Tournures plus ou moins hébraïques
1) καὶ ἐγένετο... καί avec un verbe fini, seulement dans les cinq cas cités
et expliqués ci-dessus, p. LXXXIv.
D'ailleurs cette tournure se trouve et même plus accentuée dans les
papyrus araméens d'Éléphantine NT. NT JUAN ΠῚΠ AN « même il
arriva, ils ont détruit les portes » (cf. Le. 1, 59), cf. Sacnau, Aramäische Papyrus… p. 273.
(1) Introduction, p. Lxxx 88.
ἣν τ, δὰ. C μὰ ψ L CRITIQUE LITTÉRAIRE.
2) ἐν τῷ suivi de l'infinitif, xx, 4. 25; xxvit, 12; le premier cas est dans Mc. 1, 4 et dans Le. vint, 5. Ces cas sont trop peu DNS (et sans καὶ ἐγένετο) pour dénoter du sémitisme.
3) Après un verbe comme « il dit »... le discours direct précédé de λέγων, ἘΣ λέγουσα, est si fréquent chez les LXX comme traduction de l’hébreu qu’on peut y voir un hébraïsme (Deb. 8 186; 397, 420). En ΕΝ ᾿ on ἃ dit que cette tournure n'est pas araméenne (1). Il faut cependant
concéder que la manière araméenne : « il prit la parole et dit » pouvait se traduire comme le nb hébreu. On trouve λέγοντες (τι, 7), et λέγων (1, 45; vi, 20 (21), 25 (26), dans les LXX traduisant l’araméen de Daniel.
D'ailleurs ἼΩΝ. x se trouve une douzaine de fois dans les papyrus
d'Éléphantine (Pap. 28 1. 2.3 etc.). Ce n’est pas de l’araméen très pur,
peut-être, mais en tout cas, parlé par des Juifs, il est pour nous, comme les passages araméens de Daniel, celui qui nous révèle le mieux l’'araméen palestinien dont Ma. a dû se servir. Si nous entendons largement le premier verbe au sens de parler, en y comprenant demander, réprimander, répondre, prêcher, crier, engager, ordonner, parler en soi-même, nous
ne trouvons que 18 cas dans Mc. et 53 dans Mt. y compris λέγοντος après
᾿ ῥηθέν. Luc offre environ 30 cas dans les mêmes conditions, sans compter ceux où le participe est précédé de καί ou suivi du pronom. Ily a donc
un plus sensible du côté de Mt., qui lui est peut-être venu de son habi- ς᾽
tude de citer les anciennes prophéties.
- Le cas fréquent de verbes d’énonciation qui précèdent le participe
(même dans Le. 1, 63 ἔγραψεν) est d’ailleurs bien éloigné du simple 927" an) (Cf. Hérodote ἔφη λέγων) ; le participe ἃ souvent toute sa valeur
après des verbes qui signifient venir, s'approcher, etc. Si l'on comptait tous les cas où il précède le discours direct, on en trouverait environ 26 dans Mc., 74 dans Le. et plus d’une centaine dans Mt. ce qui s'ac- A corde bien avec sa tendance de mettre en relief les paroles, et n'indique pas une traduction de l’hébreu, ni une affectation d'imiter les ‘ LXX.
4) Comme constructions bibliques, on pourra noter @ propos de Mt.
vin, 27) Jonas 1, 10 καὶ épc6ñ0nouv οἱ ἄνδρες φόδον μέγαν xal εἶπαν πρὸς αὐτόν ὑ
TE τοῦτο ἐποίησας :
Εἰ (ἀ propos de Mt. vur, 34) Jul. we, 34 χαὶ δοὺ ñ θυγάτηρ αὐτοῦ ἐξεπορεύετο εἰς ὑπάντησιν..
Pour 1x, 14, très ‘important; x1, 25 voir Comm.
5) De l’hébreu Mt. ἃ conservé ᾿Αμήν, dans la formule ’Auñv λέγω ὑμῖν et
très souvent : 31 fois, contre 18 dans Mc., 6 dans Le. C'est à coup sûr
un indice que Mt. est beaucoup moins destiné aux Gentils que Le. Cinq
des cas de Mc. ne sont pas dans Mt., et si Mt. dépend de Me. il aura
(1) Cf. cependant sb Esdr. v, 11.
nÉG 1. Ἢ INTRODUCTION.
évité lastournure au moins deux fois de parti pris (1) : χα, 31 διὰ τοῦτο,
xxvi, 29 "λέγω δέ. Pourqüoi l’aurait-il mise si souvent sice n'était pour suivre son original? ἢ
Sir 1. Hawkins (2) ἃ compté que sur 42 mots particuliers à Mt., il y en ἃ 86 quine sont.pas dans les Septante. |
9, — Tournures de MI. qui peuvent et quelquefois doivent ‘s'expliquer par l’araméen.
