‹ Évolution de l'éducation physiqueChapitre 19 sur 61 · SABBATI11ER · texte numérisé non relu

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guerre. Solon n’élait pas tendre pour les athlètes : « les victoires de ces gens-là devenaient a charge au public et leurs couronnes étaient plus dommageables a leur patrie qu affligeantes pour leurs antagonistes vaincus » ; et voici ce qu’Euripide en pense :

« Lorsqu’ils sont jeunes, l’éclat de leur réputation les fait regarder coin me l'ornement de leur ville. Ont-ils vieilli, ils

ressemblent à ces habits usés qui montrent la corde. Je ne puis approuver cette coutume des Grecs de faire de nombreuses assemblées pour honorer des divertissements si frivoles et le tout en vue des festins qu on y donne car, qu’un athlète excelle à la lutte, qu’il soit léger à la course, qu'il sache lancer un palet ou appliquer un coup de poing sur la mâchoire de son antagoniste, que sert à sa patrie la couronne qu’il remporte? Repoussera-t-il l’ennemi à coups de disque ou le mettra-t-il en fuite en s’exerçant à la course, armé d’un bouclier ? On ne s’amuse point à toutes ces folies lorsqu'on se trouve à la portée du fer. »

Plutarque avoue (pie rien n’avait tant contribué à la mollesse et à l’asservissement des Grecs que cette vicieuse gymnastique qui les avaient engourdis sur les exercices militaires et leur avait fait préférer la qualité d’excellents athlètes à celle de bons soldats. Galien ne fait pas l’honneur de donner place à la gymnastique athlétique parmi les arts et lui dispute même le nom de gymnastique ; il en exagère surtout les inconvénients au point de vue de la santé et montre les dangers de forcer la nature. De là vient que plusieurs d’entre les athlètes perdent tout à coup l'usage de la voix, que d’autres meurent d’apoplexie ou ceux qui sont traites le plus favorablement en sont quittes pour la rupture de quelque vaisseau, ce qui les jette dans le vomissement et le crachement du sang.

On doit, selon lui, haïr et détester une profession dont tout le mérite se borne à déranger la constitution naturelle du corps et à ruiner cette espèce de force qui peut devenir utile à l’Etat, pour cultiver une autre qui ne peut que lui être à charge. Les athlètes de profession ne sont propres ni aux fatigues d’un voyage ni à celles de la guerre, encore

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moins aux fonctions du gouvernement ou aux travaux de l'agriculture.

Le régime des athlètes consistait en figues sèches, noix et fromage mou, on leur accorda la viande dans la suite, le bœuf et le porc accompagné d’une sorte de pain sans levain fort grossier, fort pesant, pétri avec le fromage. Ils mangeaient les viandes plutôt rôties que bouillies. Deux livres de viande et du pain à proportion était un repas frugal pour un athlète. Ils faisaient un dîner médiocre et réservaient pour leur souper les viandes les plus grossières. Ce souper excessif était prolongé souvent jusqu’à minuit.

Selon Platon ils passaient leur vie dans le sommeil qui leur donnait une pesanteur d’esprit spéciale. Galien prétend qu’un gros ventre ne fait pas l’esprit délié et que les athlètes qui ne travaillent qu’à faire du sang et de la chair comme les bêtes savent à peine s'ils ont une âme.

Ils sacrifiaient d’ailleurs toutes sortes de voluptés au désir de vaincre et de remporter des prix, on allait jusqu’à leur défendre la vue des plus belles personnes (saint Basile). Ils avaient en échange une patience incroyable à souffrir les fatigues et les coups inséparables de leur profession. La chaleur qu’il fallait essuyer dans la célébration des jeux mettait la patience des athlètes à une rude épreuve et ceux qui s’exercaient dans les gymnases couverts sans s’exposer aux fatigues et aux chaleurs du stade étaient incapables d’aspirer aux prix.

Les athlètes commencèrent à concourir entièrement nus à la 15e olympiade; ils se oignaient le corps avec un onguent fait d’huile, de cire et de poussière pour avoir plus de prise sur leurs adversaires.

