‹ Évolution de l'éducation physiqueChapitre 22 sur 61 · AM O HOS · texte numérisé non relu

AM O HOS

« Rendez vos enfants forts, adroits, industrieux, intelligents, courageux et vous aurez plus fait pour eux que si vous amassiez en leur faveur toutes les richesses périssables de Crésus. L’homme n’a d'autre valeur que sa puissance réelle, que ses facultés acquises. I)’un instant à 1 autre, il

Plan du gymnase d’Amoros, d’après Laisné.

cesse d’ètre propriétaire, riche, duc, prince ; il reste même nu comme la nature l’a mis au monde, et alors malheur à celui qui n’a pas appris à se passer de ces qualités éphémères. Un roi, jadis, après avoir perdu son royaume, dut se faire maître d’école... il répondait à ceux qui voulaient se moquer de lui dans sa disgrâce, et qui lui disaient à quoi toute la Sagesse de Platon lui avait servi? « à supporter mon infortune comme je le fais. »

l’école française

Dans le prospectus de son école publié en 1825, et signé de nombreuses notabilités il est parlé delà gymnastique médicale et orthopédique, de la phonacie; pour former des professeurs, il exigeait l’anatomie et la physiologie ; enfin la progression la plus méticuleuse présidait aux exercices.

L’ouvrage principal d’Amoros est son Traité de Gymnastique et Morale publié en 1830 et dont la librairie Roret livre au public une édition avec album datée de 1847.

La définition de la Gymnastique contenue dans l’avantpropos est à citer en entier :

« La Gymnastique est la science raisonnée de nos mouvements, de leurs rapports avec nos sens, notre intelligence nos sentiments, nos mœurs et le développement de toutes nos facultés.

« La gymnastique embrasse la pratique de tous les exercices qui tendent à rendre l’homme plus courageux, plus intrépide, plus intelligent, plus sensible, plus fort, plus industrieux, plus adroit, plus véloce, plus souple et plus agile et qui nous dispose à résister à toutes les intempéries des saisons, à toutes les variations des climats, à supporter toutes les privations et les contrariétés de la vie, à vaincre toutes les difficultés, à triompher de tous les dangers et de tous les obstacles, à rendre enfin des services signalés à l’Etat et à l’humanité.

« La bienfaisance et l’utilité commune sont le but principal de la gymnastique, la pratique de toutes les vertus sociales, de tous les sacrifices les plus difficiles et les plus généreux sont ses moyens ; et la santé, le prolongement de la vie, l’amélioration de l’espèce humaine, l’augmentation de la force et de la richesse individuelle et publique sont ses résultats.

« La nature ayant, organisé l’homme pour agir, pour juger et pour sentir , le système d’Amoros n’est que l’expression et l’accomplissement de ces principes et l’observation ou la pratique des lois de la nature humaine.

La direction morale de la gymnastique établie par le colonel Atnoros est une des parties les plus respectables de cette méthode. Cette éducation a été regardée par la commis-

AMOROS

sion des savants qui a été chargée de les juger, comme 1 apprentissage de toutes les professions. Le fameux maréchal de Saxe a avancé que le principal de l’exercice pour le soldat, « ce sont les, jambes et non par les bras, c’est dans les jambes qu’est tout le secret des manœuvres, des combats, c’est aux jambes qu’il faut s’appliquer ».

« Nous sommes fâchés de ne pas être d’accord avec un maître semblable et nous dirons que le principal de l'exercice consiste à développer et à fortifier également les jambes, les mains, les lombes et l’homme tout entier. »

Les branches principales de la gymnastique amorosienne sont :

i° Les exercices élémentaires accompagnés de différents rythmes et des chants pour développer la voix.

2° Marcher et courir sur des terrains parsemés d’obstacles, glisser et patiner; s’accoutumer à des courses longues et fatigantes ou à des courses très rapides.

3° Sauter en profondeur, largeur et hauteur dans toutes les directions, en avant, en arrière ou de côté avec ou sans armes à l’aide d’un bâton ou d’une perche, d’un fusil ou d’une lance.

4° L’art des équilibres ou le passage sur des piquets, des poutres fixes ou vacillantes, horizontales ou inclinées, à cheval, debout, en avant ou en arrière, par dessus ou par dessous pour s’habituer à passer des rivières ou des précipices à l’aide d’un tronc d’arbre, d’une perche ou d’un pont étroit sans garde-fous.

