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Il voulait être prêtre, Il était dans un séminaire, où il travaillait très bien: une lettre du directeur en témoigne. Il y a quelques mois, un camarade, Mare, le fait punir, probablement sans intention malveillante. Il voue à ce Marc une haine tenace et le prévient qu’il se vengera.
Il y a un mois, il se sauve du séminaire, va chez sa mère, dit qu’il ne veut plus continuer ses études, se place dans une maison d'automobiles, y travaille très bien, mais n’y reste que 8 jours ; quand il a touché sa paye, il achète un couteau de cuisine, prend le train, retourne au séminaire. Il saute le mur, se cache dans une armoire. C’est là qu’il a été découvert et arrêté.
Comme on le voit, dans cette forme extrêmement grave de caractère paranoïaque, les tendances préexistaient nettement, et il en est de même dans toutes les formes vraiment accusées, pathologiques, et qui surviennent à la période pubère.
6° C’est aussi à la puberté que les tendances perverses de l'individu se concrétisent et prennent une forme définitive. Il est assez difficile de définir la perversion : RÉGis la définit : « amoralité, inaffectivité, impulsivité, inadaptabilité >». Pour DUuPRÉ, c’est « l’ensemble des anomalies constitutionnelles des tendances de l’individu, considéré dans son activité morale et sociale >. MOREL la définit : « indocilité au travail et apparition précoce des plus mauvais instincts ».
Pour que l’on puisse parler de « perversion », il faut que les troubles graves du caractère soient au complet, réalisant un syndrome, avec : malignité, besoin de faire le mal pour le mal, mensonges, vols, fugues et manifestations érotiques excessives et anormales.
Dans ce cas, malgré les apparences (car fréquemment la famille trompe plus ou moins consciemment et observe mal), les perversions n’ont pas attendu la puberté pour se manifester : on trouve toujours, dans les antécédents du sajet, des preuves précoces de sa malignité instinctive. Si elles paraissent plus importantes à la puberté, c’est qu’il acquiert à cet âge, par sa force, par son intelligence, par son pouvoir sexuel, plus de puissance à nuire et qu’aussi, passant d’un milieu familial, où on tend à excuser ou à dissimuler sa malignité, à un milieu social
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moins favorablement disposé en sa faveur, il a souvent maille à partir avec la justice. À ce moment, la famille cache la négligence qui a laissé l'enfant sans soins, et les conditions familiales déplorables où ce pervers à vécu, disant qu’il n’était tout de même pas aussi méchant auparavant.
En réalité, depuis son plus jeune âge, ce pervers falsifiait ses notes de classe, accusait faussement ses camarades, les brimait, leur dérobait crayons, stylos et menus objets, martyrisait les animaux, ses frères et sœurs plus jeunes, volait des sous à sa famille pour satisfaire sa gourmandise ou sa vanité, mentait par fatuité, intérêt ou malignité, pratiquait la masturbation seul ou en commun, provoquait parfois des incendies ou avait des tendances éthyliques.
Quand il atteint l’âge pubère, au lieu de dérober à sa famille de petites sommes, il vole chez ses patrons, ou fait partie d'une bande de cambrioleurs. Il est volontiers homosexuel (vagabondage spécial) ou envisage la situation lucrative de souteneur.
La fille se prostitue. Chez tous deux, mais plus fréquemment chez la jeune fille, s’observent les manifestations mythomaniaques mises au service de la malignité. Elles revêtent souvent la forme de mythomanie calomnieuse combinée aux tendances érotiques (accusations de viol).
Men., 16 ans, niveau mental : 11 ans. À passé devant le tribunal des mineurs pour tentatives d’assassinat sur une jeune fille de 15 ans 1/2 qui, après avoir été sa maîtresse, refusait de continuer toutes relations avec lui ; ensuite, il a tenté de se suicider.
Instable, il a fait six places en un an. À commis des vols importants, bien organisés (cambriolage), depuis l’âge de 123 ans.
Avait des rapports sexuels avant l’âge de 14 ans. Il avait en effet été déjà examiné à la consultation de cet âge et y avait été traité pour blennorragie,
Tatouages faits par lui-même.
