I- ECOLE FRANÇAISE
Dr Demoor de Belgique confirment complètement cette manière de voir.
Si la physiologie sert à quelque chose dans la science de l’éducation, c'est justement parce qu’elle établit les relations vraies entre nos mouvements et leurs effets, entre les habitudes et leur valeur utilitaire.
Une éducation vraiment scientifique, loin de nous inciter à gaspiller notre énergie, doit nous appre Ire à utiliser au mieux celte énergie pour notre réel bénéfice.
Nous savons maintenant que les muscles sont reliés par les nerfs moteurs aux (‘entres nerveux qui leur commandent. Ces centres nerveux sont le clavier dont il faut savoir jouer.
Le muscle n’exécute que ce qu’on lui demande ; s’il exécute mal un mouvement, c’est que l'ordre lui a été mal donné. Si I on veut améliorer ou corriger un mouvement c’est cet ordre qu’il faut toucher et modifier. Les muscles ne sont pas ] > 1 us responsables de ce qu’ils font (pie les soldats qui exécutent l'ordre de leur chef. Ceux-ci peuvent se rendre coupables de désobéissance mais point de la réussite ni de la valeur du commandement. L’action centrale qui précède l’acte et accompagne la volonté comporte toutes les conséquences de l’exécution.
Si l'on savait bien ce (pie l’on doit faire avant d'exécuter un mouvement, on pourrait le faire tout de suite bien ; les tâtonnements et les insuccès proviennent de ce (pie l’on va en aveugle sans savoir où ni comment. On aura beau recommencer un acte i mpai fait, sans modifier l'ordre nerveux, on constituera une habitude mauvaise, on ne gagnera rien de plus en qualité, ou doit toujours reprendre l’acte à son début, si on veut le corriger.
U faut se garder de toute confusion, surtout au commencement, éviter tout bégayage, tout accord discordant ou faux, les relations entre les actions particulières de chaque muscle doivent être justes. La résultante des actions simultanées des muscles mis en jeu produit une sorte d'accord, les suites d’accord forment une phrase (pii sera correcte et esthétique si ces accords se suivent cl mari lient avec des ac-
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lions communes et des transitions douces, comme dans les marches d'harmonie.
La souplesse implique toujours le mouvement, jamais le repos; l’effort statique est assimilable à un accord dissonnant sans résolution et n’aboutissant pas à l’accord parlait, le repos complet.
Les impressions qui subsistent dans les centres moteurs sont assimilables aux impressions visuelles persistant après une sensation lumineuse. La mémoire s’étend à tous les sens, mais parmi les impressions visuelles, il en est de fugitives, il en est au contraire de durables quand on y apporte toute son attention, quand on regarde bien au lieu de se contenter de voir. Les mouvements voulus et exécutés avec attention laissent de même une impression plus forte et plus définitive qu'une foule d’actes incohérents et confus.
La grâce, l’élégance ne sont pas autre chose que le résultat de l’économie dans nos mouvements et de l’harmonie avec laquelle nous les associons.
L’expression du geste est le summum de l'art de se mouvoir. Les mouvements géométriques sont un dégrossissage, mais à quelle distance nous laissent-ils de la perfection dont notre nature est susceptible; autant les comparer à la marche d’un amputé remplaçant par des jambes de bois la fonction des pieds , ce chef-d’œuvre de souplesse et d’équilibre.
Le geste uni à la danse comme les Grecs la comprenaient, comme Miss Isidora Duncan l'a fait revivre, ce n’est plus du mouvement seul, c’est de la pensée. Pendant que l’orchestre exécute la musique de Gluck, tout ce qu'a senti Gluck renaît dans ces gestes. C’est Gluck qui parle, Isidora Duncan entend et répond.
Pour arriver à un résultat aussi complet, il faut dès le début rechercher cette harmonie parfaite qui constitue la beauté de nos mouvements et en faire une chose habituelle sans jamais s’en départir.
Quelle erreur de principe que de dissocier les mouvements qui ne devraient jamais être séparés, et d’associer ceux qui ne s’accorderont jamais entre eux.
194 l’école française
Disséquer n est pas donner la vie, s occuper des muscles et laisser le cerveau, leur maître, dans l’ignorance de ce qu’ils font, c'est parler aux valets sans aller jusqu’à leur chef, c'est vouloir éduquer le cadavre et lui demander de revivre ensuite, c’est courir à une grande déception; on s’apercevra un jour qu’on cherche l'impossible et qu’on s’est lamentablement trompé.
Paradoxe de Diderot appliqué aux mouvements.
Les notions précédentes nous amènent à un point obscur et paradoxal sur lequel nous nous arrêterons un instant. De même qu’un acteur en scène, pour émouvoir, n’a pas besoin d’être ému, un sujet a-t-il besoin, pour exécuter un mouvement difficile, d'en connaître le mécanisme et d’y avoir réfléchi suffisamment pour en faire l’analyse.
• La pratique ne suffit-elle pas pour affiner inconsciemment ce mécanisme et les sensations musculaires seules ne lui permettent-elles pas de trouver et de choisir les actes musculaires qui lui sont utiles. Ce triage et l’ordre qui en résulte est-il réfléchi, est-il perçu par les centres intelligents, passe-t-il par la conscience ou reste-t-il le rôle des centres nerveux dits inférieurs.
Les animaux très adroits nous donnent l’exemple d’une absence complète d’étude de ce genre ou, du moins, ils ne nous paraissent pas se servir de ce mode d’éducation; on ne pourrait cependant pas l'assurer, l’observation très approfondie du sujet n’a pas encore été faite, peut-être nous réserverait-elle des surprises.
D’autre part la réflexion et l’analyse mentale peuvent-elles aider l’exécution des mouvements difficiles et jusqu’à quel point ? Gela dépend évidemment des individus. Pour ceux dont la mentalité est fruste, il n’y a pas de doute, la réflexion ne peut leur servir de rien ; chez les autres, au contraire, il n’est pas douteux que l’attention portée sur la préparation et l’exécution d’un acte musculaire compliqué puisse amener plus rapidement et plus sûrement sa réussite, car les incor-
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rections sont ainsi mieux perçues, les fautes plus vite corrigées parce que mieux comprises.
Le progrès dans les exercices difficiles consiste dans une meilleure répartition de l’acte nerveux, c’est un perfectionnement consistant à éviter le désordre, à mieux faire ce qui est nécessaire, à se rapprocher de plus en plus du mouvement voulu et cela avec le minimum de dépense. Ce progrès et cette répartition économique ne se font pas tout seul, ils ne sont pas obtenus seulement parla répétition du mouvement; il y a évidemment un autre élément de succès, le raisonnement qui précède l’acte et la résolution qui l'accompagne sont certainement plus nets à chaque nouvelle tentative d’exécution et c’est ce jugement plus précis qui modifie l’acte dans le sens de sa parfaite exécution.
Ce raisonnement, j’oserai dire inconscient, ou cette conscience obtuse, est un phénomène général, primitif et commun à tous les éléments vivants ; il sullil pour provoquer l’association nouvelle qui constitue le progrès; il existe surtout dans les éléments musculaires et nerveux, on peut le considérer comme une propriété spéciale de la matière vivante c’est plus que de l’habitude ; développée et spécialisée elle devient la conscience (l).
Chez le sujet conscient et chez le sujet inconscient pouvant cependant corriger ses fautes, il n’y aurait donc qu’une question de plus ou de moins, la nature du phénomène serait la même.
