‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 94 sur 350 · PREMIÈRE PARTIE : L'ÉVANGILE DE L'ENFANCE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE : L'ÉVANGILE DE L'ENFANCE

1-17. GÉNÉALOGTE DE Jésus-Curisr (cf, Le. ui, 23-38). — Comme celle de Le., la τ généalogie de Mt. est biblique, mais elle est plus sémitique et israélite. En ‘à <ffet, au lieu d'exprimer les relations de paternité par l'article avec le génitif, ΠΡῸΣ comme les Grecs, elle emploie le verbe ἐγέννησεν, qui remplace «by. L'horizon ἌΡΗΝ est plus restreint, puisqu'on ne remonte pas à Adam, mais à Abraham, l’an- 2; cêtre des Israélites, qui avait reçu le premier la promesse d’un fils en qui T0 toutes les familles de la terre seraient bénies (Gen. x1r, 3). Cette promesse ee: renouvelée à Juda et à David ἃ été tenue οἱ réalisée en Jésus-Christ. Dès lors : "74 le peuple juif n’a plus rien à attendre. Ses destinées vont jusqu’à David, point culminant; elles sont comme stationnaires jusqu'à la captivité, puis elles τὰ redescendent dans l'obscurité de la lignée messianique. Cependant Israël nest pas seul en cause. Pourquoi ces quatre femmes nommées dans l'ancienne histoire? Depuis Jérôme les exégètes catholiques y ont vu un signe que Dieu est venu pour les pécheurs. Mais Thamar croyait user de son droit, et Ruth n’est

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l'a PATES ; :

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τον α A io re bn ner à > ΝΕ NOTA A ET L PORTA OR EL ee PNA Rs ve ti 5 δ᾽ tu jen ΔὙ Ψ.

2 ?ABça%u χἐγέννησεν τὸν Tous, Ἰσαὰχ δὲ ἐγέννησεν τὸν ᾿Ιαχώβ, ἸἸαχὼβ δὲ ἐγέννησεν τὸν ᾿Ιούδαν χαὶ τοὺς ἀδελφοὺς αὐτοῦ, 3 Ἰούδας δὲ ἐγέννησεν τὸν Φαρὲς χαὶ τὸν Ζαρὰ ἐχ τῆς Θάμαρ, Φαρὲς δὲ ἐγέννησεν τὸν Ἕσρώμ, ἝἙ σσρὼμ. δὲ ἐγέννησεν τὸν ᾿Αράμ;, 1 Ἀρὰμ, δὲ ἐγέννησεν τὸν ᾿Αμιναδάβ, ᾿Αμιναδὰβ δὲ ἐγέννησεν τὸν Νιαασσών, Ναασσὼν δὲ ἐγέννησεν τὸν Σαλμών, 5 Σαλμών δὲ ἐγέννησεν τὸν Βοὸζ ἐχ τῆς Ῥαχάβ,

τῆς ν \ Γ᾿ Bot δὲ ἐγέννησεν τὸν ᾿Ιωβὴδ ἐχ τῆς Ῥούθ,

pas une pécheresse. Aussi bien cette suggestion serait plutôt dans l'esprit de Le., qui volontiers cite les femmes. Dire que Mt. a voulu répondre aux attaques des Juifs contre Marie (J. Weiss), c'est ne pas voir que « la réfutation aurait été plutôt de nature à encourager tes calomniateurs » (Loisy,1, 321). IL semble que ces femmes ont comme trait commun d’être étrangères, à la différence de

Sara, Rébecca, etc.; à partir des rois, cela n’étonnait plus. En effet, sans parler

de Ruth et de Raab, Thamar était probablement cananéenne :comme la femme dé Juda, et la femme d'Urie était sans doute hétéenne comme lui. C'était une manière de rappeler aux Juifs, que si la parole de Dieu était engagée par rapport à la lignée masculine, il n'en était pas de même des femmes, et que le Messie-n’en était pas moins le Messie, ne füt-il pas issu uniquement du pur sang d'Israël.

