LE TRiBuT θὰ A César (Mc. χα, 43-17 ; Le. xx
La principale différence entre-Mt. et Mc..est dans l'introduction. La ‘rédaction du tout est plus soignée dans Mt., mais comme toujours moins vivante. Les éléments pour fixer la dépendance font défaut.
45) Dans Mc. les sanhédrites : princes des prêtres, scribes. et anciens (x1,.27), renonçant à une lutte ouverte (x, 12), envoient des émissaires, Pharisiens et Hérodiens. Dans ML., ce sont les Pharisiens, associés aux princes. des prêtres (xt, 45), qui tiennent un conseil, et comme il s’agit de tendre un piège, ils ne reviennent pas en personne. — παγιδεύσωσιν est une expression plus précise. et plus juste que ἀγρεύσωσιν (Mc.), car il s’agit bien d'un piège tendu, plus que d’une poursuite ouverte ; οἵ. I Regn. xxvnt, 9 ἵνα τί σὺ παγιδεύεις τὴν ψυχήν: μου θανατῶσαι αὐτήν; --- “λόγῳ (Mc.) indique plutôt la question que la réponse; de même ἐν λόγῳ, puisque c’est le filet dans lequel une réponse suspecte, jettera leur proie.
16) Pour plus de prudence, les Pharisiens demeurent -dans la: coulisse οἱ envoient leurs disciples, moins connus, avec les Hérodiens, que-Mt..ne nomme qu'ici. Les Pharisiens n'étaient pas absolument hostiles à Rome; ils se réser-
Alors les Pharisiens s'étant retirés tinrent conseil pour 16 prendre au piège de leurs questions. 10 Et ils envoient leurs disciples avec les Hérodiens, disant : « Maitre, nous savons que ἴὰ 65 sincère et que tu enseignes la voie de Dieu en vérité, et que tu ne tiens compte-de qui que ce soit, car tu ne regardes pas aux convenances humaines. {7Dis-nous donc ce qu'ilt’en semble; est-il permis de payer le tribnt à César, ou non?» 80r Jésus, ayant pénétré leur malice, dit : « Pourquoi me mettez-vous à l'épreuve, hypocrites? Montrezmoi la monnaie du ‘tribut. » {Eux Jui présentèrent un denier. 20Et illeur dit : « De qui est cette image, et l'inscription? » 115. disent : « De César. » 2 Alors il leur dit « Rendez .donc à César ce qui:est à
vaient. Si Jésus avait refusé le tribut, les Hérodiens n'auraient pas manqué de le dénoncer à l’autorité romaine, avec laquelle ils étaient en coquetterie Payer
le tribut, c'était, dans l'opinion générale, renoncer au rôle messianique. — La
terminaison — tævos vient du latin; cf. Pompejani, Caesariani; elle est devenue fréquente pour les noms.de sectes (Deb. 8 5, 2). Jérôme semble y voir un sobriquet : illudentes Pharisaei… Herodianos vocabant. Josèphe (Bell. 1, xvr, 6) parle des Ἡρωδεῖοι οἱ des ᾿Αντιγονεῖοι. Le nom venait donc des guerres entre les Asmonéens et Hérode. — Le petit discours persuasif. Dans‘Mc.'les deux propositions ‘négatives sont encadrées dans les positives; dans Mt. les positives viennerit d'abord, puis les négatives. Parällélisme enchevêtré ou régulier, on ne saurait dire quelle tournure est plus sémitique. Mais le texte de Mc. est certainement plus habile, se terminant par une sorte d’adjuration à me pas
abandonner la voie de Dieu. Origène n'avait pas'tort de dire que les Pharisiens
parlaient-en agents provocateurs pour livrer Jésus aux Hérodiens.
ἐν ἀλήθείᾳ est la forme sémitique, avec 2, que les Syriens ont ‘dû ‘employer même pour ἐπ᾽ ἀληθέίας de Mc.et Le.
47) Mt. prépare la question décisive ; τί σοι δοκεῖ est de son style ; cf. xx, 28 etc. ; mais 11 n’a pas le dilemme pratique : Donnerons-nous, ou ne donnerons-nous pas?
.18) πονηρία remplace ὑπόχρισις qui revient dans le style direct; c'est dans MI, que ésus parle le plus sévèrement aux Pharisiens.
49) τὸ νόμισμα τοῦ κήνσου est très logiquement le point de la question, et précisément ce qu'il fallait dire. Nommer le denier, mot latin, c'était déjà la résoudre. Mc. va donc au plus court, suivi par Le., tandis que Mt. suit sa voie. Ce sont les adversaires qui s’enferrent en apportant un denier. Si c’est une ‘correction de Mt., elle est des plus fines. — προσήνεγκαν (au lieu de ἤνεγκαν seul), verbe du style de Mt. — Le délicieux ἵνα ἴδω, si finement ironique, ἃ peut-être été omis à dessein par Le.-et par Mt. qui ne s'arrêtent pas au détailde la physionomie humaine du Seigneur.
