A MAR DU III VIE R ET .1 AU FURET
Il débute par une note de 1 éditeur qui est a 1 honnem des deux auteurs. Au lieu de chercher à se supplanter mutuellement par une rivalité mal entendue, les deux auteurs se sont empressés de mettre en commun, pour 1 utilité générale, le fruit de leurs veilles particulières.
« Dans la préface ils se plaignent de la dépravation des mœurs arrivée à un terme au-delà duquel il n est plus possible de prévoir que V anéantissement de toute nature.
« Ces maux sont affreux mais ils sont réparables. Nous avons eu des modèles et des guides dans quelques écrivains allemands et anglais, mais nous n avons pu ni dû les suivre exactement. Us parlaient à leurs concitoyens et nous nous adressons aux nôtres.
« Le point essentiel serait d’unir, ou de rapprocher au moins le plus qu’il serait possible, les perfections physiques de l’homme de la Natureet l’intelligence cultivée de l’homme de la société. Nous aurions alors le modèle le plus achevé de l’espèce humaine, élevée à son plus haut point de dignité et de perfection.
Donnons donc aux Français les moyens de réunir aux grâces de l’esprit et à l’élégance des formes la mâle vigueur qui caractérise l’homme de la Nature.
Si nous semblons avoir dégénéré il n’en faut accuser que nous-mêmes et notre éducation efféminée; notre nature n’a pas changé. On se hâte de faire un homme par l’étude et l’instruction de celui qui, grâce à vous ne sera peut-être toute sa vie qu’un faible enfant.
Ils rappellent cet enfant du Languedoc qui avait à six ans la force de corps d’un homme fait et vigoureux mais dont l’esprit avait toujours six ans.
Ils critiquent l’enseignement public qui fait fi de l’exercice pour les enfants et, en s’adressant aux parents. « Ne voyezvous pas ou ne voulez-vous pas voir que leur boisson, leur nourriture, la nature même de leurs amusements sont la cause unique du mal dont vous vous plaignez et dont le remède est à côté devons, si vous voulez en profiter. La nature avait fait son devoir : avez-vous rempli le vôtre ?
La conséquence de cet état de choses est le défaut total
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de force et d’adresse « Peu réunissent ces deux précieuses qualités ; les uns sont faibles et maladroits, d’autres souples dans un corps essentiellement faible ; d’autres déploient une force dont ils ne savent pas se servir à propos ; tous sont en général adroits sans force ou forts sans adresse la plus petite difficulté les effraie, les plus légers obstacles les irritent, la moindre douleur les abat.
Avec cette éducation erronée sur 1000 enfants, il en périt régulièrement 418 et même 460 dans les dix premières années.
Notre intention n’est pas et ne peut être de faire de l’homme civilisé une espèce d’être sauvage mettant la force physique au-dessus de toutes les qualités, mais de combattre les abus de la civilisation qui nous mettent à cet égard bien au-dessous du sauvage lui-même.
On dit aux enfants: taisez-vous! Restez donc tranquilles ! et nous les voyons tomber insensiblement dans l’indolence. Est-ce la nature qui a tort ? non c’est nous.
Qu’attendre de l’esprit, quand le corps qui devrait être son docile instrument n’est plus capable d’en suivre les impulsions et l’accable au contraire de son. propre poids ! Coupez les racines des plantes les plus vigoureuses, vous les verrez bientôt incliner tristement leur tête flétrie et mourir.
On multiplie les besoins de l’enfant et on lui prépare en conséquence autant d’infortunes passagères qu’il aura de privations à éprouver par la suite. Il n’était que faible, timide et efféminé, il devient dur, exigeant, avare, égoïste enfin ce qu’est le dernier terme de la dégradation de l’homme moral.
D’après Locke il faut aux enfants la jouissance de l’air, un exercice et un sommeil suffisants, des aliments simples, très peu de vin, jamais de liqueurs fortes, peu ou point de médicaments, point de vêtements chauds et étroits, point de lits de plume.
Victimes de la mode et jouets infortunés de cette éternelle mobilité de principes, les jeunes gens parviennent à l’âge mùr avec la faiblesse et les défauts de l’enfance, sans
AM A K DU RI VIE lt ET JAUl'IllET
espoir et sans moyens de réparer l’une et de corriger les autres.
Pour réparer ces fautes il n y a qu’un moyen vraiment efficace : l’organisation de la gymnastique. Il faut endurcir le corps. On a lu les ouvrages des anciens, on s’occupe de leur politique et on néglige de leur emprunter le grand art de donner à nos jeunes gens le caractère énergique qui a fait des deux grands peuples de l’antiquité le modèle et le désespoir des âges suivants. »
Les auteurs prévoient et réfutent les objections qui leur seront faites : le danger de l’exercice, l’éloignement du travail cérébral qui en sera la conséquence.
« 11 faut une pondération égale entre les activités physique et morale.
La sérénité de l’âme est la conséquence de la santé ; la force morale est la meilleure garantie de résister aux passions et d'avoir du courage dans l’adversité. »
Ils font appel aux mères: « Vous aimez vos enfants et vous les rendez à jamais et souverainement malheureux ! Venez présider à leurs jeux. »
La description des jeux et exercices gymnastiques et des bains .des anciens est tirée de Sabbathier mais on la trouve associée à des observations originales. Ainsi la course de vélocité est distincte de la course de résistance, la marche modérée est recommandée après la course. Des considérations sur les rapports entre nos jugements et la perception des sensations montrent la possibilité d’exercer les sens dans un sens favorable et utile et la manière de le faire avec succès.
Dans une récapitulation générale, les auteurs montrent l’action directe des jeux d’exercices sur les diverses parties du corps et l’action générale sur les épaules, la poitrine, les bras et les mains*, l’épine du dos, les cuisses, les genoux, les jambes, avec leurs muscles et leurs nerfs respectifs.
Ils décrivent un calendrier gymnique où les exercices favorables aux saisons sont indiqués.
