INTRODUCTION. SLT CA PT NAS
très marquée (1v, 17; XVI, 11}: D'ailleurs Mt. emploie ἀρξάμενος xiv, 30;
de dire que Mt. l’a évité. Il suffit de dire qu'il n’y était pas enclin. La
CRITIQUE LITTÉRAIRE
D Xi 49 (Me. EC. par.); xvur, 25; xvirt, 22; xx, 8 (Me. par.); ΧΙΣ, 18 (Me. ὯΝ À Le. par.); χιχ, 20 (Me. 1,6. par.); ΧΙΧ, 24 n’est pas certain; xx, 7; xx, 21. HQE (Mec. par.); xxt, 81; xxt, 42 (Mc. Le. par.); xx, 43 (Mc. Le. par.) xxv1, 25; xxvr, 35 (Met par.); xxvi, 64 (Mc. Le. par.); xxvir, 22 (Mc. Le. par. ) ὧν — λέγουσιν 19 fois : 1x, 28; x, 51 ; χιχ, À (Me. par.);. EXO: EX 7 ἘΣ + 29 (Mc. par.) ; xx, 33 (Mc. Lc. par.); xxx, 31; χχτ 41 (Mc. Lc. par.); xxn, " 24 (Mc. Le. par.); xxn, 42 (Mc. Le. par.) ; xxvn, 22 (Mc. par.) τ στ δὲ ἢ Il est vrai que cette tournure est encore plus fréquente dans Jo., ce. 1 que nous n'avons pas à discuter ici. Nous demandons seulement s'ikest | vraisemblable qu’un écrivain, grec l'aurait substituée à des formes beau- es coup plus grecques. Par exemple : Mc. (xu, 16) et Le. (xx, 24) ont of δὲ εἶπαν et Mt. (xxI1, 21) λέγουσιν. Et ensuite Mc. et Le, ὃ δὲ Ἰησοῦς εἶπεν et Le.
ὃ δὲ εἶπεν et Mt. τότε λέγει. Où est le texte qui dépend le plus directement | \ de l’araméen? AE L'imparfait est très familier à Mc., et il l'emploie même après. “un τὰ"
parfait, ce qui peut passer pour une tournure araméenne (1). Les versions syriennes sont parfaitement à l’aise pour ces temps. Dans |
Mc. c’est encore une manière de laisser l’action se continuer sous nos
yeux. Comparer par exemple le cas de Bartimée (x, 48 et 52) avec trois
imparfaits où Mt. n’en a pas un seul. Faut-il dire avec Allen que Mt.
les ἃ délibérément remplacés par des aoristes? On pourrait le croire 4 __ du traducteur, car la liste d’ Allen, au moins 27 cas, ne laisse pas d'être # impressionnante. δ
Mais en somme Mt: ἃ pu s’en tenir aux habitudes ordinaires du nee = % Quant aux cas où Mc. a PHADIOTe l'imparfait après un passé (v, 18; γι, 17; Ut x, 17; χα, 41; χιν, 35) Mt. n’a rien de tout à fait parallèle si ce n'est dans : le dernier, où l’aoriste avec le participe ἔπεσεν... προσευχόμενος (XXVI, 80). τ Ὁ est plus normal que ἔπιπτεν... χαὶ προσηύχετο. Cette fois encore on peut dk ς ; rappeler la manière rapide de Mt. pour lequel les faits ne sont pas des ?
. tableaux, mais des points acquis pour servir de leçons. ; 4 D'ailleurs on peut noter aussi le phénomène inverse : xx, 25 ἢ δὲ ἐλθοῦσα προσεχύνει au lieu de ἐλθοῦσα προσέπεσεν (MC. VII, 25),* Allen n’a pas manqué non plus de signaler les endroits où Mt. a mis οὐ à un passif où Mc. En l'actif ou le moyen :
1, Mt. 1v, 1 ἀνήχθη Mc. 1, 12 ἐχθάλλει Ἄν | 2. vis, 15 ἠγέρθη 1, 31 ἤγειρεν ᾿ ἊΝ 3, 1χ, 25 ἐξεδλήθη L v, 40 ἐκβαλών SE ESS A. χιν, 11 ἠνέχθη VI, 38 ἤνεγχεν Ê Te 5. — — ἔδοθη — — ἔδωχεν
(1) Cf. Comm. Me., p. LxxxvI.
