Voyez p
INTRODUCTION. Xï
graphe que l'on vient de lire appartient à l'original de notre apocryphe.
S'il était certain que ce préambule a été rédigé sous sa forme actuelle, VÉ{>angile arabe de l'Enfance se trouverait du même coup abaissé à une date fort tardive. Le métropolite Josué bar Nùn est, à n'en pas douter, Iso'dàd de Marw (c. a. 850). D'Iso'dàd à Iso'bar, complété ensuite, par une réminiscence biblique, en Iso' bar Nûn, le passage est facile, dans l'écriture nestorienne. Et ce qui est plus démonstratif encore, le commentaire d'IsoMàd sur Saint Matthieu contient en effet le passage auquel le rédacteur arabe fait ici allusion. L'exégète nestorien raconte la fable de Zoroastre à peu près telle qu'elle se lit dans le Laurentianus . S'il ne dit pas que Zoroastre soit le même personnage que Balaam, il y a moyen de le lui faire dire^ Néanmoins, faut-il croire que le paragraphe initial du manuscrit de Florence et, par suite, le document avec lequel il paraît faire corps, soient postérieurs au commentaire de Tévêque de Hadathà?
Il y aurait à cela plusieurs difficultés, outre celle d'expliquer comment un apocryphe nestorien, datant au plus tôt du x^ siècle, aurait fait fortune dans l'Egypte monophysite. D'abord il est trop évident que cette référence à une autorité d'école dément le titre même d'un livre qui se donne pour un évangile.
1. Voyez Margaret Dunlop Gibson, The Commentaries of Isho^dad of Merv. Volume II. Matthew and Mai'C in Syriac (Cambridge, 1911 = Horae Semiticae, n° VI), p. a — ».3i>; traduction, ibid., volume I (= Horae Semiticae, n" V), p. 19-20.
xil INTRODUCTION.
On accordera de plus qu'elle fait une disparate criante avec le ton affecté par tout le reste du récit.
Enfin, Lso'dâd lui-même, dans un endroit au moins de son commentaire, paraît avoir connu YEi>angile de l'Enfance ou une tradition qui en dérive ^ Jusqu'à preuve du contraire, le plus probable est que la citation d'ïso'dàd est une glose de copiste, comme il y en a du reste, dans le manuscrit de Florence, deux ou trois autres exemples bien caractérisés. Elle prouve uniquement que ce manuscrit est de provenance nestorienne.
Voici le contenu du texte, réduit en chapitres, de la recension de Sike.
Ch. II (avec les développements de S). m, 1 (avec quelques détails additionnels reflétant S). iv. vu (avec une digression sur le nombre des mages), viii.
v, 1 (un peu abrégé). v, 2 (avec une digression incidente sur la date de l'arrivée des mages et la durée de leur voyage; cf. S, note au ch. iv, p. 8). vi. IX. X (avec le passage propre à S). xi-xv. xvi (avec une variante grivoise). xvii. xviii (cf. S). xii-xx, 1. XXI, 2 (cf. S). XXII. xxiii (cf. S). XXVI (à peu près comme S), xxvii. xxviii (cf. S). xxix (quelques variantes de S). xxx (cf. S, note 8, p. 35). XXXI (variantes de Sg). xxxiii-xxxiv (variantes de S). XXXVI (avec le passage additionnel de
1. Voyez, par exemple, son interprétation de Matth., xxvir, 38 (t. c, p. L9li>; traduction, p. 112); cf. Analecta Bollandiana. t. XXXI (1912), p. 91-92.
INTRODUCTION. xili
S). XXXVII. Ici, ranecdote qui forme le ch. i de la recension de Sike. xxxviii-xxxix. xl (avec une leçon de bonne source : « Ayez pitié de vos seri^antesy qui ne i>ous ont pas mis sur le vrai chemin »). xLi (cf. S). xLii (rédaction de S, avec variantes, propres). Début de l'anecdote de Thomme au serpent (cf. S, p. 51, note). xliv (même rédaction que S, avec variante additionnelle). Episode de Nicodème. Ici le texte s'interrompt. Le fol. 33-33" est laissé en blanc. Une main récente a écrit dans la marge inférieure du fol. 32"^ '.Il y a une grande lacune à partir de cet endroit^. Fol. 34 : Résurrection du fils de la veuve de Naïm (le début manque). Baptême de Jésus. Noces de Cana, etc., comme dans S, jusqu'à l'épisode final (Ascension du Christ).
