‹ Évolution de l'éducation physiqueChapitre 33 sur 61 · IM IA S K DE TATONNEMENTS · texte numérisé non relu

IM IA S K DE TATONNEMENTS

portées en arrière, ce qui exige des contractions musculaires incompatibles avec de profondes inspirations. Dans toutes les grandes inspirations, en effet, les épaules s’élèvent pour

Coupes au con formateur.

Fig. 5

Coupes verticales du corps obtenues au moyen du conformateur et. montrant que l’élévation exagarée des côtes en bombant la poitrine est compensée par le refoulement des viscères abdominaux contre le diaphragme.

Les parties foncées correspondent aux saillies musculaires.

permettre aux muscles élévateurs des côtes supérieures d’agir plus efficacement sur celles-ci (Fot/*, note 1, page 312).

Exagérations funestes.

Il y a donc là une exagération et une connaissance incomplète des phénomènes mécaniques de la respiration chez ceux qui ont interprété le système de Ling; Hartelius, le vade mecum de l'enseignement suédois classique, ne pense pas ainsi quand il dit: « La gymnastique est basée sur les attitudes ordinaires de la vie et la position de la station droite doit être naturelle et sans raideur » (Hartelius).

Sans doute les nouveaux importateurs du manuel suédois ont voulu montrer leur zèle, ils ont cru qu’à toute exagération doit correspondre nécessairement un effet plus intense ;

l'école française

ils se sont malheureusement encore trompés comme il arrive chaque fois qu’on néglige le contrôle expérimental.

Daily conseillait de prendre la station droite contre un mur en faisant toucher à la fois la paroi verticale par les talons, les fessiers, les épaules et la nuque, ce qui diminuait ainsi le plus possible la flèche de la courbure lombaire et permettait cle respirer par le diaphragme et par les côtes. Cette position droite est beaucoup plus juste et plus normale que la position raide et sans beauté exigée par nos propagateurs suédois. Daily est le premier qui se soit occupé de gymnastique respiratoire en France il l’avait introduite dans le Manuel de Gymnastique et d’Exercices militaires publiés en 1880 par le Ministre de l’Instruction publique sous le ministère Jules Ferry. On peut voir dans ce manuel, en tète des exercices gymnastiques, les exercices respiratoires méthodiquement indiqués.

Développer la poitrine en l’amplifiant semble chose logique ; la fonction respiratoire, la plus importante de la vie, est, dit-on, en rapport avec le développement du poumon, le déplissement du poumon avec l’ampliation de la cage thoracique. Dilatons la cage thoracique, nous ferons entrer plus d'air dans une inspiration et, la fonction respiratoire étant accrue, on augmentera d’autant la capacité de l’homme en travail.

C’est là un raisonnement à priori , mais en biologie la déduction n'a aucune valeur. En réalité, les choses ne sont pas si simples.

Le fait de dilater la cage thoracique n'a pas forcément pour effet d’augmenter la capacité respiratoire, puisque le diaphragme et les viscères abdominaux (comme je le montrai dans divers expériences), sont aspirés dans la cage thoracique pendant les efforts d’inspiration.

L’élascité du tissu pulmonaire a une limite et on ne sait jusqu’à quel point il est bon de toujours l’étirer en maintenant les côtes constamment élevées en inspiration forcée sans les abaisser dans la période de repos ou d’expiration.

Augmenter l’amplitude du mouvement des côtes ne veut pas dire immobiliser le thorax en inspiration, cette amplia-

PHASE DE TATONNEMENTS

tion constante gêne la fonction respiratoire plutôt que de la favoriser.

Le coureur essoufflé succombe dans des efforts d’inspiration, il ne peut plus expirer l’air de son poumon et aspire dans son thorax un excès de sang. Du reste, le coureur entraîné n’a pas cette forme exagérément bombée de la poitrine, et pourtant il fait face à une dépense formidable de travail.

Il a une grande capacité respiratoire parce quil a des mouvements étendus des côtes, mais le volume extérieur de son thorax n’est pas exagéré.

Cette constatation a été faite par nous et par Marey, pendant les concours athlétiques de 1900 (fig. 6).