5° Franchir des barrières, des murs, des fossés... portant un fardeau, un malade, un enfant ou sans rien porter.

0° Lutter de plusieurs façons pour développer la force musculaire, l’adresse du corps, la résistance à la fatigue et triompher de son adversaire...

/° Monter à 1 assaut au moyen d’échelles de bois droites ou renversées, fixes et vacillantes, par devant ou par derrière, avec les pieds ou les mains... ou bien le long d’une corde nouée ou lisse, verticale, fixe, ou oscillante, diagonale ou inclinée, tendue ou lâche... et descendre ou se laisser glisser de toutes manières possibles...

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8° Traverser un espace quelconque en se tenant suspendu par les bras, les mains et les pieds ou seulement par les mains, à l'aide d’une perche ou d’une corde tendue...

9° Nager nu et habillé avec ou sans fardeaux et surtout avec des armes à feu ; plonger et se maintenir longtemps sous l’eau ; apprendre à retirer une personne de l’eau sans être entraîné par elle.

10° Porter étant arrêté ou en mouvement et avec adresse et sécurité des corps incommodes et pesants ; quelquefois des hommes ou des enfants pour les sauver d’un danger... tirer à soi, soulever, traîner et pousser des poids ou des masses considérables pour appliquer tous ces moyens à un grand nombre de cas de guerre ou d’intérêt public.

11° La sphéristique ancienne et moderne athlétique et militaire dans toutes ses modifications, des paumes, des balles et ballons de différents poids et grosseurs et l’art de lancer avec la main toutes sortes de projectiles et d’atteindre un but.

12° Le tir à la cible et sur des objets mouvants —

13° L’escrime à pied et à cheval et le maniement de toutes sortes d’armes blanches.

14° L’équitation et la voltige sur des chevaux de bois premièrement et sur des chevaux vivants ensuite

15° Les danses pyrrhiques ou militaires et les danses de société plus ou moins développées.

16° Pour les élèves civils et les élèves militaires qui se destinent à être directeurs et professeurs, on donne des leçons de chant et d'expression musicale plus soignée, on leur montre l’influence de la musique sur le perfectionnement moral de l’homme On leur donne aussi des leçons

de physiologie, afin qu’ils apprennent à se rendre raison de leurs mouvements et de leurs fonctions; à connaître le caractère, le tempérament et les facultés de leurs élèves et à se servir des moyens les plus convenables pour obtenir les résultats désirés. Ils reçoivent des leçons de technologie gymnastique pour la construction des machines et instruments les plus convenables aux diverses circonstances. On leur enseigne que le principal but de cette méthode est de développer les facultés.

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Qu’il y a des facultés : 1° purement physiques : force, fermeté, résistance, agilité, vélocité et adresse;

2° Physiques et morales : régularité, gaîté, zèle, courage, énergie et persévérance;

3° Uniquement morales : prévoyance, sagesse, tempérance, bonté, générosité et amour du bien.

Que les meilleurs exercices sont ceux qui développent un grand nombre de facultés à la fois, car ils procurent plus d’avantages...

17° Outre ces exercices gymnastiques généraux et spéciaux, cette méthode en emploie d’autres qui tendent à accroître la résistance à la fatigue, aux travaux pénibles et aux intempéries des saisons ou qui servent à augmenter l’adresse et à rendre industrieux les élèves

Cette réunion de branches et d’exercices est ce qui constitue la science de la gymnastique générale de laquelle ressortent plusieurs gymnastiques spéciales que l’on peut diviser ainsi :

1° Gymnastique civile et industrielle ; 2° Gymnastique militaire terrestre et maritime; 3° Gymnastique médicale ; Gymnastique scénique ou funambulique.

Les deux premières se divisent encore en gymnastiques élémentaires et en gymnastiques complètes et comprennent, aussi une des parties de la gymnastique médicale qui est l’hygiène.

La troisième se divise en quatre parties :

1° Gymnastique hygiénique ou prophylactique pour conserver une santé robuste.

2° Gymnastique thérapeutique pour le traitement des maladies.

3° Gymnastique analeptique on des convalescents.

