Op. cit., p
3. C'est la date que proposent MOMMsEN (Chronica Minora, I {Berlin, 1892], p. 272) et WacasMuTH (Eïinleit. in die alte Gesch. [Leipzig, 1895], p. 180 et suiv.). JAcOBY propose le début du 1v° siècle (Pauly-Wissowa Real-Encycl., VI (Stuttgart, 1909], col. 1567), mais cette date est certainement trop haute.
4. C. Frick, Chronica Minora, 1 (Leipzig, 1892), p. 184 et suiv. Cf. H. GELZER, Sextus Julius Africanus, II (Leipzig, 1885), Ρ. 326 ets.
PROTÉVANGILE DE JACQUES. xv
être téméraire. La chronique ἃ pu prendre ces deux récits à deux livres distincts ; et la preuve qu’elle compile en cet endroit des ouvrages différents, c'est qu'elle emprunte à un livre qui n’est pas le Protévangile, les noms des trois rois Mages !. La conclusion de M. Berendts ne nous paraît donc pas évidente ὅ.
Nous aurions, il est vrai, une preuve de l’existence de notre Protévangile dès le début du ΤΥ siècle, si, comme l’a soutenu M. Conradyà, le Commentaire sur l'Hexaemeron d'EUSTATHE D’AN- TIOCHE * était authentique. Cet ouvrage, en effet, analyse notre texte avec une grande précision et le connaît tout entier. Mais l'authenticité du com-
1. FrICK, Chron. Min., I, p. 338. C’est, pour le noter en passant, un des plus anciens documents qui fournissent ces noms:
2. Le P. PEeTERs vient de montrer que les Excerpta Barbari ont très probablement emprunté ce qu’ils ont de commun avec le Protévangile à un autre texte dont on a conservé des fragments coptes. Cf. Acta Sanctorum Novembris, t. III (Bruxelles, 1910), p. 15 et suiv.
3. Theolog. Studien und Kritiken, LXII (1889), p. 776. CONRADY
. défend d’ailleurs l'ancienneté du Protévangile, dont il va jus-
qu’à faire la source de Matthieu et de Luc pour les récits relatifs à l'enfance de Jésus (Die Quelle der kanonischen Kindheirsgeschichte Jesus. Goettingue, 1900, p. 135 et s.).
ἄς P. G., t. XVIII, col. 707-1066. Depuis TILLEMONT, on a coutume de tenir ce Commentaire pour pseudépigraphe et M. BERENDTS (op. cil., p. 43) a ajouté des raisons nouvelles à celles que l'on avait de le placer après Eustathe d’Antioche.
ON A “v. ν
XVI INTRODUCTION
mentaire en question n’est admise par personne.
sauf par M. Conrady.
Il nous faut done arriver à la Notitia librorum apacryphorum, déjà citée, qui mentionne simplement l’« Évangile de Jacques ». Peut-être le titre nouveau — on ne dit plus l’« histoire de Jacques » — s'appliqua-t-il au texte où étaient désormais réunis la Γένγησις Μαρίας, l'Apocryphum Josephi et l'Apocryphum Z achariae, et que nous appelons le Protévangile.
En tout cas, nous sommes très près, avec. le décret de Gélase, de l’époque à laquelle remontent nos plus anciens manuscrits syriaques, qui nous présentent un texte complet, peu différent de celui de nos manuscrits grecs.
S'il était besoin d’une autre preuve encore de la date récente de notre texte, il suffirait de renvoyer au chapitre suivant de cette introduction. On verra, en effet, que quand l’Occident voulut avoir, vers le v° siècle, un récit de la naissance de Marie et plus de détails sur son mariage et sur la naissance de Jésus. on remania en latin des extraits de la Γέννησις Masizs et de l’Apocryphum Josephi qui avaient sans doute été déjà réunis en grec, et ce fut l'Évangile du Pseudo-Matthieu. Mais on n’y
joignit pas l’Apocryphum Zachariae, parce que
ni
PROTÉVANGILE DE JACQUES
le texte grec ne le comprenait pas encore. Et c’est
ce qui explique, à n’en pas douter, que l’on n'ait
point de traductions latines du Protévangile :
quand il reçut sa forme actuelle, sa place était
prise en Occident par le Pseudo-Matthieu.
Pour lä rédaction des diverses parties, on peut se rallier à l'hypothèse de M. A. Harnack, d’après lequel la première, que nous avons appelée Γέννησις Μαρίας, a dù être rédigée tout à la fin du rr° siècle, peu de temps avant Origène!, que l’Apocryphum Josephi a pu l'être au n° siècle, et que l’Apocry-
phum Zachariae, sous la forme que lui donne le Protévangile, doit être postérieur au 11° siècle, et,
ajouterons-nous avec le P. Peeters, de peu anté-
rieur au vi‘ siècle.