L'étude des antécédents de ce garçon apprend que son père, bien portant lui-même, avait un frère « original » aussi. La mère est morte de tuberculose pulmonaire.
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Elle avait fait un accès mélancolique avec tentatives de suicide, et était diabétique.
L'enfant a parlé et a été propre tard.
En classe, il ennuyait ses voisins, battait ses camarades ; il a volé de menues sommes à son père depuis son enfance. Il était menteur et suggestible.
Pois. Georges a été examiné à la consultation de neuro-psychiatrie infantile avant sa puberté, à 10 ans 1/2, et, après celle-ci, à 18 ans 1/2 et à 19 ans 1/2.
— À 10 ans */2, le 30 mars 1926, il a un niveau mental de 8-9 ans. A cet âge, il a fait des fugues depuis un an 1/2. Ses fugues, nombreuses, durent parfois 6 jours.
Il est méchant, menteur, calomniateur. Il vole à sa famille l'argent des commissions.
— À 18 ans 1/2, il a un niveau mental de 10 ans 1/2 ; n’a pas eu son certificat d’études primaires. Il est pubère. Bon état physique.
Il a commis des vols importants et vient de participer à un cambriolage. Les fugues continuent.
— Un an plus tard, à 19 ans 1/2, les tentatives de placement ont échoué ; il vient de faire une nouvelle fugue. Il désire s'engager. À un rasoir en poche.
Hug. Max., âgé de 14 ans, est pubère, de niveau mental normal. Il a fait une fugue de trois jours, il y a deux mois, est menteur, brutal avec sa famille. Il frappe sa belle-mère et sa grand’mère. D'une inaffectivité complète à l’égard de ses parents, il n’a manifesté aucune peine à la mort récente de sa mère. Il est méchant avec les animaux ; il a volé de l’argent à sa grand’mère. Malgré la puberté acquise, il pratique la masturbation. Tendances éthyliques (apéritifs). Il n’a pas d’amis, n'aime personne, se bat volontiers.
Or, ce sujet, dès l’âge de 7 ans, où il a été mis en classe, faisait l’école buissonnière, travaillait mal. Il était cruel envers les animaux : frappait les chiens, lançait des pierres aux chats, donnait des coups de pied aux veaux ; il a arraché la corne d’une vache à {1 ans.
Coua. Jean, âgé de 15 ans, le 21 décembre 1926.
Faisait aussi l’école buissonnière dans l’enfance, travaillait mal en classe. Il maraudaït, volait à sa mère des chjets, de petites sommes, entre 10 et 20 francs, et à
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ses camarades, des stylos. Avant 11 ans, il falsifie une carte de chemin de fer. Il était brutal avec les camarades plus faibles.
A 11 ans, il est mis au lycée Condorcet. Il est renvoyé à 13 ans pour son insolence, sa dissipation en classe, ses absences fréquentes, pendant lesquelles il flânait dans les rues.
Mis au lycée Michelet, il est renvoyé à 14 ans pour une amitié équivoque avec un camarade.
A Louis-le-Grand, dont il est renvoyé pour le même motif, il ne reste que deux mois.
En mars 1926, à 15 ans, il se fait renvoyer d’une école privée.
En novembre 1926, il s'enfuit d’une école commerciale pour retrouver une amie dont il a fait connaissance au cours des grandes vacances. Il aurait pendant cette période eu des relations sexuelles avec sa sœur (?). Enfin, en décembre, il est arrêté au cours d’une nouvelle fugue pour avoir voyagé sans billet.
Actuellement, il est pubère ; mais il conserve tous les troubles du caractère de son enfance. Il est vaniteux, coquet, satisfait de sa personne physique et de ses actes; il est mythomane.
Depuis son enfance, ce sujet a vécu dans un milieu familial peu satisfaisant. Les parents, actuellement divorcés, se disputaient l'enfant et se dénigraient mutuellement auprès de lui.
Trem. Robert est âgé de 16 ans 1/2 en novembre 1926.
Ses tendances perverses revêtent surtout la forme des vols. Il va en effet passer en jugement pour de nombreux larcins. Il dérobe rarement de l’argent, mais des objets : une montre, qu’il a démolie immédiatement (ce qui prouve la malignité du sujet), des poulets chez l’adjoint au maire, etc.
