QUu'ON SE GARDE BIEN DE LES IMITER
Sans parallèle dans Le. Il faut supposer que Jésus s'adresse seulement à'ss Ἢ * disciples, car les autres n'auraient pas compris. Mais cet aparté n'est pas très | bien en situation. On peut donc supposer que Mt. a placé ici des paroles très * authentiques, mais faisant partie d’un autre discours. 8) Les disciples n’ont qu'un maître qui est Jésus lui-même, un διδάσχαλος, celui qui enseigne la vérité. Entre eux et sous un tel maïtre, ils doivent se regarder comme des frères. Les protestants reprochent aux catholiques de décerner le titre de docteur et de maître en théologie. Reproche pharisaïque, qui fait plus de cas de la lettre que de l'esprit. Quel chrétien oserait se croire docteur, non pas même avec un titre équivalent de celui du Christ, mais comme δι τ enseignant une doctrine religieuse qui ne serait pas la sienne? k
9) Dans ce contexte, πατήρ, quoique l’araméen abba n’y ait pas été conservé, doit être une allusion à la coutume de nommer père, «abba, les grands docteurs; l'exposé de leurs décisions, le Pirqé Aboth, est l’un des plus importants traités
de la Michna. On dit Abba un tel, comme Rabbi un tel, quoique moins souvent.
Nulle part l'autorité religieuse et nationale des Pères n’est aussi régulatrice que dans le judaïsme. Or Dieu seul, qui est le Père, doit être reconnu comme
la source de toute autorité. Ce n’est pas nier la hiérarchie, surtout celle qui Ὁ reconnait tenir de Dieu son pouvoir, mais c’est inviter la hiérarchie à se contenter de titres modestes, à ne .les recevoir qu’en rapportant à Dieu tout l'honneur. Les premiers chrétiens comprirent très bien qu'il ne fallait pas prendre ces avis servilement à la lettre (1 Cor. 1v, 15; Phil, π, 22). Jérôme :
Quomodo vulgato sermone, maxime in Palaestina et Aegypti monasteriis se invi-
… cem patres vocent? Quod sic solvitur : Aliud esse natura patrem vel magistrum,
va
ÉVANGILE SELON SAINT MATTRIEU, xxut, A0:
les synagogues, ’et les salutations dans les rues, et à être nommés par les hommes : Rabbi. Pour vous, ne vous faites pas appeler : Rabbi; car vous n'avez qu'un maitre, étant vous tous des fréres es ‘et ne donnez à aucun d'entre vous sur la terre le nom de père, car Ἢ vous n’avez qu'un Père, celui qui est dans les cieux. {Ne vous faites j pas non plus appeler docteurs, car vous n'avez qu’un docteur, le
Christ. {Le plus grand d’entre vous devra être votre serviteur. Ὁ ; Quiconque s’élèvera sera abaissé, ‘et quiconque s’abaissera sera élevé. |
aliud indulgentia surtout à cause de l’âge; cf. I Jo. π, 13 etc. — ὑμῶν est peut- Ὁ être à cette place pour représenter l'araméen « à vous », mais ee n’est pas une ΧΗ raison pour préférer la lecon ὑμῖν (D). es 10) Dalman (Worte 179) retranche ce verset comme un ‘doublet du y. 8, sous prétexte qu'il n'a pas existé de mot araméen habituellement donné comme synonyme de rab. Mais 10 ou ΝΞ) existait certainement au sens de docteur, et pouvait très bien rendre χαθηγητής, titre honorable pour « précepteur » (P£UT. Mor. 327 E; Dirt. Or. 408; P.Tebt. 591) et Ma. ἃ pu avoir l'intention de pour- Ὁ suivre l’usage des titres, même rares. D'ailleurs il faut convenir que le mot de ἊΝ Christ est étrange dans la bouche de Jésus, et qu’il pourrait avoir été ajouté par un copiste, comme au v. 8 dans Syrcur. Sans quoi le verset aurait la nuance chrétienne, ce qui n’empêcherait pas son authenticité pour le fond. Mais la doctrine se confondrait avec celle du v. 8; Euthym. ῥαδδὶ καὶ καθηγητὴς τὸ αὐτός εἰσιν, ’ErayalauGdver τοίνυν τὸν πρῶτον λόγον εἰς ἐπίτασιν τῆς ᾿ἀποτροπῆς τοῦ τοιούτου , χαχοῦ, Ce serait donc peut-être une seconde traduction grecque du v. 8, telle τ que l’aurait rédigée un chrétien. Ὗς 11) Comme dans xx, 26; parallèle à Mc. x, 43 et à Le. χχπ, 26. Dans ce con- τῇ τι texte, cet avis maintient la hiérarchie, en lui donnant le caractère d’un service. Le - — ἔσται est un futur législatif. La maxime qui émane sûrement de Jésus apu être insérée ici par Mt.; ce règlement intime étonne comme les précédents dans un discours contre les Phartsiens à 10 12) Et on peut en dire autant de la maxime générale dont la première pose est ébauchée xwr, 4, et qui se trouve dans Le. xiv, 11 et χνπι, 14. 