LÉ F
ÉVANGILE SELON SAINT MATTUIEU, xxvir, 4-17. 519
que mirent à prix [quelques-uns] des fils d'Israël, 10 et ils les ont données pour 1e A
champ du potier, comme le Seigneur me l’a ordonné.
11 Or Jésus comparut devant le procurateur, et le procurateur l'interrogea, disant : « Tu es le roi des Juifs? » Jésus répondit : « Tu le dis. » 15 ΕΓ aux accusations portées contre lui par les princes des
prêtres et les anciens, il ne répondit rien. 15 Alors Pilate lui dit : «Tu n'entends pas combien de témoignages on porte contre toi? » Et.
il ne lui répondit sur aucun point, de sorte que le procurateur fut fort étonné. A l’occasion de la fête, le procurateur avait l’usage d'accorder à la foule la liberté d’un prisonnier, à leur choix. 16 115 avaient alors un prisonnier célèbre, nommé Barabbas. 17 Pilate leur
dit donc, comme ils étaient rassemblés : « Lequel voulez-vous que je vous remette en liberté, Barabbas, ou Jésus qu'on nomme
aller plus loin sans savoir si l'accusé, qui a répondu avec tant de candeur, prend
son titre dans le sens que prétendent ses accusaleurs. . : 14) Comme dans Me., mais toujours avec ἡγεμών et des expressions plus fortes pour le silence (πρὸς οὐδὲ ἕν ῥῆμα), et pour l’étonnement (λίαν). ἀποχρίνομαι avec
πρός est classique (Plat. Xén.), avec la nuance, ici comme dans Dém. (Corond), de répondre à une accusation. Jésus ne veut répondre à aucun grief parmi ceux
que Pilate emprunte sans doute aux accusateurs.
15) Même séns que Mc.; l’impf. est explicité par la coutume, et La foule est nommée. Ce dernier point est en parfaite harmonie avec le papyrus de Florence (cf. Comm. Mc.), où il est dit expressément χαρίζομαι δέ σε τοῖς ὄχλοις. Le trait est donc original et d’après nature. Mt. ἃ pu écrire ὃν ἤθελον sans avoir eu l'intention
d'éviter le difficile mais très expressif παρῃτοῦντο de Mc. L’arbitraire et la foule
vont bien ensemble. Toujours 6 ἡγεμών, manière populaire de raconter.
10) εἴχον, pluriel assez étonnant; peut-être par opposition à la foule, mais ns
sûrement pour désigner les Romains. — ἐπίσημος rarement pris en mauvaise part, donc célèbre, sinon illustre. On le tenait probablement comme une sorte de héros national. Comment Mt. aurait-il remplacé par cette épithète la donnée
précise de Mc., Barabbas pris parmi des révolutionnaires convaincus de
meurtres? D'ailleurs Barabbas était sans doute assez connu pour que l'épithète αι ἐπίσημος, au lieu de le justifier, retombât sur les Juifs qui admiraient un tel homme.
47) Dans Mc. c’est la foule qui prend l'initiative, quoiqu'on ne voie pas claire-
ment pourquoi. Si elle n'avait pas songé à la délivrance de Jésus, pourquoi
est-elle intervenue à ce moment précis? Il semble donc que son bon mouvement ξ ñ était en faveur du Galiléen, d'autant que Pilate ne parle que de lui. Mais Le
foule fut retournée quand on lui suggéra de demander Barabbas. Tout cela est
tellement naturel : droit instinct populaire, bien vite dépravé, intervention
. Σ . APN CIO A inexpliquée, etc., qu'on ne saurait songer à discuter l'authenticité des faits.
