‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 310 sur 350 · VA CE · texte numérisé non relu

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τῶν δώδεχα, ὁ λεγόμενος Ιούδας ᾿Ισχαριώτης; πρὸς τοὺς ἀρχιερεῖς 15 εἶπεν Τί θέλετέ μοι δοῦναι χἀγὼ ὑμῖν παραδώσω αὐτόν; οἱ δὲ ἔστησαν αὐτῷ τριάκοντα ἀργύρια. 19 χαὶ ἀπὸ τότε ἐζήτει εὐκαιρίαν ἵνα αὐτὸν παραδῷ. 4 Τῇ δὲ πρώτῃ τῶν ἀζύμων προσῆλθον οἱ μαθηταὶ τῷ Τησοῦ λέγοντες Ποῦ θέλεις ἑτοιμάσωψιέν σοι φαγεῖν τὸ πάσχα; 186 δὲ εἶπεν Ὑπάγετε εἰς τὴν πόλιν πρὸς τὸν δεῖνα nat εἴπατε αὐτῷ Ὁ διδάσχαλος λέγει ὋὉ χαιρός

mou ἐγγύς ἐστιν᾽ πρὸς σὲ ποιῶ τὸ πάσχα μετὰ τῶν μαθητῶν pou. 19 καὶ

probablement versée séance tenante. Il est donc original, ayant déjà en vue le regret tardif du traître qui rapportera l'argent (xxvir, 3-10).

14) τότε, indication vague qui se rapporte peut-être à ce qui précède comme cause déterminante et au v. 3 comme indication du temps. — Ἰσκαριώτης, comme x, 4, tandis que Mec. 11, 49 et σιν, 10 Ἰσχαριώθ. — εἷς avec le gén. partitif est normal (ef. v, 29.30 etc.) et n'est pas nécessairement une simplification de ὁ εἷς (Mc.).

45) Judas découvre impudemment ce qui est sous-entendu dans Mc. et dans Le. ; s’il offre de livrer son maître, c’est, comme le plus souvent, pour de l’argent. Il veut être fixé. χἀγώ signifie moins ici: « moi, son disciple », ce qui le rendrait odieux, que : « moi, qui seul puis vous tirer d'embarras ». — Ce za! est une tournure sémitique, waw apodosis (Kautzsch, $ 143, 2) : « Que me donnez-vous pour que je le livre ».— ἵστημι trans. pourrait signifier placer dans ‘une balance, peser, c’est-à-dire ici l'argent, hé. ρυ; cf. Zach. χι, 12 χαὶ ἔστησαν

᾿ τὸν μισθόν μου τριάχοντα ἀργυροῦς, c'est-à-dire ne et aussi 1 Esd. vr., 55 etc.; IT Esd. var, 25 etc. — Mais les latins ont compris « fixèrent » Horn et de même les Syriens, comme Théophylacte l’a bien expliqué : ἔστησαν... ἀντὶ τοῦ συνεφώνησαν, ἀφώρισαν δοῦναι, οὐχ ὡς οἱ πολλοὶ νοοῦσιν, ἀντὶ τοῦ ἐζυγοστάτησαν (peser). En effet c’est bien la réponse à la question posée par Judas. Field (p. 20) objectait que cet usage de στῆναι ne peut être prouvé, mais MY. citent BGU IV, 1181 1. 44 (13 av. J.-C.) ἐφ᾽ ἦ ἑστάμεθα ru, etc. On ne voit pas pourquoi l’aoriste changerait « fixer » en « peser » ou « payer » (contre MM.). — ἀργύρια au plur. neutre pour des sicles est propre à Mt. dans la Bible. Ces sicles équivalaient à des statères, mot que D a introduit dans le texte. Trente sicles ou didrachmes étaient Le prix fixé pour compenser la perte d’un esclave (Ex. xx, 32 ἀργυρίον τριάκοντα δίδραχμα δώσει). C'était donc en quelque façon le prix d’un homme; il est assez naturel que les prêtres l’aient proposé, et qu'ils

. aient persuadé à Judas qu’il ne pouvait, d’après la Loi, exiger davantage. On ne peut donc rien objecter contre le caractère historique du fait, quoique Mt. y ait vu la réalisation d’une prophétie (cf. xxvur, 9).