La liste a été écrite en vue de Jésus.

Le principale indice d’un arrangement systématique, c’est la triple série de quatorze générations. Celui qui a choisi ces chiffres avait évidemment l'intention de ne pas aller plus loin, ce qui équivalait à dire que‘le temps du Messie était

Ὁ arrivé. Mais pourquoi trois fois le chiffre de quatorze? L'histoire d'Israël se

partageait naturellement, nous l'avons dit, en trois parties. Or la première, d'Abraham à David, ‘contenait officiellement dans la Bible quatorze générations. La symétrie pouvait incliner l’auteur à caractériser les autres époques parle

mêmenombre. Mais cela était encore suggéré pour la troisième série par :la

nature des .choses. L'A. T. supposait les générations de quarante années (cf. Com. des Juges, .p. xxxix 55.). Or dela captivité de Babylone (598 ou 588 av. J.-C,) il y avait à peu près quatorze générations de quarante ans, soit 560 ans. Mt. n’a évidemment pas l'intention d'aboutir à un .compte ‘exact de cette manière. M. Moore (The Harvard theological Review, jan. 1924,97 ss.) ἃ ipréféré supposer.que Mt. songeait aux 490 ans de Daniel (x, 34. .88.), mais il faudrait mettre.les générations à.trente-cinq ans, ce qui, dans la:Bible ne peut s'appuyer que.sur Job xzu, 10. Une fois le chiffre de quatorze de la première série reconnu adaptable à la troisième, Mt. a adopté le même chiffre pour la seconde, sauf à supprimer quelques rois. Le nom de David :se compose de trois lettres qui

*Abraham engendra Isaac, Isasc engendra Jacob, Jacob :engendra Juda et ses frères,

“Juda engendra Pharès et Zara de Thamar, Pharès engendra

Esrom, Esrom engendra Aram, “Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naasson, Naasson engendra Salmon, 5Salmon engendra Booz de Rahab, Booz engendra lobed de Ruth, 1obed

additionnées donnent quatorze (ΤῊΤ soit 4 - ὁ +4). Peut-être cette coïncidence a-t-elle confirmé Mt. dans son choix, mais seulement comme une raison secondaire (cf. Box. Inferpreter, jan. 1906, p. 199). ᾿

Sur l’origine et la valeur des deux généalogies et sur leurs divergences, voir Comm. Le. Notons spécialement ici que Mt. doit être l’auteur de la généalogie

telle qu’elle est ici rédigée, car un simple registre de famillé ne comporterait

pas un arrangement aussi voulu, et il n’y avait lieu de faire un tel arrangement

qu'en vue d’un livre destiné à prouver que Jésus était le Messie. Pour cela une

généalogie était indispensable, et il importait peu que 16 dernier :anneau (ou d’autres peut-être) fût légal plutôt que naturel. Si Mt. avait jugé cette généalogie contraire à son dessein de la conception surnaturelle, il l'aurait omise. L'ayant insérée il ἃ tout aussi bien pu la-rédiger, naturellement d'après des souvenirs et des documents. .

1) Titre. Βίδλος γενέσεως, comme Gen. I, #; v, 1 en grec. Dans ces endroits le titre commande toute une histoire. On pourrait dire que c’est le cas ici, 511 n'y avait un autre titre au v. 18.

Donc celui-ci ne comprend que la généalogie, dont il indique les trois chaînons

principaux. Ἰησοῦς Χριστός, expression rare, qui revient peut-être 1, 18; XVI, 21, et Mc. 1,4; Jo. τ, 17; xvur, 3, non pas dans Le., mais Act. nr, 38 etc. et souvent dans Paul. Elle :a quelque chose de solennel et presque de ‘protocolaire. Si Paul l’emploie souvent, on :ne saurait dire qu'il l’a frappée le premier. Les évangélistes-Mt. et Mc. se sont conformés à l'usage de leur temps en la plaçant dans:le titre, à l'usage du temps de Jésus en l’évitant danse cours de l’évangile.

