‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 293 sur 350 · LA DÉTRESSE SUPRÊME ET LES ÉLUS (Mc. xr · texte numérisé non relu

LA DÉTRESSE SUPRÊME ET LES ÉLUS (Mc. xr

Chrysostome et Jérôme que nous suivons dans leur application des discours à la ruine de Jérusalem et à la fin du monde, ne placent délibérément le commencement du second thème qu'au v. 23. Ce qui est très fort pour ce sens, c’est le γάρ au début de cette péricope, dans Mt. comme dans Me., qui semble relier ! étroitement ce début à ce qui précède. C'est précisément la difficulté de tout le | discours. Maïs nous pensons qu'il y ἃ ici une soudure plutôt qu'un lien organique qui conduirait à n’admettre qu’un seul thème. Deux raisons : a) l'analogie

saint, — que celui qui lit comprenne — {6alors que ceux quiseront dans la Judée fuyent vers les montagnes, !’que celui qui sera sur la terrasse ne descende pas pour prendre ce qu'il y a dans sa maison, !$ et que celui qui sera dans les champs ne retourne pas en arrière pour prendre son manteau. 19 Malheur à celles qui seront enceintes et qui allaiteront dans ce temps-là! ?Priez pour que votre fuite n'ait pas lieu en hiver, ni Le jour du sabbat!

4 Car il y aura alors une grande détresse comme 1] n’y en a pas eu depuis le commencement du monde jusqu’à maintenant, et comme il n'y en aura plus; et si ces jours ne devaient être

de Dan. xu, 4, suivant χι, 45 : après la consommation du persécuteur, il y a de nouveau une tribulation; ee sont deux horizons distincts, sans aucune indication

d'intervalle; Ὁ) le parallélisme des deux discours ou du moins des deux thèmes,

qui doivent commencer tous deux par la détresse (cf. RB. 1906, p. 395). Le γάρ doit donc être une liaison de pure forme, sans portée pour lés idées. De toute façon c’est ici que se fait la transition, car si Le. ἃ parlé aussi d’une détresse (ἀνάγκη et non θλίψις), il l’a appliquée seulement à la ruine d'Israël, tandis que Mt. et Mc. en font une calamité universelle.

Le style de Mt. nous paraît plus conforme à celui des apocalypses que CR de Mc.

24) ἔσται... τότε dans Mt. aurait remplacé le sémitisme de Mc. ἔσονται... αἱ ἡμέραι (Kiost.; MeNeile qui cite à tort Kautzsch, $ 145 ὁ d); mais, dans Me., syrsin. et pes. ont précisément adopté la tournure de Mt., qui est la vraie tournure sémitique. Cf. Dan. χα, 1 (Théod.) καὶ ἕσται καιρὸς υλιψεοὴς θλίψις οἵα οὐ γέγονεν ἀφ᾽ ἧς

γεγένηται ἔθνος ἐν τῇ γῆ ἕως τοῦ χαιροῦ ἐκείνου. Les formules courantes sont : « il:

arrivera dans ce-jour là » ou bien : « des jours viendront », mais « ces jours seront une affliction » est une construction hardie propre au génie de Mc.; Mt.

écrivait spontanément dans la manière biblique. — De ce τότε on peut bien dire ee que dit Chrys. du τότε du v. 23 : οὐ τὰ μετὰ ταῦτα εὐθέως δηλῶν, ἀλλὰ τὰ ἐν τῷ |

καιρῷ, ᾧ μέλλει ταῦτα γίνεσθαι, ἅπερ ἔμελλε λέγειν. « Alors », au moment voulu Mt. omet τοιαύτη, et ἃ χόσμου au lieu de χτίσεως ἣν ἔχτισεν ὁ θεός. CF. Dan. χπ,, 1 (Théod.) χαὶ ἔσται καιρὸς θλίψεως, θλίψις (ajouté ἃ l'héb.) οἵα οὐ γέγονεν ἀφ᾽ ἧς γεγένηται ἔθνος ἐν τῇ γῇ ἕως τοῦ καιροῦ ἐχείνου, οἱ Assumptio Mosis (vu): veniet in eos ultio (et) ira, quae talis non fuit in illis a saeculo usque ad illum tempus, en parlant d’une dernière persécution plus grave que celle d’Antiochus. Même influence de Dan. dans I Macch. 1x, 27, mais en termes fort restreints : καὶ ἐγένετο θλίψις μεγάλη ἐν τῷ Ἰσραήλ, ἥτις οὐχ ἐγένετο ἀφ᾽ ἧς ἡμέρας οὐχ ὥφθη προφήτης αὐτοῖς, La comparaison avec ce texte fait juger de l'ampleur de la détresse dans Mt. et MC. --- κόσμος est bien du sigle de l'apocalypse, car ΝΣ pouvait être rendu κόσμος ou saeculum. — οὐδ᾽ où μή rejeté par Klost. (d’après D et Chrys. qui ont corrigé en οὐδὲ μη) est une forme de la Κοϊπὸ; cf. οὐδ᾽ où μὴ γένηται, dans WiccKeN Chr. n° 122 (Deb. 8 431, 3). Ce n’est donc pas une correction de χαὶ où μή (Mc.).

