‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 271 sur 350 · LES DEUX FILS · texte numérisé non relu

LES DEUX FILS

Propre à Mt. Il y a une question de critique textuelle fort embrouillée. Distinguons (I) les variantes relatives à l'ordre des fils et (Il) les variantes relatives à la réponse des chefs, et notons qu’au v. 32 la leçon plus ἀξ ν}Ὁ ᾿ est οὐδέ et non pas οὗ, πὶ l’omission de la négation. ΨΩ I. Sur le premier point, deux groupes : | % a) Le fils qui refuse, puis obéit est le premier (T. Hetz.), d'après NCLWXAPED, ἔξ la masse, if (sauf 75) vg (sauf deux codd.) syreur. pes. Ta.-ar., plus D syrsin. δ) Le fils qui refuse puis obéit est le second (Η 5 Vog) dois ΒΘ 4 13 69 124 238 262 346 sah. boh. syrpal., r? et deux mss. de vg. τὴς Les autorités mss. sont en faveur de a. On objecte que si l'on admet la leçon = * οὐδέ au v. 32, l’ordre de ὁ est certain. On dit que si les chefs, représentés par le” 2e fils qui dit oui et ne fait pas, ne se sont convertis « pas même » quand ils ont #4 vu venir à Jean les pécheurs, c’est qu’ils avaient été appelés les premiers. Et en effet il est assez naturel que l'appel de Dieu atteigne d’abord ceux qui sont ΜῊΝ censés disposés à se mettre à son service. Le recours aux autres est une res- ἌΣ source seulement si le premier appel est frustré. Enfin si le premier, après ἈΠ avoir refusé, a obéi, le père s’est trop pressé d'appeler le second. Ges raisons sont très fortes, et telles qu’elles ont dû amener une correction qui est préci- Ka sément celle de ὃ, tandis qu’il serait impossible de comprendre pourquoi on se serait écarté de b. : ‘4 IL. L'ordre des fils étant double, la réponse des chefs ne pouvait ètre la même. Ils devaient répondre « le premier », dans le cas de a, et « le dernier » dans

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Cependant un groupe de a répond « le dernier » : Dit. (abde#f*g'hiT 4 aur.) et 14 mss. Vg., syrsin., Hilaire. Cette leçon accentue la mauvaise foi des ΤῊ

. Juifs, comme ἃ compris Jérôme : si autem novissimum voluerimus legeres mani-

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VE f s ὃ ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, XXI, 28-32.

© 29. οὐ θελω vatepoy de μεταμεληθεις ἀπελθεν au v. 29 avec T et non au v. 30 (ΒΒ) — de p. votepov (SV) plutôt que om. (TH).

30. δευτερω (HSV) ou etepu (T). — εγω (TH) et non vrayw (SV). — au 29 v. d'après HSV.

festa est interpretatio, ut dicamus intellegere quidem veritatem Judaeos, sed tergiversari et nolle dicere quod sentiunt.… Mais si les Juifs avaient vu qu'ils seraient pris s'ils répondaient : « le premier », ils auraient gardé le silence plutôt que de répondre une bêtise. D'ailleurs se seraient-ils reconnus dans ceux

qui disent oui et ne font pas? Ils croyaient bien avoir pour eux les œuvres. La

leçon étrange du groupe ne peut done guère s'expliquer que par une fausse manœuvre des copistes qui ont mélangé les deux leçons. Au contraire la leçon b ne comporte d'autre réponse que «le dernier ». Seulement ce mot est exprimé tantôt par ἔσχατος (0 13. 69. 124. 238. 262. 346), tantôt par ὕστερος (B 4) ou même

par «le second » (Épurem, Moes. 191 et deux cursifs grecs). Au lieu d'en con-

clure avec Lachmann que la réponse des Juifs est une interpolation, il faut constater que cette division des autorités prouve l'embarras du thème. Chacun a rendu à sa manière «le dernier » dont le sens s’imposait pour compléter la correction introduite dans l’ordre.

De sorte que nous préférons, après de longues hésitations, nous en tenir à la masse des mss. et conserver la leçon difficile. La correction ἃ paru avantageuse en rendant l’allégorie plus claire : les Juifs appelés les premiers, mais ne faisant pas, les gentils appelés à leur place. Mais cet avantage n’en est pas un pour la critique qui restitue à la comparaison son caractère de parabole. Il y a bien encore une allusion allégorique, mais transparente, et expliquée en partie. Les publicains sont ceux qui se décident à faire la volonté du Père, qui est Dieu. Ceux qui disent oui et ne font pas sont les adversaires de Jésus.

D'ailleurs, quel que soit l’ordre des fils, la pensée de Jésus est la même : c’est le fils qui ἃ changé d’avis pour obéir qui fait la volonté de son père.

J1 ne faut pas l'oublier pour dégager le sens de toute la péricope. D'après

M. Loisy, nous avons d’abord une parabole, dont la morale est claire : « Un . 4

pécheur repenti, qu’il ait été publicain ou prostituée, est plus agréable à Dieu qu'un dévot sans courage, ete. » (π, 299). Quant au v. 32 sur le Baptiste, il détonne, car la parabole s’entend de l'attitude envers Dieu, non envers Jean. De plus, dans le cas du Baptiste, ni les chefs ni les pécheurs n’ont « présenté de contradiction entre une première apparence et une contradiction ultérieure » (1, 304). De sorte que ce passage, apparenté à Le. vu, 29 s., aurait été soudé ici assez maladroitement (de même Klost. McNeile pour 16 v. 32).