La forme exagérément bombée de la poitrine que recherchent les Suédois ne prouve donc rien au point de vue des échanges respiratoires, elle n’augmente pas la facilité avec laquelle le sang veineux redevient artériel. L’emphysémateux s’asphyxie avec une poitrine saillante. Les échanges nutritifs

sont les plus importants à considérer par rapport au travail musculaire, et il y a à ce sujet encore bien des choses à fixer.

Ajoutons d’ailleurs que, chez les êtres vivants, le développement de l’appareil respiratoire est une résultante et une partie seulement des modifications qui sont produites par l’entraînement au travail.

1 armi ces modifications, il faut distinguer celles qui sont profondes et font de 1 homme un producteur de travail plus grand et plus parfait de celles qui, étant superficielles,

Athlète remarquable par sa résistance et ne présentant pas cependant la poitrine bombée exagérément.

mo-

l’ÉCOI.E l'HANÇ \ ISK

Hig. 7# — Un même sujet photographié dans l’attitude du laisser-aller et immédiatement apr ès dans une autre où il s'efforce de bomber la poitrine, ces deux images pourraient faire croire à un développement considérable de celle-ci ; il n’y a en réalité qu’un déplacement des organes abdominaux et thoraciques.

1MIA.SE UE TATONNEMENTS

difient sa forme extérieure sans pour cela modifier sa vitalité.

Donc bomber la poitrine n’est pas tout; cette sorte de piastre nuage est absolument illusoire, et les dimensions absolues de la poitrine sont insuffisantes pour se rendre compte de la valeur d’un sujet, il faut y joindre la preuve dynamique de sa résistance à la fatigue en lui faisant produire du travail.

Les manœuvres que nous voyons journellement sur les quais ou dans les tranchées produisent une somme énorme de travail quotidien et cependant ils ne répondent pas à ce type ensellé et à poitrine bombée qui est le seul objectif de la gymnastique suédoise. La forme extérieure doit être la résultante du travail et non une acquisition superficielle sans valeur dynamique.

On peut certainement aider la nature en donnant plus d’amplitude et de souplesse aux mouvements du thorax, mais rien 11e peut remplacer au point de vue de la résistance à la fatigue la dépense en travail, c’est-à-dire l'entraînement, et sur ce sujet encore tout 11’est pas fixé aujourd’hui, à plus forte raison du temps de Ling.

On peut d’ailleurs obtenir le déplacement des organes très vite et très facilement. La figure (7) est la photographie d’un sujet quelconque prise dans deux attitudes successives: dans la première il se laisse aller, fait le gros dos en fléchissant l’échine et en rapprochant les épaules en avant ; dans la seconde il se redresse, bombe la poitrine et rentre le ventre : cela lui donne l’apparence d’un sujet perfectionné à la suédoise, sans lui demander beaucoup de mal ni beaucoup de temps, une seconde a suffi pour obtenir ce résultat, l’œil est satisfait, mais le résultat fonctionnel, quel est-il ? Les disloqués ont une mobilité des côtes tout à fait extraordinaire ; ils peuvent bomber la poitrine d’une façon monstrueuse en refoulant dans le thorax la masse des viscères abdominaux (fig. 8).

Faut-il conclure de là que ce sont des sujets ayant un pouvoir respiratoire supérieur et qui leur permet de résister à coup sur à la fatigue ; rien ne serait plus faux. Ces attitudes

Fig. 8. — Déplacement et pénétration des viscères abdominaux dans le thorax chez un disloqué.

168 l’école française

exagérées constituent donc une acrobatie comme une autre, c’est l’acrobatie du mécanisme respiratoire c’est un déplacement des viscères et rien de plus. Ces sujets qui s’y

livrent sont même loin de jouir d’une brillante santé, ils sont souvent la proie fatale de la ptliisie.

A côté de ces monstres à thorax hyperdilaté on peut voir

PHASE DE TATONNEMENTS

des sujets d’une forme moins accusée, présentant même des dimensions au-dessous de la moyenne et ayant cependant

tous les caractères d’une vie intense.

La coupe (fig. 9) est celle de la poitrine d’un sujet remarquable comme coureur de fond, elle est loin de répondre à la forme bombée et plastronnante, le profil (fig. 6) est celui d’un coureur et sauteur, champion de l’exposition de

Fig. 9. — Coupe horizontale et section antéro-postérieure de la poitrine d’un coureur de fond.