4° Gymnastique orthosomatique pour la guérison des difformités qui demandent des soins plus compliqués, plus spéciaux

Quant à la 4e division, la gymnastique scénique ou funambulique, nous ne pouvons nous en occuper puisque notre méthode s'arrête où le funambulisme commence et celui-ci commence où Y utilité d’un exercice cesse, où le noble but

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de la gymnastique qui est dé faire du bien est sacrifié au frivole plaisir d'amuser et de faire des tours de force. »

Au moment de leur admission à l’école, les élèves passaient un examen physique : on mesurait leur force, on signalait leur conformation, on prenait d'autres renseignements physiologiques avant de commencer le cours.

« Connais-toi toi-même est la première loi de notre méthode d’éducation. »

Parmi les indications courantes, on trouve des remarques sur la conformation du corps, le tempérament, la santé, le caractère, l’inclination pour les exercices, la disposition pour le chant et la qualité de la voix.

Les mensurations s’évaluent en kilogrammes de force et comprennent la pression des mains, la force des reins, la force de traction, l’impulsion verticale des poings, l’impulsion horizontale avec les deux mains, l’impulsion horizontale avec les poings droit et gauche, la pression contre la poitrine et la force pour supporter des fardeaux.

Les progrès des élèves sont indiqués sur des feuilles où l’on voit figurer les matières suivantes :

Chant, musique, art de se présenter et de marcher, art de courir, de sauter, de monter et de grimper, l’art des équilibres, de supporter des poids, de lutter ; la sphéristique et l’art de lancer ; l’art de nager et de plonger; l’art de glisser et de patiner ; l’art de l’équitation et de la voltige ; l’art de danser ; l’art des armes y compris le tir.

Une feuille supplémentaire indique les dispositions plus ou moins heureuses du sujet pour les exercices de force, d’adresse, d’agilité, de vélocité, d’industrie, de résistance, de courage ; les prix obtenus, les nominations méritées lesquelles supposent ou bien une bonne conduite ou des progrès dans les exercices ; enfin l’influence morale de ces exercices sur les sentiments de cet élève et sur son intelligence.

Les essais de la force sont faits avec la plus grande précaution. Le professeur qui préside à cette opération observe les muscles et les vaisseaux du cou de Lélève qui doit être

AMOROS

sans cravate, et lorsqu’ils se gonflent trop et que le visage devient coloré, il commande à l’élève de s arrêter.

Les chants du gymnase avaient pour objet dé exercer les organes respiratoires. « Voyez parmi les hommes qui se livrent à des exercices prolongés, ceux qui résistent le mieux et vous remarquerez que ce sont moins, en général, les individus dont les muscles sont les plus puissants que ceux dont la respiration est la plus longue , la plus résistante. »

Les chants et les exercices élémentaires (sans appareils) sont donc la base de toute bonne gymnastique.

« Le rythme est ce qui favorise le plus les mouvements et rend le plus aisément possible leur répétion rapide et prolongée. »

Tout dans les mouvements de l’homme demande à être soumis à la mesure, au rythme; avec le désordre et l’irrégularité on n’obtient presque rien ; aidé de la cadence tout devient facile.

La méthode doit être la plus sévère pour les officiers car, destinés à donner l’exemple à l’armée, à guider les soldats, ils ont manifestement besoin de posséder aux moins les qualités que l’on exige de ceux-ci.

La poitrine une fois fortifiée, étant un des principaux organes de l’économie animale, tous les autres en éprouvent des avantages remarquables, mais plus spécialement les organes des extrémités supérieures et de l’abdomen. Faites chanter vos élèves, car je ne considérerai pas la séance complète sans cette partie importante de vos exercices.

Le Ministre de la guerre, dans un programme du 31 octobre 1829, approuve les exercices de la voix et du chant :

« 1° Développer d’abord la voix en lui donnant toute l’extension dont elle sera susceptible ;... fortifier, par ces précautions préalables les poumons et la poitrine et donner aux élèves l’aptitude du commandement dont ils auront besoin un jour pour pouvoir être professeurs.

« Ne pas perdre de vue cette première éducation qui aura pour résultat d’établir une exacte correspondance entre les rythmes qui sont introduits dans les chants et les attitudes variées, les mouvements en sens divers auxquels on les a

adaptés et qu’on obtiendra ainsi dans les exercices ensemble, précision, régularité.