ΧΟΙΥ͂ ᾿ INTRODUCTION
6. xv, 17 ἐχδάλλεται Mc. vu, 19 ἐκπορευέται 7. XVI, 26 ὠφεληθήσεται VIH, 36 ὠφελεῖ
8. ΧΥΠῚ, 8 βληθῆναι IX, 43 ἀπελθεῖν 9. χιχ, 18 προσηνέχθησαν X, 18 προσέφερον 10. χχιν, 22 ἐχολοθώθησαν Ἶ x, 20 ἐκολόξωσεν 11. — —— ᾿χολοδωθήσονται ἔθ - παν, Ὁ ὙΥΧΥΙ, 57 συνήχθησαν XIV, 53 συνέρχονται 18. XXVIE, DS σταυροῦνται XV, 27 σταυροῦσιν
Dans presque tous les cas on voit clairement pourquoi Mt. a préféré un passif impersonnel. Il paraissait étonnant que dans 4 Jésus fût le régime du verbe et dans 3 le sujet de l’action. Dans 4 et 5, le bourreau n'étant pas nommé auparavant, l’action était impersonnelle. Pour 6 et 8, l'action d'aller ἃ paru moins indiquée que l'expulsion. 9 et 40 sont des
passifs d’apocalyptique. 13 est une autre manière de rendre on. Mais.
ML. n’a pas toujours évité la 3° personne du pluriel actif impersonnel ;
il l’a préférée dans 1, 23; v, 15; xxrv, 9.
Au contraire dans χυπ, 27 évabdvra au lieu du passif est une forme araméenne signalée par Wellhausen (οὖ. $ 315).
Aussi bien le passif n’est pas tellement rare en araméen: il est très fréquent dans le premier livre des Macchabées.
Dans trois cas d’Allen, Mt. a l'actif au lieu du moyen.
xIX, 20 ἐφύλαξα [avec Le.) est plus naturel que Me. x, 20 ἐφυλαξάμην, mais XXVI, 23, ἐμόάψας μετ᾽ ἐμοῦ τὴν χεῖρα ἐν est moins élégant que x1v, 20 ἐμθαπτόμενος μετ᾽ ἐμοῦ εἰς. XXVI, O1 ἀπέσπασεν τὴν μάχαιραν αὐτοῦ est notablement plus sémitisant que x1v, 47 σπασάμενος τὴν μάχαιραν.
Allen (1) ἃ eu l’heureuse idée de faire la même comparaison entre les
Septante et Théodotion sur Daniel. De la même manière que Mt., les
LXX mettent l’aoriste ou le parfait au lieu de l'imparfait ou du présent, l'imparfait plutôt que ἦν avec le participe, le passif au lieu de l'actif. Mais qu’entend-il par cette substitution? Manifestement les LXX sont une traduction plus ancienne et plus libre, rapprochée de l'hébreu par
Théodotion. Ce n'est donc pas eux qui ont fait une substitution. Et les
LXX n’en sont pas moins, malgré ces faits, une traduction de l'araméen (et dans de rares cas de l’hébreu). Si donc la comparaison prouve quelque chose, elle conclut contre Allen : on ne saurait alléguer la. différence de Mt. par rapport à Mc., ni pour nier qu'il représente un original araméen, ni pour taxer sa tradition de secondaire.
D'ailleurs les listes d’Allen, qui ne comprennent que 27 cas, sont loin
d’être complètes, et on pourrait citer des cas retournés. Par exemple Théodotion ale passif, et avec l'araméen dans 111, 6 ; 1v, 9.
(1) LT. p. xxur.
CRITIQUE. LITTÉRAIRE. xov
A cette occasion citons quelques cas pour montrer comment du texte araméeniles LXX avaient su faire un texte assez grec, et parfois 8)
bien semblable à celui de Mt. ΠΩ , τι, 6 ἐμθαλοῦδιν αὐτὸν (Th. ἐμόληθήσεται) εἰς. τὴν χάμινον τοῦ πυρὸς τὴν χαιομένην, οἵ. Mt. xx, 42 et 50. ὌΝ It, 8 ἐν ἐχείνῳ τῷ χαιρῷ Teen tons. Ἧ ; πι;.25 στὰς δέ--- Théod. καὶ συνστάς" us 11, 95 (28) ὑπολαύὼν dé — Théod. καὶ ἀπεκρίθη... χαὶ εἶπεν.. DS iv 9 χαὶ ἐχορήγει πᾶσι τοῖς ζῴοις — Théod. καὶ ἐξ αὐτοῦ ἐτρέφετο πᾶσα. σάρξ. Ἴ Les LXX et Mt. représentent une même manière de traduire. 4%
L'hébreu et même l'araméen emploient volontiers le verbe aller sans:qu'il ait un sens bien défini; « il. alla et il fit ». En grec ce verbe aller se transforme assez naturellement en un participe. Par exemple;
Mt. 1x, 138 πορευθέντες δὲ μάθετε; Cf. XXV, 16.
On peut en dire autant de. πορευόμενοι δὲ χηρύσσετε (x, 7) après. le πορεύεσύε, Le 2.58 du v. précédent. EL.
