fr. environ. Il recevait une pension annuelle de
60.000 francs pour l’entretien général du gymnase et ses appointements. C’était l’équivalent de ses revenus perdus et de ses propriétés confisquées en Espagne.
Il avait été nommé directeur du gymnase normal et inspecteur général des gymnases militaires.
(t) Barthélemy Saint- Hilaire , préface rie l’ouvrage de Laisné.
AMOROS
Trois collaborateurs d’un grand mérite l’aidèrent dans le fonctionnement de son école, ce furent le Dr Bégin, le chirurgien Vergier et M. Agnos, inspecteur de gymnase.
Amoros a écrit un grand nombre de lettres, discours, pétitions et mémoires sur la gymnastique, l’historique de son gymnase en deux parties ; en 1826, une brochure remplie d’observations sur les courses en général et sur quelques concours en particulier ; en 1827, il exposa les modèles de ses machines et instruments de sa méthode ; en 1830 parut son Traité ou manuel de Gymnastique et morale (2 volumes et un atlas) qui obtint un prix de l’Institut et fut adopté par le Conseil supérieur de l’Instruction publique pour les écoles. Mais une opposition naquit dans la Chambre des députés dès l’année 1832 contre ces institutions ; elle aboutit à faire réduire à 20.000 francs la subvention de 60.000 francs et alors le gymnase normal végéta jusqu’au 29 décembre 1837 où une ordonnance royale le supprima. Un gardien fut placé pour conserver les machines et les mâts de quarantecinq pieds de hauteur servirent quelquefois à faire des essais d’aérostation. Un ordre supérieur les fit enlever définitivement en 1848. Le colonel Amoros mourut le 8 août frappé d’apoplexie dans sa soixante-dix-huitième année.
Plusieurs gymnases publics et particuliers furent créés par lui : 9, rue d’Orléans chez M. Durdan instituteur ; le dernier qu’il dirigea jusqu’à sa mort était 14, rue Jean Goujon, près des Champs-Elysées ; il portait le nom de Gymnase Ortho-Somatique et avait M. Thévenin pour professeur.
La dernière fête de gymnastique à laquelle assistèrent Amoros et Clias fut donnée par Triât en 1845, à l’occasion de l’inauguration de son grand Gymnase. Amoros repose au cimetière du Montparnasse.
On peut lire sur le socle qui supporte son buste l’épitaphe suivante :
Amoros, fondateur de la gymnastique en France
mort en regrettant de n avoir pu faire plus pour elle à cause des obstacles quon lui a suscités.
L ECOLE FRANÇAISE
Emile deGirardin, dans la Presse du 21 octobre 1852, reproche au gouvernement de ne pas se soucier de l’éducation de la jeunesse et, faisant allusion à l'œuvre d’Amoros, il s'exprime ainsi :
« Où sont les gymnases qu’il a fondés ? A-t-il songé à se demander le parti qu’on a pu tirer de cet habile et unique professeur, qui a voué toute sa vie à l’étude de] la gymnas-
amoros (1770-1848)
d’après le médaillon qui est sur sa tombe au Cimetière du Montparnasse.
tique, pour en faire une science après en avoir fait un art, la science des rapports entre la force physique et la force morale de l’homme, la première servant à développer la seconde dans toute sa plénitude. La force des muscles, l’adresse des membres, la souplesse des mouvements, la justesse de l’œil, de l’oreille et de la voix, l’aplomb du corps qui, dans un grand nombre de cas, entrent dans une proportion si considérable dans la présence d’esprit, ne sont-elles pas des qualités qui s’acquièrent? »
Dans un mémoire lu à la Société pour l’instruction élémentaire de Paris, dans les séances du 6 au 20 septembre
AMOROS
1815, sur les avantages de la méthode d éducation de Pestalozzi, et sur l'expérience décisive faite en Espagne en sa faveur, Amoros fait un exposé très complet de ce que doit être une éducation basée sur la nature.