Les lois de la locomotion sont de tous les phénomènes biologiques les mieux connues et les plus indiscutables. Nous avons consacré de longues années à leur étude avec les procédés les plus exacts de la technique moderne (2) et nous avons constaté avec Marey (3) (pie les sujets d’élite se rappi oc lient d un type unique caractérisé surtout par son rendement économique. J ai conclu de là qu’étant donnée
(1) Demeny, Les Bases scientifiques de l' Education physique.
(2) Travaux de la station physiologique et Mécanisme et éducation des
mou vements.
(3) Marey et Demeny, Étude delà locomotion de l'homme , comptes-rendus de t Académie des sciences.
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notre structure, abstraction faite des différences de détail, et si nous voulons effectuer au mieux un travail donné, il n’est pas indifférent d’agir d’une façon quelconque ; il y a au contraire, à côté de mouvements indéterminés, une seule bonne manière de procéder. Cette bonne manière est employée instinctivement par les sujets d’élite. r solution des problèmes les plus compliqués de la mécanique animale est donnée ainsi inconsciemment par ceux qui s’exercent sans contrarier la nature. Cette solution est la seule bonne, à nous de. l’enseigner par imitation.
Révolte du dogmatisme contre la Nature.
La gymnastique suédoise ignore ces lois naturelles et ne vise pas l’utilisation économiq ue de nos forces ; elle enseigne même sans raison des choses conventionnelles contraires à notre organisation. Elle enlève à plaisir toute souplesse et toute élégance à nos mouvements ; elle le fait au nom d’un prétendu principe scientifique ; elle impose par exemple au sauteur des attitudes bonnes dans la gymnastique de plancher, elle le gène ainsi inutilement, détruit toutes ses impulsions naturelles et lui commande de trouver son équilibre dans les conditions les plus difficiles, sans se servir des moyens simples et logiques.
Tous les enfants et tous les sujets n’ayant passé à aucune école se servent des bras pour sauter, ils font tous le même balancement coïncidant avec l’impulsion des jambes, balancement que l’on retrouve aussi à la chute.
L’école suédoise décrète que les bras ne servent pas à celle-ci, ils devront s’immobiliser, et les victimes de cette fausse éducation font de pénibles efforts pour être dociles, ils arrivent à sauter comme un sujet lié dans un sac, mais c’est toujours au détriment de la longueur du saut et de l’économie de la force ; on sent qu’ils peinent horriblement, ce serait pourtant si facile d’écouter la voix de la nature et non de lui résister.
Le but du saut est-il de sauter, de franchir moelleusement
PHASE DE TATONNEMENTS
un obstacle et d’annuler toute sa vitesse au point de chute avec souplesse ou bien de gonfler encore sa poitrine pour plastronner ?
Et l'on trouve des hommes intelligents mais connaissant assez peu la vie et les mouvements pour accepter de telles fantaisies.
u Lorsque M.Demeny déclare que dans les applications énergiques chacun agit suivant son style, il proclame cpie chacun peut agir en prenant des attitudes de compensation qu imposent une mauvaise conformation ou un assouplissement incomplet.
C'est une conception inférieure et décevante de V éducation physique contre laquelle nous tenons à nous élever avec énergie. Nous estimons qu’il est plus utile de s’exercer de façon à développer judicieusement son corps, que de pouvoir lancer un disque à 4 mètres plus loin ou à sauter 10 centimètres plus haut, sans harmonie, et en risquant défaire une chute au delà de l’obstacle.
Le manque de correction dans les attitudes pendant les exécutions sportives énergiques ont pour origine principale une éducation physique élémentaire imparfaite ou défectueuse ainsi qu’un manque de méthode dans l’entraînement. »
(Lefébure, Jeux olympiques d'Athènes en 1906.)
J’avoue ne plus rien comprendre à l’éducation physique si elle consiste à empêcher systématiquement l’homme de profiter de tous ses moyens naturels dans la pratique et à le maintenir dans une infériorité athlétique voulue pour se conformer à une correction d’attitude que personne ne saurait définir.
Comment donc les hommes se sont-ils développés? est-ce par les mouvements habituels ou par l'immobilité. Les Grecs et aulres populations essentiellement sportives et artistes ont-ils été à l’école de Stockholm ? allons-nous trouver laides et mauvaises les attitudes des statues des athlètes anciens parce qu'elles ne s’accordent pas avec la théorie des disciples de Ling ? N’insistons pas.
Les Suédois se trompent, ils le savent bien lorsqu’ils distinguent deux sortes de sauts : le saut sportifs t le saut éducatif. 11 semblerait que le saut éducatif, comme l indique
l’école française
son nom, devrait servira l’éducation du sauteur et préparer ainsi au saut sportif ; il n’en est rien et c’est là qu’apparaissent des contradictions étranges et absolument incompréhen-
Fig. 34. — Saut en longeur de pied ferme exécuté naturellement avec souplesse (départ et arrivée).
sibles : le saut éducatif n’a aucun rapport avec le saut, bien plus, on y apprend des mouvements incompatibles avec l’acte de sauter ; comme conséquence, vous enseignez un mouvement d’une espèce particulière, vous créez par cela même des habitudes c'està-dire des associations musculaires mais vous les créez fausses, vous ne vous en servirez pas dans la pratique; est-ce là une éducation scientifique ?
Nous savons par expérience que, dans la chute de tout saut en longueur , le pied pose par le talon comme dans la marche, il faut bien trouver en effet un point d’appui antérieur sur le sol pour détruire la vitesse horizontale du corps (fî g. 34). Les Suédois ne sont pas sorciers plus (pie moi, jamais ils ne pourront anéantir une vitesse hori-
Fig. 35. — Saut en longueur de pied ferme, exécuté selon la méthode suédoise, raideur complète du corps à la chute.
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zontale avec un effort vertical des jambes. Ils enseignent donc de tomber le corps droit sur la pointe des pieds, (fig. 3oL Mais, aussitôt les pieds à terre, l’action du membre inférieur n (‘tant jamais dans la direction de la vitesse V déterminée par la tangente à la trajectoire du centre de gravité du corps, ce dernier tend immédiatement à tourner autour du point fixe 0 (fig. 36). Pour éviter la chute sur la face, chute inévitable, le sauteur fait alors une série de petits bonds au lieu de rester sur place et détruit à chaque fois un peu de sa vitesse horizontale. Les bras devant demeurer immobiles serrés contre le corps pour satisfaire la théorie, l’allure présente
alors une raideur et une gène tout à fait grotesques.
Que ne va-t-on plus loin dans l’application des principes suédois et n’oblige-t-on les gens à descendre d’une voiture en mouvement et h tomber en restant immobile sur le sol,
F ig. 36. — Positions du corps au moment de la chute dans le saut en longueur exécuté : 1, à la manière française ; 2, à la manière suédoise.
Fig. 37. — Obliquité du corps nécessaire à l’équilibre final dans la descente d’une voiture en marche.
le corps vertical en bombant la poitrine, ce serait pourtant logique, peut-être moins pratique. Tout le monde sait au contraire qu’il faut se pencher en sens inverseMe la vitesse pour annuler celle-ci (fig. 37).
l’école française
Je n’exagère pourtant point :
« Aussi longs , aussi hauts, aussi énergiques qu’ils soient, tous les sauts laissent intacte l’extension du tronc qui doit être la condition primordiale de chacun de nos mouvements » (Dr Ivaisin) (1).