1x, 18 "ἐλθὼν. ἐπίθες (— Me. v, 23 ἐλθὼν ἐπιθῆς) est plus justifié. PA
xv, 25 ἡ δὲ ἐλθοῦσα προσεκύνει est redondant puisque la femme s’est déjà.
présentée, tandis que ἐλθοῦσα προσέπεσεν. de Mc. vu, 25 est très normal; on dira donc que Mt. a copié Mc. par inadvertance; mais ne faut-il pas tenir compte du caractère plus araméen de sa phrase (l’imparfait)? ἐλθὼν εὐθὺς προσελθών de Mc. x1v, 45 était visiblement redondant ; Mt. omet ἐλθών.
La question est donc assez délicate, et il ne faut pas se hâter de 15
parler de pléonasme. Cependant l'emploi de ἀπελθών par Mt. ἃ assez souvent ce caractère, par exemple : xin1, 28: 46; xvrrr, 30; xxv, 18. 25. 14 A ces verbes de mouvement on peut joindre le participe λαδών, qui 4 paraît assez nécessaire dans x1v, 19 (Mc. ΠΟ. parall. et même Jo.), mais Εν non pas dans xmr, 33, quoique Lic. l'ait transcrit, ni ἀδηβ χχι, 35. 39 (Mc. par.) où Le. l’a évité. 5 : 00 Nous avons noté pour Mc. au moins deux cas où ἄναστάς est un pléo- 14 nasme : vir, 24 et x, 1; il est évité dans Mt: xv, 21 οἱ x1x, 4, qui sont Ne assez strictement parallèles. Quand ἀναστάς avait sa valeur propre, Me. ΤῊΝ ir, 44; χιν, 60, on le trouve dans Mt. 1x, 9; xxvi, 62. Me. τ, 35 n’a pas | de correspondant dans Mt. Dans Mc. xIv, 57 on peut douter; Mt. xxvi, LE - 60 a pris une autre tournure. "NAN
Temps des verbes. Ni l'hébreu, ni l’araméen n'avaient la 3° personne Ὧν de l'impératif. On y suppléait par l'imparfait au mode jussif. Comme à l'imparfait sémitique s'employait aussi pour le futur, la traduction lit-. gr térale d’un ordre pouvait s'exprimer en grec par le futur. Cest sans τ. Ξ doute pour cela que nous trouvons dans Mt. v, 48, ἔσεσθε où Le. ἃ mis
l'impératif γίνεσθε (νι, 36).
LUE rt 2%
ξ = | pe
NS
fois γινέσθω. ἐν x Mt. xx, 11 ἔσται comme Mc. ΙΧ, 35.
__ xxr, ϑ ἐρεῖτε est donc plus sémitique que εἴπατε Me. ΧΙ, 3. | Dans x, 13 la 3° personne de l'impér. ἐλθάτω... ἐπιστραφήτω est 51 peu naturelle qu'on préfère les futurs de Le. x, 6. Il est donc vraisemblable He que Mt. ne les a pas écrits d'original, mais que, en traducteur, il a pris les imparfaits pour des jussifs. Pour l'alternance des impératifs et des ο΄ jussifs, cf. Dan. 1v, 14-15. REZ
L'imparfait hébreu où araméen s'employant soit pour le présent, soit
Péecopour le futur, πεσεῖται x, 29 représente un présent araméen. 1 Inversement l’aor. ἐκάθισαν (xx, 1) est probablement une traduction du parfait sémitique, comme Ps. 1, 1, au lieu du présent ou du parfait.
< FAR ᾿παρέδωχαν (xxvir, 18) est moins bon que παραδεδώχεισαν de Mc. xv, 10. C’est donc une traduction littérale; les Syriens ne distinguent pas. ne Le sujet du verbe est souvent plus accentué en araméen qu’en grec. = Cest le cas de xvir, 47, οὗτος, qui manque à Mc. xv, 35. Mt. l’aurait-il ajouté comme une expression de mépris? mais il n'aurait pas changé ἴδε en ὅτι récitatif. — Cf. x, 31 διαφέρετε ὑμεῖς. : Cet ὅτι récitatif (cf. x11, 36) est d’ailleurs plus rare dans Mt. que dans Le., lequel l’emploie moins que Mc. Ge peu d'emploi tient sans doute à l'usage si fréquent de λέγων qui devrait en dispenser. D'ailleurs la tournure est classique (K.-G. 11, 2, 367; Deb. 8. 470).
