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male une sexualité qui se traduit par une masturbation d’une extrême fréquence, l’hétéro-masturbation, les fugues accompagnées d’enfant d’autre sexe, exhibition, bref tout un ensemble de manifestations qui constituent un véritable érotisme de l’enfance. Ces symptômes chez l'enfant sont d’un très mauvais augure pour l'avenir moral du sujet. Ils sont parfois très précoces :
FI. Gisèle, 5 ans 1/2, est renvoyée de l’école pour masturbation pendant la classe, recherche de partenaires pour masturbation en commun ; est coquette et mythomane.
Aub. Georgette, 9 ans 1/2, fait une fugue avec des galopins du village. Masturbation, mythomanie calomnieuse, méchanceté envers les animaux et enfants plus jeunes.
Mais ces tendances sexuelles anormales ne sont pas relevées constamment dans les antécédents des prostituées ou des invertis.
Ce qui est constant, ce sont les troubles du caractère allant souvent jusqu’à la perversion : instabilité, malignité envers les enfants plus jeunes et les animaux, mythomanie mise au service des tendances érotiques, quand celles-ci existent déjà : le type le plus fréquent étant l’accusation du viol portée par des fillettes perverses.
Coin et ROLLET, dans leur « Médecine légale infantile », citent le cas de deux garçons de 11 et 12 ans, qui tuèrent, pour la violer, une vieille femme de 80 ans. Ce cas prouve bien l’association d’amoralité aux anomalies sexuelles.
Souvent aussi, {a débilité mentale est associée aux troubles du caractère, surtout chez les futures prostituées.
Voici quelques observations de perversions sexuelles, surtout prostituées, qui montrent la constance des troubles du caractère et de l’intelligence, l’inconstance de l’érotisme de l’enfance.
Jam. Augustini est arrêté, à 18 ans, pour vagabondage et prostitution ; elle était, au moment de son arrestation, avec un individu, condamné à huit mois de prison pour exercice du métier de souteneur.
Elle a quitté sa famille à 15 ans, quelques mois après
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une tentative de suicide par balle de revolver, et s’était déjà prostituée, pilotée dans ce métier par une camarade. Placée dans un patronage, il fut impossible d’obtenir, pendant les deux ans où elle y resta, aucun travail. Elle n'avait qu’une idée : s'enfuir. Après plusieurs tentatives infructueuses, elle y réussit il y a trois mois.
Son intelligence est normale. Niveau scolaire : 8 ans. Mais elle a toujours été d’un caractère difficile. Instable, elle a fréquenté irrégulièrement l’école ; elle faisait souvent l’école buissonnière. Très menteuse dès l’enfance. Volait, mais peu fréquemment. « Très précocement, dit la mère, elle a manifesté des tendances érotiques, recherchant les garçons. » Elle était et est encore d'humeur instable : des périodes d’agitation et de turbulence succédant à des crises de dépression, de tristesse, avec angoisse. Elle a été réglée à 14 ans On l’a placée dans une fabrique de cartonnages à ce moment. Elle y a connu une femme qui se prostituait, et, à partir de ce moment, ‘ses troubles se sont accusés. Ajoutons que le milieu familial (comme le milieu que cette fillette rencontre à J’usine) est déplorable. Le père est alcoolique, la mère est brouillée avec ses autres enfants et se désintéresse de leur sort.
Cette observation montre :
— les tendances érotiques précoces de l’enfant,
— les troubles du caractère associés,
et, comme facteurs extérieurs : le mauvais milieu familial et la rencontre, à l’établissement de la puberté, d’une camarade dont l'influence fut des plus néfastes.
God. Renée, 16 ans, a été arrêtée le 26 octobre 1927 pour prostitution.
Elle a été d’abord élevée par sa mère, divorcée, et remariée avec un homme peu affectueux avec l’enfant.
Quand Renée eut 11 ans 1/2, sa mère mourut.
Sa sœur la plaça comme petite bonne dans un restaurant. Un an après, elle est placée comme petite bonne également chez des parents qui la ramènent à Paris quatre mois après.
Dès son arrivée à Paris, elle se prostitue ; sans y être entraînée, dit-elle, par personne. Elle emmenait chaque soir un nouveau client à l’hôtel. Une fois seulement elle
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eut une liaison de huit jours. Elle a été réglée tôt, à 13 ans, et présente actuellement une blennorragie.