Le printemps se caractérise par un développement que l’on doit seconder ; l’été par une effervescence qu’il faudra modérer ; l’automne un affaissement qu’il est essentiel de pré-
L K COLE I'KANÇ AISE
venir; Hiiver une stagnation qu’il esta propos de réveiller de temps eu tein ps.
L’épilogue intitulé Nos derniers conseils est un résumé de pédagogie pratique ; il montre les dangers de l’exercice après le repas, conseille l’heure du lever pour faire de l’exercice et ne proscrit pas l’exercice modéré pendant le temps même de la digestion. 11 défend de boire lorsqu’on a très chaud ou de passer rapidement de la chaleur à un excès île fraîcheur. Il faut observer une gradation bien conduite et la plus scrupuleuse attention h la tenue et à la position des diverses parties du corps. Il suppose dans le gymnaste la tendresse et la vigilance d’un père. « Que celui qui ne se sent pas susceptible de pareils sentiments renonce à la noble fonction de former des hommes ; c’est un mercenaire qui ne ferait que des esclaves. » Après avoir remarqué la différence de force et de développement du bras droit et du bras gauche ; il conseille aux gymnastes de connaître le degré de force de ses élèves.
u L’utilité est inséparable du plaisir. Tant que ce ne sera pas le plaisir qui invitera les jeunes gens à s'exercer à nos jeux, nous n'en devons rien attendre et le fruit est perdu à l'avance ; il ne faut pas décourager la bonne volonté en faisant d’un délassement un travail. »
Charles Londe.
Nous citerons ensuite le travail de Londe publié en 1821 sous le titre de Gymnastique médicale ou l’exercice appliqué aux organes de I homme d’après les lois de la physiologie de l’hygiène et de la thérapeutique.
Après avoir fait un historique très touffu de la gymnastique et avoir cité Tissot, Guths Muths, Jahn et Clias, il arrive aux ouvrages modernes « semblables à des théories de manœuvres militaires qui, lussent-ils même exécutés sans blesser les règles de la physiologie, ne sont d’aucune utilité au point de vue'médical si, loin d’indiquer les circonstances dans lesquelles on doit prendre les exercices, elles ne lient
CHARLES LONDE
pas même à ceux-ci l'effet produit par chaque série de mouvements dont ils se composent. Nous sommes sous l’effet du mouvement vital indépendant de notre volonté et lié à toutes les fonctions nutritives du mouvement volontaire désigné sous le nom d’exercice qui est spécialisé au cerveau, nerfs, muscles et aux tendons et os (organes passifs) Dans l’action des organes soumis à l’empire de la volonté il faut comprendre l’exercice du cerveau et diviser les exercices en actifs, passifs et mixtes h' exercice modéré est utile, V exercice violent est dangereux et épuisant, tout est relatif à l’état de l’individu. Les excitants contenus dans nos aliments abrègent la vie et rendent l'exercice indispensable à la santé.
« Les exercices actifs ont des effets locaux et des effets généraux.
Les effets locaux consistent en un afflux de sang dans la partie qui travaille, de la chaleur vitale puis de la lassitude, au delà inflammation et impotence fonctionnelle. Si on interrompt le travail par le repos, il se développe dans la partie mise en jeu une perfection d’action dont elle ne jouissait pas auparavant, et un surcroît de nutrition et d’énergie, quelle que soit la partie exercée. L’effet local se transmet dans toute l’économie en vertu du Consensus unus et les fonctions sont ainsi modifiées par l’exercice actif, c’est là l'effet général ; les fonctions nutritives ont leur sphère d’activité étendue par les mouvements et limitée par l’exercice outré du cerveau.
« Les mouvements violents après l’ingestion des aliments pervertissent, l’exercice de la fonction digestive parce qu’une somme déterminée de forces ayant été départie à l’économie ne peut être employée surabondamment dans un’ système sans être diminuée dans les autres.
<c II n’est aucun organe de l’économie qui ne partage plus ou moins les agitations moléculaires que détermine le mouvement dans toute la machine humaine.
Les animaux chez lesquels un exercice assez violent du système musculaire est associé à un nombre fort limité d actes intelligents ont celui-ci et les parties correspondantes des nerfs locomoteurs d’un volume considérable relative-
l’école française
ment à celui du cerveau. Pratiqués dans le jeune âge, les exercices actifs ^activent la nutrition du système osseux ; les contractions musculaires le développent en totalité d’abord et augmentent le volume des éminences d’insertion et la profondeur des cavités de réception.
« Le perfectionnement des organes locomoteurs entraîne avec lui le perfectionnement des organes nerveux qui leur commandent, mais les actes intellectuels seront négligés avec les organes qui y président. Le but doit être de trouver le moyen d’exercer les organes de l’homme de manière à les maintenir tous dans la mesure d’action convenable pour remplir la destination cà laquelle il est appelé par la nature. « L’exercice actif des muscles diminuerait l’énero-ie des
sensations si les organes sensitifs pouvaient rester dans le repos absolu quand le système musculaire est en action. Mais la simultanéité de fonctionnement entraîne dans ces deux appareils la simultanéité de développement.
« Il s’opère une sorte d’éducation commune à ces deux ordres de fonctions sensoriales. »
Ces lignes écrites il y a 87 ans nous indiquent que l’auteur avait une notion très nette des fonctions du système nerveux.
« Dans l’examen des exercices actifs il critique les Frères qui font marcher les enfants les bras croisés sur la poitrine : la marche est d’abord gênée dans une position qui ne permet pas un certain balancement des membres thoraciques; le rapprochement des bras antérieurement fait en outre bientôt saillir en arrière l’extrémité inférieure du scapulum et la colonne dorsale d’autant plus que le moignon de l’épaule est plus rapproché de la partie antérieure de la poitrine. Cela ne se borne pas au plus ou moins de régularité des formes, ce rapprochement des bras, au devant du thorax gêne la dilatation de cette cavité, s’oppose à son développement antérieur, rend en un mot la poitrine creuse, et devient par là une cause prédisposante de la phtisie.
