V. Esprit logique et clarté
Ayant à comparer Mt. à Mc. pour le style, nous croyons devoir distinguer un certain art de la composition et les expressions. Le premier point n’a pas été mis en relief et c’est le plus important.
LE Nous disons que dans l'immense majorité des cas, Mt. est mieux
ordonné, plus clair, plus logiquement déduit que Mc. La supériorité és
de Mc. comme peintre plus attentif aux faits n’est pas touchée dans cet examen. Nous avons essayé ailleurs d'apprécier son genre d'esprit; il s’agit maintenant de Mt., aussi supérieur pour la lucidité de sa composition, qu'il est Eten pour la vie. Nos indications ne sont guère qu'un renvoi au commentaire.
Mt. 111, 1-6, au lieu de commencer par une citation entre parenthèses, Mt. présente le fait de Jean, indique la prophétie, insiste sur son aspect personnel, et note enfin le résultat. Ordre plus soigné que Mc. 1, 1-6.
111, 16 εὐθύς mieux placé, l'esprit mieux distingué de la. colombe que Mc. 1, 10.
1Υ, 21, on voit Zébédée dès le début, tandis que dans Mc. 1, 20 on ne se doute de sa présence que quand on le quitte.
IV, 245s., ordre plus logique; la renommée se répand, on apporte les malades, FREE foules. Dans Mc 11, 7 ss. on voit le grand concours, puis on en apprend la cause.
IX, 36, la compassion de Jésus a pour résultat une importante mission ; dans Mec. vi, 34 un discours ordinaire. :
x, 2 est plus limpide que Me, τν, 1.
(1) Dans x, 5, « ces » douze sont les apôtres.
Tu Gex : ες ANTRODUCTION. ᾿
à ΧΠῚ, 10-18, la question est plus nette et il yest répondu; cf. Mc. av, 4043. ν | “2 χν, 7-13, attitude des Pharisiens, prédite par l'Écriture; tandis que Me. 04 vit, 6-43 commence par l'Écriture, ce qui oblige à reprendre le discours. xv, 22-23, lumière qui permet de comprendre ce qui suit; Mc. ᾿ vir, 25 om.
xvm, 949, mieux ordonné, moins surchargé que Mc. 1x, 9-43. 40 xvrr, 18, explication qui lève le voile Mc. 1x, 13 om. δι xx, 3-19, question posée, réplique; plus scolastique que Mc. x, 2-12. ἐν χιχ, 18-1δ, Jésus accorde précisément ce qu'on lui ἃ demandé; dans Me. x, 13-46 il fait plus. | A χιχ, 16-26, le détachement est considéré comme une perfection expres- Rey, sément distincte des commandements, trait qui manque à Me. x, 47-27. - 4 xix, 27-30, la question suppose « laisser et suivre »; aussi la réponse ΟΠ est-double: dans Mc. x, 28-31 la réponse ne porte que sur « laisser ». ‘# xx1, 3, plus simple que Me. ΧΙ, 3.
xxt1, 15-22, Jésus demande à voir non pas un denier (Mc. ΧΠ, 15), mais Ἢ la monnaie du tribut; si c’est une correction, elle est d'une ‘finesse merveilleuse.
τ xx, 95, construction plus claire, même que celle de Le. xx, 29 s. qui M β8{{}Ν π᾿ . xrr, 20 5.
Ἂ χχιν, 3, double question plus nette que Mc. xx, 4, suivi par ΠΟ. ΧΧΙ, 7. DR œxiy, 5 ὃ Χριστός pour la clarté; cf. Mc. χαπ, ὃ ἐγώ εἶμι. ΒΕ. χχιν, 1ὃ ἐν τόπῳ ἁγίῳ plus clair que ὅπου où δεῖ (Me. χα, 14). ‘147 xxvi, 26-27 φάγετε... πίετε, tandis que Mc. n'a ni l’un ni l’autre et seulement ἔπιον {x1v, 23).
RU xxvir, 27-31, mieux ordonné que Mc. xv, 16-20. | En. On trouve à l'inverse des cas où Mt. paraît moins clair : ΧΗ, 4, les disciples se trouvent auprès de Jésus : on ne sait quand ils sont revenus (Mc. vi, 30).
k x1v, 9, la tristesse d'Hérode n’est pas claire, tandis qu'elle l’est dans Me. vi, 90.
τ x1v, 24 ne s'explique bien que par Mc. vi, 48 : Jésus ἃ vu ses disciples ‘à dans la peine.
ΩΝ xv, ὅ᾽ 5., moins clair que Mc. vu, 11 5., et charge davantage les | Pharisiens.
χιχ, 17, déjà cité, comparé à Mc. x, 18.
«ΑἹ xx, 20-24, les critiques trouvent mauvais que Jésus passe de la mère Ἢ aux fils. Mais ‘c'est un ‘trait exquis. Pour cette fois Mc. x, 35-4 ἃ une ; régularité moins expressive.
᾿ το ΧΧΗ͂, 34, situation moins claire que Mc. xu1, 28 et qui charge davantage ἫΣ les Pharisiens. »
3 xxvI, 12, moins clair que Mec. x1v, 8.
CRITIQUE LITTÉRAIRE. LXXI
xxvi, 68, moins clair que Μο. χιν, 65 faute du mot περικαλύπτειν. Mt. l’aurait-il omis s’il avait eu Mc. sous les yeux?
Malgré ces légères imperfections, on conviendra que Mt. écrit avec plus de clarté et de logique. Pour corriger Me. dans ce sens,:il fallait posséder ces dons à un degré éminent. On peut supposer très naturellement qu'ils se sont exercés de source. À chacun ses avantages. Mt:n’excelle pas à représenter les faits, mais à en saisir la portée. Il est moins historien que Mc., mais plus théologien. Cette manière est en parfaite harmonie avec son plan. Il a déployé cette faculté maîtresse dans les discours qui ne doivent rien à Mc.; il a pu s'en servir aussi sans avoir Mc. sous.les yeux pour écrire les récits traditionnels. Aussi bien nous
ne nions pas que le traducteur grec n’ait pu exercer son action dans
ce domaine, surtout pour les expressions.