ve 2
Pronoms. 1) La redondance des pronoms personnels possessifs aux cas __ obliques est justement regardée comme un indice de sémitisme. L'hébreu ; et l’araméen les multiplient sous forme de suffixes, aisément attachés
aux noms ou aux verbes. D'où leur extrême abondance chez les LXX. Iserait étonnant que les écrivains sémites n'en aient pas pris l'habitude, même en écrivant le grec. Il faut assurément tenir compte de la présence
de ce même phénomène dans le grec des illettrés (1). Mais cette seconde
RC explication ne sufit pas à justifier la présence de 34 αὐτοῦ dans Le. 1, Ἢ chapitre où la couleur sémitique est évidente et voulue. Or Luc a écrit
en grec. Donc nous ne prétendons pas qu'on puisse à ce signe prononcer que Mt. est une traduction. Il ne semble pas avoir employé plus que Mc. ee ou Lc. ces pronoms possessifs aux cas obliques. Une statistique serait sans base, à cause des variations dans les mss. On serait tenté de préférer comme non corrigée la leçon qui contient le plus de pronoms, mais ce serait peut-être arbitraire. L'édition de Hort en a sûrement mis plutôt moins que plus. Dans le cas des disciples, on trouve οἱ μαθήται αὐτοῦ
(1) Moullon, p. 84.
RENE ον À à {UT INTRODUCTION. + MRRANEEN ES
VI, ὃ oùx ἔσεσθε. | À A xx, 26. 27 ἔσται bis comme dans Mc. x, 43. 44, tandis que Le. aune
(ou les cas obliques) en parlant de Jésus dans Mt. 24 fois, dans Mc. 30 fois, dans Le. 16 fois. Sans αὐτοῦ c'est 33, 8, 12. Mt. a donc omis le. pronom plus souvent que Mc. mais il l’emploie plus que Le. On trouvera
ἐς ; CRITIQUE LITTÉRAIRE. XCVII
sans doute une saveur sémitique à : ἀποχριθεὶς δὲ ὁ χύριος αὐτοῦ εἶπεν αὐτῷ (xxv, 26). | | 2) Tandis que les pronoms personnels sont très nombreux, le nombre
des pronoms réfléchis diminue. C'est sans doute un phénomène général
de la langue, quoique la disparition des pronoms possessifs ἐμός et σός (qui se trouvent encore dans les trois synoptiques) ait contribué à l'augmentation des pronoms réfléchis (1). Cependant au point où la chose se trouve dans le N. T. on peut alléguer une influence araméenne, par exemple xvm, 15 ἔλεγξον... μεταξὺ σοῦ χαὶ αὐτοῦ, xvir, 27 δὸς ἀντὶ ἐμοῦ xal σοῦ (Wellh.). — ἑαυτοῦ est plus fréquent dans Le. (60 cas) que dans Mt. (91 cas). Mt. écrit : (un) ϑησαυρίζετε buiv (pour ἑαυτοῖς) (vr, 19.20), où Le. écrit ποιήσατε ἑαυτοῖς (XII, 33).
On sait que les Araméens disent « son âme » pour soi-même. Et c’est peut-être le cas dans xvi, 25 5. — Mc. vi, 35-37; du moins Le. semble l'avoir compris ainsi (1x, 25) en écrivant ἑαυτὸν δὲ ἀπολέσας.
Il est cependant plus juste de reconnaître dans l’ensemble du passage
des variations sur N®2:, âme et vie, qui ne peuvent être clairement rendues en grec. |
3) Nous mettons ici le casus pendens, parce qu'il ne revêt un caractère sémitique que par le pronom qui vient rappeler le sujet au bout de la phrase. De cela même il Υ a des exemples en grec. J'en trouve dans K.-G. 1, 1, p. 47 sous la rubrique : anacoluthe de rhétorique. XÉN. Oec., 1, 14 οἱ δὲ φίλοι, ἤν τις ἐπίστηται αὐτοῖς χρῆσθαι, ὥστε ὠφελεῖσθαι ἀπ᾽ αὐτῶν, τί φήσομεν αὐτοὺς εἶναι; XÉN. Anab. II, V, 41 Πρόξενος καὶ Μένων ἐπείπερ εἰσὶν ὑμέτεροι εὐεργέται, πέμψατε αὐτοὺς δεῦρο, Mais il semble qu'il y ἃ là un accent particulier sur le pronom, qui revient à cause du motif donné par la phrase incidente. |
En hébreu €’est une construction assez courante (Aautzsch, ὃ 143). Debrunner cite Gen. xxvitr, 13 ἡ y ἐφ᾽ ἧς σὺ καθεύδεις ἐπ᾽ αὐτῆς, σοὶ δώσω αὐτήν. Cf. χπ, 11. Avec πᾶς, Gen. χπι, 15 πᾶσαν τὴν γὴν ἣν σὺ δρᾶς, σοὶ δώσω αὐτήν.