Mais, la chose étant impossible, le sujet ainsi éduqué triche toujours etM. le Dr Kaisin nous donne des figures photographiées qui ne sont pas d’accord avec ses principes, nous lui savons gré de s’être rapproché de la nature malgré lui, grâce au cinématographe.
Vous apprenez donc à sauter pour bomber la poitrine et laisser intacte l’extension du tronc, mais, quand vous sauterez pour sauter, vous ferez comme bon vous semblera ; singulière éducation ! Cependant M. le C‘ Lefébure accorde que « Les fautes qui ne sont pas corrigées ne disparaissent plus » ; quand vous aurez appris systématiquement la raideur, vous deviendrez souple tout à coup, par pur hasard. Comment sortir de cette confusion et tirer quelque chose de clair et d’utile de tout cela.
Le premier praticien venu comprendra l’extravagance de ces principes ; mais, en Suède on considère la chute d’un saut comme un acte d’équilibre ; on laisse de côté, il est vrai la partie essentielle de la chute qui consiste à détruire la force vive du corps à l’arrivée, au moment où les pieds touchent terre. On enseigne ainsi l’inverse de ce qu’il faut faire pour aider l’amortissement et assurer la stabilité finale. On assimile le sauteur à un objet reposant sur le sol sans tenir compte de la vitesse qu’il possède. On ne fait aucune distinction entre le cas où la vitesse est verticale et celui où elle est oblique ou horizontale. Cela importe peu, car il suffira de fléchir les jambes et d’écarter les genoux pour augmenter la hase de sustentation (sic) et annuler la vitesse.
Essayez donc d’exécuter un vrai saut en longueur avec ces principes, mais méfiez-vous de vous rompre le nez, nous ne garantissons rien : peut-être nos éducateurs du Nord ontils été pris de scrupule et distinguent-ils pour cette raison
(i) Essai critique de la gymnastique suédoise.
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deux sauts, le saut sportif qui sert à sauter comme vous l’entendez et le saut éducatif qui n’enseigne aucun des mouvements ayant rapport avec le saut.
Ceci indique chez les auteurs une notion encore un peu fruste des allures de l’homme et des lois de sa locomotion.
« Il y a heu de noter que, dans le saut éducatif, le gymnaste suédois retombe à terre, en parfait équilibre, sur la pointe des pieds, les talons joints, les pieds ouverts et tes genoux écartés le plus possible pour augmenter la base de sustentation, les bras ramenés le long du corps, là tête et le tronc dans la position verticale.
On estime à l'institut de Stockholm que les bras doivent rester le long du çorps dans les premiers sauts élémentaires surplace afin d habituer l’élève à localiser l'effort et le bien diriger sans rompre l’équilibre. Tout mouvement irrégulier des bras , pendant V exécution d'un saut quelconque indique , en effet, que V équilibre a été rompu pendront l’élan, le trajet dans l’air ou la chute , et que le gymnaste a dû, pour le reprendre , recourir à un mouvement de compensation » (Col. Coste , loc. cit. page 82).
« Le saut n’est éducatif c’est-à-dire ne produit le perfectionnement du système cérébral de commande musculaire des mouvements que si les conditions d’exécution en sont précises et que si l’élève s’attache à les observer le plus strictement possible.
Les mouvements des bras ne servent qu’à contribuer au maintien de l’équilibre ou à augmenter un peu l’élan. Il est évident que l'élève sera plus maître de ses mouvements , plus adroit , mieux équilibré , c'cst-à-clire mieux éduqué en apprenant à se passer de cette aide accessoire . »
(de Gents, Gymnastique pratique suédoise).
Ainsi M. de Gents reconnaît l’ utilité des mouvements des bras, évidemment bien à regret, mais, comme ces mouvements contrarient le dogme Suédois, il conclut de les rejeter parce que son élève sera mieux éduqué en s’en passant. Nous renvoyons cet auteur à notre étude détaillée sur le rôle économique du mouvement des bras dans la locomotion (1). D’après le commandant Lefèbure :
« La Gymnastique donne également à l’homme le sens de la conservation de l’équilibre et par la gradation progressive des exercices qui
(l) Demeny, Mécanisme et éducation des mouvements.
l'école française
tendent à supprimer toute contraction qui ne soit pas indispensable à leur exécution, elle lui procure l’avantage de l’effort utile » (Lefébure, Méthode de Gymnastique éducative).
Ce principe est la base même de la souplesse, il est parfait, mais comment le concilier avec le principe de Gents et surtout celui du D1 Kaisin précédemment cité ? D’autre part le commandant Lefébure définit le saut commeil suit :
« La trajectoire du saut doit être parcourue en parfait équilibre. La chute s exécute en parfait équilibre en fléchissant les jambes avec souplesse de la quantité nécessaire et suffisante pour amortir le choc sans abaisser les talons et sans descendre sous l'angle droit aux différentes articulations des jambes et de la hanche. Après la chute, s'élever en équilibre sur la pointe des pieds.
Toujours l'équilibre du corps doit rester parfait pendant les sauts afin de les effectuer avec sûreté et sans danger.
Exiger le maintien de la position fléchie des jambes au point où s’est produite la chute sur le sol.
Les exercices préparatoires aux sauts sont décomposés en temps afin de contraindre ceux qui les exécutent à régler l’impulsion et à conserver un rigoureux équilibre.
A la chute d’un saut en longueur ramener aussitôt les bras à côté du corps pour conserver l' équilibre .
Dans le saut en longueur avec élan ramener vivement le bras en arrière au moment de la chute pour conserver /’ équilibre . »
Autant de mots autant de contradictions.
M. le commandant Lefébure aura beau exiger et contraindre ses élèves, il ne fera jamais du saut un acte d’équilibre ; il aura beau vouloir, les lois de la dynamique ne seront jamais celles de la statique, le premier écolier venu n’écoutant que la Nature lui apprendra comment on saute à la condition toutefois de n’avoir jamais été à son école ce qui fausserait ses associations nerveuses irrémédiablement. La pseudo-science suédoise sert encore ici à nous priver de nos moyens naturels pour faire des chutes avec une raideur désespérante mais selon les principes intangibles.
Le saut à la française s’inspire au contraire de l’observation de la nature et fait concorder toutes les actions méca-
PHASE DE TATONNEMENTS
niques qui concourent vers le même but, à savoir : détruire la vitesse au point de chute.
Dans le saut en longueur le pied touche terre par le talon, ce moment très court est suivi du poser du pied par toute la plante, ce qui assure l’adhérence sur le sol ; au moment de la chute, le corps possède une vitesse dirigée suivant 11 \ (fig.36). Cette vitesse est annulée : 1° par la résistance du membre inférieur qui s’exerce suivant H F opposée à H Y; 2° par le poids P du corps qui tend
à faire tournerjla hanche en Yt
sens inverse de la vitesse horizontale, c’est-à-dire à le faire tomber en arrière(fig.38); 3°par le lancer des bras en avant qui déplaçant rapidement le centre de gravité du corps en avant obligent le corps à reculer en arrière ; 4° par l’action des muscles extenseurs du pied prenant leur point d’insertion fixe sur le pied et s’opposant ainsi à la rotation de la jambe autour de la cheville ; 5° par l’action des extenseurs du tronc sur la cuisse qui retardent la chute du corps en avant et le rejettent en arrière.
