‹ Évangiles apocryphesChapitre 165 sur 192 · TROUBLE DE JOSEPH · texte numérisé non relu

TROUBLE DE JOSEPH

dres de mon Père. Et le jour où son âme quitta son corps fut le 26 du mois d’abib. L'or affiné commença à s'altérer et le pur argent à se transmuer, je veux dire sa raison et sa sagesse. Il oublia le boire et le manger. La connaissance (qu'il avait) du métier de la charpenterie, s'évanouit et il y devint indifférent. Comme l'aurore venait de poindre, le 26 du mois d’abib, l'âme du juste vieillard Joseph s'agita, (tandis qu'il était étendu) sur son lit. Il ouvrit la bouche, poussa des gémissements, se frappa les mains l’une contre l’autre et s’écria à haute voix :

Cm. xvr. — « Maïlheur au jour où je suis venu au monde! Malheur au sein qui m’a porté! Malheur aux entrailles qui m'ont conçu! Malheur aux mamelles qui m'ont allaité! Malheur aux pieds sur lesquels je me suis assis! Malheur aux mains qui m'ont porté et qui m'ont élevé jusqu’à ce que j'aie grandi, parce que j'ai été concu dans l'iniquité et que ma mère m'a convoité { dans le péché [Ps. τι, 7]! Malheur à ma langue et à mes lèvres, qui ont proféré et prononcé le badinage, la détraction, le mensonge, l'erreur ?, la raillerie, l’imposture, la fraude, l'hypocrisie *. Malheur à mes yeux, qui ont regardé le scandale! Malheur à mes oreilles, qui ont aimé à entendre la médisance! Malheur à mes

1. δὶς (— ἐχίσσησε). — 2. Proprement : l'ignorance. — 3. Lire : al-mura’ät.

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