‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 262 sur 350 · toutov (H) ou 0%. (SV), ou om. τον λογον τουτον (T · texte numérisé non relu

toutov (H) ou 0%. (SV), ou om. τον λογον τουτον (T

24. τρυπηματος (TSV) plutôt que τρηματος (H). — των oupavwv (T) ou tou Geo (HSV).

de l'amour du prochain, ce qui lui a valu bien des reproches. Origène déjà doutait de l’authenticité, parce que si le jeune homme avait accompli le pré- cepte unique de la loi nouvelle d’après Paul, il avait déjà atteint la perfection. Mais d’après Thomas, il y a dilectio secundum viam communem et dilectio perfec- ‘tionis. Les modernes objectent que Jésus serait sorti du Décalogue, en citant Lev. xx, 18. Comme si ce n'était pas la meilleure preuve que la parole vient bien de Jésus, du moins qu'elle est de très ancienne source! Car un correcteur s’en serait tenu au texte du Décalogue, bien connu de tous les Juifs. Si donc Jésus a ajouté cette clause, c'était pour mettre le candidat à la perfection sur la voie d’une charité parfaite, conduisant au détachement effectif.

20) Ici Mt. nomme |’ étranger veavioxos, et l’on veut qu'il ait employé ce terme parce, qu il lisait dans Mc. ἐχ νεότητός μου. Ainsi il aurait emprunté 16 mot de jeunesse à un auteur qui supposait plutôt un âge plus avancé! Car le texte de Mc. et de Le. s'entend beaucoup plus aisément d’un homme mûr. On peut expliquer leur ἐκ νεότητός (ou) comme un effet de style, que de leur côté ils n'auraient pas mis en œuvre s'ils avaient connu Mt. — Un peu ébahi de ce rappel à la morale la plus élémentaire, et ne prenant pas le temps d’approfondir le sens du dernier précepte, le jeune homme répond qu'il a pratiqué tout cela. Il ajoute avec un mélange de suffisance et de bonne volonté : τί ἔτι ὑστερῶ; tandis que ἕν σε ὑστερεῖ de Mc. est plus didactique.

21) Mt. pas plus que Le. ne met au courant des sentiments du Sauveur; il a donc omis le trait si beau de l'affection de Jésus, après un regard pénétrant. Mais ce n’est pas pour déprécier le jeune homme, car le Maître lui propose le moyen d'accomplir ses bons désirs. — εἰ θέλεις τέλειος εἶναι a été ὁ fort torturé par les anciens protestants, qui s'irritaient d'y voir une base à la doctrine de l’Église sur les conseils, distincts des commandements. Holtz. Klost.,

plus équitables, reconnaissent ici une transition à la doctrine du catholicisme

déjà en devenir. Mais l'Église n'a jamais pensé qu'il y eût, comme ils disent,

sition. Ces deux répétitions font impression et soulignent ce que le thème avait

tu aimeras ton HA comme toi-même. » 2Le jeune homme. lui dit : « J'ai pratiqué tout cela; que me manque-t-il encore? » 1 Jésus lui dit : « Si tu veux être parfait, va, vends ce qui est à toi, Ὁ ‘44 et donne [le] aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux; ΤῊΝ et viens, suis-moi. » *Le jeune homme, ayant entendu cette parole, s’en alla tout chagrin, car il avait de grands biens. : 23 Or Jésus dit à ses disciples : « En vérité, je vous [le] dis, un +5

riche entrera difficilement dans le royaume des cieux. #De our 2

je vous [16] dis, ᾿ est plus facile à un chameau d'entrer par le chas ne

deux sortes de perfection, celle des commandements et celle des conseils, et ἊΝ 74 ce n’est pas non plus ce que dit le texte. Elle enseigne seulement que la pratique A. on des conseils est utile pour arriver à la perfection, et c'était le cas du jeune ὯΝ homme. Il voulait être parfait; le moyen que Jésus lui indique est de vendre ἘΠΕ ses biens aux pauvres et de le suivre. Il ne dit pas : « Quiconque », mais « toi» 224 et on voit dès le début que le jeune homme consultait pour son el C'est. Me une vocation particulière, qui pourra être celle de beaucoup d’autres, sans être ἜΝ jamais un devoir imposé à tous. -- τὰ ὑπάρχοντα, cf. χχιν, 47; xxv, 15, fréquent A. dans Lc., mais étranger à Me.; le reste comme dans Mc., Baroles importantes ΡΟΣ qui ont été retenues par 18 tradition. ‘2 Ἢ 22) Presque comme Mc., si ce n’est que 6 νεανίσχος remplace στυγνάσας, trait ὁ ὁ pittoresque. Dans l’évangile selon les Hébreux, il y a d’abord un résumé de Mt, . puis une glose qui met le riche dans son tort. Mais c’est bien (contre Merx) une confirmation du texte de Mt. quid bonum faciens vivam? Cf. ΒΒ. 1922,p. 3345. 4 23-26. DANGER DES nICHESSES (Mc. x, 23-27; Le. xvinr, 24-27). Ὁ En C’est l’épilogue, la moralité de l'épisode précédent, qui se présente de Si er: même manière dans Mc. d’un côté, Mt. et Le. de l’autre. Le va-et-vient de 1 conversation -dans Mc. ἃ choqué D qui ἃ tenté une correction en mettant 25 : avant 24. Les disciples s’étonnent deux fois, Jésus dit deux fois la même propo- τὸ