L'expression vulgaire de trente deniers n’est pas exacte, car les trente sicles valaient cent vingt deniers.

16) La tournure de Mt. ζητεῖν εὐκαιρίαν est la facon sémitique la plus naturelle, si bien que les syrr. l'ont transportée dans le passage correspondant de Mc. On ne peut donc pas avancer que Mt. dépend de Me., ons il ressemble à Le. sur ce point.

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, xxVI, 17-19. 495

les prêtres, ! dit : « Que voulez-vous me donner, et moi je vous le

livrerai? » Ils lui assurèrent trente pièces d'argent. 10 Et dès lors il cherchait une occasion pour le leur livrer.

lLe premier jour des azymes, les disciples s’approchèrent de Jésus, disant : « Où veux-tu que nous te préparions pour manger la Pâque ? » 181] dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : Le maître dit : Mon temps est proche: c’est chez toi que je fais la Pâque avec mes disciples. » 19 Ε1 les disciples firent comme Jésus leur avait pres-

17-19. PRÉPARATIFS POUR LA DERNIÈRE CÈNE (MC. χιν, 12-46, Le. xx1r, 7-13).

Le. ἃ suivi Mc. qu'il a complété en indiquant les noms des deux disciples, Pierre et Jean. Mais Mt., beaucoup plus succinct que Mc., ne peut même passer pour un résumé, car il a un trait fort original (18).

17) Les Juifs distinguaient la pâque et les azymes, mais dans le langage hellénistique on pouvait dire τὰ ἄζυμα, comme τὰ Διονύσια etc. pour signifier toute la

fête. Comme ce cas ne se présente qu'ici et dans Mc. parallèle, on peut admettre :

une dépendance de Mt. traducteur. D'ailleurs c’est l'équivalent de à ἑορτὴ τῶν ἀζύμων de Josèphe, qui était synonyme de la Pâque (Ant. XIV, τι, 1 etc.), La ἀἰβίϊποtion des Juifs qui ne donnaient pas le nom de fête des azymes au 14 nisan au soir était trop spéciale pour être appréciée du public grec, d'autant qu’au repas pascal on ne mangeaïit que des azymes. Μί., comme Mc., fait allusion au matin du jour naturel qui se terminait le soir par le commencement de la fête juive. C'était pour un profane le premier jour de la fête, et pour un juif la veille de la fête, puisque le jour de la fête ne commençait pour eux que le soir. Mt. n’a pas la circonstance de l’immolation reproduite par Le. Comme dans Me. ce sont les disciples qui prennent l'initiative (προσῆλθον, style de Mt.), mais leur question est plus coulante dans Mt.

18) Au lieu de deux disciples (Me. Le.), Mt. semble Au en mouvement fous les disciples. C'est sa manière vague de raconter, qu'il faut interpréter d’après les vraisemblances. Mais eût-il écrit ainsi d’après un récit plus précis? Il n'aurait pas omis non plus la preuve que donne Jésus dans Me. (suivi par Lc.) de sa prescience par le signe du porteur d’eau. 11 envoie aussitôt les disciples chez un tel; Jér : Morem veleris Testamenti nova Scriptura conservat… quo hebraice dicitur Pheloni Elmoni, ef tamen personarum locorumque non ponitur nomen; cf. Ruth 1v, 1; I Regn. xx, 2; IV Regn. γι, 8. Le nom propre a dû être prononcé par Jésus, mais il a paru à l’auteur inutile ou inopportun de le reproduire, ce qui s'explique si le cénacle est devenu la maison de rendez-vous des disciples. — ô. χαιρός avec μου, donc non pas le temps de la Pâque, que tout le monde connaissait, mais le temps mystérieux où sa destinée devait s'accomplir. Le ton est confidentiel et affectueux : πρός σέ. Comment Mt. aurait-il imaginé cela d’après Me.? C’est bien plutôt un souvenir précieux, quoique obscur, des relations de Jésus avec un personnage de Jérusalem, qui devait être heureux et flatté de cette distinction. ὴ

19) Le verset est rédigé d’après ce qui précède, sans allusion à un signe réalisé.

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