A ce moment^ la parole lui fut adressée par l'ange
V. — 1. Ici commence le texte que nous appelons N. {Voyez l'Introduction.) S : L'an 303 d'Alexandre, le 31 Sdâr, le premier jour de la semaine, à la troisième heure du jour, comme Marie était assise à l'écart dans la grande maison de Dieu, Gabriel, l'ange du Seigneur lui apparut...
qui disait : « Réjouis-toi, vierge Marie. » Subitement Marie se troubla; elle fut frappée d'une vive frayeur. Et comme elle regardait de droite et de gauche, elle ne vit personne. Elle se dit : « D'où est partie la voix (qui s'est adressée) à moi? » Et prenant sa cruche, elle alla précipitamment se réfugier dans sa maison, en ferma la porte et l'assujettit ^ soigneusement. Puis, elle alla silencieusement s'asseoir au fond de la maison. Et, dans la stupeur de son esprit, elle se disait avec étonnement : « Quel est donc ce salut qui m'a été adressé? Quel est celui qui me connaissait et savait d'avance qui je suis? Qui ai-je vu n'importe où qui puisse me parler en ces termes? » En songeant à toutes ces choses, elle frissonnait et tremblait.
2. Et s'étant levée, elle se mit en prière et dit : « Seigneur Dieu de nos pères, Dieu d'Israël, regardez (-moi) dans votre miséricorde; condescendez à ma demande et à la prière de mon cœur. Ecoutez-moi, votre misérable servante, qui vous implore avec espoir et confiance. Ne me livrez pas aux tentations de l'ennemi et aux embûches du séducteur ; mais délivrez-moi des pièges et de la ruse du chasseur [cf. Ps. xc, 3], parce que j'espère en vous et que vous garderez ma virginité intacte, (vous) mon Seigneur et mon Dieu. » Ayant ainsi parlé, Marie rendit grâces au Seigneur en pleurant. Après être demeurée (en cet état) pendant trois heures, elle prit en main l'écarlate et se mit à la filer.