‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 303 sur 350 · La PARABOLE DES TALENTS (cf. Le. xix · texte numérisé non relu

La PARABOLE DES TALENTS (cf. Le. xix

Dans l’ordre où elle est placée par Mt. cette parabole, comme les précédentes, est dans l'horizon du grand jugement, et en relation avec l'avènement du Sauveur qui sera le juge. Mais Jülicher a pensé que c'était au détriment de son sens principal. D’après Loisy (π, 464) la parabole : « était destinée à montrer que la récompense des justes, dans le royaume des cieux, sera proportionnée ou plutôt accordée à leurs mérites. Interprétée allégoriquement, elle devient une prophétie du retour glorieux de Jésus ». Il est aisé de voir que cette explication met entre la pensée de Mt. et le sens primitif de la parabole un écart que Loisy a d'autant moins le droit de’supposer qu'il écrit : « Ce détournement du sens primitif est acquis sans grande modification du récit » (μα, 479) : même la longue absence du maître peut être un trait primitif!

L'hypothèse de la transformation d’une parabole en allégorie par la place qui lui est donnée, est de celles qu'on ne peut refuser de discuter. Mais ici elle paraît au moins inutile. Le but essentiel de la parabole n’est pas seulement d’inculquer la valeur des mérites, ou d’une activité féconde dans l’ordre religieux et moral (Loïsy, 1, 481), c'est encore de révéler cette vérité que l’activité

| δούλους καὶ παρέδωχεν αὐτοῖς τὰ ὑπάρχοντα αὐτοῦ, Ὁ καὶ ᾧ μὲν ἔδωχεν L ᾧ δὲ ἕν, ἑκάστῳ χατὰ τὴν ἰδίαν δύναμιν, καὶ ἀπε- PA οι δήμησεν. εὐθέως 16 πορευθεὶς ὁ τὰ πέντε τάλαντα λαβὼν ἠργάσατο Ev | αὐτοῖς χαὶ ἐχέρδησεν ἄλλα πέντε. 17 ὡσαύτως ὁ τὰ δύο ἔχέρδησεν ἄλλα δύο. ᾿δὸδὲ τὸ ἕν λαβὼν ἀπελθὼν ὥρυξεν γῆν καὶ ἔχρυψεν τὸ ἀργύριον τοῦ χυρίυ αὐτοῦ. ϑ μετὰ δὲ πολὺν χρόνον ἔρχεται ὁ χύριος τῶν δούλων ἐχείνων χαὶ ᾿

᾿ 16. εχερδησεν (HV) plutôt que εἐποιησεν (TS). . 17. om. xat autos ὦ. αλλα (TH) plutôt que add. (SV). . | 18. expuÿev (THV) et non ἀπεχρυψϑν (S).

es

de l’homme doit être employée dans les intérêts de Dieu, qu'elle le sert en ΤΕ x. pe manière, puisqu il la récompense et puit celui qui, sans rien faire de : 1 que le Maître est absent. Il faut de concéder que la parabole eût pu être + 5 proposée sans allusion à la parousie, quoique non pas sans allusion au dernier ‘ugement. Mais rien n'empéchait Jésus de tabler sur l'absence du Maitre, d’ailleurs très favorable pour mettre les serviteurs à l'épreuve. Les circonstances dans lesquelles la parabole ἃ été proposée étaient aussi un facteur important. I semble qu’on ne puisse les alléguer sans pétition de principe sur la place de la parabole. Mais enfin cette place est acquise tant qu’on n'aura pas prouvé ; qu elle contredit la parabole. C’est aussi le cas pour Le., car si la parabole des mines dans Le. n’est pas la même, elle ἃ du moins la même pointe essentielle (cf. Comm. Le.) et dans Le. il est plus manifestement question de la parousie et de son retardement. On n’a point encore prouvé qu'une parabole devait être. E strictement réduite à quelques éléments démonstratifs. | τῷ 65 différences entre Le. et Mt. sont telles qu’elles excluent une dépendance # littéraire. Il serait étonnant que la tradition ait versé de deux façons différentes dans la même allégorie, si elle n’était suggérée par la parabole elle-même. Au surplus, même dans Mt., la parabole n'est point « une prophétie du retour ᾽ glorieux de Jésus ». Ce retour est certain, mais il peut tarder. Malgré toutil faut être prêt (parabole des vierges). IL y a plus, il faut être des serviteurs fidèles qui travaillent pour le Maître en son absence. C’est ainsi que les Apôtres ont compris la leçon par rapport à Jésus. Pourquoi, sachant qu'il allait mourir, ne la leur aurait-il pas donnée? Quant à prétendre que pour Mt. les serviteurs sont différentes sortes de chrétiens, qu'il se place au point de vue de l'Église, que les talents sont la foi et les autres grâces spirituelles (Loisy, π, p. 479)... c'est lui prêter des intentions allégoriques qui sont édifiantes, qu'on peut tirer de . l'évangile, mais qui ne sont pas accusées au point d'indiquer une refonte de la parabole d’après les faits. Jérôme, si longtemps après, conservait encore l'accent Ἧ primitif : Pecunia ergo et argentum, praedicatio evangelii est; étant entendu cependant que le Sauveur s’adressait à tous ceux qui voulaient travailler à son ᾿ œuvre, même dans les plus humbles emplois. >

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, xxv, 14-19. ASE

en voyage, qui appela ses serviteurs, et leur remit ses biens, 5eta l'un il donna cinq talents, à un autre deux, à un troisième un seul, à chacun selon sa capacité, et il partit. Aussitôt {celui qui avait. reçu cinq talents s'en fut Les faire valoir, et il en gagna cinqautres. 17 De même celui des deux en gagna aussi deux autres. !8 Mais celui qui en avait reçu un s’en alla faire un trou dans la terre et cacha l'argent de son maïtre. 150. après un long temps, survient le maître

