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Voici pour lui les caractères sexuels masculins :
— aptitude à la vie sociale,
—— apparition de l’esprit d’abstraction et du génie créateur.
La psychologie féminine serait au-contraire essentiellement caractérisée par :
l’affectivité aiguë : la femme voyant faits et événements à travers ses sentiments bien plus qu’elle ne les juge par le raisonnement. C’est ceci, dit MARAñON, qui fait « sa grandeur morale et son infériorité sociale ».
L'instinct maternel.
Ces caractères sexuels -secondaires, fait remarquer MaRaAñoON, peuvent, comme tous les autres, passer d’un sexe à l’autre, réalisant autant d’états intersexuels.
Ce dimorphisme sexuel psychologique a été affirmé par de nombreux auteurs, tant psychologues que médecins (MENDOUSSE en particulier). THORRIS VAN BORRE donne comme caractères sexuels chez l’homme: la combativité, l’instinct paternel, l’amour de l’ordre (!), l'esprit d'analyse, l'impulsion à siffler.
Chez la femme : le besoin d’enfant, le plaisir à allaiter, l'esprit intuitif, l'absence de sifflement.
On pourrait multiplier ces distinctions, mais en pratique elles apparaissent bien schématiques et théoriques.
Pour résumer ces données modernes sur la sexualité de l’enfant et de l’adolescent, on peut dire, nous semblet-il, avec ces auteurs : 1° Qu'il existe normalement une sexualité avant la puberté. Mieux même, cette sexualité infantile est indispensable à la sexualité normale de l’adulte, qui n’en est que l’aboutissant. Les psychanalystes ont, peut-être, donné une place exagérément large à la vie sexuelle chez l’enfant : elle n’en existe pas moins. Bien des faits le prouvent : la jalousie du petit garçon envers son père, sa curiosité du corps de sa mère, puis des petites filles, sa complaisance à exhiber aux autres enfants ou à ses parents ses organes génitaux, et ses fesses qu’il assimile volontiers à ceux-ci, ses recherches, peut-être exacerbées par le mystère ambiant, mais spontanées aussi, sur l’origine des enfants, sur la nature des relations entre les sexes, etc., etc., et enfin un fait que nul observateur impartial ne peut nier, la fréquence de
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la masturbation infantile, surtout chez le petit garçon. Au début, d’ailleurs, c’est à peine une manifestation sexuelle, car il ne s’y associe aucune image mentale correspondante. C’est une volupté organique, analogue au plaisir digestif. Ce n’est que plus tard, parfois seulement après la période de latence, que le sujet y associe des rêveries sensuelles: d’abord images anatomiques naïves et grossières, puis à l'adolescence, individu du sexe opposé, soit évoqué avec une nudité extrême, soit plus rarement être désexualisé, poétisé.
Et si l’on désire un argument biologique, palpable, pourrait-on dire, de la sexualité chez les jeunes êtres, non encore pubères, on pourrait se reporter au fait suivant signalé par LETARD dans une étude sur la sexualité chez les animaux domestiques : les jeunes animaux (non encore sevrés) manifestent des tendances érotiques envers leur mère par des manœuvres non équivoques.
Nous n’apportons aucune observation à l’appui de l’existence de la sexualité infantile. C’est qu’une seule des manifestations sexuelles normales de l’enfant amène les mères à consulter : la masturbation. Toutes les autres sont ignorées des parents qui ferment volontairement les yeux et ont oublié quelle fut leur vie d’enfant, ou tolérées par la société qui les classe sous d’autres rubriques que celle de sexuelle. Certes nous avons sous, la main de nombreuses observations d’érotisme infantile. Mais nous ne pouvons en tenir compte pour la sexualité normale de l'enfant, car elles constituent, quand elles amènent les parents à consulter, des indices de perversion.
« Si nous nions la sexualité de l’enfant, dit FREUD, c’est parce que nous ne voulons pas la voir. Désireux de ne pas nous mettre en contradiction avec les croyances, nous voulons le voir comme pur, innocent, et quiconque le décrit autrement est accusé de sacrilège, ». Nous nous mettons en opposition avec cette thèse en réprimant chez l’enfant, sous le terme de « mauvaises, habitudes », tout ce qui crie trop clairement que cette sexualité existe quand même.
Ce que la puberté apporte à l’être humain, c’est la fonction de reproduction qui se sert, pour réali-
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ser ses buts, d’un appareil corporel et psychique déjà existant.
A la puberté vont apparaître :
__ Un fait tout à fait nouveau, physique, la puissance sexuelle. dé
— Un fait psychique, la libido, désir de réaliser l’union sexuelle, d’abord vague, puis avec un sujet de l’autre sexe.
A côté de cette sexualité normale, il faut envisager les perversions sexuelles.
Elles apparaissent, semble-t-il, à la puberté. C’est alors que sadisme, masochisme, bestialité, homosexualité et prostitution se font jour.
Il faut se demander, ici encore, si ces perversions naissent vraiment alors ou si, par une observation attentive de l’enfant, on eût pu les prévoir.
L'étude de ces perversions sexuelles est, plus que celle des troubles du caractère, difficile à suivre, car l’enfant vicieux, devenu pubère, cache fréquemment sa perversion, et consulte d’ailleurs rarement pour ce motif. Les sujets arrêtés pour attentats aux mœurs donnent rarement des renseignements dont on peut tenir compte.
Cependant, il nous a semblé, comme on va pouvoir en juger par les observations suivantes, qu’il faut distinguer deux ordres de faits :
— Certaines perversions de l’adulte, dont le type est la prostitution féminine, et, dans de nombreux cas, l’homosexualité, ne se bornent pas à des perversions sexuelles, mais s’intriquent avec des perversions du caractère : instabilité, paresse, lucre, etc.
— D'autres perversions sexuelles sont, si on peut s'exprimer ainsi, plus polarisées, plus souvent indépendantes de troubles du caractère. Parmi celles-ci se placent le sadisme, le masochisme et l'homosexualité dite congénitale.
Dans le premier ordre de faits, on ne retrouve pas constamment chez l’enfant des manifestations sexuelles anormales. Rappelons que, pour qu’on puisse parler de sexualité anormale de l’enfant, la masturbation ne suffit pas. Quand elle ne dépasse pas certaines limites, elle reste, peut-on dire, physiologique. Au contraire, est anor-