‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 287 sur 350 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

e -- Ἂν -- -ὸ τ 27 Ἃ 1 Kat ἐξελθὼν ὁ Ἰησοῦς ἀπὸ τοῦ ἱεροῦ ἐπορεύετο, χαὶ προσῆλθον of μαθηταὶ

xxIV-xxv. DISCOURS SUR LA RUINE DU TEMPLE ET L'AVÈNEMENT DU FILS DE L'HOMME. Voici encore un grand discours de Mt., caractérisé comme tel par le mot qui

Je suit (æxvr, 1).

ΤΙ est relatif à deux sujets, comme celui de Mc. et celui de Le. Maïs il y a des différences par rapport aux deux. Le parallélisme avec Mc. cesse à xxrv, 475 il n'y a rien dans le ch. xxv qui soit parallèle à Mc. De plus les avis relatifs à la persécution, tels qu'ils sont dans Mec. xur, 9-12 sont plutôt parallèles à Mi. x, 17-22, dans le discours de mission, qu’à Mt. xxiv, 9-14. On dirait donc dans le système de la dépendance de Mt., qu'il a employé d’avance Mc. χπι, 9-12, pour le remplacer après avec des nuances appropriées aux derniers temps. Cela supposerait bien du calcul et une habileté consommée. On peut penser tout aussi bien que la place appropriée des deux passages a été tout d’abord fixée par Ma. Autre différence avec Mc. Outre ce qui est relatif à la ruine du Temple

τ et à l'avènement du Fils de l’homme après des signes extraordinaires dans le

ciel, où Mt. va avec Me., Mt. a en plus des allusions à la parousie (terme qui n’est que là dans les évangiles) ou avènement du Fils de l’homme, soudain et éclatant (xxiv, 26-28. 37-42). Enfin si Mc. ἃ déjà un avis de se tenir prêt (x, 33-37), cet avis est donné dans Mt. xxiv, 43-51 sous une autre forme et plus longuement.

Quant à Le. il est parallèle à Mc., dont il explique certaines paroles, jusqu'à Mec. x, 32. Mais l'avis sur la vigilance de Mc. xim, 33-37 se trouve ailleurs dans Le. (xu, 41-48), en des termes beaucoup plus rapprochés de ceux de Mt. De plus Le. contient comme Mt. un discours sur l’avènement soudain et éclatant du Fils de l’homme (xvu, 22-37). Quant au ch. xxv où Mc. n’a rien de parallèle, Lc. ἃ une parabole, celle des mines (xix, 11-27) qui ressemble à celle des talents (ΜΙ: xxv,,14-30), et certains passages (xx, 35-38 ; xur, 25), où l’on ἃ voulu voir des allusions à la parabole des vierges (Mt. xxv, 1-13). Cette analyse indique assez que nous ne sommes point obligés de regarder le discours de Mt. comme la reproduction d’un discours prononcé tel quel par !, Jésus. L'accord des trois synoptiques ne porte que sur un discours comprenant deux thèmes : la ruine du Temple et l'avènement du Fils de l’homme après des signes dans le ciel, ces deux thèmes étant traités dans la même perspective. De cet accord des synoptiques il semble qu’on doive conclure que Jésus a bien prononcé ce discours dans celle circonstance et de cette façon. Encore est-il que ce n’est pas une conclusion nécessaire du dogme de l'inspiration. Car si Mt.,

AE UE Jp Eee ON ph à 5 dE

1Et Jésus, sorti du Temple, s’en allait, et ses disciples s'appro-

sous l'influence de l'inspiration divine, ἃ pu composer un discours en rapprochant

des éléments que Le. a mis soigneusement dans d’autres contextes, on ne voit |

pas pourquoi Mc. n'aurait pu suivre la même méthode, aussi bien que Mt. et Le., dans la partie où ils sont d'accord. Ce n’est donc pas le dogme de l'inspiration, mais la méthode historique critique qui nous induit à fixer les contours du fait historique en question, en observant, par conséquent, ses réserves ordinaires. Nous tenons pour assuré que Jésus a prononcé dans la circonstance indiquée un discours où, après avoir prédit la ruine du Temple, avant que la génération

actuelle ait disparu, il annonçait qu'il viendrait en Maître, à une heure que

personne ne saurait. Mais il n'est pas possible de savoir exactement dans quels termes précis ces choses furent dites.

En effet les divergences des évangélistes suffisent à manifester le sans-gène de ces critiques, lesquels traitent habituellement la tradition évangélique avec un scepticisme souverain, et qui cette fois s'appuient mordicus sur l'ordonnance des

textes dans Mc. pour soutenir que Jésus s’est lourdement trompé sur le thème

même de sa prédication. Nous répétons une fois de plus que nous n’accusons pas les évangélistes d’avoir mal rendu les paroles du Maître au point de leur

rêter un sens faux, mais nous prétendons qu’il faut énétrer attentivement P P

dans le secret de leur composition — autant qu'on le peut! — pour analyser leur pensée et celle de Jésus.

