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L’ECOLE FRANÇAISE MODERNE

Nous venons de faire la critique sévère d’un système d’éducation qui veut s’imposer par la réclame et envahir le monde sans donner la preuve de sa valeur scientifique. Nous devons maintenant reconstruire ce que nous avons démoli, notre plan est prêt : Y Ecole Française moderne doit se substituer nécessairement à Y Ecole Suédoise qui ne veut pas progresser.

La Suède n’a pas compris son initiateur, elle a, avec de bons principes, élaboré péniblement une œuvre indigeste et fausse. C’est à la France de ramener la clarté et de réparer le temps perdu. Ling l’avait pressenti en disant :

« Quand la France s’occupera d’éducation physique on verra naître un mouvement important. » Il entendait par là que nous apporterions dans l’évolution de cette science à peine naissante notre contribution personnelle et que notre rôle ne se bornerait pas à propager le système suédois mais à le faire évoluer et à aller de l’avant vers la vérité.

Le moment est arrivé, il faut sortir du galimatias actuel et chercher définitivement une base dans l’étude de la nature que nous avons eu le grand tort de quitter un instant pour écouter les pédants ét les scolastiques.

L’Ecole Française n’est pas à créer, elle existe en lait depuis longtemps. Ceux qui nous ont précédé ont établi des méthodes perfectibles sans doute, mais bien plus près de l’application sociale que le système de Ling. Les Amoros, les Triât, les Paz, les Laisné, les Daily, les Pichery, en en

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omettant bien d’autres, ont réalisé des choses excellentes. Avec Claude-Bernard, Marey, Duchenne de Boulogne et nos physiologistes actuels nous avons pu nous rapprocher de plus en plus de la vérité par l’étude expérimentale des mouvements. Les manuels de l’Instruction publique de 1891 et de 1909, le Règlement de l’armée de 1902 et les travaux du Congrès de 1900 montrent qu’il existe déjà une méthode française bien claire et bien définie. L’Ecole Française a même poussé ces études plus loin que partout ailleurs, puisque ses travaux sont recherchés et utilisés par l’étranger.

L’Ecole Française se distingue des autres écoles par sa tendance à se dégager des préjugés et des conventions. Sa supériorité réside dans la netteté de son but et la précision de ses moyens. Son esprit est large et évolutionniste ; sa préoccupation constante est d’adapter ses procédés à la recherche du perfectionnement de la nature humaine dans son milieu particulier : la France, en tenant compte des nécessités'* sociales. Elle poursuit l’effet complet de l'exercice, c’est-à-dire les différentes qualités physiques que présentent tous les sujets d’élite ; elle les recherche à la fois, sans les séparer, dans toutes les séances d'exercice en tenant grand compte de l’effet moral qu’elle suscite. Elle sait que, chez nous, la lassitude et l’ennui perdent les meilleures choses, aussi tient-elle l’intérêt et l’attention toujours en éveil.

Elle s’adresse aux fonctions de la vie qu’elle améliore et non au développement des organes, ce (pii n’a pas de sens, le volume des organes n’étant pas en rapport avec leur nutrition et leur vitalité; elle considère l’être vivant non à l’état statique mais comme un producteur de travail utile.

Elle distingue pour cela les exercices qui donnent l’endurance de ceux qui n’intéressent que la forme extérieure du corps; elle distingue également les moyens propres à augmenter notre pouvoir énergétique de l’art d’utiliser nos forces et de bénéficier de notre capacité en travail.

Tous les exercices sont faits en vue de l’application utile (1), donc point de mouvements abstraits ni de combi-

(1) De Coubertin, La Gymnastique utilitaire.

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liaisons fantaisistes imaginées sans raison et exécutées sans profit.

La partie éducative, comme son nom l’indique, prépare directement le corps à la pratique des sports et des exercices utilitaires. Elle comprend donc toute l’hygiène alimentaire, le régime de vie et de propreté, l’entraînement ; elle comprend aussi 1 éducation de nos mouvements tels qu’ils seront utilises dans la suite en apprenant à les maîtriser et à les savoir exécuter au mieux, sans gaspillage, elle s efforce de nous rendre souples, adroits et élégants dans le vrai sens du mot. Elle recherche aussi la beauté de la forme, mais surtout la beauté de 1 attitude du mouvement et du geste ; elle eleve l’âme et le caractère par l’habitude de l’effort énergique, par la préparation au dévouement et au sacrifice et possédé un idéal de grandeur et de beauté morale.