Plus instructif et meilleur à tous les points de vue, malgré son âge moins vénérable, est le texte du manuscrit de la Bibliothèque Vaticane syriaque 159. La majeure partie de ce manuscrit est un pêle-mêle de pièces disparates, copié ou peut-être compilé par un certain Ephrem Phigânà, de Gargar près d'Amid, lequel changea plusieurs fois de résidence et de qualité, durant les huit ans qu'il mit à l'écrire 2. Les
1. La calligraphie du titre écrit sur la tranche ne donne pas à penser que de nombreux feuillets aient disparu.
2. L'ensemble du volume comprend 470 feuillets de papier de 0,311 m. X 0,215 m. Les fol. 1-444' sontdela maind'Éphrem. Texte syriaque et karsQni, sur deux colonnes. Les feuillets 445- 470 sont empruntés à plusieurs volumes beaucoup plus anciens. Nous citons d'après le foliotage rectifié. Le codex sera décrit avec plus de détail dans le catalogue des manuscrits hagiographiques orientaux de la Bibliothèque Vaticane que
XIV INTRODUCTION
pages qui nous intéressent (fol. 231 ''-239') semblent avoir été transcrites en 1622-1623, soit au couvent de Màr Cyriaque soit au couvent d'Abù Gàleb, près de Gargar^ (cf. fol. 231% 275'). Notre apocryphe actuel nous y est montré encore en voie de formation. Le titre est ainsi libellé en syriaque : Histoire de l'Enfance ou de l'éducation de Notre-Seigneur Jésus-Christ et des miracles qu'il fit en ce temps-là. Suit un texte arabe, qui commence par répéter, avec des variantes souvent meilleures, celui de Sike : ch. i. ii. m, 1 (rédaction de S). iv-ix. x-xi(cf. S). xii. xiii (écourté). xiv-xix. xx-xxiii, 2 (cf. S), xxvi (cf. S). xxvii. XXVIII (cf. S). XXIX. XXX (texte intermédiaire entre S et la recension vulgaire). xxxi (cf. S, spécialement notes 12 et 15). xxxiii (cf. S, notes 1, 5 et 10). XXXIV (cf. S, écourté de la fin). xxxv (cf. S). XXXVI (rédaction mixte), xxxvii-xxxix. xl (cf. S, moins le passage additionnel). xli (jusqu'aux mots : se tiennent aux côtés du roi).
A partir de là, sans interruption ni transition d'aucune sorte, le narrateur se met à parler syriaque, ou
nous préparons en collaboration avec M. l'abbé Tisserant. Voir, en attendant, Assemani, Bibliothecae apostolicae Vaticanae codicum manuscriptorum catalogus, t. III, p. 307-319.
1. Ce monastère, où Éphrem ne fit que passer, paraît avoir été une fondation arménienne. Éphrem l'appelle le couvent de Wônk [-^lo = Juiîip), a ce qui signifie, dit-il, le couvent d'Abû Gâleb » (fol, 275'; cf. Payne Smith, Catalogi codicum manuscriptorum Bibliothecae Bodleianae. Pars VI, codices syriacos complectens, Oxonii, 1864, col. 212, note). Un des moines d'Abû Gâleb portait le nom arménien de Giragos ou Kirakos, c'est-à-dire Cyriaque (Payne Smith, t. c, col. 58). D'autres, en assez grand nombre, sont appelés de noms persans (ibid., col. 210-13).
INTRODUCTION. xv
plutôt, il cède la parole au pseudo-Thomas^ qu'il se borne à répéter d'un bout à l'autre. Il peut être utile de rappeler ici comment s'établit la concordance du pseudo-Thomas syriaque avec le texte arabe de Sike. Nous suivons les divisions marquées dans la traduction de Wright, en avertissant que celles-ci sont à leur tour une réduction au texte grec.
PSEUDO-THOMAS SYRIAQUE EVANGILE DE l'eNFANCE
XLVIjl.
xLvi,2-3.
xLvn.
Manque.