Citant les exercices de la danse chez les anciens, il ajoute : « La danse exerçant surtout les membres inférieurs donne aux hommes qui en font leur état habituel des formes qui se rapprochent infiniment de celles de la femme ; les dan-
CHARLES LONDE
seurs ont une constitution opposée à celle des forgerons et des forts de la halle. Il faut joindre à la danse les exercices des bras.
« Les danses doivent avoir lieu le jour, sur les places publiques et non après le repas et se prolonger pendant des nuits entières ni dans des endroits confinés où la poussière corrompt l’atmosphère, ce qui suffit pour produire la phtisie.
A propos de la course, il critique la propriété attribuée à la rate d’ètre un organe gênant pour le coureur. Celui-ci doit porter en arrière la tête et les épaules ; les épaules et les humérus immobilisés fournissent ainsi un point plus fixe à l’action des muscles auxiliaires de la respiration.
« Ne point détruire par un trop grand balancement des bras la fixité du thorax qui devient point d’appui des jambes.
« Ne point multiplier inutilement les contractions musculaires en relevant les jambes sur les parties postérieure et supérieure des cuisses.
« La course est en rapport de vitesse et plus encore de durée avec le développement des organes thoraciques et conséquemment avec le volume d’oxygène et de sang dont ils peuvent opérer la combinaison dans leur parenchyme à chaque mouvement respiratoire.
« Un sujet nerveux, doué d’une pj'omptitude de contraction peut parcourir cent pas avec un quart plus de vitesse que tel autre dont les jarrets sont moins souples mais dont les poumons sont plus vastes. Si l’espace est doublé , le premier coureur sera atteint dans la seconde partie de l’espace ; s’il est triplé, le premier coureur sera devancé par le second.
« L’homme dont les jambes sont fortement développées par d'autres exercices que la course ne présente pas plus de probabilités pour faire une longue course et une course de vitesse que celui qui n’a pas ce développement mais jouit d'une bonne respiration parce que la course exige moins une grande force des membres abdominaux que la faculté précieuse de ne renouveler les inspirations qu’après de longs intervalles, due au volume considérable d’air que peuvent contenir les poumons.
l’école française
« Le coureur est abattu par la difficulté de respirer bien avant que les muscles des membres abdominaux soient fatigués (le contraire a lieu pour la marche et la danse). L’homme faible, à poitrine étroite, les membres thoraciques peu développés par rapport aux membres abdominaux pourra se livrer à une marche lente et paisible dont il a l’habitude pendant des jours entiers sans éprouver de fatigue et ne sera pas capable de parcourir avec vitesse l’espace le moins considérable. Tandis que l’athlète à poitrine bombée, dont les cellules pulmonaires peuvent admettre une grande masse d’air sera bien propre à exécuter les luttes les plus violentes, les courses les plus accélérées sans être pour cela peut être plus infatigable que le premier à une marche lente et compassée.
« La course demande donc, comme la marche et la danse, un exercice spécial, lorqu’on veut y exceller ».
« La course, par ses secousses sur les viscères abdominaux et son influence sur le développement de l’appareil respiratoire, facilite les fonctions auxquelles la nature a destiné les organes, mais elle exige que l’on procède d’une façon progressive.
« Dans la course rapide ainsi que dans beaucoup d'exercices, la poitrine rendue immobile présente aux muscles qui viennent s’y rendre un point fixe d’attache. L’expiration se trouve longtemps suspendue par occlusion de la glotte’, il y a dans les elforts : 1° contraction du diaphragme pour appeler l’air dans la poitrine; 2° action des muscles abdominaux pour l’en chasser; 3° occlusion de la glotte pour l’y retenir. Cette observation relative à l’effort se retrouve plus loin à propos de la lutte. La succession rapide des inspirations n’a véritablement lieu qu’au moment où la course vient à se ralentir. Cette accélération des actes respiratoires vient de la nécessité défaire recouvrer au sang artériel les pertes en oxygène que lui ont fait éprouver les mouvements musculaires, perles qui n’ont pu se réparer pendant la course puisque l’occlusion de la glotte, in dispensable à la vitesse de cet exercice, s’opposait à l’entrée de l’air dans les poumons.
CHARLES LONDE
A propos de la chasse :
« Les langueurs de l’amour ne naissent que dans un doux repos ; un violent exercice étouffe les sentiments tendres. »
Suivent des idées sur le rôle prépondérant du système nerveux dans toutes les fonctions, l’inconvénient de la station verticale prolongée.
« La jambe d’un vieux chasseur est loin d’être développée comme celle d’un vieux danseur ; elle est même souvent grêle et couverte de nodosités variqueuses comme celle des fantassins, vétérans, des rouliers, des facteurs. »
« L'escrime et son effet moral : le désir du triomphe envoie au cœur et aux muscles un influx nerveux extraordinaire qui centuple les actes de la vie, tous les sens sont mis en éveil mais elle produit des déformations si on la fait à droite seulement. La cuisse droite est plus développée que la gauche parce que le poids du corps repose sur la cuisse lorsque le corps est fendu, elle est plus tiraillée et fait des efforts plus considérables lorsqu’on se relève.
« Les anciens pour taxer un homme d’ignorance crasse disaient de lui ; il ne sait ni lire ni nager.
« L’homme est plus lourd que l’eau et la partie la plus pesante de son corps est précisément celle où se trouve l’entrée des voies respiratoires ; on doit donc apprendre à nager. Mais il y a des recommandations importantes : pas de bain avant digestion accomplie ; danger du bain pendant la transpiration ; suppression des sécrétions naturelles, des évacuations périodiques, des éruptions cutanées ; la crampe; inconvénients pour l’oreille et précaution utile de la garnir de coton surtout pou’’ plonger. »
Suivent les descriptions des exercices anciens : la lutte, le pugilat, la pancrace, le disque, la sphéristique, le jeu de balle si favorable « au coup d’œil, à la gaîté et à la vivacité des mouvements ».