— υἱὸς Δαυίδ était le nom le plus courant du Messie, surtout depuis que :la haine des Pharisiens pour ‘les Hasmonéens avait ravivé les-espérances ‘fondées d'après les Écritures sur la dynastie de David et son rejeton qui devait être le Messie, c’est-à-dire le (roi) oint de Iahvé (Le Messianisme.….,p. 216). Fils de David, Jésus-Christ est aussi fils d'Abraham, étant directement l'héritier de la promesse (Gal. mr, 16) faite à l'ancêtre du peuple juif, tandis que David n'a aucun lien particulier avec Abraham.

1} va sans dire que David descend ‘d'Abraham, mais ce qui importe dans :ce titre, c'est derrattacher Jésus-Christ à -ces deux grands ancêtres (horum :filium Jér.contre Mald. Holtz. Knab. Loisy etc.).

2) Les:frères de Juda sont nommés:comme les ancêtres du peuple juif,

3):On s'était habitué à nommer Zara avec Pharès, son frère jumeau; cf. IChr. 1,4, et le nom des deux frères amenait aussi celui de leur mère.

4) La liste s’en tient à l'essentiel, plus courte même que celle de I Chr.ur, 40.

8) Ῥαχάβ ne peut étre que la Ραάδ. des LXX, que Josèphe nomme Ῥαάδη, ou

ELON SAINT MATTHIEU, 1, 6-7 Re

δι ἢ» ; Ν᾽ ΟΣ Top δὲ ἐγέννησεν τὸν ᾿Ϊεσσαί, τὰ NUS CARE ἐγέννησεν τὸν Δαυὶδ τὸν βασιλέα. Ὧν : d à Δαυὶδ δὲ ἐγέννησεν τὸν Σολομῶνα Ex τῆς τοῦ Οὐρίου,

Ι ENS da Ῥοβοὰμ. δὲ ἐγέννησεν τὸν ᾿Αβιά, Εν: τω | ΤΑβιὰ δὲ ἐγέννησεν τὸν ᾿Ασά,

__ 'Iuoupar δὲ ἐγέννησεν τὸν ἸἸωράμ,,

| Ἀμὼν δὲ ἐγέννησεν τὸν ᾿Ἰωσίαν, τς ἢ Ἰωσίας δὲ ἐγέννησεν τὸν Ἰεχονίαν nai τοὺς ἀδελφοὺς αὐτοῦ ἐπὶ τ

ET

ς΄ ἢ 9. σὰ plutôt que Ao«p (THSV). à 10. Αμων (bis) plutôt que Αμως (THSV).

$ (variantes) Pay 46n (Ant. V, 1, 2), et qu'on retrouve sous la forme Ραάδ dans : Heb. x1, 31; Jac. 11, 25. Cette femme qui avait rendu service aux Israélites et confessé sa foi en leur Dieu était le type des prosélytes. Le rabbinisme l’a ! donnée comme femme à Josué, et l'a regardée comme l'ancêtre de plusieurs

à A: prophètes (Lightfoot). |

Lu. Onignore d'après quelle autorité Mt. en fait la femme de Salmon, père de. FAC Booz d'après 1 Chr. 11, 11 et. Ruth 1v, 21. Cette généalogie, si elle était complète, supposerait que la période des Juges ἃ été très courte. Mais on ne prétendait pas

indiquer tous les anneaux.

Εν Ruth, autre type de prosélyte.