Elle réalise ce plan avec les moyens les plus variés, acceptant tout ce qui peut être utilisé et se rallie donc à un éclectisme sage et raisonné.

En s’entourant de toutes les précautions, elle doute encore de sa perfection, elle estime que l’erreur peut se glisser dans son enseignement ; elle veut donc des moyens de contrôle et se sert des procédés techniques les plus précis de a science moderne pour se rendre compte des résultats obtenus ; elle ne s’arrête qu’aux constatations faites par la méthode experimentale, rejetant à priori toute assertion ou t-'ute opinion non vérifiée, elle se constitue en un mot en

Parallèle entre la méthode française et la gymnastique suédoise.

On nous fait remarquer que la méthode française coin c.de en certains points avec la méthode suédoise Cela £

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-ure humaine e, l’homme étant dÇï^

l’école française

plan. Le rapprochement et la coïncidence des deux méthodes a lieu nécessairement aux points bien démontrés et bien précis. Ainsi pour se redresser il faudra îjours faire des efforts d’extension partout. Les acquisitions positives, obtenues en des lieux et en des temps différents, sont identiques si elles sont vraies ; mais, en dehors de ces points communs, que de divergences !

La méthode française, prenant son point de départ dans la nature elle-même, n’a pas de limite dans son évolution ; elle doit se développer sans cesse au fur et à mesure de la naissance des connaissances nouvelles, son but est nettement indiqué : (''est notre perfectionnement, c’est-à-dire J’acquisition d’aptitudes utiles telles que l’augmentation de notre énergie physique et morale et la meilleure utilisation de cette énergie dans le milieu social actuel ; c’est toujours là le résultat convoité et le phare vers lequel nous naviguons sans cesse.

La méthode suédoise n’a pas un but franchement défini, son objet ne ressort pas nettement de son enseignement, il est terne et flou, sans flambeau directeur. C’est pourquoi elle s’attarde et se perd dans le dédale des petites choses, préoccupée d'exister, elle se borne à préciser des détails sans portée en perdant de vue la vie elie-même et son réel perfectionnement.

Dans le système suédois le perfectionnement consiste surtout dans la correction de moyens pédagogiques tracassiers, n’embrassant pas les choses utiles dans 1 application, laissant ainsi, par une lacune inconcevable l’élève sans guide, livré à lui-même au moment où les conseils de l’expérience lui sont indispensables.

Notre classification des exercices est véritablement physiologique puisqu’elle se base sur le perfectionnement lonctionnel et sur les qualités physiques qui en dérivent au lieu de s’arrêter aux organes et surtout aux simples muscles des diverses régions du corps.

La méthode suédoise d’un rigorisme et d’une intolérance sans bornes quand il s'agit de l'exécution de ses formes pures d’exercices se tait sur les mouvements utiles naturels, et

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pour lesquels nous sommes construits, les seuls que nous devrions raisonnablement apprendre. Elle admet en principe que ses positions et mouvements factices ont la propriété de nous donner toutes les qualités physiques. C’est là de la table; rien n’est moins scientifique que ces assertions gratuites dont il faudrait prouver la réalité.

Si on examine les mouvements employés dans le système suédois, on voit immédiatement qu’ils existent déjà dans toutes les gymnastiques, la différence consiste dans la maniéré de les exécuter; la soi-disant correction des mouvements repose exclusivement dans une raideur voulue et dans

une tendance vers un type d’extension exagérée qui ne se retrouve nulle part.

On attribue à cette correction une vertu générale remplaeant toutes les qualités physiques et pour cela on la recherche indistinctement dans les stations, équilibres sauts, grimper etc. 1 ’

Cela peut avoir du bon quand il s’agit d’un mouvement 1 extension particulier et spécial, mais appliquer ce principe u ns les exercices c’est d’un , seul coup en'lever au co ps

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Comment la raideur systématique peut-elle donner l’adresse et comment des attitudes correctes de gymnastique de chambre peuvent-elles faire acquérir l’audace, le courage et l’initiative si précieuses dans la vie.