de grave et de surprenant. On comprend bien cependant que Le. les ait omises, et il semble que Mt. en ait fait autant, c’est-à-dire que lui-même dépendrait de δι

Lc. Encore est-il qu’une rédaction aussi coulante que celle de Mt. ἃ des chances d’être originale, comme nous le verrons dans le détail. ΑΝ 23) Mt. n’a pas le περιδλεψάμενος de Μο.; les gestes de Jésus sont le plus sou ὃ vent étrangers à sa narration; d’ailleurs celui-ci paraitra au v. 26 comme dans Ἢ Mc. La conclusion porte plus directement sur le cas d’un riche, πλούσιος, tandis à

que Me. (suivi par Le.) qui ἃ οἱ τὰ χρήματα ἔχοντες sera obligé de revenir au 44

‘ thème d’un riche. A son habitude. Mt, écrit « royaume des cieux ». ὁ qu = 2

. 24) C’est précisément parce qu'il table sur l'épisode précédent, s'occupant ὁ

toujours d’un riche, que Mt. ἃ pu écrire très naturellement πάλιν, avec λέγω ὑμῖν,

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T0 + OÙ Ad

- ι - ἣν = γ᾽ +4 4) τ εἰσελθεῖν ἢ πλούσιον εἰς τὴν βασιλείαν τῶν ουρανῶν. 25 ἀχούσαντες δὲ οἵ ψιαθη 1 4 2 » ΄ 2 s nl 24 ταὶ ἐξεπλήσσοντο σφόδρα λέγοντες Τίς ἄρα δύναται σωθῆναι; “ἐμβλέψας δὲ ὁ Ἰησοῦς εἶπεν αὐτοῖς Παρὰ ἀνθρώποις τοῦτο ἀδύνατόν ἐστιν, παρᾶ

“exactement comme dans xvur, 19 (sans parallèles). Au premier abord, ce πάλιν paraît un vestige certain de la dépendance de Mc. (πάλιν ἀποχριθεὶς λέγει αὐτοῖς), mais il n'est même pas certain dans Νίο., étant omis par W A et trois cursifs. Il peut y avoir là une simple coïncidence. La comparaison qui suit devait appartenir à Ma., du moins elle se trouvait dans l’évangile selon les Hébreux : ef conversus dixit Simoni, discipulo suo sedenti apud se : Simon fili Ioanne, facilius est camelum intrare per foramen acus, quan divitem in regnum coelorum. Sauf ce qui regarde Simon, c’est exactement le texte de Mt. Les éditions critiques lisent βασιλείαν τοῦ θεοῦ ce qui pourrait passer pour une imitation de Mc., mais ce peut être le fait d’un copiste. Dans son commentaire, Origène lisait : « des cieux », de même Z 33 fam. 1, lat. vg. syrsin. cur. Clém. Eus. Chrys. — τρήματος ᾿ (comme Le.) n B, ou τρυπήματος D E, etc. mais non τρυμηλιᾶς (comme Mc.) C οἷο.

23) Ce n’est pas comme dans Mc. un étonnement plus grand, puisque Mt. n'a

rien du v. 24 de Mc., mais un premier étonnement qui est très sensible. On se demande comment les disciples, qui ont tout quitté, ont pu éprouver un sentiment d'inquiétude aussi général : « qui donc peut être sauvé »? Il ÿ avait tous les pauvres, selon la doctrine constante dans Israël qui identifiait les pauvres et les amis de Dieu (cf. Puicox, quod det. potiori insid. soleal $ 3: Cohn). Chrysostome a donc pensé que les Apôtres, rassurés sur leur propre sort, ont déjà pour les autres des entrailles de pères. Et MeNeile suppose même qu'il faut suppléer πλούσιος après τίς. Mais c'est changer le texte par une addition arbitraire. On pourrait penser que les disciples ont estimé les riches plus près du salut : illeur était plus facile d'observer la loi, par exemple les règles de la pureté légale, tandis que le pauvre peuple faisait comme il pouvait, d’où le mépris des Pharisiens, classe riche, pour la classe des paysans. Mais si les disciples avaient voulu dire : si les riches ne se sauvent pas, alors qui sera sauvé? ils auraient compris à rebours. Il suffit de dire qu'ils n'ont pas encore bien compris. Ce qui suit montre qu'ils n'avaient pas réalisé tout l'avantage spirituel de leur renoncement; pour le moment ils sont sous l'impression de l'épisode du riche. I! observait Les commandements, et cependant sa richesse est un obstacle. Tout cela les frappe, et les laisse en suspens. C’est dans cet esprit qu'ils interrogent. Mais on peut penser que Le. a compris qu'il y avait là une difficulté à laquelle il a coupé court en donnant la parole à des personnes quelconques, qui pouvaient être riches.