A propos du jeu de billard, Londe le recommande comme un bon exercice mais se faisant dans de mauvaises conditions d’hygiène ; il rappelle l’expérience consistant à conserver un certain temps l’air expiré dans une bouteille bouchée et la
l’école française
putrescence du principe animal de l'cdr expiré : c’est ce que nous appelons ptomaïnes aujourd’hui.
L’exercice des organes de la voix est très favorable à augmenter le volume d’air du poumon, son action s’exerce aussi sur les viscères abdominaux par l'intermédiaire du diaphragme, la salivation est plus abondante.
L’action de la lecture à haute voix sur les organes de la nutrition est certaine.
L’auteur cite l’embonpoint des religieux menant la vie sédentaire du cloître et suppléant en quelque sorte aux divers exercices du corps par des chants très modérés et répétés à tous instants du jour.
Les instruments à vent offrent au contraire des dangers et produisent des affections de poitrine.
Les exercices passifs n’ont plus comme les exercices actifs un effet local et un effet général. Les viscères semblent ici prédominer sur les muscles : les gens passant leur vie dans des voitures suspendues sont gros et gras.
« Les exercices passifs n'ont plus cette activité émanée des centres nerveux et circulatoires qui se manifestent pendant et après l’action par tous les signes d’excitation qu’ils ont provoqués dans l’économie (accélération du cours du sang, chaleur plus grande, mobilité extraordinaire, etc.). Il n’y a plus que des tiraillements indépendants de la volonté qui n’ont aucun rapport d’origine avec les contractions auxquelles préside celle-ci. »
Le cœur ne change pas son rythme, le cheval, la voiture au contraire sembleraient ralentir le pouls et guérissent les palpitations de nature encéphalique.
« Le cerveau, chez le penseur, jouit d’une influence immense sur les autres organes ; il n’en a que bien peu chez l’athlète.
« La calorification est en rapport direct avec l’énergie des exercices actifs ; l’homme traîné dans la voiture la mieux close se refroidit.
« L’exercice actif diminue les sécrétions intérieures sauf la synovie, l’exercice passif les augmente ; mais, n’ayant pas d action excitante, il laisse la nature libre sur le choix de la
CHARLES LONUE
sécrétion par laquelle elle doit se débarrasser de ce qu il lui est convenable de perdre ; elle choisit la voie qui lui convient et le rein a une sécrétion plus active.
« La nutrition est singulièrementfavorisée par les secousses réfléchies sur tous les points de la machine animale, secousses qui favorisent X intercalation d’une quantité de matériaux nutritifs qui n’y eussent point pénétré sans ce petit dérangement moléculaire et expansif du canevas de nos organes.
« Dans les exercices passifs, la distr bution des matériaux nutritifs a lieu d’une manière égale pour toutes les parties du corps ; dans les exercices actifs, les parties les plus exercées acquièrent plus de prépondérance sur les autres.
« Les exercices passifs ont une influence négative sur les fonctions sensoriales, ils calment l’exaltation des actes intellectuels et des passions ; ils tonifient sans stimuler, donnent à l’homme plus de vie sans ajouter à l'activité de celle-ci et sans en raccourcir le terme ; s'ils sont poussés trop loin, ils ont l’inconvénient de mener à la langueur. Cependant dans une promenade en voiture mal suspendue, la personne soumise aux chocs réagit continuellement.
« Le mal de mer provient des secousses, frottements et collision des viscères épigastriques et abdominaux; l'ébranlement des nerfs phréniques suffit pour décider le diaphrame à se contracter et à provoquer le vomissement. On l’atténue en se couchant horizontalement dans des hamacs. »
Après avoir passé en revue les divers effets des litières, chaises à porteurs, escarpolette, des montagnes russes, etc., de l’équitation, des vélocipèdes ou draisiennes, l’auteur aborde, au chapitre cinquième, les considérations sur les gymnases et la gymnastique modernes.
« Séparer l’éducation des sens externes et des membres de l’éducation du cerveau, c'est évidemment agir en sens inverse des lois de la nature ; c'est détruire l’harmonie primitive qu'elle a établie entre toutes les parties de l’individu; c’est mutiler l’homme, c’est mettre obstacle à sa félicité. »
« Quoi de plus barbare et de plus ridicule en donnant à l'enfant la faculté de sentir, de le priver de la faculté de reagir.
l’école française
<( Que les amis de la tranquillité se rassurent... dans ces utiles établissements (les gymnases), l’énergie physique et morale que l’homme acquiert est toujours appliquée au bonheur de ses semblables.
« On peut, tout en se défendant de la prétention de faire exclusivement un peuple de soldats, regarder comme un ministère sacré celui de former des hommes dans toute l’acceplion du mot, qui, sans faire exclusivement le métier de soldat , puissent être à la fois citoyens dans le forum, magistrats sur le siège , et guerriers dans le camp.
« Jusqu’à quel point peut-on réunir dans le même individu la perfection physique de l'homme sauvage et l’intelligence cultivée de l’homme civilisé ?
Les premiers essais de ces établissements que depuis l’invasion des barbares on a vu disparaître en Europe ont été faits à Schefental en Saxe en 1786, dans l’institut de M.Salzmann, avec les lumières de Gults-Muts. Pestalozzi, Fellemberg, Jahn et Clias ont mis en pratique les théories des hommes les plus éclairés.
« La France agitée pendant les temps qui viennent de s’écouler, du délire brûlant des conquêtes, était seule et pour la première lois restée stationnaire au milieu de cet élan général des nations policées et la gymnastique, dirigeant son vol rapide par delà les Pyrénées, allait comme pour punir le Français de l’oubli dans lequel il la laissait ensevelie, porter ses bienfaits chez un peuple auquel sa situation climatérique et politique devait faire craindre de s’en voir à jamais privé.
