu ne
rendras point de faux témoignage ; ‘’honore ton père et ta mère; et :
sur les principes généraux pour avoir confiance, il se demandait si Jésus n'avait rien à lui indiquer qui correspondit aux desseins de Dieu sur lui. Manifestement il a insisté sur le mot « quoi de bon » avec un accent personnel, « quelque chose de vraiment bon », qui le classerait aussitôt parmiles assurés de la vie éternelle.
17) La réponse de Jésus est une interrogation. Le jeune homme a des prétentions; la suite montrera que cette présomption fit place au décourage- ° ment. Croyait-il donc qu’on se hausse si facilement parmi les bons? D'où la deuxième partie de la réponse : « un seul est bon ». Les critiques s’exclament
de cette substitution d’un masculin à un neutre. La phrase n’est pas construite
logiquement. Soit!
Faut-il conclure qu'elle manque pour cela ἘΠ Sans affirmer que
l'homme n’a aucune chance de faire un vrai bien, et par conséquent de devenir
bon, Jésus élève les regards du jeune homme vers celui qui est la source de toute bonté, qui seul est vraiment et absolument bon. Et ilest certain que cette petite phrase, sans θεός, ni πατήρ x. τ. À. fait un très grand effet. Si l’on vise au bien, c’est Dieu qu'il faut avoir en vue. L'ironie des critiques contre cette interprétation, traditionnelle, quoique sous des formes variées, ne fait pas qu'elle ne soit solide. — εἰ δέ « si par ailleurs », quant à ton dessein, s’il est réduit
à ce qui est nécessaire pour entrer dans la vie, l'observation des commande-
ments suffit. — Si Mt. avait évité de dire τί ue λέγεις ἀγαθόν, et avait été assez
ingénieux pour remplacer cette question choquanite par une autre, dans le
dessein de ne pas mettre Jésus en contraste avec le Dieu bon, il eût été plus que simple, il faut dire maladroit, en laissant subsister εἷς ἐστιν ὁ ἀγαθός!
18) La critique est d'ordinaire plus sympathique à des récits aussi naturels qu'est ici celui de Mt. Le renvoi aux commandements avait quelque chose d’un peu mortifiant pour un jeune homme qui aspirait à une véritable perfection. Il feint de ne pas comprendre, ou plutôt il ne comprend pas : sûrement le Sauveur ne prétend pas le reuvoyer au fondement du Décalogue! ποίας n'est pas τίνας, ce n’est donc pas « quels » sont les commandements, mais « quelle sorte » de commandements? — Α quoile Sauveur ne répond pas par le premier précepte du Décalogue, « Tu aimeras le Seigneur » etc., mais par des commandements
‘qu’on ose à peine rappeler aux honnêtes gens, tant la violation en serait peu honorable. L'ordre est le même que dans Me., mais c’est aussi celui du texte massorétique dans Ex. xx οἱ D. v. Les mss. des Septante sont divisés.
19) Après ces commandements négatifs, absolument indispensables, Jésus en vient à des préceptes qu'on pouvait pratiquer avec plus ou moins de perfection, et d'abord à un jeune homme il recommande d'honorer ses parents, précepte placé dans le Décalogue avant les autres. —Ensuite Mt. seu] fait mention
χαί ᾿Αγαπήσεις τὸν πλησίον σου ὡς σεαυτόν. “θλέγει αὐτῷ ὁ veavionos
'Πάντα ταῦτα ἐφύλαξα᾽ τί ἔτι ὑστερῶ; “1 ἔ ἔφη αὐτῷ ὁ Ἰησοῦς Εἰ θέλεις τέλειος εἶναι, ὕπαγε πώλησόν σου τὰ ὑπάρχοντα nat δὸς τοῖς πτωχοῖς, χαὶ ἕξεις θησαυρὸν ἐν οὐρανοῖς, καὶ δεῦρο ἀχολούθει μοι. “᾿ ἀχούσας δὲ ὁ γεανίσχος τὸν λόγον τοῦτον ἀπῆλθεν λυπούμενος, ἦν Ὑὰρ ἔχων χτήματα ; πολλά. 48. Ὃ δὲ Ἰησοῦς εἶπεν τοῖς μαθηταῖς αὐτοῦ ᾿Αμὴν λέγω