Il cite Sénèque, Lancaster,, Bacon, La Harpe qui ont ouvert la voie. « La morale, la politique, 1 économie et même l’éducation présentent des vérités et des découvertes aussi sûres que les mathématiques ; mais pourquoi ne sont-elles pas adoptées ? Parce qu’on ne veut pas... Mais il faut vouloir et fortement, si on désire avoir une éducation et former des hommes accomplis. La devise pour réformer l’éducation et pour combattre avec succès l'ignorance, les préjugés et les passions dangereuses, doit être volonté, persévérance. » Après avoir montré les résultats merveilleux obtenus à l'institut Pestalozzien de Madrid, au point de vue physique et intellectuel, il rappelle les écrits de Rousseau et de La Harpe et en particulier ce fait que toute étude déplaît par' elle-même aux enfants , si Von n'y joint au moins un attrait , et pourquoi, ajoute-t-il, n’en faudrait-il pas à l’enfance, puisqu’il en faut même à la raison. Il s’étend longuement sur l’utilité de l’union de la musique et de la gymnastique.
« Commençons d’abord par appeler et honorer les femmes, sans lesquelles les hommes ne pourront pas avoir de succès en éducation puisque les femmes doivent donner aux enfants les premières leçons de l’art de voir, d’écouter, de se mouvoir, de penser, de parler et de chanter, les premières notions du juste et de l’injuste et la direction convenable aux premiers sentiments de leurs cœurs ; enfin, l’instruction la plus précieuse pour le reste de leur vie, qui est celle de leur enseigner à apprendre ». L’éducation est incomplète sans éducation physique et il faudrait mettre sur la porte de tous les établissements publics d’éducation où la gymnastique ne serait pas honorée :
On n’enseigne ici qu’à la moitié de l’homme. « Point d’éducation, je le répète , si l’on ne commence pas par celle des femmes. Point d' éducation sans gymnastique. » Dans son discours prononcé à l’ouverture de son cours d’éducation physique, gymnastique et morale pour l’année 1820 dans fins-
l’école française
titution de MM. Villodon, rue Châtereine, 42, Chaussée-d’Antin, il s’exprime ainsi:
« La gymnastique n’a pas été bien définie encore ; parce qu’elle n’a pas été envisagée sous son véritable point de vue. Si la gymnastique était ce que l’on a cru, je ne me serais point occupé d’un art de funambules. Il y en a assez et même trop dans le monde ».
u J’ai tenté de remplir ce vide immense, de donner à mes élèves les connaissances physiologiques les plus nécessaires, de tirer le plus grand parti possible des heureuses dispositions des jeunes Français, de soigner un peu l’éducation des mœurs ou du caractère, inséparable de l’exercice des facultés physiques et de profiter des moments infiniment précieux que l’on perd ou que l’on emploie très mal, ce qui est encore pire. »
« Mon désir d'offrir un système d’éducation digne du siècle et de la France m’a fait étudier l’antiquité et tous les auteurs modernes qui ont traité des branches que mon plan embrasse. C’est ainsi que j’ai pu faire un choix dans ce qu’il y a de mieux dans chaque genre et que j’ai pu mériter l’approbation des savants dont j’ai consulté les opinions Je n’ai pas la pré-
tention de posséder la science universelle ; je connais trop la faiblesse humaine et je respecte trop l’enfance, le public et mon opinion même pour courir le danger de présenter mes idées sans avoir été rectifiées et approuvées par la sagesse. »
« Qu’on ne croie pas que je veuille tirer une grande vanité d’un perfectionnement de mes instruments et de leur avantages mécaniques, parce que cette partie de la gymnastique est pour moi et selon mes principes la plus méprisable de la science, qui consiste à connaître les lois de nos mouvements et à tirer d’eux le plus grand parti possible pour le bien de nos semblables. Nous pourrions très bien être les plus forts, les plus adroits des hommes, et être en même temps les plus nuisibles et les plus méchants possibles.
« Soit en Espagne, soit en France, j’ai eu grand soin de bannir de nos exercices tout ce qui peut sentir la planche et le funambulisme des boulevards, tout ce qui n'était point conforme au caractère de ces nations...
Rue