Platon les traite de gens endormis, paresseux, pesan ts, engourdis, sujets aux vertiges et aux maladies, ils étaient très pâles et Galien assure qu’il était rare de trouver un athlète en qui la vigueur se soutint plus de cinq ans.

Ils s’endurcissaient sous la direction des maîtres de palestre et observaient pendant dix mois un régime sévère sous forme de lois athlétiques. I) abord composés d exercices préliminaires, on redoublait les travaux à 1 approche

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des jeux olympiques pour leur faire acquérir 1 endurance, pour supporter la faim, la soif, la chaleur, la poussière et toutes les fatigues d’un exercice qui durait quelquefois depuis le matin jusqu’au soir lorsqu’ils devaient tournir la Carrière ou exercice complet.

Le Gymnaste joignait à la science des exercices un discernement exact de toutes leurs propriétés par rapport à la santé. Le péciotribe , peu inquiet de ce dernier article, bornait ses connaissances au détail mécanique de ces mêmes exercices et ses soins à former de bons athlètes. Le bon gymnaste n’avait pas besoin de briller dans les jeux publics et était un athlète très médiocre. La naissance, les mœurs et la condition des athlètes donnait lieu à un examen tout particulier.il fallait que leur naissance fut comme leur généalogie. sans équivoque, qu’il n’y eût ni étranger ni esclave parmi leurs antécédents. Les athlètes, avant d’entrer dans le stade, prêtaient serment d'avoir suivi tous les exercices d’entraînement et de ne se procurer la victoire que par des moyens licites. Le vainqueur devait, s’il se représentait dans un nouveau concours olympique, conserver sa première place ; il payait de sa vie une défaite à-laquelle il s’exposait témérairement.

M. Tissot.

Après le remarquable ouvrage sur la vie des anciens athlètes dont nous n’avons pu donner qu’une idée, vient le travail très important de Tissot où nous trouvons des observations scientifiques plus précises et plus étendues. Tissot était chirurgien-major du 4e régiment des chevau-légers ; son livre publié en 1780 porte le titre de : Gymnastique médicinale et chirunj icale ou Essai sur V utilité du mouvement ou des différents exercices du corps et du repos dans la cure des maladies.

I issot place d’emblée la gymnastique dans les sciences médicales.

« C’est cette partie de la médecine qui enseigne la

ma-

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nière de conserver ou de rétablir la santé par l’usage de l’exercice ». La gymnastique médicale ayant pris naissance de la militaire doit nécessairement lui avoir été postérieure comme l'effet l'est toujours à la cause. »

a Lorsque les maladies, (pii sont pour la plupart le fruit de l’intempérance et de l’oisiveté, eurent réduit les hommes à la triste nécessité d'avoir recours aux médecins, ceux-ci déjà convaincus sans doute que rien ne contribue plus à la conservation et au rétablissement de la santé qu’un exercice propor tionné aux différences des complétions, des âges eL des sexes et connaissant d'ailleurs le penchant de l'homme à tout ce qui était du ressort de la gymnastique, ne balancèrent point a s’emparer de tout ce que cet art pouvait leur fournir d’avantageux pour seconder les vues de leurs malades. A cette époque, la gymnastique médicale commença d’éclore. »

11 cite l’origine de cette science et la rapporte à Esculape puis à Asclépiade. Fuller est l’auteur d’un livre intitulé Medecinci gymnastica , qui parut en anglais au commencement du XVIIIe siècle (Londres, 1728).

« Tronchin (1709-1781) réussi ta persuader la doctrine delà cure par l’exercice; il fut alors du bon ton de faire de l’exercice ; nos petites maîtresses adoptèrent ce moyen curatif comme une mode nouvelle. Quand on a des connaissances aussi profondes que M. Tronchin, on voit que, dans bien des cas, la bonne médecine n’est pas tant l’art de laire des remèdes que celui d’apprendre à s’en passer. «Vérités bonnes à redire aujourd’hui.

La gymnastique de cette époque consistait principalement en jeux et en plaisirs : le mail, le billard, la paume, le volant, le ballon, la boule, les quilles etc., peuvent tous être employés utilement dans l'art de guérir. Les voitures de toute espèce, les promenades publiques, la chasse, l’équitation fourniront à chacun différents moyens de graduer le mouvement relativement à son goût et à ses besoins. »

Voilà déjà nettement posée la notion de quantité d’exercice au point de vue de l’hygiène et l’idée de la nécessité du plaisir associée à la dépense utile.

