‹ Évangiles apocryphes (volume 2)Chapitre 147 sur 330 · CH. V, 3 L'ANNONCIATION · texte numérisé non relu

CH. V, 3 L'ANNONCIATION

auprès d'elle, les portes étant closes. L'incorporel lui apparut sous l'apparence d'un être corporel, et lui dit : « Réjouissez-vous, vierge Marie, servante immaculée du Seigneur. » Ayant tout à coup aperçu l'ange, Marie prit peur et, dans sa frayeur, elle était incapable de répondre. L'ange lui dit : « Ne vous effrayez pas, Marie, vous qui êtes bénie entre les femmes. Je suis Fange Gabriel [Luc, i, 19], qui ai été envoyé par Dieu pour vous dire ceci : Voici que vous deviendrez enceinte et que vous enfanterez le fils du Père Très- Haut. Il sera le grand roi (qui régnera) sur la terre entière. » Marie lui dit : «De quoi parlez-vous? Que dites-vous? Expliquez-moi cela ^. » L'ange dit : « Ce que je vous ai dit, vous l'avez entendu de ma bouche. Recevez l'invitation (contenue dans) ce message que je viens de vous faire et réjouissez-vous. » Marie dit : « Ce que j'apprends de vous est d'une nouveauté déconcertante, qui me jette dans la stupeur et l'étonnement : je concevrai et j'enfanterai comme toutes les femmes! Comment cela m'arrivera-t-il, à moi qui no connais point d'homme? » [Luc, i, 34.] L'ange dit : « O sainte vierge Marie, n'ayez point de tels soupçons et comprenez la chose dont vous parlez. 11 n'en ira pas de la sorte. Car cela ne sera pas le fait d'une créature humaine, ni d'un mari, ni de la volonté d'un

3. Toute cette longue et inconvenante discussion entre la Vierge et l'archange Gabriel est propre à la rédaction arménienne. S se borne à paraphraser brièvement le dialogue évangélique (Luc, i, 36-38). Le dernier discours de larchange contient une énumération des figures et annonces prophétiques de la Vierge dans l'Ancien Testament.

homme [Jean, i, 13], mais de la puissance de la grâce du Saint-Esprit, qui habitera en vous et en usera avec vous comme il lui plaira. » Marie dit : « Ce que vous dites me paraît dur à croire et extraordinaire. Je ne puis ni acquiescer ni me résigner aux choses que vous avez dites. Car les prodiges dont vous me parlez sont choquants en principe et invraisemblables en l'ait. En vous entendant parler, mon âme frémit de peur et tremble. Mon esprit demeure dans la perplexité, et je ne sais quelle réponse faire à vos discours. » L'ange dit : « Pourquoi vous effrayez-vous et pourquoi votre âme tremble-t-elle? »

4. La vierge sainte dit : « Comment puis-je vous écouter en effet ou ajouter foi à vos paroles ; puisque jamais je n'ai entendu de personne pareils propos, et que je ne comprends même pas ce que vous dites? » L'ange dit : « Les discours que je vous tiens sont l'exacte vérité. Je ne vous ai point parlé à l'aventure ni d'après mes propres idées ; mais (je vous ai dit) ce que j'ai entendu du Seigneur, et que Dieu m'a envoyé vous annoncer et vous exposer. Et vous prenez mon langage pour une fausseté. Craignez le Seigneur et écoutez-moi. » La sainte vierge Marie dit : « Ce n'est pas que je tienne vos discours pour vains ; mais je suis frappée d'une profonde stupeur : Celui que le ciel et la terre ne peuvent contenir, (dont ils ne peuvent) envelopper la divinité, de qui toutes les phalanges de l'armée céleste des esprits et des êtres ignés ^ ne peuvent

4. ^pbq^iiui0. Ce terme insolite fait supposer que le traducteur arménien aura lu : |}cu, feu, au lieu de : jîofcu, lumière {cf. S; note à la rédact. arabe, ch. IV, ci-dessus, p. 6).

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