Voilà pourtant le vrai programme de l’éducation physique. C est celui de l’Ecole française qui diffère ainsi bien nettement du programme suédois. Dans notre école la leçon ou séance de gymnastique représente en petit le plan complet de l’enseignement ; elle contient tous les éléments de notre entier perfectionnement : santé , beauté , adresse , virilité .

Elle n'est donc point calquée sur le plan suédois ; de plus l’école française s’efforce de réaliser ce plan par les moyens les plus variés, ayant reconnu qu’il est impossible de soutenir l’intérêt de l’élève et d’exciter sa volonté avec une leçon ennuyeuse et monotone.

Pour les Suédois les exercices sont complets quand ils s’adressent à toutes les parties du corps, pour l’école française le qualificatif de complet répond à toutes les fonctions et à toutes les aptitudes physiques.

Le développement superficiel de l’organe est alors remplacé par l’amélioration de la fonction ; la forme extérieure de l’exercice devient un moyen et non le but.

Nous ne nous arrêtons pas à l’ossature et à la musculature du corps ni à tout autre perfectionnement de détail qui n’a pas de répercussion profonde sur la valeur physique de l’individu. Nous considérons la vie dans toute sa complexité et ses manifestations synthétiques, c’est une erreur de principe de vouloir perfectionner l’organisme humain par des procédés exclusivement analytiques parce que jamais la nature n’agit ainsi.

Nous exécutons le mouvement sous une forme qui éduque notre système nerveux en même temps qu elle s’adresse aux muscles. Nous voulons surtout faire du mouvement et obtenir ainsi un travail extérieur, conséquence d’une dépense d’énergie bien dosée et accompagnée de tous ses effets généraux au lieu de substituer au mouvement Y immobilité, et au travail les efforts statiques ne produisant que des effets lo-

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eaux. Nous sommes fondés à agir ainsi parce que la vie ne se manifeste jamais spontanément sous la forme d’énergie statique, mais toujours par du travail extérieur et du mouvement.

Nous acceptons les efforts statiques à titre exceptionnel, mais estimons que l’orthopédie est plutôt du domaine de la pathologie que de celui de l’éducation physique ; nous devons distinguer le malade de l’homme normal.

La nature nous fait connaître par les sujets d’élite ce que sont les réelles quafftés physiques que nous devons acqué-

t ig. 48. — type suédois tiré du manuel officiel.

ru. Nous obtenons celles-ci par tous moyens appropriés ■ nous trouvons dans l’application finale la preuve de la valeur de notre enseignement au lieu de nous contenter de bien exécuter des exercices conventionnels.

Notre gymnastique éducative n'est donc point restreinte à quelques détails de pure pédagogie, notre idéal n’est point un type abstrait mais un type d’une réelle supériorité.

Nous sommes logiques en agissant ainsi puisque nous sommes d’accord avec notre but et que nous ne le perdons jamais de vue; notre tâche n’est pas accomplie tant que nous n abordons pas 1 application pratique.

l’école française

Nous évitons tout gaspillage de force nerveuse ; au lieu de faire des mouvements à vide, nous cherchons toujours à travailler contre une résistance, l’expérience nous ayant démontré qu’on obtient ainsi les meilleurs et les plus rapides résultats sur la nutrition et le développement du muscle.

Nous voulons dès le début régler nos habitudes sur l’effet utile et économique, apprendre en un mot des formes de mouvement et provoquer les synergies musculaires que nous avons intérêt de retenir car nous savons qu’une habitude fausse est mauvaise, et qu’il sera presque impossible de s’en défaire. Nous distinguons aussi la qualité de la quantité de travail, considérant la raideur comme du gaspilla ge> nous l’évitons constamment. Les Suédois au contraire l’enseignent méthodiquement : « Qui peut le plus peut le moins, disent-ils. D'après ce principe celui qui taperait à coup de poings sur un piano serait à même d’en jouer délicatement, ,car un toucher délicat demande évidemment moins d’effort qu’un coup de poing brutal.

La marche, la course, les sauts doivent être imités des allures des sujets d’élite et ne pas être déviés de leur vrai but : celui de progresser ou de franchir des obstacles; leur exécution doit être un modèle d’adresse, de souplesse et d’économie sans être mitigée d’attitudes dites correctives qui sont une révolte contre le bon-sens. Nous laisserons donc de côté comme une aberration les sauts éducatifs des Suédois puisqu’ils enseignent tout le contraire de ce qu’on doit faire quand on saute.