« Le mouvement est l’àme de toute la nature ; il nous con-

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duit à la mort en travaillant à maintenir notre vie. Tout subsiste, tout est conservé, tout péril par le mouvement. Le mécanisme général de notre corps dépend du jeu et du mécanisme de chacune des parties qui le composent. II ne suffit pas de prendre de la nourriture mais de bien l’assimiler et de pousser au dehors les liqueurs dangereuses. Les deux principaux moyens (pie la nature nous indique sont le mouvement et le repos. Le mouvement produit des pertes, le repos doit les réparer ».

N’est-ce pas là l’idée maîtresse de l'harmonie des fonctions et du rythme de travail sur laquelle nous basons tout notre enseignement d’aujourd’hui ? L'effet du mouvement et des contractions musculaires sur le cours des liquides de l’organisme, l’effet général sur l’organisme d un Iravail local et la nécessité de l’exercice pour balayer les déchets qu’emportent avec elles une circulation active et la sueur; le résultat : une nutrition plus parfaite, tout cela est décrit sans hésitation et avec la plus grande clarté.

« Mais l’exercice peut être un travail ou un amusement; on se livre volontairement à l’exercice quand il est amusement au lieu qu’on s’y porte avec peine lorsqu’il nous offre l'image du travail.

Les animaux sauvages comparés aux animaux domestiques, comme l’homme actif comparé à l’homme sédentaire nous font immédiatement apercevoir les qualités que donnent l’exercice. A la seule inspection des membres, un anatomiste devinera le genre de profession d'un sujet.

Une eau courante se conserve pure, une eau qui croupit se corrompt; vouloir jouir de la santé dans l’inaction, c’est se condamner au silence pour développer sa voix.

Tous les remèdes du monde ne peuvent tenir lieu du mouvement. Celui-ci a une influence morale, il donne la gaîté* toutes les opérations de l’âme sont plus vigoureuses dans un corps fort et robuste; les exercices violents sont incompatibles avec la délicatesse de l’esprit.

Les effets du mouvement diffèrent relativement au temps, au lieu, à la nature de l'exercice, à son degré et à sa durée. Excellent le matin ou avant de se coucher, il est nuisible penj

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dantla digestion. A la campagne, au grand air, par un temps sec il produit les meilleurs effets surtout pour les gens de lettres.

Il ne faut jamais d’excès, mais de la modération dans les efforts; l’exercice poussé au dernier degré cesse d’être un bien comme le défaut d’exercice est un mal. Il v a danger

de prolonger l’exercice quand la fatigue se manifeste : omnia in pondéré et mensura . »

Parmi les exercices, les uns sont actifs, les autres passifs et les derniers mixtes. Suit une description de ces jeux et exercices et de leurs propriétés au point de vue de l’elfet produit avec l’analyse de ces effets.

La marche en montée agit sur les viscères abdominaux ; sa

violence au point de vue respiratoire est manifeste, c’est une raison suffisante, même décisive pour interdire tous les exercices de cette espèce aux poitrinaires.

« 11 existe des exercices spéciaux et très variés pour les bras; enfin s’il était nécessaire de développer la capacité de la poitrine et de fortifier les viscères qui y sont contenus, dans le nombre des exercices dont nous venons de parler, il en est qui mettent en action les muscles pectoraux et par conséquent les cartilages des vraies cotes qu’ils tirent à charpie élévation et extension des bras. Alors les viscères de la poitrine en recevant une portion des secousses et des mouvements de la part des bras, la circulation y est nécessairement augmentée ; de là tous les elfets qu’on pourrait désirer à

cet égard.

Les mouvements des bras ont donc un effet sur le développement du thorax et sur la correction des difformités de l’épine du dos. »

« L’exercice de la voix a aussi un effet sur les viscères par l’action du diaphragme, sur l’abdomen et le poumon. » L’auteur ajoute malicieusement « (pie les femmes ont probablement beaucoup moins besoin d’autres exercices parce qui elles usent beaucoup de J a parole ».

