‹ Évangiles apocryphes (volume 2)Chapitre 238 sur 330 · CH, XVII, 9. COMPLOT DES ENFANTS CONTRE JÉSUS. 19S · texte numérisé non relu

CH, XVII, 9. COMPLOT DES ENFANTS CONTRE JÉSUS. 19S

et ensuite nous avons pu retourner à temps à la maison. » D'(autres) enfants dirent^' : « Venez! rejetons sur lui cette accusation, puisqu'il est inconnu et étranger à notre ville. Et (d'ailleurs), ne savez-vous pas que c'est à cause de lui que nous sommes sous le coup de cette détresse et de ces tourments ^^? » Et poussant un cri, ils allèrent trouver le juge et lui dirent : « Pourquoi nous condamnez -vous malgré notre innocence? » Le juge dit : « Si vous êtes innocents, désignez celui qui est digne de mort. » Les enfants dirent : « Le fils d'un vieillard étranger a emmené (cet enfant) avec lui et nous ne savons ce qu'il lui a fait. » Le juge dit : « Pourquoi n'avez-vous point parlé de lui auparavant? » Les enfants dirent : « Nous avons cru que ce (serait) une faute; car il est très pauvre et réduit à la mendicité.^ »

10. Le juge ordonna de mander Jésus. On ne le trouva pas. Alors on arrêta Joseph et, de force, on le fit comparaître devant le tribunal. Le juge dit : « Vieillard, d'où êtes -vous venu et où allez -vous? »

11. B ajoute : Le jeune garçon dit : « Et nous, quelle faute avons-nous commise pour être ainsi tous mis à mort? )> Les enfants dirent : « Sachez-le [lUtéralement : Vous le savez] : nous ne dirons pas de mal de lui. » Le jeune garçon dit : « Et nous, de quel < crime punissable > de mort avons-nous conscience? Non! Venez et rejetons sur lui... »

12. B ajoute : Que l'on commence par le condamner à mort et nous serons épargnés. » (Tous) dirent d'une même voix : « Prenez sur vous la responsabilité de sa mort [littéralement : de son sang]. « Le juge voyant qu'ils ne lui répondaient pas, ordonna aux bourreaux de les mettre à la question. Quand les coups commencèrent à tomber, le jeune garçon, poussant un cri, dit : « O juge, pourquoi nous condamnez-vous... »

Joseph dit : « Je suis d'une contrée lointaine et je parcours la terre en étranger dépaysé. » Le juge dit : « Où est votre fils ' -* ? » Joseph dit : « Que lui voulezvous? » Le juge dit : « Ne savez -vous pas que votre fils est allé jouer emmenant tous les enfants de la ville et un petit garçon n'est pas revenu. Dites-moi donc : où est-il (votre fils) et qu'a-t-il fait de cet enfant? » Joseph dit : « Quant à cela, je l'ignore. » Le juge dit : « Vous ne vous échapperez pas de mes mains avec de pareilles excuses, que vous ne m'ayez amené l'enfant mort ou vif. » Joseph dit : « Je suis vieux, comment pourrai-je rester en course la journée entière? » Le juge dit : « Peut-être le trouverez -vous tout de suite dans un endroit quelconques^. »

11. Et Joseph, se faisant précéder de l'enfant Jésus, s'en alla à douze milles environ de la ville, et ils trouvèrent dans la plaine l'enfant, qui avait succombé à l'ardeur du soleil, comme s'il eût été brûlé au feu. Tout son corps ainsi que ses vêtements étaient noircis de graisse (et) toutes les articulations de son corps étaient disjointes ^^ Ayant vu cela, ils retournèrent

12*. B allonge encore l'interrogatoire qui suit.

13. B continue : Joseph dit : « O juge, ordonnez à ces enfants de nous suivre dans cette reclierche : ils savent peutêtre où est (le petit). » Le juge dit : « Oui, je le ferai, mais les parents de l'enfant vous suivront. « Sur ces paroles du juge, Joseph le salua profondément, et s'en alla tout triste à sa maison, raconter à Marie ce qui était arrivé. Et tous deux s'affligèrent profondément. Le lendemain, à l'aurore, Joseph, s'étant levé, se fit précéder de l'enfant Jésus...

14. B continue : A cette vue, les parents de l'enfant poussèrent un cri... ils l'emportèrent en pleurant à la porte de la ville et tous les gens de la ville, menant un grand deuil,

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à la ville et en informèrent ses parents. Ceux-ci s'étant rendus (à l'endroit indiqué) trouvèrent l'enfant; et, poussant un cri, ils se frappèrent eux-mêmes à coups de pierre. Puis, enveloppant son corps dans un drap, ils l'enlevèrent et l'emportèrent à la ville. Et tout le peuple de la ville en (le) voyant, s'apitoyait sur lui.

12. Alors le juge ordonna de placer Jésus au milieu du tribunal et (lui) dit ; « Enfant, pourquoi avezvous fait ce mauvais coup et (pourquoi) avez -vous attiré ce malheur sur notre ville? » Jésus dit : « O juge, ne faites pas cet acte d'iniquité, qu'il n'est permis à personne d'énoncer ou d'entendre. » Le juge dit : « Que dois -je donc faire entre deux droits (opposés)? » Jésus dit : « Si vous agissez sincèrement, vos jugements seront <justes'^>; sinon, vous commettrez un grand péché. » Le juge dit : « Ne me répondez point de la sorte pour me faire la leçon devant tout le monde. Je n'agis point de mauvaise foi mais avec justice ^*^ ». Jésus dit : « Si vous agissiez avec sincérité, vous auriez d'abord fait votre enquête soigneusement, d'après les témoignages, puis vous auriez jugé conformément aux lois. » Le juge dit : « Gom-

s'apitoyaient sur lui. Après une heure environ, les parents de l'enfant dirent (au juge) : «Nous ne le mettrons pas au tombeau que vous n'ayez fait périr dans les supplices le fils de ce vieillard, et condamné son père et sa mère à des tourments cruels et à la mort. » Le juge dit : « Vous avez raison. » Alors il ordonna de placer Jésus...

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