Il a commencé à voler à 4 ans 1/2, non à ses parents, comme nous avons vu que c'était la règle chez ces pervers, mais à des étrangers, ce qui permettait de prévoir déjà la spécialisation, si l’on peut dire, vers le vol de ses tendances perverses. À 4 ans 1/2, il volait des brioches chez le boulanger. Il a été renvoyé de trois écoles car il y volait systématiquement objets et monnaie. Il partageait
les objets avec des amis et allait employer l'argent à boire avec des soldats.
Actuellement pubère, il présente des stigmates de dégénérescence : voûte ogivale, strabisme. Ici encore, le milieu familial a été déplorable, les parents divorcés, l’enfant livré à lui-même.
Chez le sujet suivant, les perversions, très limitées, se sont montrées exactement les mêmes avant et après la puberté : brutalité, s’apparentant au sadisme, s’exerçant seulement dans la famille.
Mel. Robert est vu pour la première fois à la consultation du D’ HEUYER en 1931, à l’âge de 13 ans. D’intelligence supérieure à la normale (il vient d’obtenir une bourse pour les ateliers-écoles de la Ville de Paris), il travaille très bien et ne présente aucun trouble du caractère hors de la maison. Il est par contre difficile avec sa tante qui lui tient lieu de mère, et à qui il reproche de ne pas se laisser embrasser. Il est désobéissant avec elle, menteur, lui a volé de petites sommes d’argent, la brutalise.
Il ne présente aucun signe de pré-puberté (PoAo).
Pris en observation au patronage, il s’y est assez bien comporté ; il a cependant mordu le nez d’un voisin.
. Placé ensuite dans une école d’horticulture en province, séparé de sa tante, il ne présente aucun trouble de la conduite.
En 1938, à 19 ans 1/2, il est retrouvé à l’Infirmerie du Dépôt par le D' HEUYER. Il a menacé de mort sa tante et sa sœur, qui a grandi depuis 1931 et est devenue une jeune fille, lui promet de les faire rôtir toutes les deux dans le logement.
Ses troubles du caractère ont recommencé à se manifester depuis son retour dans la famille, il y a quelques années, mais actuellement c’est surtout la sœur qu’il brutalise. Il essaie de l’embrasser, la bat quand elle résiste. Il a été interné il y a deux ou trois ans pour avoir donné à sa sœur un coup de couteau dans la fesse, action où entrait très probablement un élément sadique. (Il est à signaler qu’en 1931, dans une épreuve sur les associations d'idées, le mot : sœur avait éveillé chez lui les mots : noce, honte, haine, police).
Comme on peut le voir, ce bourreau domestique dont les troubles reposent vraisemblablement sur des complexes affectifs, a présenté des troubles absolument superposables avant et après sa puberté. Il a seulement transposé ses brutalités de la personne de la tante à celle de sa sœur.
Citons, pour terminer, l'observation de :
W. Michel, âgé actuellement de 15 ans.
Il est pubère, a eu des rapports sexuels normaux.
En décembre 1937, avec un camarade, il s’enfuit du collège où il était consigné pour sa mauvaise conduite, vagabonde dans Paris, puis avec son camarade pratique une agression sur sa tante qui lui servait à manger, la ligote, lui vole 8.000 francs et divers objets.
Ors. W. A déjà été observé il y a un an à la consultation et les parents avaient alors donné des renseignements complets sur son enfance.
Dès qu'il fut mis à l’école, il s’y montra bavard, remuant, touche-à-tout, sournois, menteur, n’avouant jamais, bien que, nous dit son père, « je le rossais à le laisser sur le carreau ». |
Il volait depuis l’âge de 7 ans, 2, 8 fr., pour acheter des bonbons, des timbres-poste pour sa collection. Il a pris 100 francs à plusieurs reprises. En février 1936, il avait volé 900 fr. à son père, mais celui-ci réussit à les récupérer sous la menace « d’une trique ».
Depuis il n’a cessé de faire des fugues avec les sommes dérobées à ses parents, sa tante, son grand-père, chez qui on a successivement tenté de le placer.