« L’exercice du chant est un vrai moyen de donner de la force aux poitrines délicates des jeunes gens dont les poumons sont affaiblis. »

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Les règles gymnastiques peuvent se résumer en quelques mots :

Ouïs, (/ttid, ubi , quibus auxiliis , car , quomodo , quando ? qu'on peut traduire :

O»/ / / o« / avec quelles aides ! pourquoi ! comment! quand !

« Il n’y a pas d’exercice bon ou absolument mauvais, le succès dépend entièrement d’une juste application, il faut savoir 1° choisir les exercices; 2° régler le temps auquel il convient de s’exercer; 3° proportionner la mesure et la durée de l’exercice à l’âge du malade, au sexe, au tempérament, à la saison et 4° prendre des précautions particulières après l’exercice fini. Les exercices violents ne conviennent pas aux corps languissants ni à ceux qui ont perdu leurs forces; il est des gens qui s’en tiennent à un seul exercice qui favorise seulement quelques parties du corps et laisse les autres dans l’inaction.

« Pour le rétablissement de la santé, on doit choisir le moyen qui plaît davantage, qui récrée l’esprit en même temps qu’il met le corps en action parce que, dit Platon, la liaison générale qui est entre l’âme et le corps ne permet pas que le corps puisse être exercé sans l’esprit et l'esprit sans le corps. Pour le choix du temps favorable à l'exercice : on ne doit s'appliquer ni faire de l’exercice avant ou après le repas.

« 11 ne faut pas non plus l’interrompre tout à coup, mais peu à peu et par degrés, lorsqu’on voit (pie les vaisseaux commencent à se gonfler, (pie la respiration devient moins libre, que la rougeur du visage augmente, (pie la peau est suante et que l’on sent une lassitude sans être accompagnée de fatigue. Mais la difficulté de respirer et la sueur ne sont pas toujours des signes certains (pie la mesure de l’exercice est suffisante, parce qu’il y a certains exercices violents qui peuvent produire ces deux effets, avant d’avoir satisfait au besoin entier qu’on peut en avoir. »

« Le choix, le degré et la durée de l’exercice doivent être

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proportionnés à l’âge, au sexe, au tempérament du malade et à la saison où il est exercé. Les soldats qui se fatiguent beaucoup plus que leurs officiers sont hors d’état de servir avant ceux-ci qui, soulagés dans leurs travaux par l’aisance et la richesse, conservent très longtemps une vieillesse active et exercée utile à l’Etat et agréable à eux-mêmes. »

« Les vieillards doivent conserver leurs habitudes : exercices modérés, plaisirs de la campagne surtout ceux de l’agriculture. Le corps des femmes est plus délicat que celui des hommes, cependant il n’y a que la femme qui ait cru avoir des droits à l'oisiveté. »

« Les femmes qui habitent les villes s’exercent trop peu ou ne font qu’un exercice épuisant. Rien ne détruit plus leur tempérament et leur constitution que la mollesse et l'indolence où elles vivent; elles sont presque toujours sourdes sur l’article de leur santé. »

Relativement aux tempéraments, Tissot fait la juste observation suivante :

« Cherchez des phlegmatiques décidés parmi les laboureurs et les soldats, vous n’en trouverez pas un seul. » Dans les grandes chaleurs peu ou point d’exercice; choisir pour s’y livrer le moment du jour où il fait le moins chaud. Pendant l’hiver l’exercice doit être presque outré, s’il est permis d’outrer jamais rien ; pas d’exercice et surtout de refroidissement après le repas.

a On ne peut sans danger passer tout d'un coup d'un travail immodéré au repos, ni d’un trop long repos au travail. Si la sueur est la conséquence de l’exercice il faut se faire essuyer et frotter modérément le corps avec des linges secs et un peu chauds et user ‘des frictions longues et répétées. » « Le repos est un temps de restauration pendant lequel le corps fatigué se délasse et les forces se réparent; il rend les forces et le ton aux parties qui ont opéré une certaine distraction par le mouvement. Le sommeil n’est réparateur que dans le silence et en l’absence de souci, mais le repos prolongé provoque la stupeur et l’engourdissement de toutes les facultés du corps, de sorte que l’abus du repos est beaucoup plus dangereux que celui du mouvement. La Morale

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fait de l’oisiveté la mère de tous les vices ; la religion la présente comme un péché capital ; la médecine la considère

comme la source de tous les maux.