Toutes ces actions s’ajoutent pour détruire la vitesse horizontale, la seule dangereuse dans le saut en longueur, et le corps peut se relever en station droite sans avoir quitté ses empreintes premières sur le sol ; tous ces actes se font avec la plus grande souplesse et c’est ainsi qu’on doit les enseigner.
C’est d’ailleurs de cette façon que l’exécutent tous les sujets guidés instinctivement par les lois naturelles et l’économie (lîg. 39). On trouve les mêmes lois chez les animaux et nous aurions la prétention d’imaginer autre chose ! (fig. 40).
Ce que j’ai dit du saut s’applique à l’éducation de tous nos mouvements.
bo . 38. — Obliquité de la jambe nécessaire au moment de la chute pour détruire la vitesse oblique du corps.
Le pied pose alors un instant par le talon. Le poids du corps donne une composante Pt retardatrice de la rotation Y, de la jambe antour du point 0.
l’école française
Qu'on nous explique donc ces contradictions ; vous refusez au sauteur de prendre une attitude groupée, ce qui lui permettrait de bien saute sous prétexte de ne pas lui com-
Fig. 39. — Saut en longueur précédé d’une course exécuté avec souplesse et en faisant agir les bras pour amortir la chute.
primer la poitrine, et vous faites exécuter à la corde lisse le grimper dans une attitude bien plus mauvaise avec effort
Fig. 40. — Tous les bipèdes et quadrupèdes, homme, oiseau, cheval, kangouroo ayant de la vitesse horizontale portent en avant leur membre inférieur pour amortir leur chute.
concentrique des fléchisseurs ; vous condamnez le renversement aux anneaux et vous le laites exécuter à deux cordes lisses, (voir fig. 46). Nous pouvons déduire de là que le sys-
PHASE DK TATONNEMENTS
tème suédois est faux dans l’application puisqu’il ne s’accorde
pas avec les lois naturelles.
Même ignorance de la marche et de la course. M. Lefébure voudrait suprimer les actes nécessaiies à la lo comotion et substituer aux allures normales des alluies raides et compassées exigeant des contractions inutiles.
« Les défauts habituels de la marche, dit-il, sont les sui-
vants :
« 1° L’oscillation du tronc d’avant en arrière. « 2° La rotation des hanches et des épaules.
Fig. 41. — Le poser du pied par la plante dans la course.
L'auteur ne voit pas que ces mouvements sont nécessaires, les supprimer c’est détruire toute l’élasticité de l’allure et employer pour les abolir des forces en pure perte. D'après lui il faut toujours poser le pied par la pointe dans les courses de vitesse ; or, jamais les coureurs ne font ainsi (fig. 41 et 42).
Ils ont une raison pour cela ; poser le pied parla pointe, c’est diminuer la longueur du pas, c’est se priver du déroulement du pied, le facteur le plus important de l'impulsion ; (fig. 43 et 44) c’est fatiguer inutilement le mollet et n’améliorer en rien l'amortissement du choc du pied. L’auteur s’ima-
l’école française
gine que la chute ne peut être amortie qu’en tombant sur la pointe des pieds, parce qu’il confond toujours la chute vercale avec la chute oblique.
Fig. 42. — Coureur au moment de Lappui du pied et à la fin de l’impulsion.
Dans la course, la vitesse du corps V, au moment du poser du pied, est presque horizontale ; il n’y a donc pas de chute verticale ou du moins elle est de quelques centimètres seulement.
Fie. 43. — Le poser du pied par la pointe diminue la longueur du pas de course et la durée de 1 impulsion.
Quand le pied se pose, il se fixe sur le sol d’autant mieux qu’il présente plus de surface de contact, il est évidemment mieux fixé par la plante que par la pointe ; la vitesse de la
PHASE DE TATONNEMENTS
hanche produit aussitôt la rotation du membre intérieur autour de la cheville du pied et, de la position 11* à la position Il2, les muscles extenseurs du pied et de la jambe prenant leur point d’insertion fixe sur le talon et sur le tibia, s’opposent à ce mouvement de rotation en luttant contre la distension dont ils sont l’objet; ils font dans ce cas du travail négatif et agissent à la façon d’un frein (fi g- 45).
Leur tension se maintient jusqu’à la position extrême du membre inférieur H G G au moment du
lever du pied et, de négatif, le travail de ces muscles devient positif après la position H2.
Les muscles du mollet en prenant leur insertion fixe sur
Fig. 44. — Déroulement du pied dans la course.
Fig. 45. — Destinée à montrer le rôle de frein des muscles extenseurs de la jambe dans l'amortissement du choc du pied dans la course.
le pied sont bien dans la meilleure situation pour résister à la rotation de la jambe et atténuer ainsi le choc dans une direction presqu’horizontale.
Dans la position du pied par la pointe, (fig.45) au contraire
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la jambe est iléchie, l’amortissement de la vitesse horizontale est impossible, l’acnOn impulsive de la jambe est tout à fait restreinte, le pied ne pouvant plus se dérouler sur le sol, son mouvement d’extension sous l’action du mollet est diminué ; ce dernier fait seulement un effort statique de soutien au lieu d’effectuer un travail dynamique ( Voir note vin, page 335).
Ignorance des fonctions nerveuses.
Il y a encore bien d’autres erreurs fondamentales; par exemple on ne distingue pas le mécanisme d’un mouvement vif de celui d'un mouvement ordinaire ; il n'y aurait donc pas d’exercices spéciaux et nécessaires pour cultiver la vitesse. On sait cependant qu’on ne peut exceller dans l’escrime, dans la boxe et le lancer sans pratiquer spécialement ces sports. Ecoutons M. le C‘ Lefébure qui cherche à nous éclairer sur ce point ; dans le passage suivant, d’ailleurs assez curieux, cet auteur confond l’étendue d’un mouvement avec sa vitesse :
<( AI. Deineny estime qu’un coup poing et sa parade constituent un exercice de la gymnastique éducative dont l’action est physiologiquement différente de celle produite par une extension de bras et mérite par conséquent un classement spécial et nécessaire dans chaque leçon de gymnastique.
« Nous estimons, nous, qu’en effet il existe une différence anatomique entre les extensions des bras de la gymnastique suédoise et un coup poing au point de vue du développement et de l’assouplissement rationnel du corps ; c’est que la gymnastique suédoise fait exécuter des extensions complètes des membres supérieurs y compris les extensions des doigts } tandis que le coup de poing constitue une extension incomplète des bras, non compris les extenseurs des doigts; l’extension complète n’étant ni plus ni moins énergique que l’extension exécutée avec le poing fermé.
« L’on ferme le poing dans la boxe, pour faire du mal à son adversaire en évitant de se faire mal à soi-même ; voilà tout >).
1 ‘ ! i A S K l)K T A TON' N K >1 K N T S
Pour ma part je ne souhaiterai pas, môme a mon ennemi, de se trouver avec une préparation consistant en extensions des bras à la suédoise en face d’un boxeur exercé; il pourrait peut-être se rendre compte à ses dépens qu’il y a entre les deux manières de procéder une différence, et que celte différence n’est pas seulement anatomique.