ra 2 , x LR ε ; ᾽ Fr 7 LS x A βήματος ἀπέστειλεν πρὸς αὐτὸν ἣ γυνὴ αὐτοῦ λέγουσα Μηδὲν σοὶ χαὶ τ
Mt. n’y contredit pas, mais il se contente d’aller droit au fait de l'option. C’est le gouverneur qui, de lui-même, propose l'alternative. — συνηγμένων οὖν αὐτῶν, vague, à la manière de Mt. C’est toujours le même problème : un schème analytique est-il une abstraction d'un récit concret, ou la forme naturelle d’un certain genre d'esprit? La première hypothèse supposerait la réaction de cet esprit contre un texte que par ailleurs il suivrait docilement. La seconde est moins compliquée. : ἢ
Sur le nom de Barubbas. 11 faut convenir que la lecon Ἰησοῦν avant Βαραθόᾶν au v. 16 et 17 est aujourd'hui assez bien représentée : 6, 1. 148. 209 (de la famille 1); dans Ti. 241. 299; les trois mss. de syr. pal., et syrsin. (cur. manque) avec arm. De plus les mss. connus d’Origène et les scholies du ms. S et d’une vingtaine d'autres, attribuées à Anastase, ὄν. d’Antioche (4 598). Il est difficile d'expliquer l'insertion, tandis que la suppression aurait été inspirée par la piété. Aussi McNeile et Klost. sont pour l’addition, que nous n'osons introduire dans le texte. Il faut noter en effet : αὐ que plusieurs des autorités dépendent probablement d’Origène, ainsi selon nous syrsin. et pal. la vers. arm. aussi, dont l'ambiance a pu agir sur Θ. La fam. 4 ἃ un caractère très particulier et tout le groupement est faible comparé à la tradition de B, etc., de Tatien et d’Antioche, des latins et de la masse. Notez aussi δ) que le nom de Jésus donné à Barabbas paraît avoir été connu en dehors de la tradition évangélique reçue. Ainsi chez les Syriens, Ichodad dit simplement : « Or Barabbas avait pour nom Jésus », tandis que Barsalibi et Bar Bahlul (Burkrrr, ev. da-meph. π, 178) s’autorisent seulement des séparés, c'est-à-dire de la version représentée par syrsin. Dans le livre de l'abeille : « le nom de Bar-abba était Jésus » (The book of the Bee, Oxford, 1886, ch. 44), se trouve parmi d’autres conjectures apocryphes. |
Il semble donc que ce nom avait une autre source que l’évangile.
c) Mais on ne peut affirmer que cette source était l’évangile selon les Hébreux, car ce n’est pas ce qu’en dit Jérôme : Isfe in evangelio, quod scribitur iuxta hebraeos, Filius magistri eorum interpretatur. Cette interprétation étant celle de Barrabbän, on ne saurait en conclure à la présence du nom de Jésus.
d) Origène semble croire à une addition apocryphe : in multis exemplaribus non continetur quod Barabbas etiam lesus dicebatur, et forsitan recte, ut ne nomen Iesu conveniat alicui iniquorum.. Et puto quod in haeresibus tale aliquid superadditum est ut habeant aliqua convenientia dicere fabulis suis de similitudine nominis lesu et Barabbae. Mais en somme il lisait Jésus Barabbas, ce qui a dù exercer une influence.
6) La présence de τόν devant Barabbas dans B au v. 17 ne doit nullement à elle seule être regardée comme un vestige de la lecon Ἰησοῦν τὸν Baxpa66äv,
cf. v. 20.
ἢ) On ne peut admettre qu'une leçon aussi caractérisée soit le résultat d’une
Christ? » 18 Car il savait qu'on l'avait livré par jalousie. 13 Pendant qu'il siégeait au tribunal, sa femme lui envoya dire : « Qu'il n’y ait rien entre toi et ce juste! car j'ai beaucoup souffert aujourd'hui en
faute de copiste : ou le nom a pénétré dans quelques mss. de Mt. d’après les apocryphes, ou il est authentique. |
De toute facon, la leçon Jésus Barabbas prouverait l'indépendance de Mt. Il faut le parti pris de MeN. et de Klost. pour postuler le texte ἦν δὲ Ἰησοῦς 6 λεγ. Β. pour Me. xv, 7, sans aucun indice, car ὃ λεγόμενος n'exige pas un autre nom auparavant; cf. xxvi,14; Le. xxn1, 47,
18) D'après MeN., Mt., en omettant ἀρχιερεῖς de Mc., aurait attribué la jalousie ᾿
à tout le peuple, par suite de ses sentiments anti-juifs. Mais ce. sont les prêtres et les anciens qui ont livré Jésus (xxvu, 2)! Il n’était pas nécessaire de répéter ces mots. — παρέδωκαν, au lieu du plus-que-parfait de Mc. (comme dans xxvi, 48), qui était plus régulier. Ce n’est donc pas un changement pour améliorer, mais plutôt une traduction littérale de l'araméen (Les syrr. traduisent de même Mc. et Mt.).