᾿ 6) Thamar, Rahab, Ruth, avaient usé d'une industrie très intentionnelle pour az obtenir les bonnes grâces de la lignée messianique; mais on ne peut en dire autant de la femme d'Urie, ainsi nommée soit pour rappeler sa faute, soit pour

St

ὍΣ éviter de prononcer son nom. Elle figure ici à cause de la compétition dont le

trône fut alors l'objet, et qui amena une décision formelle de David, d'accord avec le prophète Nathan (1 Reg. 1). Mt, à la différence de Le., s’en est tenu à la ligne de succession royale. David seul est nommé roi, mais il inaugure une dynastie bien connue par la Bible. | 1 5.) La critique textuelle (THS) se prononce pour la leçon Asa, d'après

= ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, 1 SALSA Fate

engendra Jessé, 6Jessé engendra le roi David. David engendra é Salomon de la femme d'Urie, Salomon engendra Roboam, Roboam

engendra Abia, Abia engendra Asa, $Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias, °Ozias engendra Jotham, Jothâm enigendra Achaz, Achaz engendra Ézéchias, 10 Ézé-

chias engendra Manassé, Manassé engendra Amon, Amon engendra

Josias, !! Josias engendra Jéchonias et ses frères lors de la déporta-

l'accord de l'Égypte avec D [dans Le.] # ὁ g 4. D'autant que Ασα d’Antioche et des syrr. avec it. et vg. peut passer pour une correction d’après l'A. Τ. — Mais la critique littéraire ne peut admettre que l’auteur, qui n'a pu rédiger cette liste sans consulter l'A. T., ait mis le nom d’un psalmiste au lieu d'un roi . de Juda. Cette confusion est plutôt le fait d’un copiste. Il faut donc admettre que Ασαφ est une très ancienne erreur. Zahn attribue l'erreur au traducteur de

Ma. ; lui aussi eût dù s'informer. ; ᾿ 8) Dans l’histoire des Rois (Il Reg. vus ss.) Joram a pour successeur Ochozias,

père de Joas, qui fut père d’Amasias, lequel fut père d’Azarias ou Ozias. Mi. ἃ τ donc omis trois noms, ajoutés par Aphraate, syreur. éth. D. (dans Luc.). Jér: Verum quia Evangelistae propositum erat tres tessaresdecades in diverso tempo- ὦ rum statu ponere, et Joram generi se miscuerat impüssimae Iezabel, idcirco

usque ad tertiam generationem eius memoria tollitur. Et en effet Athalie, mère d'Ochozias, était fille de Jézabel. Ce n’est pas l’origine païenne de cette dernière

qui la rendait odieuse, mais ses persécutions contre les prophètes pour abolir le culte de Tahvé. Il est vrai que Manassé se conduisit très mal, mais il avait

fait pénitence (II Chr. xxxur, 48). Il est même possible (mais non aussi assuré

que le dit ἥξει, Bibl. Stud. xv, 129 ss.) que cette damnatio memoriae, erasio

nominis, ait été pratiquée par la Synagogue, de telle sorte que ces noms ne

-figurassent pas dans les listes généalogiques.

D'après Holtz., Mt. a lu Ὀζίας (cod. A) au lieu de ᾿Οχοζίας dans 1 Chr. 1, 41, ce qui supposerait une distraction invraisemblable puisqu’en tout cas les deux

autres noms omis se trouvaient dans ce passage. — Mt. ἃ retenu la forme

Ὀζίας pour ‘Ouzziah (Π Reg. xv, 13. 30); le même qui est appelé ailleurs ‘Azaryiah (II Reg. χιν, 21 etc.).

10) ’Aucis (au lieu 4 ᾿Αμών ou Ἀμνών) à peu près d'après les mêmes autorités

que ᾿Ασάφ au v. 7. Le cas doit être résolu de la même manière. 11) D’après l'A. T., Josias a pour fils loagim, père de loakin ou Jéchonias ;

Τοδαίπι a des frères (II Chr. xxxvi, 10), dont Sédécias, le dernier roi de Jérusalem

au temps de la captivité, tandis que cela n’est dit nulle part de Jéchonias. On serait donc tenté de dire avec Jérôme que le Jéchonias de Mt. représente une première fois Ioaqim, la seconde fois son fils; cf. v. 17. Quant à insérer εγεννησεν τον Ιωακειμ,, Ιωχκειμ δὲ avec Θ᾽ etc. et Ir. πι, 24, 9 : Ioseph enim Ioachim et Iechoniae filius ostenditur, quemadmodum et Matthaeus generationem eius exponit, c'est corriger Mt. d'après II Reg. xxiv ss.; Jér. zu, 31.