Le jeu des particules. Une des raisons pour voir dans Mt. un original grec, c'est qu’il emploie très adroïtement μέν et δέ, et spécialement
δέ au lieu de xui. Hawkins ἃ compté dans Mc. seulement 156 fois δέ,
tandis qu'il est employé 496 fois dans Mt. et 508 fois dans Lc. Tandis que Mc. commence presque toutes ses péricopes par καί, Mt. place δέ après le premier mot beaucoup plus souvent que καί.
Mais surtout, si les. LXX ont assez souvent remplacé χαί par δέ, il est
extrêmement rare que leurs propositions aient été coordonnées par
μέν et δέ. La concordance de Hatch et Redpath ne compte guère plus de vingt uév-% dans tout le Pentateuque, en tenant compte des variantes de certains mss.
Il yen a vingt dans Mt., deux ou trois dans Μο., sept dans Le. Mais il faut noter que tous les cas de Mt. sont dans des paroles citées, qui sont en partie parallèles à Le. et qui ainsi peuvent compter d’après les critiques pour la source Q. Le phénomène devra donc être expliqué aussi par ceux qui admettent pour Q. un original araméen. Cette explication se trouve dans la liberté du traducteur. La traduction de Daniel dite des LXX contient 8 μέν, employés fort heureusement (3), tandis que la traduction plus servile de Théodotion n’en contient pas un seul.
D'ailleurs si Mt. n’a pas le goût de Mc. pour καί, il est des cas où il le multiplie (x, 3), tandis que Lc. a préféré l'asyndeton comme plus nerveux et plus expressif (vir, 22).
Point très grave : Mt. emploie καί d’une façon plus nettement sémitique que la simple répétition de la copule, ce qui est aussi la manière des écrivains peu cultivés. C’est une sorte de waw d’apodose (Xautzsch, 8. 143 d), ou un καί qui indique une relation ou un état (waw el hal des Arabes) :
Cette tournure est nettement araméenne (4) :
Dan. 1v, 2 ἐνύπνιον ἴδον χαὶ ἐφοδέρισέν με (Théod.) : « Je vis un songe qui m'effraya ». |
(1) Elle manque encore en face de Mc. vu, 12; x, 15; x, 48 (tout le passage manque). (2) Hor. Syn. 2° éd. p. 198.
(3) Par exempleur, 23. ,
(4) Mari, Aurzgef. ar. Gram..… p. 108. \
Les CRITIQUE LITTÉRAIRE. Ὁ > VOD
Dan. VII, 16 χαὶ προσῆλύον... χαὶ τὴν ἀχρίδειαν ἐζήτουν (Théod.) : « Je a
m ’approchai, pour obtenir une explication exacte »; cf. 1 Macch. 1v, 2. 18 etc.
Éléphantine; Pap. 28, 44 : « Sij je meurs et si je ne t'ai pas rendu », c'est-à-dire « sans t'avoir rendu » (Sachau, I. 1. ef. Pap. 55, 1. 8).
On peut comparer :
VI, À καὶ 6 πατήρ, « et alors le père »; cf. Dan. x, 17 xx) ἐγώ « car».
VIII, 21 ἀπελθεῖν χαὶ en « aller ie ον enterrer ».
XII, 33 ποιήσατε τὸ δένδρον χαλὸν χαὶ τὸν καρπόν, « et en même temps le fruit ».
XVIL, 21 χαὶ ἀφήσω « et devrai-je quand même pardonner », cf. Is. v Ari ποιήσω ἔτι... χαὶ οὐκ ἐποίησα « que je n'aie déjà fait ».
XXI, 23 καὶ τίς σοι ἔδωχεν « où alors qui t'a donné »? (Mc. par.).
XXIV, 36 καὶ ὥρας « ou bien l’heure » (Mc. par..).
Sn
XXVI, 45 À ὥρα χαὶ 6 vis « l'heure où le fils » (Mc. par.); 53 « de façon
que» ; xxvI1, AO εἰ υἱὸς el... καὶ χατάδηθι « Si tu es le fils. alors descends»
(Mc. par.).
Toutes les fois que Mt. est en parallèle avec Me., il est seul à avoir :
cette tournure sémitique. L'aurait-il ajoutée?
La construction périphrastique, c’est-à-dire le verbe être, Re ment à l’imparfait, avec un participe présent ou futur, est une construction très usitée en araméen, connue des Grecs mais surtout avec le participe au parfait.
Cette tournure, d’après Allen, a été évitée par Mt. quand il la rencon- |
trait dans le texte de Mc., sauf quatre fois, et Mt. l'aurait ailleurs deux fois. Ce n'est pas tout à fait la situation. Si l’on déduit les passifs Mc. n’a la tournure périphrastique que quinze fois. Mt. ἃ la même trois fois :
vi, 29 — Mec. 1, 22 ἦν γὰρ διδάσκων (Le. cinq fois).
