τα ἀργυρια (TH) et non τὸ ἀργύριον (SV
« il faut que l’absence du maitre se prolonge assez pour que les deux premiers serviteurs puissent gagner leur argent » (π, 470). Réflexion très juste. Mais très naturellement ce trait devait être compris cemme une allusion au retard de la parousie (cf. xxiv, 46; XX, 27); retard qui nechange rien au devoir des disciples. — Pour συναίρειν λόγον cf. χνπι, 23 5. Mi. répète volontiers ses expressions.
20) De même pour προσελθών qui est de son style et n'est pas trop redondant ici. C’est comme une cour de justice devant laquelle on comparaîit.
24) εὖ, interjection qui approuve et encourage. La réponse est d’abord dans
les lignes de la parabole. Le bon serviteur aura de l'avancement. Mais χαρά ne
peut être, par exemple, la joie d'un festin ordinaire. C’est la béatitude promise. L'allégorie perce ici très visiblement, et le trait a pu être ajouté par Mt. Mais il ouvre ‘un ‘horizon si profond sur la vie future, qu'on peut bien l’attribuer à Jésus : ut mystice innuatur quod gaudium illud non solum in eo sit intra, sed undique illum cireumdans et absorbens, et ipsum velut abyssus infinita submergens (St Bernardin de Sienne, Serm. I de s. Joseph).
94) Le reproche de dureté n’est pas étonnant dans la bouche d'un esclave. Mais de plus il accuse assez clairement son maître de gains illicites : il moissonne où il n’a pas semé, c'est-à-dire dans le champ d'autrui. Le troisième reproche est moins clair.lls’agit peut-être de petites sommes placées çà et là, que le propriétaire ramasse en temps voulu; οἵ. (MM) la dispersion du revenu ὑπὸ δια-σχορπισμὸν τὰ τῆς φορολογίας ἀγάγωσιν P. Tebt. 1,24, 55 (417 av. J.-C.). Le maître faisait 565 rentrées même où il n’avait pas placé d'argent. C’est plus que lavarice
de ces serviteurs et il leur demande des comptes. Et celui qui avait reçu les cinq talents s’avançant en apporta cinq autres, disant : « Seigneur,-tu m'as remis cinq talents; voici, j'en ai gagné cinq autres. » Son maître lui dit : « Très bien! bon et fidèle serviteur : tu as été fidèle dans [l'emploi de] peu de choses; je te mettrai à la tête de beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. » ?S’avancant aussi, celui qui avait reçu les deux talents dit : « Seigneur, tu m'as remis deux talents; voici, j'en ai gagné deux autres. » # Son maître Jui dit : « Très bien bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle dans [l'emploi de] peu de choses, je te mettrai à la tête de beaucoup; entre dans la joie de ton maître. » 3: Alors, s’avançant aussi, celui qui avait recu un talent dit : « Seigneur, je t'ai connu comme un homme dur, moissonnant où tu n’as pas semé, et ramassant où tu n'as pas dispersé; 35 οἱ pris de peur je suis allé cacher ton talent dans la terre; voici, tu as ce qui est à toi. » Son maitre répondit et Jui dit : «Mauvais serviteur et fainéant! tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé, et que je ramasse où je n’ai pas dispersé? ?/tu devais donc porter mon argent aux banquiers, et à mon retour j'aurais repris ce qui est à moi avec un intérêt. 38 Donc enlevez-lui le talent,
qui trouve le moyen de tondre un œuf, c’est de la rapine. — ὅθεν pour ἐκεῖθεν οὖ. 25) Combien le maître ne se serait-il pas montré plus dur envers le serviteur qui lui aurait mangé de l’argent, même avec la meilleure bonne volonté! Le
plus sûr était de le lui rendre. On voit ici que la précaution du serviteur, qui ne.
paraissait pas d’abord très coupable, tirait sa malice de sa défiance, non de sa propre habileté, mais de la justice de son maïtre, qui n'aurait pas consenti à juger avec droiture ses efforts.
26) Ce serait un contresens de penser que le maître reconnaît si peu que ce soit le bien-fondé de ces paroles insolentes. Avec un suprême dédain il s’en contente pour mettre le coupable dans son tort. N'ayant pas travaillé pour les intérêts de son maître, il est un mauvais serviteur, et un paresseux, car en somme il cherche des prétextes pour excuser sa fainéantise.
27) Puisqu'il ne voulait pas prendre de la peine, il n’avait qu’à laisser l'argent travailler tout seul.