Nous rejetons en un mot de toute application comme fausses, laides et sans utilité les attitudes raides et compassées que jamais personne n’exécutera de la sorte quanti la nature dicte seule ses lois. Nous savons que chaque travail doit avoir son attitude économique.

En adaptant cette phrase d’Helvétius à la circonstance on pourrait dire : « Quiconque examine les mouvements « qu’on exige quotidiennement des élèves et compare leur « éducation avec l’état qu’ils doivent remplir, la trouve « aussi folle que l’eut été celle des Grecs s'ils n’eussent <( donné qu’un maître de flûte a ceux qu ils envoyaient aux

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Jeux olympiques y disputer le prix de la lutte ou de la « course. »

« Le but c'est le plus grand avantage public, l’éducation « de l’homme doit être indépendante du hasard, n’enseigner

Fig. 49 ,

1 \ pc fiançais développé par la méthode française.

«^que le vrai. L’erreur se contredit toujours, la vérité ja- « mais. » (Dictionnaire de pédagogie de Buisson).

îSous attachons la plus grande importance à la beauté non seulement dans le repos mais dans tous les mouvements;

L ECOLE FRANÇAISE

la beauté est pour nous la preuve d'une harmonie parfaite entre toutes les parties actives de notre machine et l’acte que nous accomplissons.

Ces qualités artistiques sont naturelles à notre race ; n’allons pas les détruire en imitant les peuples qui n’en sont point doués mais cultivons-les au contraire et développons-les au plus haut degré. Le type suédois (fig. 48) est loin d’être beau avec sa poitrine bombée, ses reins creux, ses bras grêles et ses épaules tombantes ; comparez-le au type français (fig. 49 et suivantes) développé par la méthode française et vous serez fixé.

Le plaisir n est pas une superfluité que nous daignons accorder à l’occasion, nous le considérons comme une condition du succès : le plaisir fait vouloir, attire et fait aimer l’exercice.

J’ai cru longtemps à la raison et à la sagesse comme seuls mobiles de nos actions, je reconnais m’être trompé. Si je ne trouve pas ces mobiles chez les philosophes euxmêmes, que puis-je espérer de leur action sur les masses dont les décisions sont simplement des déclanchements produits par des sensations de plaisir ou de peine, peut-on donc faire abstraction de notre caractère ethnique ?

J ai fait une expérience concluante dans l’école normale d institutrices de la Seine grâce à MIlc Billotey, l’aimable et intelligente directrice. La gymnastique se faisait dans cette école comme partout ailleurs, peut-être au mieux, mais il y manquait le charme indispensable pour plaire à des jeunes fill es. Elle était suffisante sous le rapport correctif des mauvaises attitudes scolaires, mais les mouvements, devenus automatiques et ne demandant plus ni attention ni effort, étaient absorbés comme un remède, sans plaisir et sans entrain.

La raison seule ne suffisait pas cà ces jeunes filles pour agir énergiquement et le résultat n’était pas aussi important qu’on eut pu le souhaiter.

J’introduisis le mouvement sous forme de danses gymnastiques (1) et je vis les visages sourire et s’animer ; ce que

(1) Demeny et Sandoz, Danses gymnastiques.

Pi ï A SE DE TATONNEMENTS

Fig. 50.

i/école française

la raison n’avait pu produire, 1 art le fit, la musique y apporta son attrait irrésistible ; finalement la leçon de gymnastique toujours trop longue au gré des élèves leur parut trop courte; on dut la prolonger, sur leur demande.

Le résultat fut net : effet psychique et effet somatique, accompagné d’une dépense sérieuse de travail qu’on n’aurait pas obtenu autrement.

Je cite cet exemple pour démontrer qu’il ne suffit pas d’élaborer de savantes leçons ni d’en fixer le plan sur le papier, on s’aperçoit bientôt en les mettant en pratique que ces beaux projets ne donnent pas les résultats attendus si on oublie de les vivifier par l’art et le plaisir.

Nous ne sommes pas simplement un squelette articulé recouvert de muscles, il faut nous toucher cérébralement et nous incitera vouloir pour nous faire agir avec succès ; rien ne répond mieux à cette fin que la musique associée au mouvement, à la danse surtout.