On n’y rencontre point de dimensions étendues mais une grande course des mouvements respiratoires.

1900; nous n’y voyons pas non plus les attributs d’une poitrine bien grande, cependant ces deux sujets sont de grands producteurs de travail parce que leurs organes bien denses fonctionnent avec intensité, ils ont une étendue considérable des mouvements respiratoires, par suite une grande capacité respiratoire relativement à leur poids, la fonction respiratoire en un mot s’accomplit pleinement. Le premier (fig. 9) a une taille de lra69, pèse 52k,8; ses diamètres thoraciques sont : antéro-postérieur 14°, 4 en expiration, 16min en plus en inspiration; diam. transverse 26e et 26mm en plus en inspiration ; sa capacité respiratoire est de 31. Ce sujet exécute avec facilité une course de fond de

L ECOLE l'H ANC AISE

5 kilom. en 20 minutes et une course de vélocité de 100m en 14 secondes. Ceci prouve qu’il y a dans la fonction respiratoire autre chose à considérer que le volume extérieur de la poitrine; la vitalité et le pouvoir nutritif d’un sujet dépendent surtout de la qualité de son système nerveux qui régit tout.

« On appelle mouvements bien déterminés ceux qui se con- « forment aux attitudes naturelles du corps (Ling).

C'est en vertu de cette vérité qu’on veut imposer des altitudes guindées, même impossibles à prendre, qui ne se justifient en aucun point et qu’on rejette d’autre part d’autres attitudes dont on peut tirer un parti évident.

Les fentes.

Les fentes dérivent par exemple de la station droite ; elles s’obtiennent en inclinant le corps en avant, en arrière et de coté en conservant au tronc sa rectitude et sa direction par

rapport à la jambe sur laquelle on oscille. On règle ainsi l’obliquité du corps sur la fente, la jambe qui s’incline sur le sol restant dans le prolongement du tronc.

Le but de ces lentes est d’obliger tantôt les muscles extenseurs, tantôt les muscles fléchisseurs du tronc à entrer en action, ils empêchent la chute en avant ou en arrière en se contractant avec d’autant plus d’intensité que l’inclinaison du corps est plus grande (fig. 10).

La fente en arrière (fig. 1 1) se déduit logiquement de la fente en avant, elle lui est symétrique; dans cette fente la jambe arrière est fléchie et le tronc s’incline dans le prolongement de la jambe en avant étendue, le bassin est fixé par les muscles psoas-iliaques, le tronc est rendu solide par la tension des

1 j g . 10. — t, station droite ; 2, tente en avant; 3, fente en arrière.

PHASE UK TATONNEMENTS

Fig. 11. — Fente en arrière.

muscles de l’abdomen, la jambe arrière qui porte la plus grande partie du poids du corps est maintenue fléchie et immobilisée par les extenseurs de la cuisse de la jambe et

du pied. C’est absolument ce qui se passe dans la fente en avant, la contraction musculaire est aussi nécessaire dans les deux cas pour maintenir les segments de la jambe avant fléchie sous un angle donné.

Dans l’une et l’autre position, l’équilibre serait impossible si la contraction musculaire cessait, on tomberait inévitablement en avant ou en arrière. La seule différence de ces deux fentes réside dans la position de la ligne de gravité qui dans la fente en avant passe en avant de la liçrne des têtes fémorales et en arrière de cette

ligne dans la fente en arrière. En utilisant ainsi le poids du tronc comme résistance, on suscite la contraction des muscles extenseurs dans le premier cas, des fléchisseurs du tronc dans le 2e cas.

La chose est nette ; mais on m’objecte que la fente en arrière ne peut être une position de départ parce qu’elle n’immobilise pas les segments, ce à quoi je réponds immédiatement que les positions fendues sont toutes dans ce cas, qu'il y a même des positions admises par les Suédois d’une stabilité encore bien plus défectueuse

et où la contraction musculaire seule maintient les jambes fléchies ; la station sur la pointe des pieds, les genoux fléchis et écartés pour en citer une parmi tant d’autres (fi g. 12).