Jérémie xxrr, 29 ne dit pas précisément que Jéchonias n'aura pas d'enfants du tout, mais plutôt que nul de ses descendants ne montera sur le trône de David

« [Re

Σαλαθιὴλ. δὲ ἐγέννησεν τὸν Ζοροβάβελ, 18: Ζοροβάβελ. δὲ ἐγέννησεν. τὸν ᾿Αβιούδ, ᾿Αβιοὺδ' δὲ: ἐγέννησεν: τὸν ᾿Εἰλιαχείμ,, ᾿Ἐλιακεὶμ. δὲ ἐγέννησεν τὸν ᾿Αζώρ, ᾿᾿Αἰζὼρ: δὲ ἐγέννησεν τὸν Zadwxs Σαδὼχ. δὲ ἐγέννησεν τὸν ᾿Αχείμι; ᾿Αχεὶμ. δὲ ἐγέννησεν τὸν ᾿Β)λιούδ, ᾿Ελχιοὺδ᾽ δὲ ἐγέννησεν τὸν ᾿Εἰλεάζαρ, ᾿Ελεάζαρ δὲ ἐγέννησεν τὸν Μαθθάν, Ναθθὰν. δὲ. ἐγέννησεν τὸν: Ἰακώβ,

16: τον’ ανδρα-.. Χριστος (THV).et non Ἰωσὴφ] δὲ w εμνηστευθη παρθενος Μαριαμ. eyevνησεν" Ισοὺν “τον λεγόμενον Χριστον (S).

(Condamin, ad h. 1.). Jéchonias avait, semble-t-il, 18. ans: lorsqu'il: fut emmené en captivité. D'ailleurs l'intention de Mt. est seulement de dire qu'une nouvelle série commence après-le début. (non le retour) de la captivité; μετοικεσία (moins: usité-que μετοίχησὶς) est l’émigration, la. transportation.

12) Jéchonias fut tenu en prison durant trente-sept ans, et rendu: ἃ 505 rang royal par Evil-Mérodach, successeur de. Nabuchodonosor (Il. Reg. xxiv,, 8-17; Jer. Lu, 31-34). Son fils Salathiel est.indiqué par I Par: nr, 17. Au même endroit (v: 19), dans le grec, Zorobabel est fils de Salathiel, tandis que dans :l’hébreu:il est. fils de Padaïah.. Mt..se renconire sur ces deux noms avec Le. m1, 27, puis tous deux commencent une série. de noms qui ne sont pas nommés dans. la

Bible: Mais Le. ἃ dix-huit intermédiaires entre Zorobabel et Joseph. On ne sait à quel endroit la liste de Mt. ἃ été abrégée; ce qui est clair c’est que Mi. n’a pas tenu.compte des. descendants.de Zorobabel.dont la liste figurait dans I Par. ur, 21-24.

16) On ne nie pas qu’une généalogie existant séparément ait pu se terminer par ces mots: « or Joseph engendra Jésus », soit qu’on ignorät alors la conception miraculeuse, soit qu'on entendit « engendra. » au sens légal. Mais c'est. le texte de Mt. qu'il faut fixer, et il.n’est pas douteux qu'il ait porté après Joseph : τὸν. ἄνδρα Μαρίας, ἐξ ἧς ἐγεννήθη Ἰησοῦς ὁ λεγόμενος Χριστός. C’est: la leçon des trois recensions de Soden, c’est-à-dire de toute la tradition manuscrite, sauf ce qui va être. dit.. IL est d’ailleurs très plausible que Mt., anticipant sur les. faits, ait. nommé Joseph l'époux. de. Marie, puisque c'était seulement à titre d'époux que Joseph pouvait, dans l'opinion de M. sur la conception virginale, figurer comme un anneau dans la généalogie de Jésus. Le passif ἐγεννήθη pouvait s'entendre