26) Jésus regarde ses disciples, comme pour les inviter à s’en rapporter à son autorité. D'ailleurs si le salut, surtout d’un riche, dépasse les forces humaines, c'est uue raison pour se confier en Dieu qui peut tout, même sauver un riche.

21-30. RÉCOMPENSE PROMISE AU DÉTACHEMENT (Mc. x, 28-31; Le. xvur, 28-30; xx, 28-30; x, 30).

Mc. et Le. n’ont ici que la réflexion de Pierre, suivie d’une promesse pour tous ceux qui pratiquent le détachement. Mt. a ce plus une question formelle

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τ΄ ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, XIx, 27-30. 319.

ὅ806 qu'ayant entendu, les disciples furent frappés d’étonnement, disant : « Qui donc peut être sauvé » ? 30 Jésus les regarda et leur dit:

« Cela est impossible aux hommes; mais tout est possible à Dieu. ».

. de Pierre, avec une promesse spéciale aux Apôtres, avant la promesse générale. La promesse aux Apôtres se retrouve en d’autres termes dans Le. à la Cène. La maxime générale sur les premiers et les derniers’est dans Me. et Mt. ici, dans Le. ailleurs. Enfin Mc. insiste seul avec détails sur la récompense en ce monde, tempérée de persécutions.

Dans cette situation, on ne conteste pas — si l’on admet la dépendance de Le.,

— que Lc. ait suivi Mc. en l’abrégeant. Mais les uns (Haupt [Eschatologische Aussagen 7], Holtz. Klost. MeNeile) sont convaincus que Mt., dépendant de Mc, a inséré dans son texte la question de Pierre et la Rromesse qui y répond, sous prétexte que cette promesse particulière vient mal avant la promesse générale; tandis que Loisy soutient énergiquement que Mt. seul a la disposition primitive de la tradition : a) parce que la promesse aux Apôtres est tout à fait en situation; δ) parce que Mt. ne distingue pas comme Mc. la récompense de la vie

présente et de la vie éternelle, ‘et bloque tout dans la perspective de l'avènement

prochain de la parousie.

a) La première raison est excellente. Le riche a die de suivre Jésus ; le Maitre ἃ fait entrevoir quelles conséquences il fallait en tirer. Si donc Pierre déclare que les disciples ont tout quitté, c'est qu’il veut savoir ce qu'il en sera d'eux.

La question est tout à fait naturelle. Jésus eût pu ne pas répondre, mais quand nous avons cette réponse dans le texte de Μί., il est permis de dire qu’elle est à sa place. Si elle ne concordait pas avec la suite, c’est cette suite qu'il faudrait

attribuer à une autre circonstance. Mais, comme le Sauveur avait conclu du

refus du riche au danger des richesses pour tous, il a pu déduire de la récompense promise aux disciples une récompense pour ceux qui seraient dans la

même situation. L'ordre de Mt. est donc irréprochable. Dans la partie commune,

lorsque Mc. décrit les avantages qu'on trouve dans la société chrétienne, sans omettre les persécutions, on peut juger avec Loisy que ces nuances sont secondaires.

ὃ) Mais est-il vrai de dire que Mt. groupe tout dans l'avènement prochain de

la parousie? Il faudrait d’abord constater que le riche ayant consulté sur la vie éternelle, la question posée n’est point du tout celle de l'avènement messianique, mais celle du royaume de Dieu de l’au-delà, donné comme récompense. Mi. . pas plus que Mc. et que Le. ne l’a méconnu, et c’est pourquoi le dernier mot de tout cet épisode répond exactement à la demande du riche, par la prise de

possession de la vie éternelle au v. 29 répondant au v. 16. Mais, dans Me. et

dans Le., la réponse de Jésus distingue ce que la question laissait dans le vague,

une récompense dans le temps présent et une récompense dans 16 monde à

venir, Nous sommes exactement sur le terrain de l’eschatologie juive, et si le messianisme peut y être inclus, c’est seulement comme faisant partie du temps présent. Mt. ἃ distingué moins explicitement, mais cependant clairement au

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