‹ Évolution des troubles de l'intelligence et du caractère à la pubertéChapitre 13 sur 33 · RE LE · texte numérisé non relu

RE LE

__ Pour Marañon, si l’on peut observer dans un sexe donné des caractères de l’autre sexe, c’est que chaque individu a « en lui, comme un jumeau du sexe contraire ». La glande génitale peut sécréter les deux hormones, féminin et masculin. Et dans l’évolution d’un individu humain, suivant les périodes de son existence, l’une ou l’autre prendre plus d'importance. En somme, MaRañon, fidèle à la théorie hormonale, conserve l’ancienne notion d’opposition des sexes, mais il fait succéder ces deux sexes chez le même individu.

— Plus récemment, plusieurs auteurs (CHAMPY, DAL- BIEZ, TUSQUES); par un ensemble de faits et d’expériences, qui semblent absolument convaincants, ont montré la grande analogie qui existe entre les deux hormones génitales. C’est à cause des « sensibles locales » existants qu’elles agissant différemment dans les deux sexes. On peut provoquer indifféremment avec folliculine ou extrait orchitique des caractères sexuels chez la grenouille mâle.

Cette théorie, sur laquelle nous ne pouvons nous étendre davantage, expliquerait le caractère interchangeable des caractères sexuels. Elle nie tout véritable dimorphisme psychologique entre mâle et femelle.

2° La puberté est loin de constituer une transformation de l'organisme. C’est au contraire la fin d’une évolution.

Déjà, certains (PÉZARD, CARIDROIT) faisaient remarquer que la puberté n’est pas constituée par un phénomène unique, mais par toute une série de faits apparaissant successivement, chacun pour leur compte, sur une période assez longue. Il y a, disent PÉZARD et CARI- DROIT, « des pubertés, non une puberté ». On dirait, dit MaRañoON, que l'hormone sexuelle n’est pas une, mais multiple, et qu'à chaque phénomène correspond son hormone propre, qui peut apparaître plus tard que de coutume, où manquer. (On sait que cette hypothèse d’une polyhormone a reçu un démenti qui semble sans appel par la mise en évidence du caractère ambo-sexuel des hormones génitales).

La plupart des auteurs considèrent qu’il faut faire remonter jusqu'aux stades intra-utérins la première

Ne

apparition des caractères sexuels. En particulier, le signe considéré comme capital, constitutif de la puberté, l’ovulation et l’apparition des spermatozoïdes, marque seulement l’épanouissement d’un phénomène commencé dès l’enfance.

La puberté ne marque pas l'apparition de la sexualité, mais la maturité génitale. Et peut-être s’il n'existait pas, chez la fille, un signe qui frappe l’imagination (la menstruation), n’aurait-on jamais pensé à y attacher une telle importance, et à lui attribuer une révolution mentale d'importance égale. é

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