28) Le maître s'adresse à des esclaves d'un ordre inférieur. La première punition ne paraît pas bien sévère, puisqu'enfin l'argent confié devait être rendu. C’est plutôt une récompense pour le premier, d'où l’on peut inférer que les dix talents lui sont laissés, sinon en toute propriété, du moins comme un moyen d'avancer sa fortune. Le maître, accusé d’avarice, ne se justifie pas en paroles, mais par un acte de générosité dont le premier se trouve l'unique bénéficiaire, précisément par ce qu'il avait déjà.
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ma { + : ἊΝ L TIM QE À 2: cg 13 Meur : 484 ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, XXV, 29-30. | ἔχοντι τὰ δέκα τάλαντα᾽ Ὁ τῷ “γὰρ ἔχοντι παντὶ δοθήσεται χαὶ περισσευθή-
σεται᾿ τοῦ δὲ μὴ ἔχοντος καὶ ὃ ἔχει ἀρθήσεται ἀπ᾿ αὐτοῦ. 39 χαὶ τὸν ἀχρεῖον Pa δοῦλον ἐχβάλετε εἰς τὸ σχότος τὸ ἐξώτερον᾽ ἐχεῖ ἔσται ὁ χλαυθμὸς χαὶ ὃ τ΄ Ῥρυγμὸς τῶν ὀδόντων. ϑι Ὅταν δὲ ἔλθῃ ὁ υἱὸς τοῦ ἀνθρώπου ἐν ο΄ τῇ δόξῃ αὐτοῦ nai πάντες οἱ ἄγγελοι μετ᾽ αὐτοῦ, τότε χαθίσει ἐπὶ ᾿θρόνου
Ρ 13 29) En effet cette libéralité et ce châtiment sont justifiés par le proverbe déjà FX. vu en x, 42; cf. Me. τν, 25; Le. vint, 18. Ce dicten constate un fait, qui dans le
cas présent est selon la justice. Allégoriquement : les dons de Dieu ne sont pas δέ... ἀπ᾽ αὐτοῦ, CASUS pendens repris par un pronom, tournure sémitique.
30) Le serviteur est inulile. Il eùt donc pu être utile à Dieu? ΤΙ faut cependant se garder de prononcer ce jugement en sa propre cause; On doit estimer : δοῦλοι ἀχρεῖοί ἐσμεν (Le. xvir, 10). ἢ faut dire de ce v. ce qu’on aura dit du v. 21. Il peut avoir été ajouté par Mt. pour bien faire comprendre quel intérêt suprême était en jeu sous le voile de la parabole. Mais Jésus lui-même ἃ très bien pu lever le voile. Nous n’avons pas le droit de le confiner dans la parabole aristotélicienne. D'ailleurs ce dernier mot, selon les termes ordinaires de Mt. vu, 12, etc., prépare la scène du dernier jugement. NES
Ce verset cependant a donné lieu à une glose curieuse d'Eusèbe dans un
| fragment publié par Mar, Nova patrum bibl. 1v, 1, p. 155 : ἐπεὶ δὲ τὸ εἰς ἡμᾶς ἧκον
Ἑθραϊκοῖς χαραχτῆρσιν εὐαγγέλιον τὴν ἀπειλὴν οὐ χατὰ τοῦ ἀποχρύψαντος ἐπῆγεν, ἀλλὰ ᾿χατὰ τοῦ ἀσώτως ἐζηχύότος --- τρεῖς γὰρ δούλους περιεῖχε; τὸν μὲν καταφαγόντα τὴν ὕπαρξιν | ποῦ δεσπότου μετὰ πορνῶν χαὶ αὐλητρίδων, τὸν δὲ πολλαπλασιάσαντα τὴν ἐργασίαν, τὸν δὲ ἶ χαταχρύψαντα τὸ τάλαντον" εἶτα τὸν μὲν ἀποδεχθῆναι, τὸν δὲ μεμφθῆναι μόνον, τὸν δὲ | συγχλεισθῆναι δεσμωτηρίῳ — ἐφίστημι, μήποτε χατὰ τὸν δατθαῖον μετὰ τὴν συμπλήρωσιν | τοῦ λόγου τοῦ κατὰ τοῦ μηδὲν ἐργασαμένου ἣ ἕξῆς ἐπιλεγομένη ἀπειλὴ οὐ περὶ αὐτοῦ, ἀλλὰ | περὶ τοῦ προτέρου xar” ἐπανάληψιν χέλεχται τοῦ ἐσθίοντος χαὶ πίνοντος μετὰ τῶν μεθυόντων, . | C'est-à-dire qu'Eusèbe lisait dans l’évangile qu'on croyait plus ou moins être ne. | l'original de M£., et qui était écrit en caractères hébreux, qu’il y avait trois | | serviteurs : l'un avait dévoré le bien de son maître avec des courtisanes (traits “7 τ du prodigue de Le. xv, 30), le second avait bien travaillé, le troisième avait
mis en prison. — Eusèbe se demandait donc si notre v. 30, au lieu de s'appliquer © au serviteur du v. 28, déjà puni, n’était pas une allusion au serviteur de ο΄ xxv, 48 58.) c'est-à-dire une reprise en forme de répétition. En d’autres termes il proposait, avec quelque hésitation, d'expliquer le texte de Mt. d'après un ; texte hébreu qui, peut-être, était son original. Ge système d’exégèse est intéressant C4 (Sceminrke, Texte und Untersuch: XXXNII vol. Fasce. 1, p. 54 ss.), et nous le ἈΝ retrouverons sur Mt. χχυπι, 1, mais il n’est pas suffisamment autorisé par la Ne valeur de l’évangile des Nazaréens, qui précisément ici se révèle comme un | arrangement plutôt que comme une source authentique. ἼΩΝ 31-46. Le Denver sucemenr. Cet admirable tableau est aussi très bien placé. A la fin d’un long discours, dont la seconde partie est consacrée à l’avènement du Fils de l'homme, signe du salut ou de la perte pour les serviteurs