« Le conseiller Amoros dirigeait en Espagne avec les plus grands succès un institut fondé d’après les principes de Pestalozzi. Quelques Essais d’ exercices gymnastiques lurent tentés en 1817 dans l’Institut académique des nations européennes à Paris et M. Amoros, devenu citoyen français, s’empressa d’olfrir à sa nouvelle patrie le fruit, des calculs de son expérience. Ce fut enfin sous la protection réunie du gouvernement et de quelques hommes généreux qui sentaient l’importance de l’institution que l’on vit s’élever le premier gymnase français.
CHARLES LONDE
« M. Amoros a fait renaître presque tous les exercices des anciens.
l°Les marches et évolutions diverses réglées par des chants.
2° Les exercices dits élémentaires, les élèves placés sur une même ligne, consistent pour les membres thoraciques dans des mouvements de projection en avant, en arrière d’élévation et d’abaissement alternatifs, de circumduction.
« Dans les uns les bras sont portés horizontalement en avant et tellement dans la supination que la face palmaire de la main devienne supérieure. Pour les membres abdominaux, ce sont des piaffer, espèces de sautillements sur place exécutés de trois manières différentes et dans lesquels la flexion de la cuisse sur le bassin doit être telle que les genoux frappent à chaque mouvement l’épaule située du côté correspondant.
« Tous ces mouvements peuvent être rendus d’une difficulté croissante si l’on en double ou si l’on en triple la vitesse. Ils sont exécutés à temps égaux avec la plus grande simultanéité et préparent les membres pour des exercices plus compliqués.
« L’application des mouvements au corps de l’homme dans l’état de santé se réduit toujours à Y augmentation d'énergie , de souplesse et de liberté de la partie exercée et de celle avec laquelle elle a des rapports.
« Dans les différentes espèces de courses, la course avec fardeaux et la course à reculons qui n’accélère pas autant que les précédentes les mouvements respiratoires, fait porter en arrière les membres thoraciques, reporte les épaules dans cette dernière direction, rend plus saillante la partie antérieure de la poitrine et contribue beaucoup à corriger sa mauvaise conformation.
Londe cite encore les différentes e-pèces de luttes : les sauts, les exercices du portique déjà signalés dans un ouvrage de Jules Alexandrin : Salubrium , sive de sanitate tuenda , imprimé en 1275. Ce n’est qu’après ces exercices préparatoires qui peuvent être multipliés à l’infini qu’on passe aux exercices plus compliqués.
<( Cette série d exercices du grimper développe princi-
l’école française
paiement les muscles du bras, de l’avant-bras, de l’épaule et tous ceux qui , des parois de la poitrine, viennent à U humérus ou au scapulum.
Or l’action de ces derniers qui, dans la plupart des exercices actifs des bras, n’est jamais assez forte et assez isolée pour que la poitrine en éprouve un avantage appréciable, a toujours lieu dans les exercices du portique à un degré assez élevé pour que de suite son premier effet se porte directement et sur la cavité osso-cartilagineuse dont ces muscles concourent eux-mêmes à former les parois, et sur les organes qui remplissent cette cavité , y sont adhérents et en suivent les moindres mouvements. Ces exercices sont donc imaginés, non seulement pour donner de la force aux muscles, mais encore pour en donner à ceux de l'action et du développement desquels dépend directement la vigueur de certains organes. Les poumons ne sont pas seuls à en bénéficier, les viscères situés dans le régime épigastrique et qui obéissent aux mouvements du diaphragme dans l’acte de la respiration participent également aux bienfaits de cette espèce d’exercice.
« Une personne à poitrine étroite et mal conformée améliorera peu son état par la promenade ou la danse; dans les exercices du portique au contraire, les jambes sont peu exercées, tous les muscles de la moitié supérieure du corps sont dans une action étonnante; le torse est le siège de tiraillements considérables, le diamètre sterno-costal du thorax s’agrandit, les cartilages costaux éprouvent une extension réelle et l’on obtient bientôt pour résultat le développement de la poitrine et la largeur des épaules.
« 11 suffit, pour se convaincre de cette vérité, de jeter un coup d’œil sur quelques-uns des élèves de M. Amoros en faveur desquels les parents, après avoir imploré en vain toutes les ressources de la pharmacie, ont enfin vu, avec autant de satisfaction que d’étonnement, les exercices du gymnase opérer de véritables prodiges.
« Peu d’hommes ont la poitrine aussi développée et les épaules aussi larges que les marins qui exercent toujours par le hissage les muscles du thorax et ceux qui environnent l’épaule.
CHARLES LONDE
<( Soulever le corps à la force des bras donne des courbatures qui, loin de faire interrompre l’exercice, indiquent au contraire qu'il doit être continué. Ces douleurs se manifestent dans les muscles pectoraux, brachiaux, cervicaux, dorsaux, lombaires et dont les fibres sont entrés dans de violentes contractions. Ne pas confondre ces courbatures avec le sentiment de gêne et d'oppression qu éprouvait le malade avant L'exercice.
« Les exercices examinés ne sont donc pas de puérils amusements mais sont inventés et réglés de manière :
1° A servir à l’entretien de la santé et au développement progressif et régulier de toutes nos facultés physiques ;
2° A corriger certains vices de conformation qui souvent sont la cause des affections les plus redoutables ;
3° A rétablir l’équilibre entre certaines parties du corps;
4° A pouvoir être employés avec beaucoup de succès dans le traitement d’un grand nombre d'affections.
« Les enfants livrés à eux-mêmes aux jeux habituels, choisiront ceux qui leur sont le plus faciles pour leur organisation, c’est-à-dire précisément ceux dont ils ont le moins besoin et ne songeront nullement à ceux qui pourraient maintenir l’équilibre entre les forces des diverses parties de leur corps.
L infériorité des parties négligées se prononcera chaque jour davantage ; ils seront propres à un genre de travail et, quoique heureusement nés, ils ne seront hommes qu’à moitié.
« Il serait à désirer que des institutions analogues fussent établies pour les dames qui, trouvant peu l’occasion d’exercer leurs membres thoraciques, sont privées du secours de la gymnastique comme moyen prophylactique dans la phtisie et dans beaucoup d’autres affections.