Revenons donc maintenant à la composition littéraire de Mi. L'ensemble est admirablement construit. Au premier plan, la-ruine du Temple, au dernier plan le jugement universel. La pensée du jugement (xxv, 31-46) ἃ amené dans ce contexte la parabole des talents (44-30), doublement bien placée, parce qu’elle a trait aux récompenses accordées aux fidèles serviteurs, et parce que leur action est située durant l’absence du Maître, ce qui est le thème de la parousie. Encore est-il que la physionomie des motifs de récompense n’est pas tout à fait la même dans la parabole et dans le jugement, ce qui justifie 1,0. d’avoir placé ailleurs la parabole des mines (xx, 11-27). Dans Mt. la parabole des vierges, sur la nécessité de veiller dans l'incertitude de la parousie, vient admirablement après l'avis sur la vigilance (xuv, 43-51) qui contient déjà quelques éléments paraboliques. Enfin, pour terminer notre marche régressive, cet avis découlait naturellement de l'incertitude de la parousie.

Mais ici se pose la question littéraire la plus grave. Que l'avènement attendu soit à la fois précédé de signes dans le ciel et cependant soudain et éclatant, on peut le concevoir. Mais on ne comprend guère qu'un récit composé d’un seul jet lui donne ces deux aspects sans les distinguer. C’est cependant ce qu'a fait Mt. On y reconnaît d'autant plus aisément un conglomérat que Lc. ἃ soigneuse-

ment évité le heurt en plaçant dans des circonstances différentes l'avènement

instantané et surprenant, puis l'avènement précédé de signes effrayants. Pour la critique il n’y a aucun doute que l’un de ces modes a été ajouté à l’autre par Mt. en bloquant deux traditions distinctes. Au premier abord on conclut que Mi. a coupé en deux (xxiv, 26-28 et 31-42) un discours sur la parousie surprenante pour l’insérer dans le contexte de Mc. C'est ce qui m'a paru longtemps le plus

Ι ) αὐτοῦ ἐπιδεῖξαι αὐτῷ τὰς tre τοῦ ἱεροῦ. 26 δὲ ἀποχριθεὶς εἶπεν αὐτοὶς

probable. Mais cette hypothèse ne s'accorde pas avec tout le reste du discours.

Nous venons de voir tout le rôle qu'y joue la parousie surprenante. C’est le

thème unique depuis xxiv, 37 à tout le moins, jusqu'après la parabole des vierges (xxv, 13). Il y a plus : ce thème est indiqué dès le début, comme le second sujet du discours, avec le terme spécial de parousie (xxiv, 3). De sorte que l'écrivain, s’il a voulu grouper les deux modes, ἃ donné la préférence à la parousie surprenante. Il la vise dès le début et elle déborde à la fin; elle serait donc devenue le point principal... ne serait-ce pas le dessin primitif?

Dans cette hypothèse, qui nous parait aujourd’hui plus fondée, ce n’est pas la

présence inopinée du Fils de l’homme (xxiv, 26-28) qui serait l'insertion, mais plutôt les signes dans le ciel, etc. (xxiv, 29-31). Et, en effet, la présence inopinée est admirablement préparée dans Mt. par le v. 23 : « Alors si quelqu'un vous dit : le Christ est ici, ou : il est là, ne le croyez pas. » Tandis que dans Mc. ils demeurent en l'air, et privés de leur suite naturelle, si bien que Le. ne les ἃ pas reproduits.

En même temps nous avons une réponse à la question : Comment les deux modes sont-ils mis bout à bout sans aucune suggestion pour les concilier, alors que Mt. est toujours si logique et si lucide? Nous aurions ici un emprunt à Mc. par le traducteur de Ma., qui aurait d’ailleurs ajouté quelques traits, et on pourrait aussi attribuer à ce traducteur xxiv, 9-14.

Entendue de cette façon la grande RATE de Ma. paraïtrait plus προς gène et d’une parfaite harmonie. En même temps nous aurions un indice de la

distinction entre un Ma. araméen et le Mt. grec définitif.

Si l’on admet ce point, il restera à se demander si c'est Mc. ou Mt. qui représente le mieux la tradition ancienne et qui répond le mieux aux circonstances de l’histoire?

C’est une question tout à fait distincte, ὦ qui ne saurait, pensons-nous, être résolue trop aisément. Cependant nous opterions en faveur de Mc., soutenu par Lc. qui ne s’est pas prononcé sans une enquête historique, tandis que la composition des discours dans Mt. n'offre pas les mêmes garanties pour l’ordre

chronologique. D'autre part la parousie inopinée est sûrement plus originale .

dans les termes que le scenario traditionnel des signes dans le ciel. Quoi qu’il en soit, on voit quelles réserves s'imposent à la critique. Ce n’est

point une témérité critique d'avancer que la fusion de deux thèmes, peut-être

de deux discours originairement distincts, et aussi l’addition rédactionnelle de quelques métaphores apocalyptiques toutes faites, en un mot que la rédaction évangélique a contribué à mettre sur la même perspective deux événements parfaitement distincts. La preuve évidente de la distinction est surtout la fuite

qui permet d'échapper au premier, tandis que la fuite serait un non-sens dans Je second. Cette confusion des perspectives qui ἃ causé tant d'embarras à l'exégèse catholique, qui est le point d'appui de l’incrédulité depuis Reimarus,

sur laquelle M. Loisy a tant insisté, est à tout le moins une preuve décisive que Mt. ἃ écrit avant l'an 70. Mais si nous avons quelque difficulté à démêler la

l'ont esquissé. Naturellement les disciples devaient croire qu’il viendrait y

(um, 38), c'est le Temple. Mt. avait-il besoin de prendre à ὁ ᾿Ιησοῦς à Me. v.2

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