Chapitre II
L'an 309 ^ d'Alexandre, Auguste ordonna que chaque individu tut enregistré dans son pays. «< Joseph > se leva donc; il prit Marie sa fiancée et partit pour Jérusalem ^. Il arriva à Bethléem, pour se faire inscrire (là), dans son village, avec toute sa famille. Lorsqu'ils atteignirent la grotte ^, Marie dit à Joseph : « Voici que le temps de mes couches est venu; il m'est impossible d'aller jusqu'au village. Entrons plutôt dans cette grotte. » A ce moment, le soleil se couchait. Joseph, de son côté, partit en hâte pour amener à Marie une femme qui l'assisterait. Sur ces entrefaites, il aperçut une vieille femme (de race) hébraïque, originaire de Jérusalem. Il lui dit : « Venez ici, benoîte femme. Entrez dans cette grotte : il y a là une femme qui est sur le point d'enfanter. »
II. — 1. Le Proiévangile n'indique aucune date. S : 304. (Sur la première partie du récit d'après la rédaction S, voyez les notes au texte arménien, ch. I et suiv.)
2. S ; Joseph prit Marie pour aller à Bethléem son village. Et comme ils cheminaient, lui et Marie, Joseph vit que le visage de Marie s'assombrissait par moments, et, par moments, s'illuminait. Joseph prit la parole et dit à Marie : « Qu'avezvous, Marie? » Et Marie dit à Joseph : « 0 Joseph, je vois alterner deux spectacles pleins de surprise. Je vois le peuple d'Israël qui pleure et se lamente : il est dans la lumière et je le vois pareil à un aveugle qui n'aperçoit pas le soleil. Et je vois le peuple des incirconcis, qui habitent les ténèbres : la lumière se lève pour eux et sur eux, et ils se réjouissent pleins d'allégresse, comme l'aveugle dont les yeux se sont ouverts et qui voit la lumière. »