A. NÉE
De 13 à 17 ans, il augmente de 14 cm. chez le garçon (contre 7 également dans la période précédente (NoBé- COURT).
5° Modifications d'organes
D’autres modifications d'organes s’opèrent ou plutôt se complètent. Les glandes endocrines, au premier chef, se modifient :
l'ovaire grossit ;
la thyroïde s’hypertrophie, surtout au moment des règles, chez les filles, ce qui peut expliquer certaines modifications psychiques ;
l’hypophyse s'accroît beaucoup, surtout son lobe antérieur, qui joue un rôle capital dans la maturation sexuelle. On sait qu’il est banal d’observer, à la puberté, surtout chez le garçon, un certain degré d”’ « acromégalie physiologique », avec accroissement du nez, du menton, ce qui contribue peut-être à donner un aspect moins indécis à la physionomie de l’adolescent. « L’accroissement du développement de la face est doublé. » (A. Br- NET) ; à le thymus est en régression.
Les autres organes augmentent également de volume.
Les organes génitaux prennent le type adulte :
l’utérus, par exemple, perd sa forme infantile, se fléchit et le col et le corps se différencient ;
les trompes s’accroissent et leur sécrétion glandulaire s’établit ;
une évolution analogue se produit chez le garçon, au niveau de la prostate, des vésicules séminales, etc...
La plupart des viscères s’accroissent :
le cœur, en particulier, subit, à ce point de vue, une poussée qui le fait presque doubler de volume ;
au contraire, le foie, le rein, croissent proportionnellement peu ;
la masse cérébrale ne semble pas s’accroître, ou dans des proportions minimes.
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6° Le métabolisme général se modifie
La fréquence respiratoire diminue, prenant le type adulte.
L'élimination de l’urée, du phosphore, du soufre, est moindre.
L’appétit peut se modifier : soit s’exagérer (peut-être par hyperthyroïdisme), soit au contraire diminuer ou disparaître.
Anorexie de l’adolescence, d’étiologie encore obscure :
— elle peut reconnaître des bases organiques indiscutables (lésion du lobe antérieur de l’hypophyse), s’apparentant à la cachexie hypophysaire ;
— ou paraître relever uniquement de causes psychiques, c’est l’anorexie dite mentale.
7° La force musculaire se développe : surtout chez l’homme. C’est seulement alors que le muscle pourrait s’hypertrophier par l’exercice.
La structure fibrillaire l’emporte sur le sarcoplasme.
8° Les organes des sens subiraient eux aussi des modifications, mais les résultats des études opérées sur ce point sont pour la plupart contradictoires. C’est qu'ici il ne s’agit plus de facteurs purement physiques, que l’intérêt des facteurs affectifs jouent un rôle puissant dans les sensations. Dès qu’une influence psychique entre en jeu, il devient plus délicat de fixer une fonction par des chiffres.
L’odorat se développerait, serait à son maximum vers 16 ans ; il semble (comme le fait remarquer MENDOUSSE) ÿ avoir un rapport étroit entre odorat et sexualité (cela est vrai surtout dans la série animale).
La sensibilité tactile serait en diminution (VIexess : Traité de Physiologie) ou en augmentation (MENDOUSSE), donc résultats contradictoires.
La vision centrale devient plus nette.
Telles sont les notions classiques sur la puberté :
dans une période de 3 à 4 années apparaissent un certain nombre de phénomènes dont l’un, capital, est le facteur de reproduction, les autres accessoires, caractè-
res sexuels secondaires bien différents, s’opposant chez
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l’homme et chez la femme, et à l’aide desquels on construit un type homme et un type femme aussi différents que possible. Et pour parfaire ce parallélisme, les mêmes auteurs, emportés par leur élan, décrivent les caractères psychiques opposés chez l’homme et chez la femme.
Durant ces dernières années, on a beaucoup étudié les caractères sexuels, et de nombreux auteurs, soit se plaçant sur un terrain purement expérimental et biologique (CHAMPY, TUSQUES, MARAñON et ses élèves, DALBIEZ), soit en observant l’espèce humaine, ont mis en évidence toute une série de points nouveaux.
1° Il n’y a pas entre les deux sexes une opposition aussi nette.
Seuls les caractères sexuels primaires, c’est-à-dire les organes génitaux, sont caractéristiques (encore n'est-ce vrai que pour l'espèce humaine normale, car à l’état pathologique il existe des formes de passage).
Tous les caractères sexuels secondaires offrent une certaine indépendance vis-à-vis les uns des autres. Ils peuvent manquer chez un sujet, apparaître dans le sexe opposé, sans qu’on puisse parler d’anomalie. MARAñON a montré l’immense fréquence des états intersexuels. Tusques, dans sa thèse, est revenu sur ce que les types féminins et masculins idéaux ont d’artificiel. On répète partout, fait-il remarquer, la différence morphologique du squelette (bassin en particulier) masculin et féminin. Et pourtant, il serait pratiquement impossible par le seul examen d’un os iliaque d’affirmer le sexe.
+ De plus, chaque caractère sexuel secondaire existe dans les deux sexes, mais atténué à l’extrême dans l’un, inhibé, alors qu’il est accusé à l’extrême chez l’autre. Par exemple : à la puberté, dit TUSQUES, apparaît dans les deux sexes des poils sur la lèvre supérieure. Mais chez l’une il reste duvet, chez l’autre il forme la moustache.
Enfin certains caractères sexuels secondaires sont identiques dans les deux sexes. C’est « un préjugé de penser que chaque caractère sexuel secondaire est une différence ». Il en est ainsi, par exemple, de la sécrétion sébacée de la puberté.
De ces faits, de cette « intersexualité >» normale, les auteurs tirent des conclusions différentes.