La station droite n’est pas un état de repos. Pour se bien reposer il faut enlever toute entrave a la circulation , les maillots dans lescpiels on enserre les enlants, les couchers trop moelleux, les couvertures trop abondantes sont nuisibles. Le repos prédispose aux calculs du rein et de la vessie et certaines positions dans le lit favorise ces dépôts.

Dans la cure des maladies, 1 issot montre 1 utilité de 1 exercice modéré pour les blessés au lieu de les tenir ensevelis dans le lit et condamnés à une diète sévère : « Jamais le mouvement n’a rendu les membres perclus, il évite au contraire l’ankvlose des articulations. »

Il conseille aux ouvriers qui ont été obligés de garder le repos pendant le traitement de certaines maladies aiguës de ne pas se remettre trop tôt cà l’ouvrage après leur guérison et présente d’intéressantes considérations sur le dosage de l’exercice sans lequel les malades n’en retirent aucun bienfait.

Les exercices passifs portent leur action sur les viscères de l’abdomen qui le plus souvent sont engorgés de sucs lymphatiques. Dans le rachitis les jambes se courbent toujours du côté où il y a le plus de muscles « De la même manière qu’un arc bandé par sa corde ; il faut avoir soin de ne faire des frictions que sur la courbure des os pour relâcher les cordes et non pas sur leur convexité. Tant que les membres ont de la disposition à se courber, on ne doit pas exciter les enfants à marcher même avec la lisière, ce serait exposer ces petits malades à des difformités fâcheuses.

Porter les enfants au bras peut être nuisible en occasionnant un vice de conformation dans les vertèbres et dans tout le côté pressé à moins qu’on n’ait la précaution de les changer souvent de bras.

On doit proscrire les chariots à roulettes ainsi que les maillots, les corps à baleines, les bottines qui ne servent le plus souvent qu’a déranger la texture des os et à accélérer la difformité.

J-’l<;COI.K I IIANÇAISK

Dans le paragraphe 11 du chapitre 11 l'auteur examine l'influence de l’attitude dans l’apoplexie, l’utilité du mouvement pour la guérison de la paralysie, et l’éducation pour la cure du bégaiement.

Dans les maladies du poumon il faut se contenter de l’exercice de la voix et de l’exercice passif car il y a danger de l’hémoptysie dans les exercices violents ; il faut voyager, changer d’atmosphère, aller aux eaux bien (pie celles-ci ne soient que le prétexte à voyager.

Dans les maladies arthritiques et rhumatiques, dans les luxations ou les malades abusent trop longtemps de repos, le mouvement est bien important pour prévenir la rigidité des ligaments et par suite l’ankylose. Même dans les cas de fracture, le mouvement dirigé avec intelligence peut la prévenir. Les onguents, les topiques et autres remèdes des charlatans ne peuvent remplacer l’usage des frictions, fomentations, bains et surtout des douches.

Les exercices des articulations des bras et de l'épaule, des doigts, de la main font disparaître le rhumatisme et rétablissent l’agilité.

Le saut à clochepied est un exercice dissymétrique pouvant fortifier la partie faible ou atrophiée, car il suifit d’exercer une partie pour la fortifier.

Le chapitre Y traite de l’orthopédie ou des difformités naissan tes.

« C’est moins au défaut de génie des gens de l’art qu’il faut attribuer 1e petit nômbre de cures des difformités dans les enfants qu’au manque de soin des pères, des mères, des bonnes et des précepteurs qui, les ayant toujours sous les yeux, les abandonnent à toutes les mauvaises attitudes où ils se laissent aller.

« Il est important de savoir que souvent il n’y a qu’un seul exercice du corps capable de reformer une difformité; on perdrait bientôt tout le fruit des premiers soins, si l’on interrompait trop tôt cet exercice salutaire ou si l’on faisait usatre d’un autre dont les mouvements seraient contraires et totalement opposés à I indication curative.