4 erdus; si lun refuse. de s’en servir, ils seront transportés à un autre. — τοῦ
caché l'argent. A la fin le second était approuvé, le troisième blâmé, le premier
TE τ PAT Με. Ὁ
Er
fade. tds x
et le donnez à celui qui a les dix talents; ® car à quiconque a [déjà], on donnera et il aura en surabondance; mais à qui n'a rien on enlèvera même ce qu’il a. Et pour le serviteur inutile, jetez-le dans 165 ténèbres extérieures; là il y aura des pleurs et des grincements de dents.
3 Or, quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, ettousles
fidèles ou infidèles, les vierges prudentes ou” folles, les collaborateurs actifs ou paresseux, Jésus projette Lous ces jugements particuliers dans l’ensemble du jugement universel. Ce n’est la conclusion d’aucune scène distincte, mais l'indication du motif suprême qui permettra de juger, quelle qu’ait été la
condition particulière dans cette vie. Loisy objecte cependant que ce morceau
aurait dù venir plus tôt, après le passage où le Fils de l'homme vient dans sa gloire et où les élus sont emmenés auprès de Lui (xxiv, 29-31). Mais la soudure serait malaisée et on pourra voir au v. 31 un nouvel indice du caractère adventice de ce dernier passage dans le texte de Mt. On ἃ avancé (Holtz.), et cette opinion a été un moment dominante en Allemagne, que Jésus ne parlait que du jugement des païens, d'après la conduite qu'ils auraient tenue envers ses disciples. Mais Loisy, ἡ. Weiss, Wellhausen ont protesté contre cet étrange contresens. Comme si Jésus avait menacé
seulement les païens auxquels il ne s'adressait pas, et parlant à ses disciples,
eût invité ceux-ci, sûrs de leur béatitude, à goûter le plaisir de la vengeance !
Il est plutôt difficile de dire, à cause de certains mots du texte, si le jugement est absolument universel, ou si seuls les chrétiens y sont jugés. Origène se posait déjà la question. La solution c’est que tout le monde comparaît au jugement, mais que le Christ ne s’occupe plus ensuite que de ses disciples, auxquels s'adressent ses enseignements. Non que Mi. ait supposé la conversion complète du monde entier au jour du dernier jugement, car il resterait encore à juger les générations antérieures, mais simplement parce que ce sont les
disciples que le Maître veut instruire. C’est une nouvelle preuve de son affir- :
mation qu’il ne suffit pas de dire : Seigneur, Seigneur (vir, 22; xxv, 11), mais qu'il faut pratiquer avant tout la charité. Et c’est peut-être ce qui a gêné l’exégèse protestante. D'ailleurs cette charité n’est pas un vague sentiment d'humanité; c’est la bienfaisance des chrétiens, fides quae per carilatem operatur.
De sorte que ce spectacle solennel, dont les éléments paraissent empruntés au scenario des apocalypses, est imbu du plus pur esprit de Jésus, fort opposé à celui du judaïsme, lequel attendait du jugement universel la satisfaction de ses rancunes.
31) Quoique le mot de jugement ne soit pas prononcé, tel est bien assuré—
ment le thème. C'était le pivot des espérances d'Israël, depuis les temps d'Amos, prédicateùr ardent du jugement de Dieu. Au temps de Jésus, ce jugement devait être le dernier acte de l’histoire, le premier de l’âge à venir (IV Esd.
vu, 33-35; Apoc. Bar. Lxxxnr, 1. 2). D’après Hénoch, l’Élu devait être le juge
assis sur un trône (Hén. xLv, 3; LI, 35 LV, ἀν LXI, 8; LXI, 2); mais ce personnage
. surnaturel n’était pas le Messie classique du judaïsme, lequel réservait le
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