« Pour les enfants qui ont un vice de conformation, la difformité deviendra plus grande et ces enfants dont on aurait fait avec quelques soins des hommes robustes et bien constitués seront condamnés à traîner dans la langueur un
corps disgracié, inutile aux autres, à charge à eux-mêmes.
« Par l’habitude on arrive à exécuter ce qui paraît aux personnes non exercées dangereux et effrayant, à trouver son équilibre sur des bases mobiles et peu étendues ; par
l’école française
la précision des mouvements et les changements d’attitude à s’arranger de façon à ne pas se laisser choir.
« Les tours de force exécutés sur le trapèze et toutes les voltiges n’ont, au point de vue de la santé et de la force, aucun avantage sur les exercices examinés ; leur mérite consiste dans V acquisition superflue d'une agilité qui tient du prestige , mais qui n’a d’utilité que pour les hommes qui, faisant le métier de funambules, doivent continuellement, pour en tirer du gain, éblouir les yeux d’une multitude avide de tout ce qui paraît fort au-dessus de ses forces.
« Disons pourtant que le trapèze donne la facilité d’exécuter certains exercices qui, rapprochant les épaules en arrière et exigeant d’une manière spéciale la contraction des muscles du dos, celle de la partie postérieure du muscle sous-acromio-huméral et donnent à ces muscles le développement nécessaire pour contrebalancer la force que les pectoraux ont acquise par les exercices du portique qui, tout en augmentant les diamètres de la poitrine et développant les muscles des épaules, ont pourtant un peu l’ inconvénient de rapprocher celle-ci antérieurement.
« En réalisant dans sa patrie adoptive le plan des exercices gymnastiques, M. Amoros a prétendu laisser loin de lui les gymnasiarques étrangers parla direction morale qu’il a imprimée à son établissement par des pratiques destinées à agir spécialement sur le moral.
Le rythme et le chant, les idées renfermées dans les paroles ont une action sur l’âme humaine.
« Tout cède aux charmes de l’harmonie qui modifie le sensorium ; de celui-ci irradient ensuite au moyen des conducteurs de la sensibilité des influences qui se dirigent vers le système gastrique, vers le cœur et produisent des résultats divers et toujours analogues au genre d’impression qui a préalablement frappé l’encéphale.
La musique est un agent tantôt stimulant, tantôt sédatif du système sensitif et modifiant toujours secondairement et dans le même sens le système circulatoire.
« Cinquante élèves tirant sur le même câble font un effort de 3000 à 3.200 kilog. au dynamomètre ; l’aiguille monte à
CHARLES LONDE
4800 avec le rythme qui vient régulariser cette traction désordonnée.
Amoros fait l’éducation morale de ces élèves par les exemples de haute moralité, par les dessins représentant des traits historiques et des sculptures fixant les types de beauté et l’institution d’un jury formé à tour de rôle par les plus sages des élèves pour désigner ceux de leurs compagnons qui se sont le plus distingués dans les exercices et prononcer sur tous les cas de discipline.
« Pour connaître l’homme moral, il est nécessaire d’avoir étudié l’homme physique, (pour connaître les fonctions, i) faut en connaître les agents), puisque le premier n’est que la conséquence du second. La physiologie seule peut donc nous fournir la clef du cœur humain.
Dans le chapitre septième, Londe traite de l’emploi de l’exercice qui doit être réglé suivant Vétnt actuel de la personne qui s'exerce et par les circonstances dans lesquelles elle est placée.
Ce sera les parties les moins développées dont il faudra solliciter l’action pour obtenir cette harmonie qui constitue le beau.
Les exercices actifs doivent être proportionnés à la force de l’individu. Il faut distinguer « les sujets chez lesquels les forces locomotrices sont très inférieures aux forces assimilatrices qui peuvent sans inconvénient prendre plus d’exercice que les individus qui, à raison de conditions opposées, jouissent cl'une organisation assimilatrice très faible , mais chez lesquels la puissance musculaire est portée à un haut degré et susceptible de grands efforts. »
« L’habitude rend les exercices plus faciles, ce n’est pas une sorte de développement exclusif des parties qui servent aux mêmes actes.
« Un sujet moins fort qu’un autre, mais habitué à un exercice, peut le répéter en se jouant pendant des heures entières, tandis que le non habitué, plus fort que le premier , ne peut s’exercer longtemps de suite sans être hors d’état de continuer.
« L’habitude rend l’exercice plus nécessaire, lin homme
l’école française
passe une grande partie de sa vie dans les travaux corporels les plus pénibles ; une iortune moins contraire le met à même de quitter tout à coup son genre de vie ; bientôt il est accablé d’une foule d’infirmités et il ne parvient à s’en délivrer qu’en recourant à ses premières habitudes. »
A propos des tempéraments :
« Les attributs du tempérament appelé nerveux sont dus à la prédominance (et non à la faiblesse) de l’encéphale sur les autres organes ; que penser alors des excitants administrés aux nerveux.
Les personnes nerveuses atténueront leur nervosité en retournant à la nature et à l’exercice soutenu et non dans le luxe des pharmacies, dans les ouvrages des philosophes ou la morale des religions. Alors et seulement alors elle recouvreront cette force et ce calme de caractère, qualités dont nous aurions tort de regarder les germes comme perdus dans les nations modernes, mais il faut pour elles des exercices actifs.
L’exercice convient parfaitement à tous les âges. Mais ne pas faire marcher les enfants avant le temps prescrit par la nature, ce qui leur enlève le souci de leur propre conservation et la manière de se servir de leurs propres moyens, a C’est en se servant continuellement de ses forces que l’enfant s’en procurera de nouvelles et saura devenir adroit. »
L’adolescent a besoin d’exercices actifs et soutenus qui sont « une égide protectrice contre les traits mortels de la volupté. Il faut lui enlever les exercices trop violents pour mettre en usage ceux qui facilitent la nutrition.
