‹ Évangiles apocryphes (volume 2)Chapitre 162 sur 330 · CH. VI, 6. PERPLEXITÉ DE JOSEPH. — 7. THRÈNE DE JOSEPH · texte numérisé non relu

CH. VI, 6. PERPLEXITÉ DE JOSEPH. — 7. THRÈNE DE JOSEPH

va être divulguée et racontée partout; et ceux qui l'entendront, se moqueront de (pareils) dires. » Marie dit : « Jusques à quand vous emporterez-vous contre moi et me condamnerez-vous en termes inconsidérés? Ne cesserez-vous de m'accabler de vos outrages? » Joseph dit : « C'est que je ne puis résister à cette grande tristesse et à l'affliction qui se sont abattues sur moi. Que ferai-je de vous, et quelle réponse donnerai-je à quiconque m'en demandera? Et je crains que si l'affaire éclate et qu'elle soit divulguée par la voix publique, mes cheveux blancs ne soient déshonorés parmi les enfants d'Israël. »

7. Ayant ainsi parlé, Joseph se répandit en pleurs et disait avec des larmes : « Triste et malheureux vieillard, pourquoi es-tu devenu son gardien? Pourquoi as-tu obéi aux prêtres et à tout le peuple d'Israël, en sorte que, dans ta vieillesse et sur le point de mourir, tu as déshonoré tes cheveux blancs? » Et (comme) il ne savait quel parti prendre, il se mit à réfléchir et se dit : a Que ferai-je de cette enfant? Car je ne saurai pas ce qu'il en est, avant que le Seigneur ne manifeste les événements qui se préparent, puisque, en (tout) ceci, je n'ai pas agi de ma propre volonté. Avant ce (moment), je n'ai rien su ni compris de tout ce qui allait se passer. Mais, je sais avec certitude que, si l'épreuve qui m'arrive vient de Dieu, elle est pour mon bien, et que si au contraire cette affliction est le fait de l'ennemi. Dieu m'en délivrera. Pourtant, je ne sais que faire : si je condamne (Marie), ce sera de ma part une grande faute; et si je dis du mal d'elle, je serai justement condamné par Dieu. Je la prendrai donc secrète-

ment cette nuit, je l'emmènerai et je la laisserai en paix s'en aller où elle voudra. »

8. Alors, il manda Marie et lui dit : « Or çà, tout ce que vous m'avez dit, vrai ou faux, je l'ai écouté et je l'ai cru. Je ne vous ferai aucun mal; mais cette nuit je vous emmènerai et je vous congédierai. Allez où vous voudrez. » Lorsque Marie eut entendu ces paroles, ses yeux se remplirent de larmes et elle se mit à pleurer. Joseph sortit tristement de la maison, il s'en alla à l'écart, et s'étant assis, il pleurait et se frappait (la poitrine).

9. Et Marie s'étant levée se prosterna la face contre terre, et parla en ces termes : « Dieu de mes pères ! Dieu d'Israël! regardez, dans votre miséricorde, les tourments de votre servante et l'affliction de mon âme. Ne me livrez pas, Seigneur, à la honte et aux blâmes du vulgaire. Puisque vous savez, Seigneur, que le cœur des enfants des hommes est incrédule, manifestez votre nom devant tous, afin qu'ils sachent que vous seul êtes le Seigneur Dieu et que votre nom a été prononcé sur nous par vous-même^. » Ayant ainsi parlé, la sainte Vierge Marie répandait ses larmes devant le Seigneur. Et, au même moment, un ange lui adressa la parole, disant : « Ne craignez pas, car voici que je suis avec vous pour vous sauver de toutes vos tribulations. Prenez donc courage et réjouissezvous. » Ayant ainsi parlé, l'ange la quitta. Et Marie, s'étant levée, remerciait le Seigneur.

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