« Faire ainsi marcher de front l’instruction morale et l’éducation physique afin que les travaux purement matériels en soient ennoblis et que les élèves ne soient pas, en sortant de gymnase, des automates plus ou moins bien organisés. »

A propos des Positions et mouvements élémentaires , Amoros s’exprime ainsi : « Nous allons enseigner une série de positions et de mouvements élémentaires qui demandent beaucoup de soin de la part des professeurs et beaucoup d’attention, de zèle et d’exactitude de la part des élèves ; le célèbre Pestalozzi y attachait la plus grande importance... Ces mouvement sont à la gymnastique ce que l’art d’épeler est à la lecture. Ceux qui les font mal et ceux qui ne les pratiquent pas du tout restent dans l’enfance de l’art et conservent une gaucherie désagréable.

11 faut faire commencer toujours par là, les répéter tous les jours si on veut développer et entretenir l’adresse, l’agilité, la souplesse et même la force. »

Parmi les diverses stations dont il fait la physiologie et étudie le mécanisme, il cite les exemples suivants comme stations initiales dans divers exercices :

1° Debout sur un plan solide.

2° Debout sur un plan mobile ou chancelant.

3° Sur un ou deux genoux.

4° Assis.

5° En équilibre sur un pied, les orteils, les mains, la tète ou toute autre partie du corps.

6° Couché sur un plan horizontal ou incliné.

11 montre que les stations ne sont que des repos apparents, il indique le rôle des différents leviers de l’organisme et la fonction des muscles antagonistes.

« Chez les enfants la difficulté de la station debout et de la progression dépend du défaut de développement de la rotule, de Pinclinaison du bassin en avant et surtout de la faiblesse relative des jnuscles dorsaux, qui ne peuvent surmonter la force avec laquelle les viscères abdominaux et la tête prédominant à cet âge entraînent le corps en avant et en bas.

ÀMOROS J*

« Quand le centre de gravité tend à dépasser la base de sustentation, les muscles des jambes lont des efïorts pour l’en empêcher <‘t quelquefois ils réussissent a rétablir 1 équilibré du corps ; mais il est prouvé qu'aucun effort des muscles ne peut empêcher la chute , toutes les (ois (pie la ligne de gravite tombe hors des plantes des pieds et du quadrilatère ou trapèze qu’elles embrassent.

« La station entraîne bien plus de fatigue que la marche qui exerce et laisse alternativement en repos les muscles extenseurs et fléchisseurs des membres, parce qu’elle exige une contraction permanente et active des muscles extenseurs... Nous crovons que l’ouverture de l’angle que (orme la réunion des deux calcanéum doit être de quatre-vingts à quatre-\ ingt-dix degrés.

« d outes les règles (pie l’on a expliquées tendent à donner à la station debout la plus grande beauté possible. Il faut éviter, en les observant, toute espèce de raideur et toutes les difficultés qu’on trouvera au commencement pour rendre le corps souple et cette situation naturelle , noble, ferme et solide en même temps.

« léa station debout peut avoir lieu dans une infinité de positions différentes du corps autres (pie la station droite : le tronc peut être penché en avant , en arrière ou latéralement \ les membres inférieurs peuvent être fléchis de différenies manières. Toutes ces positions rentrent dans la categorie des équilibres par rapport à leur assurance.

« La force musculaire des extrémités intérieures est prouvée par l'exercice d’abaissement, les fémurs, les tibias et le tronc a angle droit.

« Il ne faut pas penser qu’il faudra appliquer dans tous les cas les mêmes exercices et qu’il faut les pratiquer tous avec fréquence; ce serait une erreur. 1 1; les indique parce qu’un traité de gymnastique qui vient après tous les autres ne doit pas les oublier et parce qu'il fuit mettre à la disposition d un professeur habile tous les moyens dont il saura après faire usage selon les circonstances ; et, s’il se trompait dans le choix, ce ne serait pas ma faute; car je puis dicter des règles generales et opportunes que ma longue

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expérience m’a apprises ; mais je ne puis lui donner cette longue expérience qui est le fruit du temps, de la persévérance et de plusieurs autres qualités qu’un directeur d’institution de gymnastique doit posséder.

« Le dernier venu se donne lui-même le titre de professeur de gymnastique et les directeurs de pension se contentent d’une gymnastique bâtarde, ridicule, qui sent les planches des boulevards et qui est extrêmement dangereuse On n'a pas la liberté de faire du mal ; mes exercices

s’arrêtent où l’utilité cesse... mais on ne peut pas enseigner bien une chose quelconque en ennuyant et il faut amuser les élèves et leur rendre agréables leurs études si on veut qu’ils apprennent.