« Dans l’âge adulte l’exercice distribue dans les membres les forces de la vie que nos pernicieuses habitudes concentrent continuellement sur certains organes et notamment sur ceux de l’abdomen. L’exercice actif est d’autant plus utile que, la croissance étant terminée, les organes ne détournent pas pour leur accroissement une certaine quantité de sucs nutritifs, une partie de ceux-ci devient alors superflue dans l’économie.
« Dans la vieillesse l’exercice est utile pour délivrer les
CHARLES LONDE
principales fonctions et surtout les digestives de ce sentiment de gêne et de travail dont elles sont accompagnées.
Il faut une juste compensation des travaux de l’esprit par les exercices du corps.
« La différence entre l’homme et la femme formée par une même éducation n'est pas tellement grande ; la vie inactive amène l’excitabilité et l’on constate une différence frappante entre les campagnardes et les femmes exclues de toute espèce d’exercice.
« Il est recommandé de faire précéder les exercices de l’excrétion des matières alvines, des mucosités nasales et pulmonaires. Le besoin de défécation est arrêté par l’exercice violent ; l’action vive du cerveau excite au contraire la faculté contractile de l’intestin.
II y a danger de la résorption des matières qui doivent être excrétées.
<c Les vêtements doivent être larges, exempts de tous liens qui arrêtent le cours du sang veineux et s’opposent au libre développement de la cavité thoracique. C’est un danger d’arrêter subitement la sueur ; il faut se couvrir et changer de vêtements après l’exercice et employer les frictions, même le massage.
« C’est une erreur d’employer les ceintures gymnastiques. Ces ceintures ne sont jamais placées sur l’ouverture des anneaux sous-pubiens ni même sur l’extrémité du canal inguinal, elles sont donc un moyen de contribuer à la formation de la hernie. La ceinture diminue l’étendue de la cavité abdominale et concourt par cela même au déplacement des viscères. Dans un mouvement violent l’intestin trop pressé tend à produire l’agrandissement d’une ouverture naturelle et tend à se déplacer ; la ceinture placée audessus de cette ouverture, loin d’empêcher ce déplacement, le déterminera en grande partie.
« Les jarretières ou lanières de cuir dont en entoure les jambes empêchent la circulation de retour ; les varices peuvent en être la conséquence.
Il ne faut pas contrarier la nature en voulant ajouter encore à ce qu elle a fait. »
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Dans le chapitre VIIIe 1 inlluence réciproque du physique et du moral y est traité avec un développement étendu et un esprit très positif.
« On s’obstine toujours à voir deux êtres différents dans l’homme alors qu’on ne devrait voir que des organes et des fonctions; on voudrait prouver que les fonctions peuvent exister par elles-mêmes.
« L’éducation, l'habitude et mille autres causes ne changent les dispositions morales de l’individu qu’en agissant sur le physique.
« L’éducation est synonyme d’exercice ; elle ne nous modifie qu’en mettant habituellement en action certains organes qu’elle développe tandis qu’elle en tient d’autres dans le repos.
« Le d éveloppement des facultés intellectuelles et la finesse des sens ne s’accordent pas avec l’augmentation du volume du corps et la force des muscles.
Hercule, malgré son caractère divin, était plus fameux par son courage que par son esprit. Les poètes comiques s’étaient permis plus d’une fois de lui prêter ce qu’on appelle vulgairement des balourdises et de faire rire le peuple à ses dépens.
« La tête d’un athlète est relativement très petite par rapport au reste du corps.
« Les exercices violents laissent l’encéphale et les fonctions auxquelles il préside dans un état d’oubli total ; ils le privent d’une partie des forces vitales qui lui étaient destinées.
La température froide, une nourriture composé de lait et de farine en augmenteront encore l’insensibilité et le défaut absolu de conception.
« Cet état d’apathie et de torpeur n’aura pas lieu si l’exercice pris sur des lieux élevés coïncide avec une nourriture stimulante. Violence dans les actes moteurs mais toujours impossibilité absolue de se livrer à des réflexions profondes et soutenues.
« Si les exercices violents sont pris dans une température élevée; épuisement de la force musculaire et nutritive ; intelligence tout aussi bornée.
S’il est au pouvoir de l’homme de rendre ses épaules
CHARLES LONDK
robustes et ses bras vigoureux, de perfectionner son organisation appelée improprement physique (le cerveau n’est pas moins physique que le bras), il ne jouit pas moins du merveilleux privilège et cela toujours par le moyen de 1 exercice dirigé vers d’autres organes de perfectionner et d’agrandir la sphère de ces actes supérieurs. Plus un organe est exercé, plus il se développe.
« Quand le cerveau travaille avec intensité, les sens externes et les membres sont dans le repos; la respiration est contenue et rendue tellement imperceptible qu’on la croirait suspendue; les battements du cœur sont à peine sensibles ; la circulation capillaire et la calorification semblent ne plus exister qu’au cerveau ; les fonctions des viscères abdominaux sont arrêtées et perverties. Cet état d’oubli, je dirais presque de mort de toutes les fonctions les plus utiles de l’animal, est évidemment nécessaire à l’attention du sensorium, à la pureté, à l’intégrité et à la promptitude des perceptions.
« Il y a lieu de faire une application de la physiologie encéphalique à un bon système d’éducation qui, sans être conventionnel, soit uniquement basé sur l’existence non hypothétique des organes dont on se propose de développer ou d’éteindre les facultés.
« Lorsqu’il n’y a dans le corps qu’un seul muscle ou qu’un petit nombre de muscles qui travaillent continuellement, le corps souffre beaucoup plus que si la même quantité d’action était répartie sur tous les muscles successivement. Il en est de même du cerveau; lorsque ses différentes parties agissent successivement, il se fatigue beaucoup moins ; la partie qui se repose reprend ses forces tandis que les autres s’exercent (Extrait de Tissot de Lausanne, Santé des gens de lettres).
Mais c’est une chimère de poursuivre la perfection sur plusieurs points à la fois (Biciiat).