Dans un mouvement de détente comme le coup de poing, la vitesse s’accélère depuis le commencement jusqu’à la lin du mouvement. Pour cela les muscles extenseurs du bras se contractent sans interruption et les antagonistes se relâchent ; dans une série d’expériences nous avons constaté que l’acte nerveux dans la détente diffère totalement de celui du mouvement lent ou retenu (1). Il en diffère par son intensité et son mécanisme intime. La durée de l’acte nerveux dans un coup de poing est plus importante que celle de l’acte musculaire. C’est la partie essentielle du mouvement, c’est elle qui varie le plus suivant avec les individus et leur état. Aussi les efforts statiques ou lents ne donneront-ils jamais la vitesse. Ceux qui s’entraînent aux exercices de force perdent au contraire toutes leurs qualités du côté de la rapidité.
Nous n’exagérons pas en assurant que les Suédois n’ont pas plus fait de distinction entre un mouvement vif et un mouvement lent, qu’entre un exercice correctif et un exercice d’application. Ils ne connaissent pas le rôle économique du système nerveux ni son éducation dans ce sens.
C’est une preuve de plus que leur système est basé sur l’anatomie, mais non point sur la physiologie qui, au temps de Ling, n’embrassait pas encore ces phénomènes nerveux. Aussi s'explique-t-on cette tendance à considérer toujours l’homme comme un mannequin articulé et rien de plus.
Souplesse à la Suédoise.
« Les exercices d’équilibre contribuent à discipliner et à pondérer le système nerveux.
« La conservation de V équilibre général du corps dans tous
(I) Voir Hans la 3" partie. (Note XI, page 347).
l’école française
les exercices g;, ..mastiques est une condition essentielle de leur exécution.
« il le influent sur la « correction de l’attitude générale et contribuent à donner l’aisance, la souplesse et la correction dans le maintien et la démarche (C‘ Lefébure). »
Comment cet auteur concilie-t-il la souplesse avec ce qu il appelle la correction dans le maintien et l’équilibre général du corps. Cette correction sur laquelle il revient sans cesse, c’est au contraire la raideur générale du corps ; il ne peut plus y avoir de doute à ce sujet.
« La position de départ doit être gardée irréprochable pendant toute la durée d’un mouvement » (Pr Kaisin).
Or voici cette position :
« Permettre à la poitrine de se déployer en tous sens, la « colonne dorsale étendue, redressée, les cotes projetées en « avant, les épaules en arrière et en bas, la tète portée en « arrière et en haut, la nuque venant à peu près dans le « prolongement de la ligne de la partie postérieure du « cou » (Dr Kaisin).
Avec cela essayez donc de rester souple comme l’exigeraient les équilibres. Dès que vous imposez votre soidisant correction il n’y a plus de souplesse et ce ne sont plus des exercices d’équilibre. Les équilibristes jongleurs, le chat, le singe sont nos maîtres en la matière, nous devons les imiter.
Nous voici donc fixés sur la valeur des exercices d’équilibre exécutés à la suédoise, s’il reste dans notre esprit quelqu'hésitation nous allons la voir s’évanouir par cette définition de la souplesse due à M. le Dr Kaisin.
« Pour arriver à l’indépendance des mouvements, dit-il, « il faut immobiliser toutes les parties du corps sauf celle « sur laquelle doit s’exercer l’action du muscle ou du groupe « musculaire qu’on veut débarrasser des contractions parafe sites ».
Voilà une singulière manière de devenir souple : commencer par contracter pour l’immobiliser tout ce qui ne doit pas agir ; résultat : contraction générale du corps et éducation de la raideur.
FTIASE DE TATONNEMENTS
Solution à priori.
Tout ce qui précède est déjà bien confus et bien obscur; ce n’est pas tout: on avance que certains mouvements de jambes ont une propriété dé congestive et doivent pour cette raison être exécutés immédiatement après des exercices violents.
C’est là un souhait louable, mais il faudrait préciser où est la congestion ? est-ce à la tête ? au cœur? au poumon ? aux viscères abdominaux ? aux muscles ou ailleurs ?
« Les exercices respiratoires sont exécutés à titre dérivatif.
« Les mouvements énergiques des jambes décongestionnent le cerveau et les grands vaisseaux du centre de l'organisme.
« Les mouvements lents des jambes ont une action calmante pour la respiration. » (Lefébure.)
L’attitude a certainement un effet sur la circulation du sang, les contractions musculaires aussi, mais cet effet est complexe, il est profondément modifié par les mouvements respiratoires qui sont le grand régulateur de la pression dans le thorax, et par suite de la circulation thoracique.
Si l’on fait un mouvement d’extension du tronc pour décongestionner la tète, mais en même temps un effort d'expiration qui congestionne la tète, tout est changé. La circulation périphérique, influencée par tout ce qui provoque la vaso-dilatation ou la vaso-constriction des capillaires, chaleur, froid, émotions, etc., devient encore la cause prépondérante de la régulation de la circulation générale.
Dans la course les muscles des jambes s’allongent et s e raccourcissent ; leur contraction devrait être une ca use de décongestion, mais cependant le poumon du coureur devient imperméable au sang par excès de congestion, ce qui monlre l'influence prépondérante des mouvements respiratoires dans l’acte congestif.
Quand le cœur est gorgé de sang, la meilleure manière de le soulager c’est de diminuer son travail en aidant la circulation artérielle et celle de retour par le massage et des frictions dans la position couchée et en faisant des expiration
ne-
L ECOLE FRANÇAISE
profondes qui accélèrent la circulation artérielle. Nous connaissons d’ailleurs pas, en dehors des travaux de Mosso avec les pléthysmographes, et ceux de François-Franck sur le changement de volume des organes, d’autres expériences faites à ce sujet.
Nous avons aussi entendu donner des extensions forcées du rachis si chères aux Suédois une raison bien extraordinaires. Ce serait Y allongement de V aorte!
« Un effet du renversement du tronc en arrière est l’élongation des gros troncs vasculaires contenus dans les cavités abdominale et thoracique ; ils s’allongent d’ailleurs parfaitement, mais ils ne le l'ont pas sans se vider en partie. On se rend compte ainsi de Vinfluence qu’un tel exercice doit avoir sur la circulation générale. »
(Dr Kaisin, Essai critique de la gymnastique suédoise, page 274).
Nous demandons la preuve expérimentale du fait et 1 utilité de cet allongement ; mais laissons-là ces minuties qui ne sont plus du domaine de l’éducation. Oserai-je maintenant croiser les jambes, et tourner la tète sans trembler de devenir bossu ou de comprimer l’artère fémorale ?
Abus des efforts statiques.
La méthode suédoise vise spécialement un e lie t correctif de l’attitude ; nous avons introduit ces exercices spéciaux dans les écoles depuis 1891, mais avec les restrictions que nous avons indiquées plus haut. Il est bien entendu que notre éducation physique ne peut se limiter à ces sortes d’exercices.
A coté des avantages qu'ils présentent au point de vue de l’attitude, ils ont le défaut de solliciter des contractions statiques locales avec tous leurs inconvénients sur la respiration et sur la nutrition ; ils demandent très peu de dépense de travail mécanique, provoquent la fatigue nerveuse et conviennent pour cette raison très modérément aux jeunes enfants.
On a critiqué avec juste raison l’abus des suspensions lié-
Pii AS K UE T A T < > N N E M E N T S
chies parce qu’il donne la prédominance d’action aux fléchisseurs, ce n’est pas une raison pour faire l’inverse et donner la prédominance d’action aux extenseurs. Le type créé par la première gymnastique est certainement plus fort pour étreindre et agir que le type étendu et ensellé à l’extrême à force de pratiquer les mouvements de l’homme caoutchouc ou du disloqué.