Fig. 12. — Station sur la points des pieds à la Suédoise.

172 l’école française

On donne alors comme parfaite une fente en arrière dans laquelle la jambe d’arrière demeure tendue pour mieux fixer le bassin. Mais alors si le bassin est fixé sur les jambes, où va se passer le mouvement nécessaire à l’inclinaison du corps ? ce sera dans les parties les plus mobiles de la colonne vertébrale où l’extension est possible, c’est-à-dire dans la région lombaire (fig. 13).

Celle-ci s’arque et l’ensellure qui en résulte est proportionnée à l’inclinaison du tronc en arrière, la distance du pubis au sternum augmente donc, tandis que dans la fente

en arrière, jambe fléchie, les rapports de la cuisse, du bassin, du tronc sont absolument conservés et restent les mômes que dans la station droite. La règle posée comme principe de ne pas déformer le tronc n’est donc pas observée dans la fente en arrière à la suédoise.

Les fentes en avant, en

arrière et de côté étaient

en usage dans l’escrime

des Grecs anciens ; leur but était d’obtenir la stabilité la

plus grande pour donner le coup d’épée ou parer avec le

bouclier. Les bas-reliefs du Mausolée qui sont au British

Muséum nous ont transmis ces documents d’une façon in-

contestable (fig. 14).

Fig. 13.

1. Fente en arrière à la française. — 2. Fente en arrière à la Suédoise dans laquelle la distance S. P. du sternum au pubis augmente avec l’ensellure.

Extensions dorsales.

On appelle cela, il est vrai, faire une extension dorsale; mais, quand on se donne la peine de regarder, on constate que cette extension dite dorsale est tout bonnement une exagération de la courbure lombaire. On sait que la courbure dorsale chez un adulte ne peut se réduire au-delà d’une

PHASE L)E TATONNEMENTS

certaine limite indiquée par la rencontre des apophyses épineuses des vertèbres; sauf exceptions anormales il ne persiste de mouvements étendus qu’aux régions lombaire et cervicale de la colonne vertébrale où les apophyses épi

Fig. 14. — Sujets tirés des bas-reliefs du Mausolée montrant que les fentes en avant, en arrière et de côté faisaient partie de l’escrime

des Grecs anciens.

neuses ne s’imbriquent pas ; les apophyses articulaires ont dans ces parties leurs surfaces presque verticales , mais faisant avec celles de la région dorsale un angle de 90°, ce qui facilite leur mouvement d’extension.

L ECOLE 1 MANCAISE

A la région dorsale, au contraire, le mouvement d’exlension est bien vite arrêté par la rencontre des apophyses

épineuses à moins d’une déformation obtenue dans le jeune âge, comme on la rencontre chez les disloqués.

« Tous ceux (pii ont suivi ces « exercices savent avec quelle « insistance le professeur ré- « clame V hyperextension de la « colonne vertébrale, le renver- « sement des épaules en arrière, « l’agrandissement de la cage « thoracique, la rétraction des « muscles abdominaux (Coste, « loc. cit. page 53',. »

Si M. le lieutenant-colonel Ooste n’avait pas pour l’expérience et la mesure un dédain inexpliqué, il aurait constaté avec moi dans le laboratoire de son école que, si l'on prend

Fig. 15. — Extension dorsale tirée du manuel Suédois.

Fig. 16. — Extensions dorsales montrant 1 augmentation de l ensellure avec celle de la distance du pubis du sternum.

a Taide du ruban métrique la distance du pubis au sternum on la voit augmenter de 3, 4 centimètres et même plus à mesure tpie l'on fait une courbe raidie plus accentuée. Cela se

niASK DK TATONNKM K N l’S

comprend : si vous immobilisez le bassin, toute extension du tronc éloignera nécessairement le sternum du pubis, i l’on doute encore de ces faits, qu’on mesure la flèche de la courbure lombaire elle-même, on la verra s’accroître avec

l’extension (fig. ICI).

J’ai construit un conformateur à main très commode pour cela ; il donne exactement la forme de la courbure lombaire et permet de la ^ mesurer dans différentes positions. On voit toujours l’ensellure augmenter dans l’extension dite dorsale et la courbure dorsale rester invariable chez les sujets normaux (lig. 17, 18 et la note ii page 315).