God. Renée a un niveau mental de 11 ans, un niveau scolaire de 8. Elle a fréquenté irrégulièrement l’école en raison de ses troubles du caractère, instabilité en particulier.
Rob. Germaine, âgée de 19 ans, est arrêtée pour vagabondage et prostitution. Elle couchait aux abords des forts de Bicêtre et d’Ivry, racolant les soldats.
Son hérédité est très chargée.
Le père est mort tuberculeux, comme son père et sa mère.
Il avait divorcé d’avec sa femme, débile mentale, alcoolique, qui est morte internée à Maison-Blanche.
L'enfant a été recueillie par sa tante, aveugle, qui la surveillait mal. Elle avait perdu cinq frères de méningite.
Très arriérée, elle présente une incontinence d’urines jusqu’à 13 ans. Scolarité de 6 à 13 ans. Elle y travaille mal. Elle a toujours été paresseuse, impulsive, probablement voleuse, certainement mythomane, avec hâblerie vaniteuse et sotte, mythomanie qu’elle a conservée, car elle raconte actuellement des histoires invraisemblables et contradictoires (nie contre l’évidence sa prostitution).
En 1927, à 18 ans, elle fait la connaissance d’un ami, part de chez sa tante et s’installe avec lui. II la quitta un mois après. Elle fait plusieurs places (sa tante refusant de la reprendre), puis rencontre une « copine », qui la fait se prostituer. C’est une débile mentale : son niveau mental est de 11 ans. Elle a été réglée à 17 ans. Blennorragie.
Bar. Yvonne, 16 ans. A été arrêtée pour vols, mais si on n'a pas prouvé la prostitution, il est établi que depuis un an environ, elle a eu de nombreux amants de rencontre. Elle a volé à des amis de Pargent, un livret de caisse d’épargne, et diverses autres choses chez des patrons où elle est restée quelques jours.
Ses parents ont divorcé quand elle avait 6 ans. Son père la plaça chez la grand’mère paternelle, puis quand celle-ci mourut, la prit avec lui. Sa mère l’enleva alors, un soir, à la sortie de l’école, elle la mit chez la grand’-
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mère maternelle, puis la prit chez elle. Elle avait un amant, en changea pour un deuxième. Le beau-père, paraît-il, l'aurait poursuivie. Elle affirme, puis nie avoir eu des relations sexuelles avec lui. Elle semble réellement avoir subi à 10 ans une tentative de viol d’un autre individu. Il n’y avait qu’une pièce. Quand la mère avait des relations sexuelles avec son amant, la fillette était envoyée dans la rue. Elle prit ainsi l'habitude de sortir le soir.
A 15 ans, elle devint la maîtresse d’un jeune homme habitant la même maison. Sa mère ayant voulu la faire placer dans un patronage, elle se sauve et commence alors une vie déréglée.
Elle a toujours eu des troubles du caractère : mythomanie, impulsivité, instabilité. Dans les écoles où elle passa, elle a travaillé très différemment suivant l’influence et la surveillance de la maîtresse.
D'un niveau mental normal, elle a été réglée à 11 ans.
Val. Hélène, 17 ans 1/2. N'est pas encore réglée. Fille est renvoyée de toutes ses places pour son inconduite, sa saleté, alliée à une coquetterie excessive. Depuis sa petite enfance, elle s’est montrée paresseuse, sournoise, mythomane et coquette. A 13 ans, elle avait déjà une liaison avec un homme marié.
Comme on le voit, de ces quelques observations, on peut tirer les conclusions suivantes :
1° On retrouve, inconstamment, dans l’enfance, des manifestations érotiques anormales.
2° Ce qu’on retrouve toujours, ce sont : soit de la débilité mentale, soit des troubles du caractère, soit ces deux facteurs réunis.
8° Un facteur également constant, c’est le milieu
familial déplorable, nous pouvons même dire : effroyable.