Les exercices correctifs doivent être associés aux exercices de vitesse et de détente, aux jeux et récréations de plein air et ne jamais être pratiqués exclusivement. Les muscles extenseurs toujours en contraction concentrique se fatiguent et se modifient, ils évoluent vers la vieillesse du muscle : la transformation tendineuse. Des gymnastes se voûtent cependant dans la vieillesse, malgré les effets constants de redressement exécutés pendant leurs leçons.
Ces mouvements correctifs sont trop spéciaux, trop uniformes ; si on ne les varie pas, ils deviennent pour les élèves au bout d’un certain temps une véritable corvée et ne soutiennent plus leur attention.
Comme le faisait judicieusement observer M. Macdonald Smith au 2e Congrès de l’éducation physique à Liège : ce qui importe, c’est la nutrition parfaite des organes bien plus que leur développement. Cette nutrition est obtenue pour le muscle par la contraction complète qui donne le maximum de nutrition avec le minimum d'intoxication. ( Voir note vi, page 325).
Mépris du plaisir et de futilité pratique.
Il faut «à la jeunesse un attrait, une difficulté à vaincre, une lutte avec un adversaire, un jeu où l’initiative s’éveille, sinon elle s’endormira par la répétition constante et automatique d’une même leçon.
Sans aller jusqu’à l’émulation des concours, toujours dangereuse, l’éducateur doit tenir compte de Y effet de son enseignement au point de vue psychique et le varier constamment au risque de n’ètre pas suivi par ses élèves.
l’école française
La- Suède est le pays où il y a relativement le moins de sociétés de gymnastique libres*, ne serait-ce pas autrement si la gymnastique classique était plus attrayante ?' Le besoin de plaisir perce malgré tout même chez les partisans absolus du rigide système suédois.
Fig. 46. — Dessins tirés du manuel suédois et indiquant des exercices absolument acrobatiques en contradiction avec les principes de la méthode.
Des repos doivent être ménagés entre les différents exercices et de la liberté ; afin que la jeunesse retrouve ses droits et ne voie pas dans la gymnastique qui doit la rendre forte et belle un Carcan de genre particulier qui la jugule dans sa naturelle exubérance » (Dr Ivaisin).
N’est-il pas alors- plus logique et plus simple d’associer la gaîté à l’exercice comme on le fait dans notre système éclectique toujours vivant, parce que tou jours varié? Notre manière est par cela même et de votre propre aveu, supérieur à la votre.
PHASE UK TATONNEMENTS
Montaigne nous a appris av-ec d’autres ce que 1 expérience nous prouve chaque jour : c’est-à-dire que I on ne peut pas enseignai hien une chose quelconque en ennuyant et qu il laul amuser les élèves et leur rendre agréables les études si on veut qu ils apprennent. »
(Amoros).
Cependant, malgré sa rigidité géométrique, on est tout surpris de rencontrer dans le manuel oili ciel suédois des exercices dont Futilité ne peut se justifier que par le plaisir de la difficulté vaincue et tranchent avec le rigorisme de la méthode.
Fig. 47. — Autres mouvements du manuel suédois qui ne peuvent être conseillés ni pour leur utilité pratique ni pour leurs qualités esthétiques ou hygiéniques.
Avec eux nous entrons dans le domaine de la fantaisie pure : culbutes, bras de fer, tètes en bas, etc., toutes choses critiquées dans le système allemand, mais exécutées ici sans art, lourdement et maladroitement.
Les figures 46 et 47 sont tirées du Manuel suédois, elles en disent assez par elles-mêmes pour édifier le lecteur sur la connaissance scientifique des mouvements chez les rédacteurs de ce Manuel qu’on nous présente comme une perfection.
L ECOLE I KANÇA1SE
Erreurs de principe.
Je crois avoir suüisamment démontré combien le système suédois mérite peu de se dire intangible. Si on nous reproche de ne pas nous être limité au dogme des positions fondamentales et en cela nous sommes autorisés par des raisons valables, nous reprochons au système suédois des erreurs de principe , ce qui est plus grave, et d’établir les bases même de l’éducation sur des données en dehors de la nature vivante.
« Les exercices suédois, dit le C‘ Lefébure, constituent « un enchaînement rigoureux de solutions précises données « à des problèmes de mécanique biologique. »
La base de cet enseignement n’est donc pas physiologique, elle n’est même pas mécanique, elle est géométrique', car de la structure du cadavre elle a la prétention de déduire rationnellement l’application du mouvement à l’être vivant. On ne peut perfectionner la nature humaine avec des indications aussi frustes. On ne peut assimiler l’être vivant à un automate, si l’on veut en faire un sujet d’élite.
Vous obtenez, dites-vous, des résultats dans ces conditions combien ces résultats seraient meilleurs et plus sûrs si vous agissiez avec plus de connaissance de l’organisme humain. Vos résultats sont dus au fait d’exercer certaines parties que vous mettez en jeu, à l’effet général du mouvement et non à la forme pure qui est une création de votre esprit et ne représente rien de réel.
Nous obtenons aussi les mêmes résultats en nous servant d’autres moyens plus naturels. D’ailleurs vos formes pures sont mécaniquement impossibles à réaliser ; l’immobilisation que vous prétendez obtenir dans vos positions fondamentales et dont vous faites votre idéal n’est qu’une illusion.
Vous la remplacez par des déplacements imperceptibles peut-être, mais ces mouvements sournois exigent des contractions extrêmement énergiques et anormales des parties que vous fixez de sorte que l'effort d’immobilisation devient plus grand que celui des muscles que vous voulez mettre en action.
PH AS K UE TATONNEMENTS
Cette façon de procéder exclut l’idée de souplesse ; elle lui est contraire, car elle n’isole pas nettement les contractions musculaires et ne les localise pas en des points du corps bien déterminés. Vous faites ainsi une dépense d’énergie nerveuse bien inutile : le cerveau préoccupé de maintenir une position anormale qui exige des contractions multiples, complexes et mêmes incompatibles avec le mouvement demandé a une notion confuse de ce qu’il doit commander, ses ordres se perdent et s’éparpillent dans un territoire indéterminé, ce qui enlève toute netteté à la sensation du mouvement voulu.
Il importe peu à la nutrition du muscle que ce dernier s’attache à des segments osseux fixés ou non dans une position verticale ou oblique ; pour le bien nourrir, ce qui est notre but, il faut une bonne circulation et des échanges nutritifs intenses. Ces échanges dépendent uniquement des deux facteurs du travail : effort ou tension musculaire due à la résistance à vaincre et étendue du mouvement. Le résultat, obtenu est la conséquence de la forme du travail et de sa quantité. L’effort statique ne répond point à ces conditions.
L effet local dépend de l'effet général.
D’ailleurs pour améliorer un défaut ou un trouble local dénutrition d’un organe, il n’est pas encore démontré qu’il faille procéder par une action localisée.
Un exercice (pii produit un effet général sur la nutrition est pai cela meme la source d une plus-value d’énergie dont 1 organisme pourra disposer; 1 organe faible recevra ainsi un suicioît d apports nutritifs et cette plus-value d’énergie répartie convenablement suffira peut-être pour obtenir l’effet cherché ; la nature se charge de réparer les troubles de nutrition là où ils se produisent sans que nous ayions à nous en inquiéter; il suffit de l’aider pour cela en lui en fournissant les moyens d’augmenter son pouvoir vital.