« L’effet de quelques minutes de mouvements des bras exécutés dans ma chambre pour détruire l’effet de la courbure fatigante du thorax pendant le travail de cabinet suffit pour interrompre l’action du cerveau pendant tout le jour et réduire mon occupation à de simples lectures ; la marche ne produit pas ce résultat.
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(c Je ne pouvais retrouver la facilité de travail qu’en recouvrant cette faiblesse, cette tranquillité, cette langueur des mouvements organiques, cet état qui résultant des travaux intellectuels est en même temps une des circonstances les plus favorables pour se plonger dans la méditation.
« Il faut fuir le travail du soir; la concentration excessive de la pensée sur un point produit une exaltation qui nuit au sommeil.
« Les gens de lettres ont besoin d’exercices actifs modérés et d’un régime alimentaire spécial.
La fable de Prométhée et d’ Hercule montre par une allégorie les secours que les gens de lettres peuvent avoir de la gymnastique.
Il existe une indépendance de certaines facultés encéphaliques, ainsi la délicatesse des sens n’amène pas pour cela forcément la perfection intellectuelle. L’habitude de n’établir que peu de rapports entre les corps extérieurs et les sens affaiblit ceux-ci... Ceci, je crois, peut être appliqué au nerf et à la partie à laquelle il correspond dans le cerveau en même temps qu’à l’instrument externe.
« Cet instrument externe nerveux est toujours pourvu d’un appareil locomoteur plus ou moins nécessaire à son action et qui se développe également par la répétition de celle-ci. »
Nous nous arrêtons à cette dernière citation, la notion qu’elle représente est toute moderne et confirmée tous les jours par les expériences et les observations scientifiques.
Le moment est venu de rappeler le rôle d’Amoros et son œuvre.
Amoros.
Don Francisco Amoros et Ondeano, fils du marquis del Sotelo, naquit le 19 février 1770 à Valencia (Espagne) (1). Les campagnes de 1792 à 1793 attestent son mérite militaire, car
(1) Extrait d’une communication faite par Lopez à l’assemblée générale du Cercle de gymnastique rationnelle le 8 mai 1881.
AMOROS
il devint, malgré sa jeunesse, major général. Colonel, Régidor de San Lucar, membre du Conseil royal des Indes, il eut une grande influence près du gouvernement et obtint la création, en Espagne, d’un ministère de l’intérieur inconnu jusqu’alors.
Ses théories sur la gymnastique furent appréciées du gouvernement qui lui donna l’autorisation de fonder à Madrid un grand gymnase militaire. Il y introduisit la méthode du vénérable Pestalozzi, fut nommé précepteur et professeur de gymnastique de l’infant Don Vincent de Paula et arriva à introduire sous Charles IV des réformes sérieuses dans diverses administrations.
Les grandes sympathies qu’il s’était créées, par son talent, dans la noblesse à laquelle il appartenait furent la cause de sa disgrâce auprès de Ferdinand VII, grand-père d’Alphonse XII. Il fut emprisonné jusqu’à ce que l’infant Don Antonio, pressé par quelques nobles, obtint sa liberté.
Malgré ses revers il était attiré par la carrière militaire et politique. Il embrassa la cause de Napoléon Ier en 1808. Nommé membre des Cortès de Bayonne, il fut un des députés qui appelèrent au trône d’Espagne Joseph Ier, frère de Napoléon. Quand le roi Joseph monta sur le trône il reconnut à Amoros le grade de colonel qu’il avait possédé dans les cadres de l’armée espagnole et le nomma conseiller d’Etat, intendant général de la police et commissaire royal dans les provinces de Burgos et Guipuzcoa.
11 publia alors plusieurs articles sur la gymnastique et différents mémoires sur l’éducation.
Tous ces mémoires ainsi que le plan du grand gymnase militaire fondé en Espagne étaient dans la bibliothèque du comte de Villalobos fondateur du gymnase royal et professeur du roi Alphonse XII. On peut trouver ces documents dans les rapports du jury international de l’exposition universelle de 1867 sous la signature du docteur Demarquay.
En 1814, la chute du trône d’Espagne entraîne avec elle le colonel Amoros. Il arriva à Paris, prit part à la rédaction du journal le Nain Jaune , se lit naturaliser Français, se retira complètement du mouvement politique pour s’occuper
l'école française
exclusivement de faire adopter ses institutions gymnastiques par le gouvernement français. Il se fit naturaliser et fut décoré de la Légion d'honneur.
Le maréchal Soult l’avait connu en Espagne, il lui conseille de persévérer dans ses moments de découragement et, malgré la concurrence sérieuse que lui faisaient Comte d’Iverdun et Clias de Berne qui se disputaient l’honneur de répandre la gymnastique en France, Amoros eut la victoire ; par ordonnance royale du 4 novembre 1819, le gouvernement lui concéda un immense emplacement, place Dupleix, derrière le Ghamp-de-Mars pour fonder l’école normale civile et militaire.
En 1820 Amoros ouvre son gymnase et fait venir de Zurich un professeur nommé Weilenman. 11 a des controverses avec Clias au sujet de l'invention du trapèze et ces deux hommes demeureront étrangers et hostiles Fun à l’autre.
D’après Barthélémy d’Hilaire « Tous les vœux des philosophes qui préconisaient la gymnastique étaient demeurés stériles jusqu’en 1818 où Amoros sut intéresser le gouvernement et une foule de grands personnages à son gymnase de la plaine de Grenelle. C’est de là que sont sortis la plupart des prolesseurs actuels ; c’est de là qu’est partie l’initiative du progrès, qui dès lors s’est constamment propagé dans l’armée et jusque dans l’éducation publique (1) ».
Amoros fut le premier qui ajouta à la gymnastique moderne la phonacie ou l’art d’exercer la voix. A cet effet il écrivit un recueil de chants, texte et musique, pour accompagner l’exécution de certains exercices, des marches et courses.
Il avait dépensé de 1820 à 1832 dans son vaste gymnase