IV. Changements relatifs aux Apôtres. ΤΩΝ
On nous dit aussi que l'estime pour les douze disciples choisis s'est beaucoup augmentée dans Mt. ΝΣ
a) Dans Mc. leur manque d'intelligence est fortement souligné! C’est °° même à un tel degré qu'il est très naturel que personne autre n'ait "ἢ autant insisté sur cette particularité. Encore est-il que Lc. ἃ. conservé 5° CU quelques-uns de ces traits, ce qui prouve sa dépendance, tandis que.Mi,5 en ἃ bien moins. Il se pourrait. donc qu’il ne soit pas entré dans son ὁ ὁ ὁὃῸ6ῈἜ plan de parler de l’inintelligence des apôtres. Mais on dit qu'il l’a rem- ἌΝ
placée par l'intelligence. Voyons : ess
Mc. 1v, 18 remplacé par une bénédiction Mt. Χπι, 16-17. Mais elle est 4 Σ
dans Le. et donc dans 0... que nous appelons Ma.; l’enchaînement est “2
parfaitement logique. Il serait étonnant que Mt. ait eu ces ressources ἜΜ sous la main à point nommé pour transformer Mc. : 230
IV, 40 οὕπω ἔχετε πίστιν — ὀλιγόπιστοι vin, 26, qui adoucit un peu le reproche, comme ἃ fait Le. (virr, 25 mais plus près de Me.) ποῦ ἣ πίστις ne. ὑμῶν; |
γι, 52, dans Mt. χιν, 33, rien, à moins que les hommes ne soient les x. disciples. . Ἢ
vit, 17, adouci dans Mt. xvi, 9, mais au v. 12 les disciples ont enfin com- ιν pris. Dans Mt. xvir, 43, les disciples ont compris; Me. 1x, 13 ne le dit pas. 11e
1x, 5 dans Mt. xvnr, 4, rien; Le. 1x, 33 ἃ retenu le trait. ΑΗ
Ti
ὑρα τα Ὁ, ΤΑ INTRODUCTION,
CNT ἐν
᾿ ᾿ a ; Υ Ke RP Bmx 10.,}1858 apôtres se posent une question sur la résurrection; rien dans Mt.
ix, 32, inintelligence remplacée dans xvir, 23 par la tristesse qui est
bien en situation; LC. mx, 45 a l'inintelligence voulue de Dieu.
χιν, 40, les trois disciples ne savent que répondre ; rien dans Mt.
x, 24 et 32 ἐθαμύοῦντο, des disciples, n’est pas dans Mt. S'il y ἃ un parti pris, c'est plutôt celui de ne pas mettre en relief l'inintelligence des disciples. On ne concevrait pas que Mc. ait ajouté
| tous ces traits au texte de Mt.; on comprendrait mieux que Mt. les ait
retranchés ou transformés, mais la position de Mt. se comprendrait sans la connaissance de Mc. ; celle de Le. beaucoup moins bien.
b) Dans Mc. les disciples font preuve de familiarité, presque de sansgène vis-à-vis de Jésus. Les traits ne se trouvent pas dans Mt., on ne saurait dire si c'est par respect pour Jésus ou pour ménager les disciples ; la seconde hypothèse est cependant la plus naturelle.
Me. 1v, 38 et Mt. vint, 25, où Mt. est moins savoureux, mais d’ailleurs normal.
vi, 37 où Mt. χιν, 17 n’a pas la parole des disciples.
vin, ἃ οἱ Mt. xv, 33 cité plus haut à propos du pouvoir de Jésus.
Cette imperfection des apôtres tient encore à la non intelligence. Mais on allègue des imperfections morales que Mt. aurait omises. '
Mc. τχ, 33-34, les disciples discutaient qui serait le plus grand. Le. qui suit Mc. a retenu ce trait (1x, 46) sans les circonstances. Mt. xvII, 4 suppose bien la même chose, sansle dire.
x, 35, les fils de Zébédée montrent de l'ambition; dans Mt. xx, 20, c'est leur mère; mais ce trait a toute chance d'être réel; d’ailleurs dans Mt. les deux frères semblent bien avoir poussé leur mère, ce qui, de plus, manquerait de franchise. Enfin, pour la question de priorité, il ne faut pas oublier que Le. à transporté la dispute qui suivit en pleine Cène
(xxu, 24). ἱ
Et il faudrait aussi citer les cas inverses :
Mt. xvi, 93, Jésus dit à Pierre : « tu es un scandale pour moi », ce qui manque à Mc. vin, 35.
Mec. x1v, 4, des τίνες s'indignent d'une action qui sera louée par Jésus, dans Mt. xxvi, 8 ce sont les disciples.
Mt. xvu. 3, les disciples ont besoin de conversion ; rien dans Mc.
Et dans Mt. χιχ, 27, Pierre est moins réservé que dans Mc. x, 28.
Dans x1x, 10-12 propre à Mi. les disciples paraissent mécontents de l'enseignement de Jésus. | Lu
ΤΙ n’y a donc rien dans tout cela qui permette de conclure à la priorité absolue de Mc Et. l’extrème ancienneté du mode de Mt., même son antériorité, peut se reconnaitre à un autre signe. Mt. suppose il est vrai
CRITIQUE LITTÉRAIRE. L'ART
qu il existe un corps de douze disciples. Sur ce point il est au même niveau que Me. Encore est-il que Mc. nomme dix fois les Douze tout : court (ur, 46; 1v, AO; vr, 7; 1x, 35; x, 32; x1, A1; xiv, 10. 17, 20. 43), tandis que Mt. dit les douze disciples quatre fois (x, 1; x1, 1; xx, 17; xxvi, 47) et deux fois (1) les Douze (xxv1, 14, 47) à propos de Judas. Maïs le plus remarquable, c'est que Mc. raconte le choix des Douze (ut, 14), et si dans cet endroit il ne les nomme pas apôtres, du moins ce nom paraît dans vr, 30, tandis que dans Mt. x, 2, on trouve seulement « les noms des douze apôtres » en tête d’un catalogue inséré avant leur mission. Or il paraît certain que le terme d’apôtres a dû désigner surtout Ke Ceux qui exerçaient la prédication au loin. Mt. est donc demeuré fidèle,
plus que Le. et même plus que Me., à la conception primitive du temps de Jésus. Si Jésus ἃ nommé les ΝΞ « Apôtres » (Le. γι, 18) ce peut être par anticipation. Mt. qui s’en tient au ministère de Jésus parmi les circoncis n’avait pas à en tenir compte. Ceux que Jésus envoie précherà toutes les nations sont encore les Onze disciples (xxvmr, 0) :