I. Les tests (test, en anglais — épreuve
Ce mode de mesure de l'intelligence a été appliqué en France, dès 1905, par BINET. On sait que celui-ci a établi, pour chaque âge, de 3 à 18 ans, une série de cinq épreuves dont la réussite correspond à |’ « âge mental » de l’enfant, âge qui doit être parallèle, normalement, à l’âge chronologique. Ces tests ont été établis, empiriquement, en prenant l'intelligence moyenne d’un grand nombre d’enfants d’âges différents. Cette méthode a fait ses preuves. D'une grande utilité pratique, les tests de BINET et SIMON sont couramment utilisés. A l’étranger, on utilise des tests analogues (TERMANN, par exemple).
Or, par cette méthode, on s’aperçoit que, chez le sujet normal, le niveau mental ne progresse plus à partir de 15 ans; si on refait un examen quelques années après, il est resté le même.
La puberté marque le plafond de l'intelligence. A cet
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âge, les divers mécanismes intellectuels sont acquis : comparaison, généralisation, abstraction, peuvent fonctionner. On les voit, ces différents mécanismes, apparaître et se perfectionner peu à peu au cours de l’enfance. Particulièrement suggestive est, à cet égard, l’étude du test de la gravure. L’enfant, on le sait, y décrit une gravure, représentant, par exemple, un pauvre traînant ses meubles dans une voiture. A 3 ans, l’enfant décrit par « énumération » : « Il y a un homme, une voiture. » A 7 ans, il décrit, fait des liaisons entre les différents éléments : « C’est un homme qui traîne une voiture. » À 15 ans, ayant atteint le sommet, il interprète : « C’est un malheureux qui déménage », ou, les plus intelligents, par généralisation et abstraction : « C’est un déménagement. »
A ce moment, le plafond de l'intelligence est acquis :
l’homme peut devenir plus savant, il ne deviendra pas plus intelligent. Ce plafond, nous l’avons dit, est atteint à 15 ans. La puberté est donc la fin d’une évolution dont on peut suivre les étapes d’âge en âge.
— Chez les débiles mentaux, le même arrêt se produit du niveau mental à 15 ans. On pourrait penser, en effet, qu'un enfant « arriéré » va continuer son développement intellectuel plus longtemps. Or, il n’en est rien. Et les nombreux exemples de débiles que nous avons eu l’occasion d’observer, dans le service de neuro-psychiatrie du D'-HEUYER, ont confirmé ce fait. Progressivement, au contraire, d’année en année, le retard intellectuel de l’enfant s’accroît. S'il n’était que d’un an à 6 ans, par exemple, il sera de 2 à 8 ou 9 ans, de 3 à 12. Puis, à 15 ans, toute progression cesse.
Voici, à titre d'exemple, — car tous sont calqués sur le même modèle, — quelques niveaux mentaux de débiles qui ont été régulièrement suivis jusqu’à l’adolescence.
Dab. Simone, 8 ans, amenée en 1925 à la consultation pour débilité intellectuelle, N.M. — 6 ans, maladresse manuelle, émotivité, paresse. Le corps thyroïde est un peu gros, il existe une ébanche de signe du sourcil. Le M.B. est de — 19,5 %. B.-W. légèrement positif. On institue traitement opothérapique et antispécifique (tréparsol).
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À 9 ans : son niveau mental est de 7 ans. Elle est un peu moins maladroite.
9 mois plus tard, son niveau mental ne s'est pas modifié. t:
A 14 ans, elle présente des signes de prépuberté. N.M. : 8 ans 1/2. Elle reste maladroite et émotive.
A 15 ans, elle est réglée. Son niveau mental est de 8-ÿ ans.
La lenteur des mouvements, l’émotivité persistent.
À 17 ans, N.M. 9 ans. M.B. — 7,6.
Enfin, en mai 1935, à 18 ans 1/2, où elle a été vue pour la dernière fois, pas de modification de l’état mental.
G. Grégoire, âgé de 14 ans, examiné pour la première fois en octobre 1935, a un niveau mental de 7 ans. Maladresse manuelle. Les testicules ne sont pas dans les bourses. Le M.B. est supérieur à la normale.
A 17 ans : N.M. 8 ans. Signes de prépuberté P2Ac).
Les testicules sont dans les bourses.
Il est toujours maladroit de ses mains.
A 19 ans : le niveau mental reste le même. Est placé comme commissionnaire.
Sa. Georges, âgé de 9 ans : en février 1926, très légère débilité intellectuelle : N.M. 8-9 ans. Légers troubles du caractère (colères). Enurésie. Signes de dysthyroïdie.
Traitement opothérapique.
A 10 ans, l’énurésie a disparu depuis 7 mois. Le caractère s’est également amélioré.
À 11 ans 1/2, N.M. 10-11 ans. Retard scolaire plus important.
A 12 ans 1/2, NM. 11-12 ans.
À 13 ans 1/2, prépuberté : P2A1, MB. — 21 %.
À 15 ans 1/2, vient d’échouer au C.E.P. (Il n’y a pas eu examen du niveau mental, mais le C.E.P. correspond à 13 ans). Puberté acquise.
Nous avons pris à dessein des cas où des signes organiques surajoutés (insuffisance thyroïdienne légère, ectopie testiculaire, spécificité) permettaient, par l’action du traitement, d’espérer une amélioration, même après la période pubertaire, du niveau intellectuel. Il n’en a rien été. Il est à remarquer de plus que la maladresse manuelle, si souvent associée à la débilité mentale, ne s’est