On pourrait même ajouter que dans le cas du Baptiste les chefs ont toujours dit non, tandis que dans la parabole ils représentent ceux qui disent oui, tout en ne faisant pas.

travailler à la vigne. » 391] répondit : « Je ne veux pas. » Après, ilse

repentit et y alla. ὃ. Allant trouver le second, il lui dit la même chose.

* Ces raisons sont assez séduisantes, et l’on pourrait admettre que le v. 32

représente une parole de Jésus conservée par la tradition, mais sans une attache

déterminée, placée par Le. dans un ændroit et par Mt. dans un autre. Il y a cependant cette différence que le contexte de Le. n’exige nullement cette parole, tandis que dans Mt. elle est tout à fait dans la situation générale. Loin que le v. 32 soit adventice, il donne au contraire la elef de toute la péricope. Les chefs de la hiérarchie ont cru se tirer d'affaire en refusant de répondre. Jésus prend l'offensive et leur rappelle qu’en fait ils ont rejeté la mission du Baptiste, après leur avoir fait avouer qu’en cela ils avaient été moins dociles à Dieu que les

publicains. Leur attitude envers le Baptiste n’a pas changé, ils ont toujours dit |

non. Mais le Baptiste n’était que l’envoyé de Dieu, et peu importait leur attitude envers sa personne. Leur attitude négative était en réalité un refus d'obéir à

Dieu, alors que, par état, ils étaient ceux qui se déclaraient prêts à observer la Loi et à faire la volonté de Dieu. L'exemple des publicains n’a pas même réussi

à modifier leur conduite. Peu importe en ce moment quels sont ceux qui ont été ῳ

appelés les premiers. Dans la parabole il fallait nécessairement une succession ; il n’est pas nécessaire que cet ordre règle l'application, puisque la parabole

n'est pas une pure allégorie. I n'y ἃ pas dans toute cette péricope une parfaite 3

harmonie littéraire, mais n'est-ce pas plutôt un gage d'authenticité? On ne doit

pas juger d’après des canons d’école la souplesse de la manière parabolique. Ge

qu'il y ἃ d’inattendu dans la conclusion contribue à l'effet produit. Les chefs si soucieux de ne pas donner dans un piège ont prononcé ‘eux-mêmes leur ᾿ς condamaation. me . x Notez que Lc. n'ayant pas amené les Pharisiens au baptême, les ἃ nommés dans cette circonstance (vw, 30), mais d’après Mt. ils étaient venus (in, 1) et c’est peut-être pour cela que les scribes ne sont pas nommés au v. 23. Il m'y aurait d’ailleurs aucune contradiction réelle, car ceux mêmes qui étaient venus n'avaient pas Cru. :

28} τί ὑμῖν δοκεῖ avant une parabole, comme xvir, 12; ef. χυπ, 255 xxvi, 66. Le πρῶτος (pour πρότερος) n'est pas nécessairement l'aîné; c'est celui des deux que le père a sous la main. — τέκνα est pour υἱούς. — ὕπαγε, cf. v, 24. - 29) La réponse est d'un rustre, et dénuée d'hypocrisie ; elle est suivie de repentir, car μεταμέλεσθαι, surtout dans ce contexte, ne signifie pas vaguement changer d'avis par raison ou par caprice, mais seulement par raison, c'est-àdire que le fils regrette son refus et se met en devoir d’obéir. ÿ

30) Le père voyant que le premier a refusé appelle aussitôt un second fils, Cela paraît peu conforme à la prescience divine, et ce serait pour des copistes

une raison d'intervertir, comme a fait le groupe ὦ. Mais le père n’est pas censé agir en tout comme ferait Dieu; il n’y a pas allégorie pure. Et la parabole ne dit même pas qu'il n’y avait de travail que pour un. Elle pose seulement l’antithèse de deux fils. — Dans la réponse de celui-ci, nous lisons ἐγώ (B W etc.), au lieu du banal ὑπάγω (D a les deux). 1] n’y ἃ rien de tout à fait semblable en grec. On peut citer Épict. II, x, 18 ἔχεις μοι εἰπεῖν ... ἐγώγε (Klost.), ou Jud. xm1, 41. Peut-

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ὡσαύτως᾽ ὁ δὲ AN. εἶπεν ἔχις χύριε χαὶ οὐκ ἀπῆλθεν. STI Ex

Ἂς : τ an FA » € -» 2.

τῶν δύο ἐποίησεν τὸ θέλημα τοῦ πατρὸς; λέγουσιν Ο πρῶτος. λέγε 1 = € > "1 € “ὦ er Ν αὐτοῖς ὁ Ἰησοῦς ᾿Αμὴν λέγω ὑμῖν ὅτι οἱ τελῶναι χαὶ αἱ πόρναι προάγουσιν ει Ὁ ἣν - - 6 ? + e μω CES ὑμᾶς εἰς τὴν βασιλείαν τοῦ θεοῦ. δὲ ἦλθεν γὰρ ᾿Ιωάνης πρὸς ὑμᾶς ἐν ὁδῷ

A. ν 3 -" La ΙΝ δικαιοσύνης, καὶ οὐχ ἐπιστεύσατε αὐτῷ οἱ δὲ τελῶναι χαὶ αἱ πόρναι ἐπί- |

31. πρωτος (T) et non ἔσχατος (SV) ou votepos (H). 32. οὐδε (HSV) plutôt que ov (T).

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