VIH, 80 — Mc. v, 11 ἦν... βοσκομένη (Le. vin, 32).
xx, 22 — Mc. x, 22 ἦν γὰρ ἔχων.
En revanche il faut ajouter xxvr, 55 ἦσαν... θεωροῦσαι — Mc. xv, 40.
Des deux cas où Mt. aurait seul la tournure, 1x, 36 est un cas de
passif, et dans x11, 4 οὐκ ἐξὸν ἦν parall. à Mc. qui ἃ οὐκ ἔξεστιν (ur, 26),
ἐξόν a perdu sa valeur de participe, et l’usage est très grec. Il est donc Re
assez évident que Mt. a évité cette tournure, même avec le participe parfait passif. Mais, dans l'hypothèse d'Allen, Mt. l’aurait-il évitée comme trop araméenne ? Ce serait plutôt comme trop peu grecque, trop caractéristique de la manière de Mc. où les faits durent sous le$ yeux. On peut penser que le traducteur de Ma. ἃ obéi aux mêmes raisons, à supposer que l'original ait contenu beaucoup de ces tournures, tout à fait étrangères à sa manière rapide de raconter. :
On peut en dire autant de ἤρξατο (αντο) avec l’infinitif. C’est une tour-
nure favorite de pr hab εἰς fois Gb). Mt. n'a que six de ces Cas, XII, 1; XVI, 21.22; xxvi, 22, 37. 74, et trois cas pour son compte 1v, 17; xt, 7. 20. En somme il exclut les cas où ἤρξατο n’ajoute presque rien à la pensée,
et ne l’emploie guère qu'à bon escient, quelquefois avec une notation
xvur, 24: xx, 8 et ἐάν... ἄρξηται xxiv, 49, qui sont des équivalents; les traducteurs syriens sont revenus aux verbes finis. L'abstention de Mt. ᾿ peut très bien s’expliquer par son génie propre.
ÿ - Le présent historique est un destrails de Me.; Hawkins (2) a très bien dressé cette statistique. Sur 151 cas, 72 een sont des verbes qui nu Ninon dire : λέγει, λέγουσιν, φησίν, tandis que sur 93 cas dans Mt. ily en 68 pour le verbe « dire ». Des 25 cas qui restent, 15 sont des ui Pr qui signifient venir, survenir, aller, s'approcher, prendre avec , quitter. Il ne reste donc que 10 cas où le présent fait image :
| ets (bis) (nr, 13 et 19); δείκνυσιν (1v, 8); πωλεῖ, ἀγοράζει (XIII, AA); ἀναφέρει
j , νπ, 1); ἀποστέλλουσιν (xxn, 16); συναίρει (χχν, 19); εὑρίσχει (xxvi, 40);
| σταυροῦνται (xxvir, 38). Quatre cas sont aussi au présent dans Mc. ἀναφέρει
(1x, 9); ἀποστέλλουσιν (χτι, 13), εὑρίσχει (χιν, 37; trois présents historiques dans chacun ἔ ἔρχεται, ebp., λέγει) ; σταυροῦσιν (ΧΥ, 27).
Il va sans dire que sur ce point le sémitisme n’est pas en jeu mais
il fait corps avec les précédents. Quand il s’agit d’une habitude aussi
ἐν personnelle ὃ à Mc. que Ἰ᾿ emploi du présent Disiorue, on n’a pas le droit
prédominance du présent pour le verbe dire est bien dans sa manière
de poser la parole comme une chose importante et pour ainsi dire actuelle.
Il faut cependant regarder comme une tournure araméenne l'emploi M : que λέγει ou λέγουσιν en tête de la phrase, sans χαί avant et sans δέ ou οὖν etc. après. Dans le livre de Daniel, cette tournure se trouve sous la
a forme MAN n1y, ponctués comme deux participes, et cette forme figure déjà dans le papyrus d'Éléphantine 45 1. 16. Mais on trouve aussi dans ‘Ra ces papyrus (3) nan asyndeton en tête de la phrase, et on dirait bien qu'il est au parfait, comme dans Pap. 42, 1. 4 2x5 win Ÿ x et dans Pap. 28, 1. 2. 3 ἼΩΝ … ni. De toute façon l’asyndeton s’est conservé = dans le dialogue en syriaque (4). En grec on dirait ἔφη, après un mot
Ÿ quelconque.
Or si Mc. n'offre qu'un cas semblable (vi, 19, λέγουσιν) et Lc. deux Ἷ (xvi, 73 χιχ, 22 λέγει), on trouve dans Mt. λέγει 17 fois : vin, 7 (Le. par. }s
at: (1) Sans parler de trois cas d'après D.
Ἢ (3) Pap. 10, 13; 11, 10; 44,1.
et (4) Dans la vie de Rabboula, Overbeck, p. 163, on trouve tantôt « X dit » ou « dit nu. X », etc. le phénomène est constant.