Les disloqués même en sont la preuve, ils peuvent arquer complètement la colonne vertébrale et arrivent à faire toucher ainsi la tète avec les pieds.

Ils ont acquis par un exercice forcé, et avant l’ossification du squelette, une plus grande étendue des mouvements des vertèbres dorsales; chez eux les apophyses épineuses n’ont pas la même inclinaison sur le corps de la vertèbre que chez l’homme

normal et, malgré cela, la plus grande partie du mouvement d’extension se passe encore dans la région lombaire, jamais la courbure dorsale ne devient concave (fig. 19).

On nous représente des dessins de courbe raidie ou la courbure dorsale est réduite et deviendrait même concave

v,G. 17. — Formes de la courbure lombaire prises au conformateur :

l, dans la station droite correcte. — 2, dans la fente en arrière. — 3, dans l'extension dorsale jambes étendues. — 4, dans 1 extension dorsale à l’espalier. On constate que la rectification de la région lombaire est la plus grande dans la fente en arrière à la française (2), le corps dans le prolongement de la jambe en avant, la jambe arrière fléchie.

l'école française

Fig.’ 18. — Extension dorsale à l’espalier avec position

de départ.

On voit dans cette extension la courbure lombaire augmenter beaucoup.

Fig. 19. — Acrobates disloqués montrant que le mouvement d’extension de 1 colonne vertébrale se passe presqu’entièrement dans la région lombaire.

PHASE DE TATONNEMENTS

tandis que la région lombaire resterait absolument droite.

Quand nous avons demandé à l’auteur M. Tôrngren, directeur de l Institut de Stockholm comment ces figures étaient obtenues ; il n’a pas hésité à nous répondre :

« Nous prenons un squelette, nous le plaçons dans l’attitude que nous croyons bonne et nous le photographions(fig.20).

Ceci nous a suffi pour être édifié sur la sincérité et la valeur scientifique des documents suédois.

Les exercices d’extension dorsale sont absolument spéciaux à la gymnastique suédoise, ils ont pour effet de redresser la colonne vertébrale, en contractant énergiquement et simultanément : 1° les muscles de la pai lie supérieure du dos, ce qui projette la cage thoracique au-dessus des bras étendus et prolongeant la combine du tronc : 2° les muscles de l’abdomen, ce qui permet de maintenir les hanches en arrière de la hase de sustentation. Ils font affluer Ie sang dans les gros vaisseaux prolonds du corps. Intensifiés progressivement, ils peuvent devenir extrêmement puissants. On les accompagne toujours d’exercices dérivatifs

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iG Dessin représentant une courbe raidie avec un squelette tout a fait hypothétique.

D après Tokngkkn.

L K CO LE FRANÇAISE

nomène de l’effort d’expiration, la compression des viscères abdominaux par la ceinture abdominable, donc impossibilité du jeu du diaphragme et de la respiration normale, aplatissement même de la poitrine quand on dépasse un certain degré d’inclinaison du tronc en arrière.

L’augmentation de la pression intra-thoracique et intraabdominale n’est guère le moyen de Faire affluer le sang dans les gros vaisseaux profonds et la flexion complète du tronc qui comprime encore l’abdomen et ne décontracte point du

tout les muscles extenseurs aura du mal à ramener la circulation normale.

Voilà comment on prétend résoudre sans expériences les questions les plus compliqués de la physiologie des exercices du corps, au lieu de proposer leur solution à des hommes compétents et des techniciens sérieux.

On ne peut admettre cette manière de voir et surtout qualifier cela de procédés scientifiques. Ceux qui traitent ces problèmes au pied levé ne se doutent probablement pas de leur complication et de la difficulté de se prononcer judicieusement sur ces sujets; ils préfèrent trancher et arrêtera priori. Mais de quelle valeur sont leurs assertions et pouvons-nous nous baser sur des opinions de ce ‘genre sans qu’on apporte jamais aucun fait précis.