« Contenir ou exercer les parties difformes, c’est là tout

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le secret. Si la poitrine est serrée, déprimée ou aplatie, il faut lâcher d’augmenter sa capacité. Or la gymnastique brachiale nous fournit toutes sortes d exercices propres à cet ellet : scier, sonner, ramer, etc.

« En agitant les bras avec violence, ils étendent leur action, par le moyen des muscles pectoraux et autres sur les cartilages des côtes, et, en développant la poitrine, ils font de la place aux poumons, aux viscères de l’abdomen et rétablissent bientôt leurs fonctions primitives.

« Mais, pour obtenir des succès de ces exercices, il faut que les mouvements des bras soient égaux et soutenus , alin de dilater également et d’une manière uniforme la charpente osseuse de la poitrine. Si les exercices paraissent trop violents eu égard à l'âge et à la faiblesse, on pourrait, en attendant que les enfants eussent acquis assez de forces, leur présenter un bâton assez long pour leur faire tenir horizontalement par leurs deux extrémités les bras étendus. Par ce moyen, les muscles pectoraux étant contractés longtemps et souvent, ils contribueront également à la dilatation du thorax. Ce petit exercice, peu fatigant, e^ t encore propre à allonger les clavicules et à faire rejeter en arrière les épaules des enfants qu’on a trop serrés par l’usage du maillot. »

Pour remédier aux déformations de la colonne épinière Tissot conseille de « porter sur la tète une pelote ronde pour se redresser en marchant et montre l’exemple des laitiers qui ont la tète droite ; il faut aussi changer la position du lit de l’enfant ou le placer toujours de manière à ne voir les objets curieux qui l'intéressent ou l’amusent du côté opposé au torticolis pour qu’il fasse des efforts qui ramèneront les muscles du cou à leur direction naturelle.

« On ne peut opérer d’amélioration par un mouvement passif, c est-à-dire par l’ellel de la main ou d’une machine, c’est la nature qui doit tout faire ici. Les parties osseuses accoutumées à être pliées dans un même sens, s’y durcissent et ne peuvent plus se courber dans un sens opposé comme il arrive aux gens de cabinet, aux laboureurs et aux ouvriers dont le métier est de se courber ainsi. L’exposé de ces différentes causes exclut entièrement le repos.

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« Les jeunes gens dont la taille se voûte ne doivent travailler et écrire qu’en posture droite ; il faut qu’ils portent plutôt leur ouvrage ou leur livre à leurs yeux que leurs yeux à leur ouvrage ou à leur livre.

Les machines et corsets rembourrés peuvent être appliqués sur la bosse en dehors des exercices.

« Une difformité particulière aux épaules, c’est lorsque les omoplates sont relevés et que le cou paraît pour ainsi dire enfoncé dans les épaules. La cause en est dans les effets de la lisière avec laquelle on porte et suspend les enfants en les faisant marcher ou bien parce qu’on les a assis à des tables trop hautes ou trop basses. Pourquoi voit-on tant de difformités dans les collèges ? C'est qu’il n’y a d’ordinaire qu’une même table pour les jeunes écoliers de quelque taille qu’ils soient ; en sorte qu’elle est disproportionnée pour quelquesuns. *

« La cause de celte difformité étant connue, il est aisé d’y remédier en ayant l’attention de faire porter aux enfants leurs coudes en arrière , de les poser sur les hanches et d'avancer la poitrine lorsqu ils marchent; de les faire asseoir sur des sièges sans accoudoirs, et dont la hauteur serait proportionnée à la hauteur de la table ou ils mangent et travaillent et de leur faire observer une situation droite du corps étant assis.

« Le port des armes et surtout la danse du menuet ont particulièrement cet avantage de faire baisser les épaules, de les retirer en arrière et de donner une contenance qui plaît,

Si l’épaule est plus penchée «du côté gauche, qu'on saute à cloche pied et qu’on se tienne debout sur le pied droit, le gauche en Pair, il arrivera nécessairement que l’épaule droite qui baissait trop lèvera.

« Un autre moyen pour faire relever une épaule qui baisse (moyen qui peut paraître contraire à l’indication et qui ne l’est pas).

C'est de faire porter un fardeau sur V épaule défectueuse et de ne point toucher à celle qui lève.