Dans Mt. χπ, 36 πᾶν ῥῆμα ἀργὸν ὃ λαλήσουσιν... ἀποδώσουσιν περὶ αὐτοῦ
XII, 19 παντὸς ἀχούοντος... ἔρχεται ὃ πονηρός καὶ ἁρπάζει τὸ ἐσπαρμένον ἐν τῇ καρδία αὐτοῦ.
XXV, 29 τοῦ δὲ μὴ ἔχοντος... ἀρθήσεται ἀπ᾽ αὐτοῦ,
4) πᾶς en tête de la phrase suivi d'un participe avec l’article n’est pas inconnu des classiques (2). Mais il se trouve souvent dans les sentences
(1) Radermacher, p. 60.
(2) Exemples dans Blass-Deb. καὶ 413, 2.
XGVIIL
de Mt. où il constitue une sorte de style moins proverbial que législatif, à la façon de Dan. vi, 8 17 Ὁ». Comme l'hébreu commence volontiers la
ὶ δ, fab
TRODUCTION.
phrase par Ὁ, cette fréquence n’est probablement pas sans une influence
sémitique : 1, 17: v, 22 πᾶς 6 ὀργιζόμενος, V, 98 πᾶς ὃ βλέπων, V, 32; VII, 8;
vir, 24. 26; xxvI, 52, aussi ΠΙ; 10 et vit, 19 πᾶν (οὖν) δένδρον μὴ ποιοῦν... De même pour πᾶς ὅς ou ὅστις VII, 24; x, 32; XI, 36, XIX, 29 ; xxI, 92;
XXII, ὃ.
A plus forte raison tient de l'araméen oùx ἂν ἐσώθη πᾶσα σάρξ (XXIV, 22 — Me. χα, 20), la négation jointe au verbe, car où πᾶς est classique. C'est l'équivalent de μηδείς, οὐδείς, et de la même manière : εἷς... οὐ :
| y, 18 ἰῶτα ἕν... οὐ μὴ παρέλθῃ et x, 29 ἕν ἐξ αὐτῶν οὐ πεσεῖται (A), c'est-à-dire
οὐδὲ ἕν πίπτει, Cf. 1 Macch. v, 54 : oùx ἔπεσεν ἐξ αὐτῶν οὐθείς. ἐξ αὐτῶν sent donc aussi son sémitique, comme ΧΧΠΙ, 34 ἐξ αὐτῶν ἀποχτε-
νεῖτε.:. χαὶ ἐξ αὐτῶν μαστιγώσετε, POUT τοὺς μέν... τοὺς δέ (Deb.).
Important, parce que dans le récit de l'enfance, οὕτως (1, 18) pour τοιαύτη (Deb. ὃ 434, 1); cf. χιχ, 10 εἰ οὕτως... c’est le même style répondant à l'aram. 1172; cf. Dan. π, 10 (LXX τοιοῦτο πράγμα, Théod. δῆμα
5) Sur τίς ἐξ ὑμῶν, cf. Com. Le. ΟἹ. Dans Mt. vi, 27 — Le. xu, 2.
Ensuite vir, 9 τίς ἐξ ὑμῶν... ὅν, régularisé par Le. x1, 11. Enfin xu, 11 vis x. ἔσται (!) ἐξ δμῶν ὃς ἕξει, οἵ. Jér. XVII (), 44 χαὶ τίς οὗτος ποιμὴν ὃς στήσεται.
Mais τίς est quelquefois remplacé par εἷς. Dans le Comm. de Le. (p. C) nous avons regardé ce fait comme non influencé par le sémitisme. En fait Le. fait toujours suivre ce εἰς, d'un génitif, ce qui se rapproche beaucoup plus de l'usage grec. Il en est de même dans deux cas de Mc. v, 22 et xIv, 60, où Mt. 1x, 18 et XXVI, 69-n’a pas de génitif après εἷς ou
μία. Mt. est donc incontestablement plus sémitique, comme lorsqu'il écrit xxx, 19 συκῆν μίαν où Mc. n'a pas μίαν (xr, 13). Mt. ἃ encore εἷς pour
τίς avec Mc. x, 47, dans xx, 16, où Le. ἃ mis τις, et seul xvin, 24. ILest
® donc sur ce point le plus sémitique des trois.