19) Propre à Mt. Cet épisode, raconté brièvement par Mt., a dû prendre cepen-
dant un certain temps, et peut-être nécessiter des allées et venues, Pilate ayant :
peut-être demandé des explications. Il a donc fourni aux chefs le temps nécessaire pour chauffer la foule. D'ailleurs il n’a rien de contraire aux vraisemblances. Suivant l'exemple d’Auguste, les magistrats romains avaient pris l’habitude d'emmener leurs femmes dans les provinces, contrairement à l’ancien usage (Tacrre, Ann. m1, 33 s.). Et il n’y ἃ pas à se demander avec Ichodad où donc Pilate avait passé la nuit, pour que sa femme ne lui ait pas parlé dès le matin? L'arrestation de Jésus ayant été brusquée, son songe devenait significatif
quand elle apprit que Jésus comparaissait devant son mari. Elle a pu d’ailleurs entendre parler du Sauveur et se faire une conviction qu'il était juste. Le songe
lui a fait pressentir pour son mari quelque malheur s’il était engagé dans cette affaire. On a souvent cité le fait de Calpurnia, femme de César, qui l’ayant vu
en songe inondé de sang, voulait l'empêcher de sortir (ἄρριεν, Bell. civ. τι, 145). Dans la pensée de Mt. le songe était probablement d’origine surnaturelle, non
pour soustraire Jésus à la mort, mais pour marquer l'obstination des Juifs, comme ont compris les apocryphes. Dans les Acta Pilati (Tiscu. Ev. ap.? 223),
Pilate leur remontre que sa femme est plutôt judaïsante; mais ils accusent le
Sauveur de l'avoir ensorcelée; la lumière passe aux gentils. Un magistrat romain n’avait pas à tenir compte d’une frayeur superstitieuse. Mais plus d'un était superstitieux, et Pilate pensa sans doute y déférer assez en se lavant les mains. Dans la légende des apocryphes, cette femme se nommait Procula, d’après quelques mss. des Gesta Pilati(l. 1. p. 343) ou évangile de Nicodème, ut, dont les Grecs ont fait Procla (Apocr. Anec. de James, dans Texts and St. v, 1, p. 66 s., Lettre de Pilate à Héçode sur la conversion de sa femme; Nicéph. Call. P. 6. CXLV, c. 720). On connaît une Claudia Vilia Procula sous Marc-Aurèle,
mais le nom de la femme de Pilate n'est pas connu d’après les textes profanes
(Prosopographia, m1, p. 84: Claudia Procula, femme de Pilate, ut traditur). L'église grecque l’a mise dans son Ménologe.
LUE ᾿ ; ᾿ ἐν " ve ὩΣ τς διχαίῳ ἐχείνῳ, πολλὰ γὰρ ἔπαθον σήμερον var ἔναρ δι᾿ αὐτόν. OI δὲ
ΕΟ" ἀρχιερεῖς χαὶ oi πρεσβύτεροι ἔπεισαν τοὺς ὄχλους ἵνα αἰτήσωνται τὸν Βαραβ- ἢ
βὰν τὸν δὲ ‘Inooëv ἀπολέσωσιν. 21 ἀποχριθεὶς δὲ ὃ ἡγεμὼν εἶπεν αὐτοῖς ο.
τ Τὰ θέλετε ἀπὸ τῶν δύο ἀπολύσω ὑμῖν; οἵ € » ΄ À 2? ἐὰν ὃν Ἂς = f ER 22 λέγει αὐτοῖς ὁ Πιλᾶτος Τί οὖν ποιήσω ᾿Ιησοῦν τὸν λεγόμενον Χριστόν;.