22 5.) Gomme Mc. ; τότε du style de Mt. ; οὖν met la-réponse en forme.
29) καὶ ἀφέντες αὐτὸν ἀπῆλθον est dans Mc. x1r, 12; mais cf, xx, 45 5. Il serait
eue πὸ pe 5.
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Ν ἡ A NAS Se Ὁ ἜΣ ï sp Καίσαρος Καίσαρι χαὶ τὰ τοῦ θεοῦ τῷ θεῷ. “ἐ χαὶ ἀχούσαντες ἐθαύμασαν,
80. om. θεον ’.- αγγελοι (Η) plutôt que add. (TS[V tou θεου]).
étrange que Mt. ait transposé à dessein cette petite phrase si simple. Mt. fait partir ces adversaires pour laisser la place aux Sadducéens.
23-33. La RÉSURRECTION CONTRE LES Sanpucéens (Me. χα, 18-27; Le. xx, 27-40).
Le. a écrit de nouveau, mais d’après Mc., comme on le reconnaîtrait seule- ment à la lecon du buisson dans Moïse (Lc. xx, 37; Mc. xu, 26). Mt. est très Ἷ ἐπι} ἐδοῦπό de Mc. Cependant on ne peut prouver sa dépendance.
. 23) Mt. seul indique que le fait se passa le même jour; mais il y a aussi con-
à tinuité dans les deux autres. — λέγοντες, sans article, pourrait signifier que les
y Sadducéens avancèrent leur opinion à ce moment même (verss. syriennes), si
__ le même mot n’était répété (ν. 24) pour dire comment ils parlèrent. Le sens est
donc bien qui dicunt, ce que la recension d’Antioche ἃ assuré en ajoutant
l’article. Il y ἃ donc dans Mt. une indigence sémitique un peu corrigée par Mc. et davantage par Le.
24) Mt. n'avait aucune raison de changer ἔγραψεν (Mc. Le.) en εἶπεν. Mais ce mot est conforme à sa manière : «il a été dit » v, 21 etc., « Dieu a dit » (xv, 4 — Mc. x, 10). Dans l'exposé du cas, où Le. suit la construction un peu embrouillée de Me., Mt. procède directement, τίς au lieu de τινὸς ἀδελφός, ne parlant qu'une fois de la femme. — ἐπιγαμδρεύσει (futur législatif, vg. ut ducat) est la traduction directe de Dai (terme technique) dans Deut. xxv, 5, au lieu de λάδῃ (LXX Mc. Le.); cf. Gen. xxxvm, 8, γάμδρευσαι αὐτήν, καὶ ἀνάστησον σπέρμα τῷ ἀδελφῷ σου, Donc Lc., pour un usage juif, se tient très près du texte de Mc., tandis que Mi. suit son chemin. Mais il est remarquable que les trois, au lieu de ἀναστῆσαι τὸ ὄνομα (DL. χχν, 7), ont σπέρμα. C’est la locution de Gen. xxxvir, 8, qui semble avoir inspiré Mt. — Le lévirat était contraire à une interdiction de mariage pour affinité. Les raisons qui avaient fait naître cet usage n’exercaient plus le même
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à nés: ᾿ M Axe ART 2 x 1»
César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » 36. qu'ayant entendu, furent émerveillés et l'ayant quitté ils se retirèrent. AE 3A ce moment s’'approchèrent de lui des Sadducéens, qui nient la résurrection, #et ils l’interrogèrent, disant : « Maître, Moïse ἃ dit : Si quelqu'un meurtsans avoir d'enfant, son frère prendra pour femme sa belle-sœur, et il suscitera une postérité à son frère. 551] yavait parmi nous sept frères, et le premier s’étant marié, mourut, et ᾿ n'ayant pas de postérité, il laissa sa femme à son frère; de même aussi le second et le troisième, tous les sept. ?7Après tous, mourut la femme. #Dans la résurrection, done, duquel des sept sera-t-elle femme ? Car tous l'ont eue. » 39 Jésus répondit et leur dit : « Vous êtes dans l'erreur, ne comprenant pas les Écritures, ni la puissance τ de Dieu. *Car lors de la résurrection, il n’y ἃ plus d'époux ni d’épousées; mais ils sont comme des anges dans le ciel. % Quant à ; la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu ce qui vous ἃ été dit
empire. Il est probable que les Sadducéens n’en étaient pas partisans, et qu'en
choisissant ce cas ils ont voulu deux fois se moquer de la doctrine des Pharisiens. Du moins les Karaïtes, leurs héritiers, le rejetèrent et les Rabbanites le
limitèrent le plus possible. — Quoique les Sadducéens aient été avant tout le parti politique du haut Sacerdoce, ce parti devait avoir ses théoriciens, moins engagés dans les affaires, plus absorbés par les questions de doctrine. C’est «ἘῸΝ grâce à eux que Josèphe ἃ pu parler de philosophie (Bell. II, vu, 2); ce sont de ν Ν rh