ὃ εἷς... 6 ἕτερος dans Mt. vi, 24 = Le. xvi, 13 au lieu de ὁ μέν, ὃ δέ, accuse une influence sémitique à cause de la redondance parallélique de ce
passage:
Et (δ) εἷς... καὶ εἷς est encore plus net dans ce sens, Mt. xx, 21 — Mc. x,
37; xxiv, 40, 41; Le. a mis les deux fois δ εἷς... ὃ ἕτερος; Mt. XXII, 38 — Mc. xv, 27, tandis que Le. ἃ mis ὃ uv... ὃ δέ (XXI, 33). "
6) La phrase débute par un relatif, avec un retour du pronom à la fin, πι, 12 = Le. mr, 17, qui a un αὐτοῦ de plus, de même Mt. a évité (111, 11) le retour du pronom qui est dans Mc. 1, 7; une tournure analogue de Mc. vu, 25. οἱ χπὶ, 9 n’est pas dans Mt. xv, 23 ni χχιν, 21 assez strictement parallèle (sauf τοιαύτη). Mt. ΧΥΊΠ, 20 est un peu différent.
(1) Blass-Deb. à 302.
ΠΡ ΡΠ CRITIQUE LITTÉRAMRE.
ο΄ Préposilions. ἐν pour le 2 sémitique.
* La question de ἐν ajouté au datif instrumental est fort délicate. d : Blass-Debrunner conclut largement à une influence sémitique où tel … est bien l'usage du 2 (ἢ 4; 195; 949). Cependant il renvoie à ÆXühner- τὸ | Gerth, τ, 464 ss., où il y ἃ de nombreux exemples et très variés de l'emploi de ἐν dans ce sens, en prose et en vers. La liste est longue et impressionnante et pourrait facilement être augmentée. Il est difficile d'admettre que ἐν ajoutait toujours une nuance très appréciable. Pourtant l'instrument, l'intermédiaire, est mis dans un certain: relief, ou l’objet de sa nature comporte l’idée d'un contenu, comme nous disons. « boire dans un verre », et on ne cite pas d'exemple net de tuer « ἐν μαχαίρῃ». C'est du style de l’Apocalypse; n, 16; νι, 8; xt, 10; χιχ, 21, mais aussi ὁ de Mt. xxvr, 52; Le. xx11, 49. τᾺ ἘΣ ΡΩΝ Il ne semble pas non plus que les Grecs aient dit ἐν pour signifier 5e τὶ « par la vertu, par la puissance de » (1), comme dans Mt. 1x, 34 ἐντῷ | ἄρχοντι τῶν δαιμονίων ἐκδάλλει τὰ δαιμόνια, cf. Mc. ταὶ 99. ΜῈ χὰτ 2A LC ts : se L'influence sémitique n’est pas seulement en jeu par la langue, mais aussi par l'idée religieuse : c’est ce qui explique les locutions ἐν πνεύματι ᾿ς ἁγίῳ, ἐν ὀνόματι etc. ᾿
LT
Ἵ Sous le bénéfice de ces observations, on peut citer comme indiquant 1 uneinfluence sémitique : - ἌΝ vu, 2 ἐν ᾧ μέτρῳ évité par Le. νι, 38. ‘} ΣΝ VIL, θ. ἐν τοῖς ποσὶν αὐτῶν (propre à Mt.). < ὍΡΩΝ xx, 16 ἐν ἀληθείᾳ (Mc. χει, 14 et Le. xx, 21 ἐπ᾽ ἀληθείας). 115 xx, 41 ἐν τῷ μύλῳ (Le. xvir, 35 ἐπὶ τὸ αὐτό). : (le
- ΒῈΓ deux cas indiscutables après ὀμνύω et ὁμολογέω,, voir ci-dessous. : | On notera aussi εἰς pour 5, χχι, 46 et εἰς τί — nb, χιν, 31.
ÆInterjections. xx1v, 6 δρᾶτε en plus, cf. Mc. xx, 7; Cf. ὅρα Gén. ΧΧΧΙ, À 50 etc., c'est-à-dire ΠΝῚ ; si peu grec, qu'il a été souvent omis par les LXXe, τὸ et remplacé par ἰδού. 3.
IT. Le Lexique. ς 2,2 TES A) Expressions favorites de Mt., qui se rencontrent à peine chez Me. ou Le., et qui sont des indications sur son thème et sa méthode. On
recherchera en même temps si et comment ces expressions se rattachent
à l'araméen (ou à l’hébreu). et à la tradition des LXX. ;
Une simple.liste. plus complète se trouve dans Hawkins, Horae synop- τ | ticae, 2 éd., p. 4 ss. | 3
@ (1) Sopx: 47. 519 ἐν σοὶ πᾶσ᾽ ἔγωγε σῴζοόμαι, où ŒA. R. ἐν σοὶ γὰρ ἐσμέν, « toute notre
. espérance est en toi », n'est pas semblable. ΠΩΣ
Al
α | INTRODUCTION.