« Ainsi tout exercice qui est utile, non dangereux ni ridicule, et qui peut s’appliquer sans aucun inconvénient pour les mœurs, le sexe, l’âge ou la santé de l’élève, (ont est compris dans ma méthode. »

Le chapitre YI abonde en observations judicieuses sur les lois du mouvement appliquées à l’homme, sur la marche, la course, les exercices qui appartiennent à cette dernière branche île gymnastique et les règles qu'on doit observer dans leur pratique.

On y trouve des considérations mécaniques sur le mouvement, sur les mouvements volontaires soumis à l’empire des nerfs et du cerveau ; sur la beauté, sur l’obésité et sa cure par l’exercice ; sur la calorification ; sur l’interversion des points fixes des muscles dans les mouvements ; sur les antagonistes congénères. Amoros distingue déjà l’aptitude des muscles à la contraction, de la force avec laquelle ils se contractent. Il indique la relation entre le degré de raccourcissement dont un muscle est susceptible et la longueur de ses faisceaux charnus ; il différence la vitesse de contraction de l’énergie et de l’intensité de la contraction. « De là vient qu’un homme moins fort triomphe quelque fois d’un atldèle vigoureux, parce qu'il emploie plus de vitesse ou d'énersie dans ses efforts et dans ses mouvements. >. Il remarque que la force des fléchisseurs l’emporte sur celle des

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extenseurs, recommande d’éviter toute espèce d’excès pour obtenir un bon développement et explique l’inégal développement du bras gauche et du bras droit par la différence de calibre des artères sous-clavières droite et gauche. Il montre l’influence de la contraction musculaire sur la circulation et la nutrition et expose ce qu’on entend par la coordination.

Les modes de mouvement sont nombreux : gravitation, llexion ou inclinaison, extension, contraction ou raccourcissement, rotation, cireumduction, glissement, progression ou marche, bondissement ou saut, oscillation ayant tous leurs modes d’exécution.

Le mouvement peut avoir diverses qualités : il peut être lent, modéré, accéléré, uniforme ou inégal. Sa direction peut être concentrique ou excentrique , centripète ou centrifuge, direct ou fléchi, rectiligne ou curviligne, horizontal ou vertical, oblique, spiral, elliptique, d’élévation, d’adduction, d’abduction, de pronation, de supination, en avant, en arrière, latéral etc...

Il tire de Barthez des observations sur le mécanisme de la marche, la course de résistance et de vélocité.

Le chapitre VII traite de la force, des moyens de la développer, des exercices qui remplissent ce but le plus efficacement, des applications utiles que l’on peut faire de cette faculté et des précautions que l’on doit prendre pour éviter les dangers.

Il fait aux forces humaines l’application des pnnces d’économie et du plus grand effet utile avec une quantité déterminée de forces disponibles.

11 cite à ce propos les travaux du baron Dupin.

« L’enlant n’a pas d'autre force que celle qui est nécessaire pour vivre mais, si on la cultive avec soin, elle grandira plus tôt et finira plus tard. Il y aura augmentation de la force vitale par ces moyens de développement. Cette vie sera plus remplie de mouvements ou d’actions utiles ; il pourra accroître les autres facultés primitives dont il est doué et que j’appellerai également des forces ou des quan -

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titês. Ainsi il pourra doubler la force ou la quantité de son adresse, de son agilité , de sa vitesse, de sa fermeté, de son courage et, tous les accroissements de facultés aussi mesurables, aussi appréciables que celui de la force matérielle produiront un être dont la valeur sera dix, quinze, et même vingt fois plus grande qu’elle ne l'aurait été en suivant les routes battues. »

