CH. V, 12. THRÈNE DE MARIE
12. Ayant ainsi parlé, la sainte Vierge Marie se leva et rendit grâces au Seigneur. Après quoi, une heure se passa. La vierge sainte ayant réfléchi, se mit à pleurer et dit '^ : « Quel est donc ce prodige nouveau qui se réalise en moi et qui ne s'était pas encore vu dans la naissance d'un homme? En sorte que je deviens la fable et l'objet des reproches de tous, hommes et femmes. Maintenant, me voici dans la perplexité. Je ne sais que faire, ni quelle réponse donner à quiconque (s'enquerra) de moi. A qui m'adresserai-je? Et qui informerai-jede tout ceci? Pourquoi ma mère m'a-t-elle enfantée? Pourquoi mes parents m'ont-ils demandée à Dieu, dans la tristesse de leur âme, pour être un sujet de reproche à moi-même et à mes parents? Pourquoi m'ont-ils vouée à garder la virginité dans le temple saint? Pourquoi n'ai-je pas reçu plus tôt l'arrêt de mort qui me retirera de cette terre? Et puisque je suis restée envie, pourquoi mes parents ne m'ont-ils pas donnée en mariage, sans rien dire, comme les autres filles des Hébreux? Hélas î qui a jamais entendu, qui a vu chose pareille? Qui a dit ou cru qu'une femme ait mis au monde un enfant, sans avoir eu commerce avec un homme, (une femme) qui ne connaît point d'homme? A qui raconterai-je cette chose et à qui (la) dirai-je soit en public soit en secret <...^''*> qu'il réponde sans <[réticence^*^? Des vierges ou des femmes mariées, qui pourrai-je persuader à force de paroles? Si je leur dis exactement ces choses, elles croiront que