tion à Babylone. Après la déportation à Babylone, Jéchonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel, lZorobabel engendraAbioud, Abioud engendra Eliacim, Eliacim engendra Azor, 1: Azor engendra Sadoc, Sadoc engendra Achim, Achim engendra Elioud, 5Elioud engendra Eléazar, Eléazar engendra Matthan, Matthan engendra Jacob, 16 Jacob engendra Joseph, le mari de

sans difficulté de la naissance d’un enfant par rapport à la mère. Le nom

propre de Jésus devait terminer là généalogie; Mt. ÿ ajoute « dit le Ghrist »,.

pour justifier le titre du v. 1. — λεγόμενος n'est omis que: par Tert. k d.syrcur.… Mais le titre d’époux de Marie dans ce contexte pouvait laisser supposer — à:

qui n'aurait pas expliqué ce v. d’après la suite — que Jésus était né de. Joseph:

par Marie. C’est pour éviter ce sens, par un:scrupule, et pour préciser dès ce

moment la virginité de Marie, que le texte a été transformé par 6 et le groupe: Ferrar en ᾧ μνηστευθεῖσα. παρθένος Maprèu ἐγέννησεν Ἰησοῦν τὸν λεγόμενον, Χριστόν. Les.

termes de fiancée el de vierge sont assez clairs comme manifestation de ce serupule. De même arm. k et it. Seulement en latin b ayant ajouté erat à despon-

sata, il. a dû reprendre la phrase Maria. autem; οἱ genuit ayant paru moins propre pour une femme, ὦ ἃ écrit peperit; qui est peut-être la traduction de: ἔτεχεν si ce mot se trouvait. dans D (lacuneux). Syreur. a combiné les. méthodes:

de. ὃ et de ἃ: « lui à qui était fiancée Marie la Vierge, laquelle enfanta Jésus- Christ ». Ces variations sont. un. indice évident de l'embarras où l’on s'était mis

en altérant le texte. La fameuse lecon du syrsin. n’est qu’une autre manière: d'en sortir : « Joseph auquel était fiancée Marie la Vierge engendra Jésus qui:

est nommé le Messie ». C'est-à-dire que lisant ἐγέννησεν avec le groupe Ferrar, il l'a entendu de Joseph comme dans tous les cas précédents, ce qui l'a obligé

à supposer ἐμνηστεύθη au lieu de μνηστευθεῖσα, exactement comme ὃ. Ni lesyria-

-que sin. ni. ὃ ne supposent un autre texte primitif que celui du. groupe Ferrar, visiblement. retouché. Il: est bien clair qu’il ne saurait représenter ni le texte de

Mt. ni un autre texte où Joseph eût été le père naturel, puisqu'il, contient les.

mots de fiancé et de vierge Marie.

En traduisant ce texte en grec, et en.le donnant comme celui de Mt., Soden ἃ

commis une énormité critique. Encore. est-il que tel quel il ne peut s'entendre. que d’une: filiation légale, ce qui explique l'adhésion de M. Heer (Bibl. Stud. xv,.

159 ss.) En laissant τὸν ἄνδρα Μαρίας, avec ἐγέννησεν (comme ἃ lu Barsalihi); on arrivait au texte du ms. Α de Ciasca (dans Burkitt, Ev. da Meph. 5, 264) : « Jacob

engendra Joseph, époux de Marie, qui d'elle engendra Jésus-Christ », qui ne.

peut passer ni pour authentique, ni pour judéo-chrétien (Barsalibi!), mais

seulement pour une nouvelle combinaison, marque de l’enfbarras où cet: ἐγέννησεν: devait jeter les Sémites. Soden a sagement renoncé à argumenter du dialogue: de Timothée et Aquila (ed. Convseane, Anecdota Oxoniensia, classical series,

p. vu), A la p. 76, le Juif essaye de tirer parti du texte de Mt. qu'il cite : τὸν ἄνδρα. Μαρίας" ἐξ ἧς. ἐγεννήθη, τς ὁ λεγόμενος 15, car il ajoute aussitôt καὶ. Ἰωσὴφ

Les.