Nous avons donc eu raison de sortir de la formule étroite des positions fondamentales et d’introduire la fente en arrière dans le règlement français. Celle-ci demande du moins un effort certain des muscles de l’abdomen qui réduit la courbure lombaire et n’allonge pas ces muscles; le thorax peut encore être dilaté dans cette position. Toute exagération de l’extension dite dorsale empêche au contraire les mouvements respiratoires et aplatit le thorax parce que faction des muscles de l'abdomen fortement tendus est expiratrice ; les muscles tirent les côtes vers le bas en empêchant le soulèvement des côtes et rabaissement du diaphragme.

PHASE DE TATONNEMENTS

Impossibilité du mouvement pur.

On nous a fait d’autres objections qui méritent d’être rappelées en raison de leur nature particulière.

« La méthode de Ling, suivant M. le D' lissié, a piéci- « sèment pour objet et pour ellet de fixer le centre de gi<i- « vité d’après les points d’appui du corps pris dans les ■> « positions fondamentales et de l’immobiliser à 1 aide de « muscles chargés d’assurer la rigidité des segments articu- « laires formant bloc». (flissié, Revue scientifique, 17 juin 190o).

Fig. 22. — Mouvements impossibles à effectuer.

Partant de ce principe extraordinaire, on impose des attitudes impossibles à réaliser. On exige par exemple l’élévation de la jambe de côté ou en avant en maintenant le corps vertical et sans rien changer aux rapports des os. Pour le plus petit élève en mécanique c’est une absurdité évidente, pour M. le Dr Tissié cela devient une révélation et la clef de voûte du système.

Interrogeons les faits: mettez-vous debout contre un mur vertical, le corps et les pieds en contact avec la paroi, essayez alors d’élever la jambe en avant et de côté, vous aurez la réponse à la question.

La stabilité ne peut évidemment exister que si la ligne de gravité du corps se projette sur la base de sustentation.

t/kcole i iiancaise

Mais si vous dé[)lacez le centre de gravité dans le corps, vous devez compenser ce déplacement par un mouvement d'une partie du corps qui ramène le centre de gravité au-dessus de la base dont il était sorti.

J 'ai évalué à 8 centimètres environ en haut et à 4 ou 5 cent, en avant le déplacement du centre de gravité du corps en levant la jambe à l’horizontale (fig. 22).

Or, dans la station droite, la ligne de gravité tombe en avant de l’articulation tarsienne presque à la moitié de la longueur du pied, c’est-à-dire à 13 cent, environ du talon, ajoutons les 5 cent, de déplacement dus à l’élévation de la jambe, cela fait au total 18 cent, et la ligne de gravité passe alors à quelques centimètres des orteils.

Si les pieds sont ouverts, il n’y a pas d’équilibre possible ; dans les cas les plus favorables où le pied est très long, l’exercice pourrait à la rigueur s’effectuer, mais il est si pénible et si peu naturel qu’ilpeut être considéré comme acrobatique. Jamais on ne lèvera la jambe de cette façon ; tout le monde rejettera un peu le corps en arrière et juste de la quantité nécessaire et suffisante pour rétablir la stabilité compromise. On ramènera ainsi en arrière la ligne de gravité du corps déplacée par suite de l'élévation de la jambe.

Hérésie mécanique.

Les contradicteurs voient dans ce mouvement tout naturel d'inclinaison du corps une compensation a la force musculaire ; ils imaginent que le poids du tronc fait équilibre eu partie au poids de la jambe soulevée comme dans une bascule et en concluent (pie la tension et le travail des muscles fléchisseurs de la cuisse sur le bassin en est d autant diminué.

Le; travail se produira égal à la résistance si, durant 1 exécution, la pirlie du corps qui n'est pas mise en mouvement (c'est-à-dire la tête, le tronc, la cuisse gam be). reste maintenu sensiblement dans la position première debout, le bassin l>ien fixé par un travail énergique de tous les muscles fixateurs de la position debout (lig. 30). Si au contraire,

PHASE UK TATONNEMENTS

pendant qu'on élève la cuisse droite, on laisse le corps s'incliner vers la gauche et, par suite, contrebalancer en partie , par son pouls , la résistance à vaincre , le travail des muscles abducteurs de la cuisse est diminué d’autant , l exercice est exécuté suivant la loi du moindre effort et ne devient plus qu’un mouvement de compensation , d'équilibre.