13-33. VAE CONTRE LES PHARISIENS ET LES SCRIBES QUI CAUSENT LA RUINE MORALE DU PEUPLE. — Mt. ἃ déjà employé οὐαί mais isolément x1, 21; xvin, 7. Ici c'est une série de sept, qui,se suivent comme les quatre de 1,6. vi, 24 ss., mais appliqués à un groupe plus déterminé, comme les six vae de Le., répartis entre les Phari-
siens et les docteurs (xr, 42 ss.). Dans Mt. ils servent plus naturellement d'in- | ἂν troduction à l'annonce du châtiment suprême. C’est la tradition des prophètes; πον cf. les six vae d'Isaïe, v, 8 55. | 15000 13) Le premier οὐαί est seul suivi de δέ, à cause de l'opposition avec ce qu a précède; nouvel indice de l'insertion de 8 à 12. se: ἫΝ 4
Ce reproche est le plus général de tous; aussi devait-il être en tête ou àla ἘΝ fin (Le.). Mais en fait il est beaucoup mieux en tête, car il préparerait moins ἃ:
bien que 29 ss. à la menace finale. Les scribes ne sont pas dépositaires des clefs du royaume des cieux que Jésus vient inaugurer, mais il leur est donné néanmoins d’en fermer l'entrée par leur opposition. Non seulement ils n'entrent pas; ils ne laissent pas entrer τοὺς εἰσερχομένους. (participe de conatu;. cf. Mi. xxvir, 40), ceux qui seraient disposés à entrer.. Les obstacles sont de l'ordre doctrinal, comme a expliqué Le. Ordinairement on ferme du: dedans; mais on peut très bien fermer du dehors une maison dont on veut interdire l’accès.
Cf. P. Oxyrh. 655.1. 41-46, ainsi restauré par Grenfell et Hunt, IV, p. 24:
ἔλ[εγε" τὴν κλεῖδα] τῆς [γνώσεως ἐἸ χρύφ [ατε: αὐτοὶ οὐχ] εἰσ[ήλθατε, καὶ τοῖς] εἰσ [ἐρχομένοις où]x ἀνζεῴξατε].
, 14) Le texte reçu lit ici : οὐαὶ δὲ ὑμῖν, γραμματεῖς χαὶ Φαρισαῖοι, ὅτι χατεσθίετε τὰς οἰκίας τῶν χηρῶν καὶ προψάσει μαχρὰ: προσευχόμενοι" διὰ τοῦτο λήψεσθε περισσότερον χρίμα. Ce serait un huitième vae, comme Mt. ἃ eu huit béatitudes (v). Mais ce verset (placé aussi après le v. 42) est rejeté par les critiques (même Hetz. et. Vog.) et ne fait pas partie de la vg. C’est Me. x, 40 accommodé au rythme de Mt.
18) Contraste saisissant. Tandis que les Pharisiens refusent d'entrer dans le royaume que Dieu installe chez eux, ils vont au loin chercher des prosélytes, mais non pas pour le royaume, car ils les introduisent dans la géhenne. Sur la propagande juive, non seulement des hellénistes, mais aussi des Palestiniens, cf. Le Messianisme... Ὁ. 213 ss. Jésus ne dit pas qu'elle ait été infructueuse, mais qu’on se donnait un mal énorme pour conquérir un seul: prosélyte, sans doute de ceux qui’ se consacraient tout à fait à Israël en adoptant la: circoncision. Ces nouveaux convertis étaient souvent plus obstinément juifs que les autres, et par conséquent exposés à la perdition : υἱὸς γεέννης, tournure sémitique qui se trouve dans Roch hachana 176 Da 52. — D’après Loisy, avec beaucoup de réserves, « le rédacteur de ce passage, en ayant l'air de frapper les Juifs, viserait le pharisien Paul, qui ἃ parcouru la terre et la mer pour gagner des prosélytes, lesquels avaient encore moins d'égard que lui pour la Loi » (π, 375); — lisez l'ex-pliarisien Paul, et vous saisirez l’absurdité de comparer l’adversaire de la Loi à ceux qui fermaient l'entrée du christianisme par attachement à la Loi.
16-22. Ce serait bien mal connaître l’œuvre des Rabbins que de les croire toujours occupés à augmenter les charges qui résultaient de la Loi. C'était au contraire un de leurs soins de la mettre en harmonie avec des nécessités nouvelles au moyen d’une casuistique ingénieuse. C'est la fatalité qui pèse sur toutes les lois positives immuables, qu’on doive les tourner, puisqu'onne peut les abroger.