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Ἢ in “ ρα | té Se

Ex OC)

RATE τ τς Ἂς 2 Ἶ A ER 2 μητρὸς αὐτοῦ Μαρίας τῷ Ἰωσήφ, πρὶν ἢ συνελθεῖν αὐτοὺς εὑρέθη ἐν

C'est-à-dire : « donc Joseph ἃ engendré Jésus, puisqu'il dit qu'il l’a engendré

de Marie ». C’est précisément cette conclusion, avons-nous dit, qu'on ἃ voulu

éviter en écrivant : « auquel était fiancée Marie la Vierge ». Aussi le chrétien n'admet pas l’argumentation, et reprend le texte en le lisant : ᾧ μνηστευθεῖσα

Ναρία" ἐξ ἧς x. τ᾿ À, qu'il justifie en ajoutant le v. 47. À la page 88 le texte est

Cité : τὸν Ἰωσὴφ τὸν μνηστευσάμενον Μαριάμ, ἐξ ἧς, nouvelle manière d'éliminer τὸν ᾿ ἄνδρα Μαρίας! Dans toute cette pullulation de variantes. syrsin. étant le seul à

reprendre Joseph. est parfaitement négligeable. L'union est demeurée parfaite

en somme, sur une leçon qui ἃ paru difficile; c'est un double indice d’authenticité (cf. AB. 1920, p. 351 5.).

17) Il y ἃ quatorze générations dans la première liste en comptant David à la

fin; quatorze dans la seconde en comptant Jéchonias, mais non David; dans la

= tache très bien au v. 46. D'autant que Ἰησοῦ est ajouté soit après (B et Or. gr.)

troisième, pour atteindre le chiffre de quatorze, il faut compter de nouveau Jéchonias et enfin Jésus. Comme l’auteur ne peut s'être trompé sur le nombre des générations qu'il indique expressément, il faut donc que le Jéchonias du ΟΥ̓. 44 soit un autre que celui du v. 12, c’est-à-dire en réalité Joaqim. Le traduc-

teur grec ἃ pu se contenter, pour des noms assez semblables, de la forme Jéchonias. On ne peut guère, nous l'avons dit, supposer une erreur des mss. En tout cas l'omission serait fort ancienne, car Porphyre tablait déjà sur le texte actuel (Comm. de Jér. sur Dan. c. ἡ. à

18-25. LE SECRET DE LA GÉNÉRATION DE Jésus. — Cette péricope est très exactement

la suite de la précédente. Celle-ci se terminait sur une énigme. Pourquoi n'avoir

pas dit que Joseph avait engendré Jésus, mais qu'il était né de Marie? Les chrétiens le savaient, mais Mt. le leur rappelle en rappelant aussi aux Juifs que le Messie devait naître d’une vierge. Le lien avec ce qui précède explique pourquoi les faits sont pris du point de vue de Joseph. La conception surnaturelle est supposée. Ce qui importe ici, c’est qu'elle soit avouée de Joseph, qui

accepte aux yeux du peuple son rôle officiel de père de Jésus. Il est en quelque sorte le témoin légal et autorisé du fait qui avait été prédit.