Lé-Colonel Coste, U Education physique en France , p. 69.

L'auteur oublie qu’un lléau de balance est rigide et forme un seul levier, ce qui n’est pas le cas ici; la cuisse étant articulée avec le tronc, le mouvement de rejet du tronc en arrière n’entraîne pas le soulèvement correspondant de la jambe.

Ce soulèvement nécessite l’e II or t des psoas-iliaques, cet effort est d’autant plus grand que la jambe se rapproche plus de la position horizontale.

Si l'inclinaison du corps augmente comme dans la ligure ,23), le poids du tronc fait balance à celui de la jambe soulevée, à la condition que les muscles psoas et abdominaux se contractent assez fortement pour faire un tout rigide de ce système articulé. Loin de diminuer leur contraction, l’inclinaison du tronc l'augmente donc et les muscles sont soumis à une tension plus forte que lorsqu’on reste absolument vertical puisqu’ils sont alors sollicités par deux forces contraires ; le poids du tronc et le poids de la jambe soulevée tendant à ouvrir l’angle de ces deux segments et par conséquent à étirer les faisceaux musculaires qui les relient. L’étendue du raccourcissement des muscles dépend du degré de flexion de la jambe par rapport au bassin. Pour avoir cette valeur, il faut retrancher de l’élévation de la jambe l’angle d’inclinaison du tronc en arrière, il est facile de le constater sur la figure 23.

Les choses se passent encore plus simplement dans la pra-

Fig. 23. — Montrant que l’inclinaison [du tronc en arrière loin d’équilibrer le poids de la jambe augmente la tension des muscles élévateurs.

l'école française

tique car tout le corps se rejette en arrière pour assurer la stabilité ; les segments tronc et jambe restent dans le prolongement l'un de l’autre et forment une ligne droite qui s’incline tout entière sur le sol autour de la cheville du pied (fig. 24).

On peutencore rendre si possible cette démonstration plus claire.

Considérons un sujet étendu sur un banc (fig. 25) les pieds fixés, et le tronc incliné en arrière :

1° Personne ne niera la contraction des muscles de l’abdomen dans cette attitude puisque c’est justement l’exercice type pour ces muscles.

2° Je réduis mon banc à deux supports : l’un pour le bassin, l’autre pour le pied; rien n’est changé à l’équilibre (fig. 26). 3° Je remplace mon support par une jambe tendue en lais*

Fig. 24. — 1. Mouvement général d’inclinaison du corps autour de la cheville pour rétablir l’équilibre compromis parle soulèvement de la jambe en avant. — 2. Inclinaison du tronc sur la jambe avec élévation de l’autre.

sant reposer l’autre horizontale sur la béquille; la contraction se maintient toujours aux muscles de l’abdomen (fig. 27).

4° Je supprime enfin la béquille la jambe devenant libre, son poids tend à l’entraîner, pour la maintenir horizontale

PHASE DE TATONNEMENTS

je dois contracter les psoas-iliaques, dont la tension va alors augmenter (fig. 28).

Ces fléchisseurs faisaient tout à l’heure (fig. 25, 26, 27) équilibre au poids du tronc seulement, ils doivent faire

équilibre maintenant au poids de la jambe qui n’est plus soutenue par la béquille. Leur effort est donc sensiblement

plus grand. Il en est de même étirés par le poids de la jambe s médiaire du bassin. Les Schémas (fig. 23) montrent bien ce qui se passe.

Du reste vous faitesàl’espalier cette inclinaison du tronc en arrière et cela n’empêche pas la contraction des fléchisseurs de la cuisse lorsque vous soulevez la jambe (fig. 29).

Pour lever la jambe en avant sans incliner le tronc en arrière, il faut donc des contractions tout-à-fait exceptionnelles pres-

; des muscles de l’abdomen 'exerçant sur eux par l'inter-

jambe à l'espalier (tirée. du manuel suédois).

L’ensellure est évidente.

qu’anormales; en tout cas, il est

impossible d’élever la jambe en avant sans rejeter le corps de côté de la quantité nécessaire à amener s-Vir le pied à terre la ligne de gravité qui, sans cela, tomberait en dehors de sa base de sustentation.

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