A plus forte raison les casuistes cherchèrent-ils à soustraire leurs:clients-à des ᾿ engagements légers ou téméraires. Mais comme ils tenaient à rester les maîtres
δ Malheur à vous, seribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous | fermez aux hommes le royaume des cieux; car vous-mêmes n’entrez pas, et vous ne laïssez pas entrer ceux quile voudraient. (14) 15 Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous parcourez la mer et la terre pour faire un seul prosélyte, et lorsqu'il l’est devenu, vous en faites un fils dela géhenne deux fois plus que vous. 16Malheur à vous, guides aveugles, qui dites : Si quelqu'un jure-par
le sanctuaire, ce n’est rien; mais si quelqu'un jure par l’or ἀὰ.88πdes consciences, au lieu de déclarer les vœux. et les serments invalides, faute \ 4 d'intention suffisante, ils préféraient déclarer le vœu valide, et l’annuler à cause ΩΝ de quelque circonstance qui l’affectait (Nedarim, n, 5). C'était ici le cas car,
en dépit du mot serment, le thème n’est pas celui du traité Chebouoth, ou des. >
serments judiciaires, mais du traité Nedarim ou des vœux. On s’engageait à faire ou à ne pas faire, et l’on était tenu ou non selon les expressions employées. ΕΑΝ Au: lieu de détourner purement et simplement les hommes des serments Ὅν. imprudents;, ainsi qu'a fait le Christ (ν, 33-37), pour les serments affirmatifs, 1 ou de leur dire que tout serment met en scène Dieu qu’on ne peut tromper; et ᾿ qui ne tolère pas qu'on trompe le prochain, les Maîtres spéculaient indéfiniment 3 sur les formules, comme si l'obligation dépendait de la lettre,.et que ce jeu 5 fût une manière légitime d’agir envers Dieu, dans une matière où: on: faisait appel à lui. Les objets-sacrés faisaient partie-de ces formules, comme lorsqu'on s’engageait à ne rien manger qui appartint à telle personne, et de traiter 516 tout aliment de ce genre comme aussi interdit pour soi que si c'était umsacrifice. ΔΝ On pouvait dire alors, et cela était valable comme si l'on avait prononcé le ι "" mot de sacrifice : « Qu'il soit pour moi comme l'agneau (du sacrifice quotidien ?), | comme les cellules ® Temple), comme les: bois, comme les feux, comme l’autel, comme le Temple, comme Jérusalem. » (Nedarim, 1; 3:) Mais si l'on , omettait. « comme » devant: Jérusalem, R. Iehoudà: annulait le vœu: Sauf ce 1730 Γ
point particulier, la, décision est sévère, mais’ il restait d’autres subtilités à .. mettre en œuvre : prononcer l'obligation et l'escamoter était le chef-d'œuvre de |! cette casuistique: On n'y a pas découvert, il est vrai, les cas proposés par Jésus, |! à ce qui ne prouve pas qu'il les ait inventés; on peut même estimer que- son |! J reproche eût été dès lors une raison suffisante pour ne pas les insérer dans: le ! ! Talmud: D'ailleurs l'argument tiendrait encore quand'ces exemples auraïent été "! proposés librement pour caractériser une méthode. Si Jésus avait reproché aux | Rabbins de éouper un cheveu en quatre, on ne chercherait pas dans le Talmud 4 s'ils se sont livrés matériellement à cette opération: 10) ὁδηγοὶ. τυφλοί, comme xv, 141 — ἐν τῷ, ναῷ, ἐν sémitique, formule constante; | οὐδέν ἐστιν répond: à l'hébreu nn, « c’est libre », pas d'obligation; ὀφείλει — 4 on, «c'est lié »; on est tenu à faire ou à ne pas faire, selon son serment. : Il semble bien que c'est à celte casuistique en elle-même que le Sauveur s'attaque principalement. Il suffit de lire les traités Nedarim et Chebouoth, sans même: lescomprendre bien, ce qui est peut-être impossible, pour se rendre compte
ἐπάνω αὐτοῦ ὀφείλει. 19 τυφλοί, τί γὰρ μεῖζον, τὸ δῶρον ἢ τὸ θυσιαστήριον. “τὸ ἁγιάζον τὸ δῶρον ; "ὁ οὖν ὀμόσας ἐν τῷ θυσιαστηρίῳ ὀμνύει ἐν αὐτῷ nai
+ - ᾽ = - ITR » 1 τοῦ θεοῦ χαὶ ἐν τῷ καθημένῳ ἐπάνω αὐτοῦ. “8 Οὐαὶ ὑμῖν, γραμματεῖς χαὶ