« Cette méchanique si simple en elle-même fait voir l’erreur de ceux qui, pour obliger un enfanta baisser une épaule

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qui lève trop, lui mettent un fardeau sur l'épaule élevée , s’imaginant (jue le poids le lui fera baisser, puisqu au contraire c’est le moyen de la lui faire lever davantage.

« Si l’on marche la main appuyée sur une canne très basse, c’est encore un bon moyen pour faire baisser une épaule qui lèverait trop ou avec une canne haute pour faire relever une épaule qui pencherait trop.

« Veut-on se reposer ? qu’on s’asseye dans une chaise à deux accoudoirs dont l’un soit plus haut que l’autre en sorte que l’accoudoir haut soit du côté de l’épaule basse.

Voilà des moyens bien simples et très connus des gens de l’art. Doute-t-on de leurs effets, chacun peut les vérifier sur soi.

Pour exciter l’allongement des muscles retirés après une fracture rien n’est plus convenable que dé marcher dans des terres grasses, dans beaucoup de neige presque fondue, car il faut plus d’effort pour retirer les pieds du trou qu’ils ont fait.

« S’exercer à monter des plans inclinés ou une montagne guérit de la difficulté de poser le talon à terre ; la chaussure sans talon corrige les genoux cagneux. Voyez les femmes qui sont chaussées à talons très hauts ; elles sont pour la plupart mal assurées sur leurs jambes ; or, plus les talons seront bas, plus les muscles des jambes seront en exercice, plus ils se fortifieront.

« L’escrime peut opérer des merveilles sur le bras et la jambe droite et par succession sur le reste du corps. Cet exercice peut encore donner lieu à des mouvements propres à corriger les mauvaises attitudes et les difformités naissantes, du tronc des bras et des jambes et à achever la cure commencée par l’application des machines. »

Dans le supplément relatif aux frictions, Tissot montre leur utilité au point de vue de la santé. L’usage s’en était perdu jusqu’au milieu du dernier siècle où les Anglais le reprirent. Ambroise Paré est le premier qui ait employé ce remède dans la cure des maladies chirurgicales.

« Les frictions ont a peu près le même effet que les exercices modérés, La circulation dans les vaisseaux de la peau

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est activée et l’action vitale augmentée sans l'introduction d’aucun médicament.

Les frictions sur L'abdomen avec étolTes rudes produisent de merveilleux effets dans le cas où il y a inertie des viscères.

« Mais il y a une différence entre la friction rude et la friction douce ou légère et la friction modérée. L’effet qu'on se propose d obtenir dépend de L'état de la personne, de sa sensibilité et de la finesse et de la texture de la peau. La friction est indiquée dans les cas elfe suppression de la transpiration, de sécheresse de la peau, pour rappeler les noyés à la vie, dans les paralysies, dans les cas de contusion et d’extravasation du sang dans l’engorgement des glandes associée à l’action de la vapeur d’eau tiède.

Les frictions douces avec des linges mollets et éponges fines peuvent suppléer au défaut d’exercice qui serait nécessaire aux blessés.

Danslescas d’une partie menacée d’ankylose, elles préparent la peau à recevoir et à absorber les particules des topiques.

11 est encore assez ordinaire de faire des frictions sur les parties qui ne sont point malades. On fait par exemple des frictions sur les extrémités inférieures lorsqu’on veut dégager les parties moyennes ou supérieures du corps pour exciter une dérivation vers les parties inférieures. >»

Tel est à peu près le résumé des notions importantes contenues dans le livre de Tissot. Ce livre étant assez difficile à trouver, nous avons cru utile d’en donner de nombreux extraits comme témoins des connaissances d'une époque qui a précédé Ling, ce dernier avait en effet quatre ans au moment où parut la Gymnastique médicale de Tissot.

Amar Durivier et L. F. Jauffret.

Après Tissot l’ouvrage le plus intéressant paru en France est celui de Amar Durivier et L. F. Jauffret. Il est intitulé: La Gymnastique c/e la Jeunesse cm traité élémentaire des jeux dé exercice considérés sous le ranport de leur utilité physique et morale , Debray, An XI (1803).

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