CLXX VIII INTRODUCTION
ment que Mc. des guérisons en masses. Où Mc. parle de plusieurs gué-
rison$ (πολλούς τ, 34; 111 10), Mt. dit que tous les malades furent guéris (vur, 16; χα, 15). Mais ce n'est là qu'une manière de parler. Le. emploie constamment le mot « tous »; Mt. dans ce contexte généralise au lieu de préciser, comme souvent. Ce n’est point une multiplication intentionnelle, c’est une vue plus vague. Il arrive aussi à Mc. de dire que Jésus guérissait tous ceux qui le touchaient (Mc. vr, 56). Ces facons de dire ne sont point le fait de qui voudrait tromper, mais l'attestation d’un fait connu, le grand nombre des miracles.
Enfin on objecte que Mt. a ajouté certains faits ou certaines Circonstances pour prouver que telle Écriture a été accomplie. On allègue le voyage en Égypte (1, 13-15), l’ânesse avec l'ânon (xx1, 1-7), le vin mêlé de fiel (xxvn, 34), le repentir inefficace de Judas (xxvr, 3-10). Nous devons renvoyer à l’exégèse du Commentaire. Elle ne peut souffrir difficulté avec la conception catholique de l'inspiration, car il s’agit de cas où les textes de l'A. T. paraissent un peu forcés; et c'est la preuve qu'ils ont été adaptés aux événements et non pas les événements imaginés pour leur donner raison. Hé
D'ailleurs personne ne récuserait le témoignage d’un historien pour de pareilles vétilles. Les difficultés pour concilier Mt. et Le., surtout pour les faits qui ont suivi la résurrection, ressortissent à une étude
générale sur la tradition chrétienne, y compris saint Paul. Ge que dit
Mt. de la Galilée n'exclut pas en réalité les apparitions à Jérusalem.