CH. IX, 3. SALOMÉ. - 4. INCRÉDULITÉ DE SÀLOMÉ
3. Et notre première mère entra dans la caverne, elle prit Tenfant dans ses bras et se mit à le caresser et à l'embrasser avec tendresse, et elle bénissait Dieu, car l'enfant était excellemment beau à voir, brillant et resplendissant et les traits épanouis. Et l'ayant enveloppé de langes, elle le déposa dans l'auge des bœufs. Et notre première mère Eve sortit de la caverne. Tout à coup, elle vit une femme nommée Salomé, qui venait de la ville de Jérusalem. Notre première mère Eve alla au-devant d'elle et lui dit : « Je vous annonce une heureuse et bonne nouvelle : une jeune vierge, qui ne connaît absolument aucun homme, a mis au monde un enfant dans cette caverne. »
4. Salomé dit : « Je sais, moi, que toute la ville de Jérusalem Fa condamnée, comme coupable et digne de mort. Et à cause de sa honte et de son déshonneur, elle s'est enfuie de la ville pour venir ici. Et moi, Salomé, j'ai appris à Jérusalem que cette vierge a mis au monde un enfant mâle, et je suis venue avec joie pour le voir. » Notre première mère Eve dit : « Oui, (et cependant) sa virginité est sainte et demeure immaculée. » Salomé dit : « Et comment avez- vous pu savoir qu'elle est vierge? » Notre première mère dit : « Je vous rapporterai ce que j'ai vu de mes yeux. » Salomé dit : « Dites. » Notre première mère dit : « Lorsque je suis entrée dans cette caverne, j'ai vu une nuée lumineuse qui planait par-dessus. Et l'on entendait dans les hauteurs un bruit de paroles et la nombreuse armée de chœurs spirituels des anges qui bénissaient et glorifiaient Dieu à pleine voix. Et
vers le ciel, s'élevait comme une nuée brillante. » Salomé lui dit : « Par la vie <^du Seigneur^, je ne croirai pas à vos paroles avant d'avoir vu qu'une vierge qui ne connaît point d'homme a mis au monde un enfant, sans un concours masculin. » Et notre première mère étant entrée dans la caverne, dit à la sainte vierge Marie : « Tenez-vous prête, il nous le faut, car voici Salomé qui veut vous mettre à l'épreuve et constater votre virginité. «
5. Et lorsque Salomé pénétra dans la caverne et que, avançant la main-^ elle voulut l'approcher de la vierge, tout à coup, une flamme jaillissant de là avec une ardeur intense, lui brûla la main. Et avec un cri aigu, elle dit : « Malheur à moi, misérable et infortunée, que mes fautes ont gravement égarée! Qu'ai-je fait dans mon dérèglement? Car j'ai péché contre mon Dieu, je l'ai blasphémé, et, dans mon incrédulité, j'ai tenté le Dieu vivant. Voici que ma main aussi est devenue comme un feu ardent! »
6. Mais un ange'' qui se tenait près de (Salomé), lui dit : « Etendez votre main vers l'enfant; approchezla de lui et vous serez guérie. « Et tombant aux pieds de l'enfant, elle le baisa, et le prenant dans ses bras elle le caressait et disait : a O nouveau-né, fils du Père grand (et) puissant, enfant Jésus, Messie, roi d'Israël, rédempteur, oint du Seigneur \cf. Luc, ii, 26], vous vous êtes manifesté dans la ville de David
3. Ici l'arménien se l'approche de nouveau du récit primitif; cf. Protév. XX, 1 et suiv.