‹ Évolution des troubles de l'intelligence et du caractère à la pubertéChapitre 11 sur 33 · II. — LA PUBERTE SOMATIQUE · texte numérisé non relu

II. — LA PUBERTE SOMATIQUE

Elle comprend des modifications morphologiques et des modifications organiques : glandulaires en particulier.

A) Modifications morphologiques

Nous les étudierons d’abord, car, en dehors des modifications staturales, pondérales, qui sont analogues dans les deux sexes, on observe une transformation de la morphologie générale, de la forme des corps, qui se différencie en type masculin et type féminin.

4° Morphologie générale

Ces caractères doivent être considérés comme des caractères sexuels secondaires, tant est importante pour certains leur différenciation suivant le sexe.

Le type féminin est caractérisé par :

— Un bassin large, avec allongement de la distance séparant les deux crêtes iliaques antéro-supérieures. Cette modification très précoce précéderait même les manifestations mammaires (elle commencerait pour MARañON 3 à 4 ans avant la menstruation).

— Une taille mince, une carrure étroite, un appareil locomoteur faible et infantile.

— La clavicule fluxueuse, le crâne petit, les axes de Pavant-bras et du bras formant un angle obtus ouvert en dehors.

— Les creux flous, la graisse sous-cutanée plus abondante, à disposition typique.

— Prédominance des incisives centrales supérieures sur les canines.

— Les cheveux longs et persistants, d'implantation différente.

— La respiration serait à type thoracique (?).

Le type masculin se traduit par :

— Un bassin haut et étroit.

— Une carrure large, le cou fort, l’appareïl locomoteur puissant.

— La clavicule droite, la capacité cranienne supérieure, les axes de l’avant-bras et du eee dans le prolongement l’un de l’autre.

— Creux poplités évidés, angle inguinal aigu.

— Cheveux courts et caducs ; la calvitie étant presque physiologique à maturité.

Telles sont les différences schématiques entre les deux types. Sauf en ce qui concerne les dimensions pelviennes, la femme tient toujours place (MARAñON) entre l’enfant et l’homme, car elle semble s'être arrêtée à un stade d’hypo-évolution par rapport à l’homme.

Tous ces caractères, nous le répétons, sont interchangeables d’un sexe à l’autre, et on observe tous les intermédiaires entre les deux types hypersexuels opposés, au maximum androgyne. La pureté sexuelle n’est qu’un schéma idéal. Toujours un individu emprunte des traits de l’autre sexe. Seuls les caractères sexuels primaires sont inamovibles. Plus on s'éloigne de ce qui est organe génital, plus il devient difficile de distinguer ce qui appartient en propre à chaque sexe.

A remarquer qu’il n’existe aucun rapport entre le type hypersexuel (décrit) et le type hypergénital.

2° Accroissement statural

Il existe une période de grand accroissement statural. Elle est prépubérale et dure trois années à peu près : de 9 à 12 ans chez la fille, de 12 à 15 ou 16 ans chez le garcon (donc un peu plus longue que chez la fille).

Pendant cette période de 3 ans chez la fille, de 4 ans chez le garçon, accroissement identique, car la fille croît plus vite que le garçon : 22 cm. chez la fille, 23 cm. chez le garçon, au lieu de 19 pour les périodes antérieures de même durée.

La poussée de croissance se ralentit à l’éclosion de la puberté. Done, la croissance, loin d’être due à l’action des glandes sexuelles, semble ralentie par elle (castrats généralement de grande taille). À près la puberté, la croissance est minime (1 à 3 cm.), mais peut se prolonger très tardivement jusqu’à l’ossification des épiphyses du genou, entre 20 et 25 ans. Cette ossification marque la fin de l’adolescence.

M. Huc, dans un récent travail, insiste sur l’alternance des poussées osseuses en hauteur et en largeur, l’os grossissant (excentriquement) après s’être allongé.

Le ralentissement ou l'arrêt d’activité des glandes sexuelles (causés, par exemple, par l’inanition) peut, jusqu’à cette période, permettre un accroissement de taille.

Ces deux facteurs : apparition plus précoce de la puberté, accroissement minime après celle-ci, expliquent la différence de taille entre les adultes des deux sexes :

A 11 ans, fille et garçon ont même taille ;

De 12 à 14, la fille est plus grande ;

A 14 ans, les tailles redeviennent égales ;

Ensuite, le garçon devient et restera plus grand.

La croissance se fait inégalement sur les différents segments du corps.

Le rapport des différents segments entre eux est en effet variable, comme l’a montré P. GopIn.

Avant la puberté, la taille doit la plus grande partie de son allongement aux membres inférieurs.

À la période de croissance pubérale, l’allongement se fait d’abord par les membres inférieurs, puis par le buste (Rapport traduit par le « rapport >» de MANOUVRIER).

3° Accroissement pondéral

Il subit une poussée aux mêmes périodes que l’accroissement statural. C’est dire qu’il se produit avant la puberté et au début de celle-ci, avant l’éclosion.

— Chez les filles, par exemple, l’accroissement de 9 à 12 ans est de 11 kg. 200 en moyenne (au lieu de 5 kg. 500 dans la période précédente).

— Chez les garçons, de 12 à 16 ans, accroissement de 21 kg. 600 (au lieu de 9 kg. dans la période des quatre années précédentes).

4° Accroissement du périmètre thoracique

Il est plus tardif que les précédents et se produit au contraire en pleine période pubérale.

De 12 à 15 ans, il augmente chez la fille de 13 cm. (contre 7 dans la période précédente),

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