Et plus loin : « La force est le premier soutien de la vie, sans elle on devient victime de tout, avec elle on surmonte

tous les obstacles... Exerçons toutes les forces : la force

d'inertie, d’adhésion, d’organisation ou vitale, la force de vitesse ou activité, la force sensitive ou d’excitabilité, la force de masse ou matérielle, la force effective qui est le produit de la masse par la vitesse, ainsi que de la sensibilité et de l’énergie de l’individu ; la force habituelle, la développable, la passagère, la durable, la nerveuse ; la force de traction, de pression, de contraction, de torsion ; les forces de répulsion, prépulsion ou d'impulsion et de lancement, de sustentation ou de support; les forces centrifuges et centripètes, de gravitation, d’attraction, convergentes et divergentes; la force de résistance, etc., sont autant de variantes et de modifications de la force qui se subdivisent encore en plusieurs pratiques différentes dont je formerai autant d’exercices ou de leçons pour donner à mes élèves les facultés que je désire quils possèdent... et l’exercice de la force musculaire des extrémités supérieures sera suivi de 1 exercice de la force des extrémités inférieures ou de la force respiratoire. »

Il est temps, dit le Dr Paimparey, que la France, entourée de peuples qui ont introduit les exercices du corps dans leur système d’éducation, apporte à l’examen de cette question la plus sérieuse attention. Amoros, à l’exemple du vénérable Pi slalozzi, sait présenter à ses élèves les exercices de la manière la plus séduisante et montre les vertus qui sont la conséquence de cet enseignement.

« Je tiendrai compte de tout, ajoute Amoros, je cultiverai, j’encouragerai les dispositions heureuses, je ferai disparaître la faiblesse des autres ; et, si je trouve des quantités négatives, je les ferai remplacer par des forces positives.

AMOUOS

« Je dois fixer 1’attention sur un genre de force que je nomme force d’énergie ou cle synergie... c’est une force extraordinaire que l’homme déploie une fois dans sa vie, dans une occasion critique et qui lui permet d’exécuter un effort tellement supérieur à ses forces ordinaires qu’il semble incroyable »

A propos de l’adresse et de la coordination : « Toute impossibilité de faire un exercice, de se servir d’un membre est non seulement une gaucherie mais un grand défaut dans une éducation soignée. Il y a un grand nombre d’arts dans lesquels on ne peut réussir si l’on n’est point ambidextre. »

Il parle déjà du vélocipède ou draisienne, des inconvénients du corset, il s’étend sur la force de résistance et indique le moyen d’augmenter la puissance de travail en y ajoutant un plaisir, le chant et la musique par exemple.

Mais ces moyens sont encore insuffisants. La méthode du colonel Amoros contient des travaux énergiques et fatigants qu’il fait exécuter à ses élèves après qu’ils ont appris les premiers éléments indispensables.

« De tous les exercices gymnastiques il n’y a que la course, la natation, le jeu de paume et les luttes qui produisent une grande fatigue par la répétition des mêmes mouvements et qui augmentent la précieuse qualité de la résistance ; mais, ne pouvant toujours pratiquer les exercices et leur elfet sur l’économie animale et le moral des hommes n’étant pas aussi général , aussi varié et aussi salutaire et utile que celui produit par les travaux fatigants de remuer la terre ou les grosses et lourdes masses, de transporter des objets pesants, de manier adroitement un levier, il a fallu adopter ces derniers travaux comme un complément indispensable des exercices gymnastiques dont le but principal est de développer toute sorte d’adresse et d’être V apprentissage de toutes les professions. II y a tant de cas dans la vie civile et militaire où l’habitude d’exécuter ce genre de travaux est éminemment utile, que l’on doit être étonné de ne pas les voir établis dans toutes les maisons d’éducation. »

Après avoir montré l’utilité des travaux manuels et en particulier 1 utilité des exercices de remuer la terre, il ajoute

1, KCOLE F HAN C AISE

que ces travaux, sont également une mesure positive du développement des facultés des élèves du Gymnase normal. Les faits observés jusqu’ici avaient permis de dire que les élèves, dont la résistance à la fatigueet l’énergie du caractère avaient été développés par les exercices gymnastiques, les travaux fatigants et les autres moyens moraux de la méthode du colonel Amoros, produisaient un travail double de celui que les élèves nouveaux pouvaient faire, mais d’autres faits plus récents ont prouvé que ce travail peut être porté infiniment plus loin.

Ainsi trente-deux hommes entraînés depuis deux mois et demi jettent dans un fossé cent brouettes de terre dans la première demi-heure, ils font une course de vélocité d’un cinquième de lieue en 2 minutes 30 secondes, l’assaut du vieux mur, le saut en profondeur, ils travaillent encore une demiheure, jettent dans le fossé autant de brouettes, font la course d'un dixième de lieue en deux minutes, donnent Lassant au portique qu’ils couronnent en une minute, ils descendent, courent au fossé et y jettent cinquante brouettes en un quart d’heure, en tout deux cent cinquante brouettes. Un second essai donne comme travail dans les mêmes conditions sept cent vingt-quatre brouettes en un troisième essai neuf cent soixante brouettes de terre.