ἀναγινώσχω, pour l'expression οὐκ (οὐδέποτε ἂν) ἀνέγνωτε. Mt. 6 (1). Mc. 8 NAT 0 ne
Dans Mt. χη, 3 — Mc. 11, 25; χχι, 42 — Me. x, 10; Mt. xxit, 31 = Mc. x, 26. De plus Mt. xt, 5; χιχ, 4; χχι, 16. |
Mc. et Mt. se rencontrent dans trois controverses, celle des épis, celle des vignerons et celle des Sadducéens. Mais Mt. a trois autres cas, et cette expression de controverse sur l'Écriture est plus dans son genre que
dans celui de Mc.
Elle se traduirait aisément en araméen, quoique je ne la voie pas signalée chez les Rabbins : ΤΥ N° — οὖχ ἀνέγνωτε; la forme οὐδέποτε est une insistance d’allure grecque, qui n’est pas au même endroit dans Me. π, 25 et dans Mt. χχι, 16.42. On peut seulement rapprocher Berak. 515 etc., ΠΝῚΡ ΝῺ, « quelle est sa leçon » (de la Bible)?
= ἀγαχωρέω Mt. 10; Mc. 1; Jo. 1; Act. ἃ.
Me. πι, 7 — Mt. x, 15, dans le sens de se dérober à ses ennemis en
s'éloignant, comme Mt. 11, 12.14.22 (donc dans le récit de l’enfance),
x1v, 13; xv, 21; cf. Jo. vi, 15. Il en est de Jésus comme de Moïse, Ex. Π, 15 et de David, I Regn. xix, 10.
L'expression de Mc. : se retirer « vers la mer », πρὸς τὴν θάλασσαν n’est pas très propre, car les bords du lac étaient très fréquentés. Aram. ὯΝ OU NI OU PTE.
ἀποδίδωμι Mt. 48; Mc. 1; Le. 8.
Me. χα; 11 — Mt. xx, 21; Le. xx, 25. Ce cas, très frappant, devait être stéréotypé dans la tradition.
Ce mot convient bien à l'idée de rétribution qui est si accusée dans Mt. Cf. xvr, 27 τότε ἀποδώσει ἑκάστῳ κατὰ τὴν πρᾶξιν αὐτοῦ, et Prov. xxIv, 12 ὃς ἀποδίδωσιν ἑκάστῳ κατὰ τὰ ἔργα αὐτοῦ. — Aram. now.
| ἀργύρια Mt. 8 + N. T. Ce pluriel est étonnant. XÉN. (6. χιχ, 16) et d'autres l’emploient pour de la monnaie d'argent. Mais je ne vois pas qu'on cite ἀργύρια au sens de pièces d'argent. Les LXX ont toujours le
singulier, mais le pluriel en grec se conçoit très bien comme expression
du collectif hébreu (Gen. xx, 16). Faut-il supposer que le traducteur ayant employé ἀργύρια pour dire « de l’argent » dans xxv, 27; XXVIN, 12. 15, s’est cru autorisé à dire trente (pièces d’hargent, dans xxvi, 15; xxvi, 3.5.6.9 pour rendre « 30 d'argent » (KDD27] non)? Ou bien ce dernier emploi a-t-il eu un effet rétroactif? Dans les deux hypothèses ce pluriel anormal s’expliquerait plus aisément comme un phénomène de traduction.
(1) Les chiffres gras indiquent le nombre de fois; + indique que le mot ne reparaît pas ailleurs dans un groupement donné. Σ
CRITIQUE LITTÉRAIRE. CI
ἄρτι Mt. 7 + Syn. Mt. a trois fois ἀπ᾽ ἄρτι qui est bien grec, tandis que Lc. emploie ἀπὸ τοῦ νῦν, spécialement dans χχπ, 18. 69.— Mt. xxvi, 29. 64. Le. ἃ pu changer pour rester fidèle à son usage 1, 48; v, 10; x11, 52. Ce, sont deux manières de rendre 1»2 ou y2n. Pour ἀπ᾽ ἄρτι Jo. xur, 19: xiv, 7; Apoc. χιν, 13; ἀπὸ τοῦ νῦν Jo. vi, 11.
βασιλεία τῶν οὐρανῶν Mt. 33, en comprenant xix, 24+ N.T.
Trois fois au plus ἣ βασιλεία τοῦ θεοῦ x11, 28 — Le. χι, 20; et χχι, 31. 43, propres. Dans ces trois cas il est particulièrement évident que le royaume de Dieu doit s'entendre de son règne sur la terre.
D'ailleurs le royaume des cieux ne signifie pas uniquement l'au-delà;
il s'entend aussi du règne prêché, qui va venir. τῶν οὐρανῶν est donc
synonyme de τοῦ θεοῦ, selon la valeur de l'expression aram. Kw; cf.
Com. 1x1, 2.