En tout cas, ne rechercher qu’un effet local sans en même temps obtenir le relèvement énergétique de l’organisme, sans
l’ K COLE FRANÇAISE
augmenter son potentiel, c’est évidemment une manière incomplète de procéder.
D’autre part, vous confondez toujours la tension des muscles avec la dépense de travail et toute votre gradation repose sur l’effort musculaire statique sans s’occuper de la dépense en travail mécanique, la seule importante à considérer dans l'effet général de l’exercice et dans la résistance à fatigue.
« Nous avons dit comment la méthode suédoise, en utilisant simplement les leviers du corps humain, réagissant contre leur propre poids, autour de points d’appui fixes, dans des positions bien définies, pouvait, sans agrès, obtenir une dépense de travail considérable et par suite des résultats réels et pratiques. »
(Colonel Coste, Loc. cit ., p. 75),
Vous dites que la gymnastique de développement doit se baser sur la loi du plus grand effort. Qu’en savez-vous ? 11 faudrait en tout cas sous-entendre le plus grand effort utile ou plutôt V effort optimum. Mais comment réalisez-vous ce maximum d’effet utile, est-ce par cette espèce d’acrobatie statique de vos positions fondamentales qui contrarient les lois naturelles de l’économie et de l’équilibre ?
S’agit-il de développer les muscles ou bien d’assouplir ? Dans le premier cas, il faudrait prouver que la contraction statique prolongée et intense à fin de course articulaire est la meilleure manière de nourrir le muscle ; nous savons au contraire que les contractions étendues avec résistance modérée favorisent la meilleure circulation et les échanges nutritifs les plus actifs.
Dans le second cas, si vous voulez assou P» r, vous vous y prenez à rebours ; la souplesse est le fait d’une bonne coordination des muscles agissant dans un mouvement voulu en vue d’un résultat utile; elle ne peut être obtenue avec des contractions synergiques fausses, inutiles et nuisibles qui devront disparaître dans l'application.
Les attitudes dites fondamentales peuvent être données comme un moyen pédagogique propre à définir un exercice
PHASE UE TATONNEMENTS
sans avoir d’autres prétentions ; loin d’être intangibles, elles doivent être au contraire très variées.
Les meilleures et les plus belles sont, sans contredit, les plus naturelles, dont nous nous servons sans cesse, celles qui nous rendent sou>ple& en nous apprenant à localiser l’effort utile dans la région que nous voulons exercer et développer sans gaspiller notre énergie ailleurs. Nous devons faire tout notre possible pour éviter ce gaspillage qui entraîne à sa suite un énervement et une fatigue superflue ; il y a donc grand avantage à laisser dans un repos relatif les parties devenues inutiles pour le moment.
Si l'on peut par l’habitude et un effort d’attention soutenu arriver à exécuter ces mouvements, on vaincra une difficulté, mais une difficulté stérile, sans perfectionnement réel ; on perd son temps dans une pure fantaisie, et» on acquiert méthodiquement la raideur. On fait ainsi de Y acrobatie statique au lieu de faire de l’acrobatie dynamique1.
Jamais nous n’agissons de cette façon pour lever la jambe en avant ou de côté ; on peut, sans y attacher d’autre importance, ajouter ces exercices aux autres, mais il est impossible d’en faire la base et la condition sine qua non d’un système d’éducation physique. Une éducation établie sur des conventions aussi fragiles est un édifice bâti sur le- sable mouvant.
Affirmer qu’en dehors de ces attitudes spéciales il n’y a que des mouvements mauvais et nuisibles, c’est se condamner soi-même. C’est en somme renier le passé de l’humanité. Ne nous sommes-nous pas formés par les mouvements naturels et nos mouvements ont-ils jamais été des contractions statiques ou des contractions musculaires associées de cette façon ?
Notre forme extérieure est la résultante de nos mouvements ; ceux-ci sont dictés par nos besoins, notre locomotion, nos professions. Le type d’une race est le résultat d'une série de modifications accumulées suivant les lois de l’hérédité et les influences des milieux; c’est assez hardi d’essayer, avec une simple vue de l’esprit, de vouloir modifier le type héréditaire.
LÉCOLK 1- HANCAISE
L'éducation complète.
Vous appelez éducation complète celle (pii fait fonctionner toutes les parties et tous les muscles du corps. Voilà une vieille définition qu’il faudrait une bonne fois laisser de côté.
Vous n'avez jamais en vue que la forme, jamais vous n’abordez le fond du problème à savoir l’augmentation énergétique de l’être humain. Modifier la forme n’est qu’une mince partie du résultat ; au point de vue militaire si vous n’allez pas jusqu’à l'application méthodique de la force, vous n’avez rien fait.
Le médecin peut être captivé par cette gymnastique d'attitudes, gymnastique plutôt médicale que physiologique ; mais le médecin n’a pas à envisager le rendement de notre machine en travail, ni la beauté, ni le perfectionnement de l’adresse, ni la débrouillardise ; il se place à un tout autre point de vue, rarement au vrai point de vue de l’éducation physique. Cette gymnastique spéciale pourrait convenir à un homme sédentaire, sorte de prisonnier qui n'aurait ni ressources sous la main ni espace autour de lui ; mais comprise autrement elle ne peut devenir celle du campagnard ni surtout celle du soldat.
Comme nous l’avons montré, l’introduction des attitudes suédoises dans la gymnastique d’application est contraire à la loi d’économie, elle gène les fonctions circulatoire et respiratoire et nuit à l’accomplissement du travail.
Gymnastique éducative.
La gymnastique éducative ne peut donc être limitée à la correction d’attitudes conventionnelles. Par une sorte d’aberration incompréhensible, vous appelez éducatif ce qui s’adresse seulement au muscle et à l’articulation et vous négligez les centres nerveux qui commandent tout. Pour vous, le jeu n’est pas éducatif et pourtant il actionne tout l’organisme, il est peut-être le seul moyen d’établir les rapports
PHASE DE TATONNEMENTS
normaux de la volonté et de l’appareil locomoteur. L équilibre et l’harmonie fonctionnelle qui en résulte, n’est-ce pas là l’effet véritablement éducatif que nous recherchons et que vous oubliez de voir.
Pourquoi n’est-il pas éducatif d’apprendre à restreindre et à localiser les contractions musculaires en vue d'un effet utile, laissant tout le reste en repos.
Les résultats seraient, il me semble, infiniment supérieurs si on agissait ainsi, dès le début, dans la direction naturelle au lieu d’avoir une gymnastique éducative qui s'y prend à rebours et vous enseigne des choses à oublier et à détruire ensuite dans l’application.
Tout cela est à modifier comme n’ayant aucune raison valable. On améliorera certainement l’éducation physique si on ne fait pas toujours des exercices statiques et des exercices respiratoires à vide mais au contraire accompagnés de travail ; si l’on n’exagère point les positions droites et les attitudes d’extension en bombant démesurément la poitrine ce qui immobilise les parties du tronc (côtes et diaphragme) les plus essentielles à l’acte respiratoire.
Le diaphragme est le muscle le plus puissant et le plus, important de l’inspiration, immobiliser le thorax en inspiration en contractant la paroi abdominale, en faisant rentrer la masse viscérale dans le thorax, c'est annuler la course du diaphragme, c’est diminuer la capacité respiratoire ; les extensions exagérées du rachis ont le même effet, elles diminuent également l’amplitude des mouvements respiratoires.