Voila des preuves irréfragables de l’utilité des travaux réunis aux autres exercices et de leur avantageuse influence comme moyen de développement de la résistance à la fatigue et de l’énergie morale et physique.

Voilà ces mêmes travaux servant d’ instrument à mesurer les degrés de ce prodigieux développement.

« Militaires de tout grade, hommes éclairés de la France, réfléchissez sur ces faits et calculez les résultats qu’ils peuvent produire. »

« Plus l’industrie d’un peuple se perfectionne, plus les opérations industrielles doivent acquérir de vitesse afin d’obtenir dans tous les temps le plus grand effet utile. Or la vitesse, c’est un produit de l’énergie de l’homme, de l’ardeur qu’on lui a inspiré préalablement et qu’il applique aux circonstances où il se trouve. Ces deux quantités sont morales

AMOROS

et ont été développées par des moyens moraux ; car un simple mouvement mécanique ne pourrait jamais les produire ; mais elles deviennent la source d'une puissance physique en augmentant la résistance à la fatigue et la quantité du travail. »

Après avoir montré l’effet funeste des excès du dimanche et de l’usage immodéré des liqueurs chez les travailleurs, Amoros aborde dans le chapitre X la valeur des actes de bienfaisance et la description des exercices qui disposent à les exécuter. Ils consistent dans l’art de relever ou de porter une ou plusieurs personnes sans leur faire de mal en conservant toujours une main libre ou les deux s’il est possible.

On trouve aussi dans le deuxième volume après la description détaillée de tous les exercices de son gymnase un sommaire du Cours de Physiologie gymnastique professée par le Dr Casimir Broussais.

Cette vue d’ensemble sur l’ouvrage d’Amoros suffira sans doute pour éclairer le lecteur qui n’a pas le temps de lire sur l'influence considérable que cet homme a pu avoir à son époque. En résumé, le mouvement créé par Pestalozzi et les éducateurs allemands, français et anglais, Bacon, Coménius, Franche, Locke, Rollin, Port-Royal, Fénelon, Bossuet, Condillac, Helvétius, Diderot et Rousseau, Wolke, Campe, Salzmann, Basedow, Kant, Bell, Lancaster, Jacotot, Frœbel, etc., etc., a rayonné dans toute l’Europe eta trouvé des apôtres qui ont propagé ces doctrines dans leurs pays respectifs en les adaptant chacun à leur genre de vie et à leur caractère.

Amoros est l’écho de ce mouvement comme Ling en Suède et Jahn en Allemagne ; il était nécessaire de remonter jusqu'aux sources même pour en comprendre la filiation, expliquer leurs points convergents et donner la raison de leurs dilférences.

Les ouvrages qui suivirent cette époque ne sont plus que .des travaux plus nourris, plus scientifiques, plus détaillés, mais, s’ils montrent une connaissance plus approfondie des effets de l’exercice, ilsne sont que la conséquence et lecorollaire des premiers. Le plan et le but de l’éducation sont dès lors arrêtés et fixés. Sa réalisation seule présentera des variations.

l’école française

11 nous est impossible de passer en revue les innombrables pages écrites depuis lors sur la matière, mais nous devons rompre le silence que Ton garde intentionnellement sur les noms des auteurs qui, soit dans la science biologique, soit dans l’éducation physique proprement dite, ont agrandi le champ des notions acquises.

Ne pouvant les citer tous et voulant néanmoins rendre un juste hommage à nos devanciers nous nous contenterons de rappeler les noms des savants et des praticiens qui ont établi la physiologie et de citer les grands oubliés. Ce sont Vinslow, Lamark, Jules Guérin, Cruveilhier, Sappey, Flourens, Claude Bernard, Brown-Sequard, Béclard, Gavarret, Charcot, Vulpian, Broca, Robin, Paul Bert, Chauveau, Marey, Beaunis, Duchenne de Boulogne, N. Daily et E. Daily, Clavel, Baldou, Collineau, Le Blond, Barrion, Carrieu, Dubreuil, Laisné, Pichery, de Jarry de Bouffémont, Sthrély, Crinon, Dr Nicolas, Nadaud, Décès, Blatin, Chassagne, Hillairet, François-Franck ; Auguste Comte, le fondateur de la philosophie positive ; les mécaniciens Poisson, Coulomb, Poncelet, qui ont étudié le travail des moteurs animés, Liard, Ribot, Binet, Buisson, les philosophes modernes de l’éducation ; quelques-uns d’entre eux ont été de véritables précurseurs.