18) χριστοῦ seul n’est guère attesté que par les Zatt. et syr. (50), mais se rat-

LA

soit avant, par tous les autres, mais contrairement à l'usage qui n’a jamais

l’article devant [. X. — γένεσις est la lecon de THSV d'après KBCPSZAOW et d’au-

tres, bo. Eus. — γέννησις Ir. gr. (nr, 11) Antioche, sa. et comme on peut croire

latt. et syrr. Cette dernière lecon est commandée par le sens (Zahn). Après le

livret d'origine (γένεσις), vient la révélation sur le mode de la génération (yév-

νησις), Les copistes ont pu se laisser aller à ramener le mot du titre (v. 1)»

plutôt qu'ils n'ont eu l'esprit de pénétrer le sens du morceau et de corriger dans ce sens,

Marie, de laquelle naquit Jésus, qu’on appelle Christ. ?Donc nt

les générations, depuis Abraham jusqu’à David, sont quatorze générations, et depuis David jusqu’à la déportation à Babylone, quatorze générations et depuis la déportation à Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations.

18 Or la génération du Christ était telle : Sa mère Marie ayant été

fiancée à Joseph, avant qu'ils eussent habité ensemble elle se

οὕτως indique une explication, Or cette explication ne porte pas sur les circonstances de la naissance, puisque le lieu même ne sera nommé qu’à la péricope suivante; elle porte donc sur la conception miraculeuse, ce qui confirme γέννησις, et prouve que γένεσις n’a rien à faire ici, même au sens de naissance (Le. 1, 14). mi

48b) Mt. parle d’une fiancée, puis d'un mari (v. 19) et d'une femme (v. 20), en parfaite harmonie avec le droit hébreu sur le mariage. Notre conception des

fiançailles suppose l'égalité entre les futurs époux; on dit un fiancé, comme

une fiancée. Dans l'antiquité hébraïque, la femme passait de la puissance d’un

agnat, ordinairement le père, sous la puissance du mari. Elle n’était pas fiancée, . mais accordée, pour ne pas dire cédée moyennant une somme d'argent. Avec le temps son consentement fut requis, et il l'était au temps de Jésus, mais dès qu’elle était accordée, elle avait un Seigneur (by2) qui pouvait la nommer sa

femme. Dans l'A. T., on suppose seulement que le futur se procure une accordée (ΣΝ, quelle que soit l’étymologie du mot), ou qu’une fille est accordée. Le

mot grec est μνηστεύω, ἃ la voix moyenne pour celui qui s'assure une femme, au passif pour la jeune fille qui est accordée. Son futur mari qui est déjà son

Seigneur peut toujours la prendre chez lui (II Sam. 11, 14). Il Υ a seulement cette différence entre le droit hébreu et le droit romain (quid du droit hellénistique?) que dans le droit romain du temps d’Auguste, les fiançailles mettaient plus d'égalité entre les parties et pouvaient toujours être rompues. On ne

pouvait pas encore parler de mari et de femme. Tandis que chez les Juifs le mari avait déjà vraiment acquis sa femme. Il était sans doute libre de la répudier; mais il avait ce droit même après le mariage! Après les seules fiançailles

il y fallait déjà un écrit, et si le mari mourait avant le mariage, l’accordée était censée veuve (Michna Qiddouchin ur, 40; Git. vu, 9; Ketubot, τ Ὁ 0,9, δῦ Maimonide cité par Selden, uxor Hebraica, p. 93).

Pourtant le mariage n’était tout à fait conclu que lorsque l’accordée avait

été mise réellement à la disposition du mari. Normalement c'était chez les Romains par la deductio in domum, mais cette formalité n'était pas essentielle

(Guo, Les institutions juridiques des Romains, τι, p. 86). Les Juifs se servaient d’une formule plus compréhensive : le mari prenait la femme (nissouin), et cette prise de possession était essentielle au mariage. Elle pouvait s’accomplir

même chez le beau-père, pourvu que la femme füt introduite dans une chambre

particulière où son mari pourrait venir la trouver (Tobie, vur, 45 ss.). Ces points connus — et ils ne sont pas douteux —, on voit que Mt. a voulu se placer d’abord dans la situation où Marie était accordée, mais où le mariage

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