14) Le lien avec ce qui précède est très serré (γάρ). C'est une nouvelle para- ὃ bole, ὥσπερ, mais elle est soudée à la précédente, de sorte qu’il n’est pas nécessaire de répéter : le royaume sera comparé, etc. Mt. ἃ même omis le second re membre de comparaison. Le bon serviteur doit être πιστός et φρόνιμος (χχιν, 45) : après les vierges φρόνιμοι, viennent les serviteurs πιστοί, Cependant la fidélité consistera surtout à prendre activement les intérêts du maître. — L'homme est ἜΝ mis en scène au moment de son départ, tandis que dans χχι, 33, il agit avant : de partir. Cette fois ce sont les dernières recommandations. Il appelle ses serviteurs et leur remet ses biens; marque de confiance qui n'indique pas un ας homme exigeant et d'esprit étroit. ΓΙ

15) Puisque le maitre tient compte des capacités, on peut penser qu'il ἃ choisi Ἂ parmi d’autres ceux auxquels il confiait sa fortune mobilière. Les sommes sont considérables. Un talent valait 6.000 deniers, 60 fois plus qu’une mine. On ;

conprend mieux ainsi l'intérêt qu’il y avait à faire valoir tout cet argent. — Sur Fo ce début cf. Mc. χπι, 34 ὡς ἄνθρωπος ἀπόδημος... δοὺς τοῖς δούλοις αὐτοῦ τὴν ἐξουσίαν, ᾿ ἐχάστῳ τὸ ἔργον αὐτοῦ, qui peut être un écho affaibli de la parabole, car on ne 11 x prétendra pas sans doute que Mt. dépend ici de Mc.! — Remettre plus d'argent Æ au plus capable paraît plus prudent; remettre à tous la même somme (Le.) Mile

marque plus de souci de n’offenser personne. Ce sont des traits de parabole dont il ne faut pas chercher le sens allégorique, comme si la grâce était proportionnée aux dons de la nature, ou comme si les plus favorisés étaient toujours les plus fidèles. Toutefois celui qui a plus reçu peut et doit produire davantage, et celui qui a moins reçu ne doit pas se décourager. — Où placer εὐθέως Il semble que dans le texte primitif il n’y avait pas dé, mis depuis soit après εὐθέως, soit après πορευθείς, Dans B il y ἃ un espace après εὐθέως qui marque l'intention de le joindre à ce qui précède (contre T HS). Dire que le serviteur s’est mis aussitôt en train prouverait son activité, et c’est bien dans l'esprit de la para- evrek bole (Loisy, Klotz. McNeile, etc.) Mais peut-être est-ce plus banal que de souligner à \ la conduite du maître qui part aussitôt, laissant les serviteurs agir à leur aise | (Hetz. Vog.). Il faut en somme tenir compte surtout de l'usage qui est de mettre L εὐθέως avant le verbe, sauf Mc. 1, 28. |

16) ἐν instrumental, d'après l'usage sémitique du 2. — ἐποιήσεν est presque aussi soutenu que ἐχέρδησεν, et il serait étrange qu'un copiste ait mis un verbe différent de celui du v. 17, tandis qu'on a dû désirer rétablir l'unité (S).

18) ἀπελθών, redondance sémitique; cf. Comm. Mc. p. cxxxvir.

19) Ce long temps, d’après Loisy, peut très bien appartenir «au récit primitif»: το

pi Ψ

προσήνεγκεν ἄλλα πέντε τάλαντα λέγων Κύριε, πέντε τάλαντά μοι παρέδωχας᾽ ἴδε ἄλλα πέντε τάλαντα ἐχέρδησα. 21 ἔφῃ αὐτῷ ὁ χύριος αὐτοῦ εὖ, δοῦλε ἀγαθὲ nai πιστέ, ἐπὶ ὀλίγα ἧς πιστός; ἐπὶ πολλῶν σε χαταστήσω᾽ εἴσελθε εἰς τὴν χαρὰν τοῦ χυρίου σου. Ὡς προσελθὼν χαὶ ὁ τὰ δύο τάλαντα εἶπεν Κύριε, δύο τάλαντά μοι παρέδωχας᾽ ἴδε ἄλλα δύο τάλαντα ἐχέρδησα. 23 ἔφῃ αὐτῷ ὁ κύριος αὐτοῦ Εὖ, δοῦλε ἀγαθὲ moi πιστέ, ἐπὶ ὀλίγα ἦν πιστός, ἐπὶ πολλῶν σε καταστήσω᾽ εἴσελθε εἰς τὴν χαρὰν τοῦ χυρίου σου. ΞῈ προσἐλθὼν δὲ nat ὁ τὸ ἕν τάλαντον εἰληφὼς εἶπεν Κύριε, ἔγνων σε ὅτι σχληρὸς εἶ ἄνθρωπος, θερίζων ὅπου οὐχ ἔσπειρας χαὶ συνάγων ὅθεν οὐ διεσχόρπισας" 2% χαὶ φοβηθεὶς ἀπελθὼν ἔχρυψα τὸ τάλαντόν σου ἐν τῇ YA ἴδε ἔχεις τὸ σόν. ᾿βᾳποχριθεὶς δὲ ὃ χύριος αὐτοῦ εἶπεν αὐτῷ Πονηρὲ δοῦλε χαὶ ὀχνηρέ, ἤδεις ὅτι θερίζω ὅπου οὐχ ἔσπειρα ral συνάγω ὅθεν οὐ διεσχόρπισα; 27 ἔδει ge οὖν βαλεῖν τὰ ἀργύριά μου τοῖς τραπεζίταις, καὶ ἐλθὼν ἐγὼ ἐχομισάμιην

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