Cette méthode n’empêche pas d’obtenir tous les effets locaux désirables, le mouvement peut être correctif et aussi exprimer une pensée et un sentiment, devenir ainsi expressif, beau et harmonieux.

La variété est un attrait nécessaire, comment pourrionsnous satisfaire la curiosité des jeunes Français et conserver leur ardeur si on leur faisait prendre Fexercice en dégoût» en leur ressassant sans cesse la même leçon.

La variété des exercices n’est nullement incompatible avec l’ordre et le plan de l’enseignement; il y a beaucoup de mouvements dont Jes effets sont comparables, sinon identiques, ils peuvent se substituer l’un à l’autre avec équivalence du résultat.

Notre éducation doit être aussi psychique, elle doit toucher notre personnalité morale, lui donner l’initiative sans laquelle il n’y a pas d’homme libre et cultiver la volonté et le courage sans lesquels il n'y a pas d’âmes fortes.

On ne peut prétendre à développer un homme par morceaux en rapprochant toutes les parlies isolées et développées «à part, on n’obtient ainsi pas un être vraiment perfectionné mais simplement un automate.

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La physiologie moderne nous apprend le rôle des principales fonctions dans la vie, leurs relations nécessaires, leur subordination, leur importance relative et nous avons maintenant sur 1 être vivant des notions que ne pouvaient donner seules 1 anatomie et 1 étude du cadavre.

Fig. 51

Sujet français dans 1 attitude du gladiateur

combattant.

^ a-t-il rien dans l’embryon cier ?

de plus la corde

saisissant que de voir apparaître dorsale avec son vaisseau nourri-

N’assiste-t-on pas au début de la vie avec le développement de la substance nerveuse ? N’a-t-on pas la conviction que c’est la la source de 1 énergie vitale et que le tissu musculaire qui

l’école française

apparaît ensuite est toujours sous la dépendance intime de la substance nerveuse ; le nr de devient presque la conséquence de cette action si mystérieuse et la forme de nos organes locomoteurs est le résultat de nos mouvements voulus par les centres nerveux.

Ces observations sont pleines d’enseignement ; elles nous indiquent la marche à suivre si I on veut améliorer notre organisme. C’est le système nerveux qu'il faut d’abord toucher puisqu’il commande à tout. 11 faut lui demander le mouvement d’accord avec nos besoins et notre genre d’existence, éviter ainsi les exercices abstraits provoquant une organisation de nos centres nerveux qui ne rimerait à rien.

Nous n’avons pas de temps à perdre ; on obtient, dit-on, des résultats malgré une méthode pseudo-scientifique, que seront alors ces résultats si l’on va droit au but en aidant la nature, sans tâtonner, en procédant comme elle le ferait seule quand on ne la contrarie pas par des moyens artificiels. Mais là encore ne se borne pas notre tâche, la vérité est trop difficile à établir dans ces questions vcomplexes, les erreurs et les préjugés s’enracinent trop facilement si nous n’avons pas en dehors de nos opinions un moyen de contrôle sûr et impersonnel.

Il faut doser les résultats, mesurer la valeur de nos efforts en en montrant l’utilité et rejeter tout ce qui est vain et superflu. Je puis dire à l’avance que, passés au crible de ce contrôle, les procédés artificiels de la gymnastique semblent bien inférieurs aux moyens naturels.

La physiologie moderne met à notre disposition les moyens de contrôle les plus précis et les plus sûrs (1). Soumettons nos résultats aces procédés de mesure etacceptonsen les conséquences sans amertume. L’esprit vraiment scientifique ne craint pas la contradiction ni l'examen ; l’opinion doit céder devant la démonstration rigoureuse des faits, s'il se trompe, le savant n’hésite point à changer d’avis. Ce n’est pas là le résultat du caprice, mais un fait d'honnêteté.

(1) Les Bases scientifiques de l' Education physique.

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Les esprits métaphysiques seuls méprisent la mesure, affirment tout sans rien démontrer rigoureusement, s’opposent systématiquement à toutes idées qui ne cadrent pas avec leurs

syslèmes et construisent des monuments fragiles avec des revenes.

Que dirait-on d’un navigateur qui mépriserait la boussole, un astronome qui se priverait des lunettes, et d’un liisto-

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