22) Les deux passifs de Mt. ἐκολοδώθησαν et χολοδωθήσονται, du style apoca-

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- CEA " Δαν ἔοι D «α΄.

y ὃ ἢ “ἢ DUT" 464 - ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, XXIV, 23-25. STATE ré ὲ ù eo 41 A

ΜΕ Χριστός ἤ Ὧδε, μὴ πιστεύσητε" “1 ἐγερθήσονται γὰρ ψευδόχριστοι nat ψευ- ἬΝ Ἂ τ δοπροφῆται, καὶ δώσουσιν σημεῖα μεγάλα nai τέρατα ὥστε πλανᾶσθαι εἰ

21 ὥσπερ γὰρ ἡ ἀστραπὴ ἐξέρχεται ἀπὸ ἀνατολῶν χαὶ φαίνεται τς lyptique (cf. v. 41), dans Mc. à l'actif avec le sujet Κύριος. Mc. ἃ en plus oùs ἐξελέξατο, qui de nouveau met en clair la causalité divine, dont le décret équivaut τ ὰ l’action. — Cela ne veut pas dire que les jours seront plus courts, mais que.

| Dieu en retranchera quelques-uns pour hâter l’avènement du Christ : els τοῦτο | γὰρ ὃ δεσπότης συντέτμηχεν τοὺς καιροὺς χαὶ τὰς ἡμέρας (allusion à Dan. 1x, 24), ἵνα ᾿πκαχύνῃ ὃ ἠγαπημένος αὐτοῦ καὶ ἐπὶ τὴν χληρονομίαν ἥξη (Barnabé, 1v, 3) : Jérôme : id est abbreviatos non mensura, sed numero. ne temporum mora, fides concutiatur - y credentium. Certaines épreuves, comme la persécution de Dèce ou la Terreur | | lors de la Révolution française, sont de nature à éprouver la foi. Comment Dieu

ni

| abrège ce qui pouvait paraître fixé par ses décrets, c’est le secret de sa Provi- | dence et de ses rapports avec la prière. Je pense maintenant que σώζειν doit def . s'entendre du salut (contre Comm. Mc.), car cette dernière tribulation n’est pas A un cataclysme, qui menace l'existence des hommes, mais une persécution qui + serait de nature à faire fléchir même les élus, si Dieu n'y pourvoyait. : 23-25. APPARITION DE FAUX CHRISTS ET DE FAUX PROPHÈTES (ΝΟ. χιπ, 21-23). Comme Mc., sauf de très légères nuances. Il ἃ déjà été question dans les deux de faux Christs (Mt. v. 5; Mc. v. 6) et dans Mt. seul de faux prophètes (v. 41). La répétition serait donc encore plus étrange chez lui, s’il ne s’agissait d’une époque différente. Cesont bien les mêmes dangers, mais agrandis. Les faux Christs auront déjà conquis des adeptes, puisqu'on dira : le Christ est ici, ou là. C'est le premier degré prévu au v. ὃ : πολλοὺς πλανήσουσιν. Mais de plus ces Christs seront accompagnés de faux prophètes, sans doute leurs disciples et leurs apôtres, et ils feront des prodiges de nature à séduire les élus. Nous sommes dans la période du v. 22. Il n’est plus question de Jérusalem; la lutte est entre

les élus de Dieu et les puissances du mal qui se parent de tout ce qui peut Q

séduire : le prestige du messianisme et de la prophétie.

23) ἰδοὺ ὧδε... ἤ: ὧδε est moins varié que ἴδε ὧδε... ἴδε ἐκεῖ (Me.) et ne peut

passer pour une correction.

24) δώσουσιν est plus près de Dt. xm, 1 δῷ σοι σημεῖον ἢ τέρας que ποιήσουσιν (Me.), mais c’est aussi la forme araméenne (syrsin. et pes. sur Mc. « donneront »). —

Ἐς ὥστε πλανῆσαι est plus fort que πρὸς τὸ ἀποπλανᾶν (Mc.), qui indique seulement

OU le but.

1 25) Mt. a en moins ὑμεῖς δὲ βλέπετε, remplacé par ἰδού, Serait-ce pour distinguer mieux les deux époques? Mais il n’a pas ce scrupule au v. 24. Ce pourrait être pour éviter de répéter le βλέπετε du v. 4. — L'’omission de πάντα s'explique

fait de Mc.

€ \ - δ πο 2TS œ ΕΣ χολοβωθήσονται αἱ ἡμέραι ἐχεῖναι. 38 Τότε ἐάν τις ὑμῖν εἴπῃ ᾿Ιδοὺ ὧδε ὁ

parce que tout n'est pas encore dit. D'ailleurs la prolixité peut être ajoutée du

- raccourcis, personne vivante ne pourrait être sauvée: mais à cause | des élus, ces jours seront raccourcis. 33 Alors si ἀποίσει un vous dit : « Voyez, le Christ est ici », ou : « C’est ici », ne 16 croyez pas ; 3: car. il surgira de faux Christs et de faux prophètes, et ils fourniront de grands signes et des prodiges, de façon à induire en erreur, s’il était possible, même les élus. % Voyez, je vous ai dit d'avance. 30 Si. donc ils vous disent : « Voici qu'il est au désert »; ne sortez pas. « Voici qu'il est dans les celliers »; ne le croyez pas; ? car ainsi que e l'éclair sort de l’orient et brille jusqu'au couchant, ainsi sera

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