Prétendre que Mt. a donné de parti pris une couleur juive en chan- * geant l'expression employée par Jésus, c'est déjà assez arbitraire. A
supposer que Jésus ait dit : règne ou royaume de Dieu, cette expression,
la seule connue de Mc. de Le. de Paul, eût été sûrement la seule courante
parmi les premiers chrétiens. S’imagine-t-on un évangéliste, écrivant en grec, et introduisant ainsi une formule nouvelle, inconnue des Septante, pour reproduire l'usage des Juifs? Le plus vraisemblable est que le grec a traduit littéralement.
L'expression « règne du ciel » se présente beaucoup plus souvent sous la forme hébraïque, ΠΣ n1201, simplement parce que les Targums ne l'ont pas employée et que les écrits rabbiniques sont presque entière-
. ment en hébreu. Mais qui l’avait lue souvent en hébreu devait la transcrire en araméen s’il écrivait dans celte langue. Cf. au mot oùpavés. .
γενηθήτω Mt. 5 + N. T., car Act. 1, 20 et Rom. xr, 9 sont des citations. En grec la forme passive s'emploie au sens intransitif d'arriver. Mt. l’'emploie à propos de miracles ὙΠ], 13; 1x, 29; xv, 28, comme dans les ordres donnés par Dieu ΝΠ N7° Gen. 1, 3 : « que la lumière soit »! Cf. Gen. 1, 6. 14. Les deux autres cas vi, 10; xxvr, 42 sont dits de la volonté divine. ΕΥ̓ |
On dirait que cette apparence de passif s’accorde mieux avec la causalité de Dieu, exprimée chez les Sémites par un passif impersonnel. Cf. Tebt. 40, 23 γενηθήτω τῶι ὑποτελεῖ τὸ δίκαιον dans unes entence de juge (117 av. J.-C.) = « que le droit soit rendu » « qu’il soit fait selon le droit ».
δικαιοσύνη Mt. 7, Le. 4, + Syn. mais souvent dans Paul. C'est un terme juif par excellence, aussi le texte de Le. est-il dans la bouche de Zacharie (1, 75).
Dans Mt. l’ancienne notion de la justice légale est renouvelée, 111, 15 ; y, 20, etc., cf. Rom. 1v, 13, mais Jean marchait encore « dans la voie »
PRO AN PTE ee | INTRODUCTION.
de l’ancienne justice, xxr, ‘32. I1 semble bien que Luc ait évité cette expression qui désignait en grec une vertu spéciale. Dans les Actes, sur es quatre fois, elle est attribuée une fois à Pierre (x, 35), trois fois à Paul "2 (rm, 40; xvn, 31; : XxIV, 25).
ἜΑ ᾿ Dans Mt. c'est comme un fil de son tissu, comprenant le discours sur Ja montagne et des parties propres. Noter aussi dans Mt. la vénération ἢ ET pour les justes χιπ, 17;.xx111, 29. Aujourd'hui encore Siméon le Juste “4 ἘΠῚ (Aboth 1, 2) est pour 165 Juifs de Jérusalem la grande figure du temps “EE qui a suivi les prophètes.
π΄ δῶρον Mt. des offrandes enr els 8 fois sur 9. Dans ce sens Me. vit, 11 Κορθάν, ὅ ἐστιν δῶρον. Le. xx1, 1.4 deux fois des offrandes τ en argent. Le δῶρον religieux ne se retrouve dans le N. T. que dans __ l’épitre aux Hébreux. C’est un thème légal. Or Mt. vin, 4 est parallèle à 38 Mc. 1, 44 et à Le. v, 44. Lc. ἃ suivi Mc. Ou bien Mc. a évité un terme ἐν “4 ᾿ légal, ou Mt. l’a introduit.
La première hypothèse n'est-elle pas es vraisemblable? D'autant que Mc. emploie ici προσφέρω qui est encore un mot favori de Mt., et que où les deux mots N229p 27 font une bonne tournure, cf. Lev. 1, 2 etc.
et pour si. Mt. 1x, 18 (certain) — Me. v, 22; x1x, 46 — Me. x, 17;
τς xxvi, 69 — Mc. xiv, 66. De plus vx, 19; xvut, 24; ΧΧΙ, 49. Le. ἃ trans-
formé les trois cas de Mc. Pourquoi Mt. écrivant en grec, n'en aurait-il pas fait autant? C’est d’après l’aram. 5n (héb. 5ns) (Deb. ὃ 247, 2).
. Or tous ces cas sont-dans les récits de Mt. Cela ne prouve pas qu'il ait
écrit en araméen, puisque ce n’est pas le fait de Mc., mais c’est un
à indice de l'unité de sa langue comme aspect sémitique.