N. Daily.

N. Daily publiait dès 1836 un cours de psychologie, puis en 1850 une notice sur le traitement de la pthisie pulmonaire par le mouvement; en 1857 paraissait son important ouvrage de Cinésiologie ou Science du mouvement dans ses rapports avec V éducation l'hygiène et la thérapie : puis en 1861 une notice sur la Cinésie ou Y Art du mouvement curatif dans ses rapports avec les mouvements naturels de l’organisme humain .

La Cinésiologie est une mine de matériaux à laquelle puiseront longtemps encore les auteurs modernes ; cet ouvragé rachète son ordonnancement un peu défectueux par sa richesse documentaire ; il donne un historique complet de la question et présente une conception large du sujet. 11 rat-

E. DA.LLY

tache la science de la vie à toutes les«auttes ci nontre les

rapports qu’elles présentent entre elles.

C’est une petite encyclopédie qu’on n’aura maintenant qu’à continuer. Il est surprenant qu un tel livre, Jépuisé de puis longtemps, n’ait pas été plus connu. Il était probable ment venu avant son heure comme bien d autres

E. Daily.

E. Daily, le fils du précédent, a laissé un grand nombre d’écrits sur la physiologie des exercices, ce sont :

LE D' E. DÀLLY

l’apôtre et le premier vulgarisateur des exercices respiratoires'’

en France.

Le plan d’une thérapeutique par le mouvement fonctionnel (Thèse, Paris, 1859).

Des monographies très importantes dans le Dictionnaire Encyclopédique des sciences médicales de Dechambre , articles Gymnastique, Déformations, Difformités, Dégénérescence. Un mémoire en collaboration avec Chassagne dans la Revue d’ Anthropologie sur les résultats de la gymnastique à l’école de Joinville; un autre sur les déformations scolaires de la

L ECOLE FRANÇAISE

colonne vertébrale et le traitement des déformations idiopathiques de la colonne vertébrale.

Il était élève de Triât et dirigeait un institut particulier, il a fait partie des commissions de l’Instruction publique, chargées de la réda ction des Manuels et a introduit le premier dans ceux-ci les exercices respiratoires dont il était l’apôtre.

. « Je crois, dit-il, avoir été le premier dès 1859 à faire de la respiration l’élément essentiel, le pivot de tout exercice gymnastique. Le manuel publié par les ministres de l’Instruction publique et de la guerre en 1884 reproduit une note que j’avais fournie pour un manuel antérieur en date. »

N. Laisné.

Laisné, remarqué par Amoros, avait été nommé sous-inspecteur des travaux et exercices à son gymnase de Paris en 1835. Amoros malgré toute l’activité qu’il avait déployée, et les succès remportés, eut ses revers.

« Après vingt années de luttes dont il était toujours sorti victorieux grâce à son énergie et à son savoir, il fut mis de côté ; il ne lui fut pas permis de veiller à la propagation et aux progrès d'un art dont il avait été l’initiateur dans notre pays et qu’il avait eu tant de peine à acclimater en France. » « Peu de temps après la suppression du gymnase Amoros, on s’aperçut qu’elle avait causé un vide qu’il fallait chercher à combler. Pour tenter une nouvelle organisation dès 1838, le ministre de la guerre nomma une commission chargée de rédiger un règlement pour l’enseignement de la gymnastique dans l’armée. Amoros, fondateur de la gymnastique en France, ne faisait pas partie de la dite commission , et Je règlement entièrement terminé et remis au ministère de la guerre ne vit jamais le jour.

« Le 21 octobre 1845, le Ministre de l’Instruction publique nomma une nouvelle commission chargée de résoudre le problème de l’enseignement gymnastique dans les collèges et écoles de France; elle termina son travail; mais il n’en est rien paru. En 1846, le Ministre de la guerre nomma une

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