La respiration thoracique supérieure est une respiration de luxe qui s’ajoute à la fonction du diaphragme, mais c’est une erreur de vouloir substituer la respiration thoracique et claviculaire à la respiration abdominale. Cette dernière a une action intense sur la circulation thoracique et abdominale, sur le brassage des liquides de l’intestin et des viscères.
On fera aussi un pas vers le progrès si onjne remplace pas le travail par l’effort statique, le mouvement par l’immobilité ; si on ne fatigue pas constamment les muscles des lombes et de la colonne vertébrale sous prétexte de redresser celleci ; si on ne fait pas un abus de l ensellure en allongeant les
L ECOIjE FRANÇAISE
muscles de 1 abdomen au lieu de raccourcir ceux-ci comme les muscles du dos; ai on apprend à»&e mouvoir suivant la loi du moindre effort en imitant tous les êtres animés et les sujets d’élite, au lieu de prendre un malin plaisir à s’éloigner des indications de la nature ; si on recherche enlin la beauté de notre forme et de nos mouvements, comme le résultat de notre perfectionnement et non d'une esthétique n’ayant plus aucun rapport avec la vie. Tous les procédés employés en éducation physique doivent être dictés par l’hygiène et par l’art et non par une pédagogie de convention.
Le système suédois n’embrasse pas toute la matière de l éducation.
En résumé le système suédois ne peut être considéré comme un système d’éducation physique définitif parce qu’il est spécial, incomplet, illogique, quelquefois erroné, monotone et pauvre de moyens ; il ne répond pas au but social de l’éducation et ne recherche pas simultanément les quatre effets de l’exercice : hygiénique, esthétique, économique et moral ; de plus il n’éduque pas en vue de l’application utile et ne répond point pour cela à l’éducation militaire.
Il est spécial , puisqu’il recherche toujours et presque exclusivement l'effet correctif, abuse des efforts statiques dans lesquels le muscle ne rencontre de résistance qu’à fin de course, à la limite du mouvement articulaire. Ces contractions statiques localisées aux extenseurs nuisent à la nutrition du muscle par la fatigue nerveuse qu’ils procurent ; les extensions forcées du rachis provoquent Tensellure au lieu de chercher à la diminuer.
Il est incomplet parce qu’il ne demande pas assez de travail dynamique à coté d’un luxe inusité de contractions statiques., il n’agit donc pas sur les grandes fonctions avec assez d’intensité, l'effet général qu’il provoque n’est pas comparable à celui d’un jeu ou d’un sport en plein air. Cet effet général que nous appelons effet hygiénique ne peut être ob-
PHASE UE TATONNEMENTS
tenu par la juxtaposition d'effets locaux, car il dépend seulement de la quantité d’énergie dépensée dans un temps donné. On doit remédier à ce défaut en intercalant les jeux de plein air dans la leçon elle-même.
S’il y a des exercices de coordination dans le système suédois, ils se réduisent à quelques formes de mouvements toujours les mêmes ; les exercices compliqués ou difficiles, vils et utilitaires en sont exclus et l’éducation de nos mouvements est absolument négligée. !On n’enseigne pas la meilleure manière d’aborder l'application pratique, ni la progression dans la dépense et l’entraînement, ni l’influence du rythme sur la fatigue et le travail, toutes choses cependant de la première importance.
Il est illogique et erroné quand il impose dans toutes circonstances la même forme de mouvement et d’attitudes, perdant de vue le résultat fonctionnel, passant à l’application sportive sans éducation nettement préparatoire et laissant ainsi cette application indéterminée avec une lacune entre la gymnastique dite éducative et la gymnastique d’application.
On y exagère constamment l’ensellure en allongeant les muscles de l’abdomen par les extensions forcées et les courbes raidies alors que la contraction concentrique est exclusivement employée pour les muscles du dos.
On ne cherche pas à créer des synergies musculaires vraiment utiles mais on en suscite de fausses s’imaginant qu’elles disparaîtront d’elles-mêmes quand on le voudra, ne tenant ainsi aucun compte de l’habitude et de l’adaptation de nos centres nerveux à nos mouvements.
On prétend augmenter aussi la capacité respiratoire et les échanges vitaux avec des mouvements des membres et du tronc qui ne demandent presque pas de dépense de travail, ou bien par des exercices respiratoires à vide qui ne touchent que l’ossature et la musculature du thorax. On exagère même la saillie delà poitrine avec l’ensellure dans les courbes roidies jusqu à abolir la tonction du diaphragme et altérer ainsi le mécanisme naturel de la respiration quand on ne l’annihile pas complètement; on produit constamment l’ effort respiratoire soit en expiration, soit en inspiration.
*11 'i I . ’ K ( : O L K F 1 î A.NÇ A I S K
Ce mode de procéder fatigue le poumon mais n’est pas une réelle éducation de la respiration, il est impraticable pendant un travail intense et n’indique rien sur le rythme et l’amplitude véritablement avantageux au point de vue de la fonction respiratoire proprement dite.
On admet sans preuve les elFets de certains mouvements sur la circulation générale et sur l’allongement des gros vaisseaux artériels, ne voyant dans la congestion des organes que l'influence musculaire négligeant la température ou l’influence nerveuse sur le calibre des vaisseaux et la circulation capillaire.
On ne s’occupe point des désordres de l’effort et de l’essoulflement qui sont la conséquence des rapports intimes et de l'influence réciproque de la respiration sur la circulation.
Il est monotone car il néglige l’effet produit sur l’esprit de l’élève, à qui on administre le mouvement comme un remède en le privant de l’effet excitant du plaisir.
L’effet appelé esthétique n’a aucun rapport avec le beau Les attitudes dites esthétiques sont raides, guindées, l'inverse des positions naturelles, dépourvues de grâce et d'élégance, elles n expriment ni une idée, ni un sentiment comme le voulait Ling ; ce sont des attitudes purement géométriques. A côté de cela on introduit des exercices acrobatiques, on ne sait trop pourquoi ; on ne saisit pas les liens qu’ils peuvent avoir avec les autres mouvements méthodiques.
Il est pauvre cle moyens parce qu’il restreint sans raison les exercices à quelques types; se borne à faire de l'analyse sans aller jusqu’à la synthèse, jusqu’à l’épreuve de la valeur de l’homme. 11 n’apprend pas à se connaîlre, à savoir tra-, vailler et à savoir se reposer à temps, à ménager ses forces, à rythmer son travail, à éviter la fatigue et à produire un travail intense ou dillicile dans les meilleures conditions; en un mot il ne rend pas débrouillard. 11 omet de rappeler les ressources et les nécessités de l hygiène; il abandonne l’élève après l’alphabet des positions fondamentales sans l’amener jusqu’à un summum d’énergie cl de virilité qui constitue la réelle supériorité physique et morale. 11 se refuse à tout contrôle scientifique, se place au-dessus de l’opinion, se dit
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intangible, ayant la science intiise et dédaigne comme inutiles et superflus les procédés de la physiologie moderne qui pourtant ont fait la science.
Voilà les reproches principaux que nous faisons au système suédois tel que nous l’ont présenté ne varietur ses partisans d’hier. Nous n’irons donc pas à cette église chercher la vérité.