Sur ce terrain prédisposé par les troubles du caractère, la débilité, les tendances érotiques anormales parfois, vient agir l'influence extérieure la plus déplorable pendant toute l’enfance, et en particulier au moment de la puberté, Le sujet, amoral et perverti, est incapable de
résister à ses instincts et à ses besoins physiologiques nouveaux : signalons aussi l'importance des fugues comme élément pervertissant les adolescents, car au cours de ces fugues, démunis d’argent, ils se trouvent sollicités fréquemment et entraînés à la prostitution ou la pédérastie passive.
En somme l'influence de la période pubertaire paraît dans ce premier groupe de perversions, très importante, car nombre de fillettes présentent des troubles du caractère, voire même de la débilité mentale associés, ne se prostituent pas. Il y a vraiment, à cette époque, une phase où l'orientation de la vie sexuelle va dépendre des influences extérieures. Sans doute il faut une prédisposition, mais elle seule, dans nombre de cas, n'aurait pas suffi. Ces types d’adolescents sont à la fois des. pervers du caractère et des pervertis sexuels.
Nous pourrions faire des considérations analogues pour les attentats à la pudeur, tentatives de viols sur des enfants, exhibitionnisme commis par des adolescents, hommes ceux-là.
Il s’agit de sujets présentant des troubles du caractère, mais plus souvent, débiles mentaux profonds ou imbéciles qui, à l’apparition des désirs sexuels, incapables de réprimer leurs instincts, mais ne pouvant ou -n’osant s'adresser à des adultes, s’attaquent à des fillettes, qu’ils comptent effrayer, parfois à des animaux. Ceci n’a rien de spécial à l’adolescence, mais apparaît généralement à cet âge.
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Toutes différentes sont les perversions du second groupe : sadisme, masochisme, homosexualité native, etc. Ces perversions peuvent ou non être associées à des perversions du caractère. II nous semble que ces perversions, la puberté ne les a pas créées, elle ne les a mèême pas favorisées en rendant le sujet plus sensible aux influences extérieures, elle les a seulement rendues plus évidentes, et par une étude attentive et avertie de l’enfant, on aurait pu les prédire à coup sûr.
Nous avons vu que, pour Freud, la perversion sexuelle
ne se différenciait de la sexualité infantile anormale que par sa concentration sur un but unique. Or, parfois, la sexualité de l’enfant n’est pas atypique seulement par son caractère excessif mais aussi par sa centralisation sur une seule manifestation, parfois normale chez l’enfant (exhibitionnisme), d'autres fois: anormale (sadisme par exemple). Dans ces cas, la sexualité de ces enfants ne diffère plus du tout de la perversion sexuelle et il nous a semblé que quand l’adulte présentera une perversion, on pourrait en trouver déjà la racine dans l’enfance. Ce début est parfois net très précocement.
Voici l’observation d’un enfant de 6 ans 1/2 qui montre combien nettes peuvent être déjà à cet âge les perversions sexuelles.
Sig. André, âgé de 6 ans 1/2, est amené à la consultation le 24 mars 1926.
IL est d’une famille tarée : 6 frères et sœurs sont morts dans la première enfance, une tante a présenté des troubles mentaux. Il a marché et commencé à parler tard.
Mis à l’école récemment, il en a été renvoyé presque immédiatement, l’instituteur le trouvant « anormal ». Il est menteur, soutient qu’on le prive de nourriture, est voleur (à l’école il prenait les bonbons et les desserts des autres dans leurs paniers).
Son comportement est normal avec ses frères et sœurs, sauf avec sa plus jeune sœur âgée de 2 ans. Auprès d’elle, il semble énervé, la mord, tente de pratiquer sur elle la. masturbation. Lui-même se pique a verge avec des épingles de sûreté. Une petite fille le lui aurait appris à la campagne. Le frère du sujet qui était à ce moment avec lui est normal et dit n’avoir rien remarqué.
Nous ne savons malheureusement pas quelle est maintenant la vie sexuelle de ce sujet, qui doit être pubère actuellement.
Rappelons que presque tous les pervers font remonter leur perversion à l’enfance. Jean-Jacques Rousseau, qui resta masochiste adulte, en relate dans ses mémoires le début dans l’enfance.
Le sergent Bertrand, célèbre pour son nécro-sadisme, raconta à l’audience qu’enfant, il faisait de longues stations au bord de la rivière, dans l’attente du passage de
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quelque bête crevée, au fil de l’eau, le ventre enflé, vue qui lui causait, dit-il un étrange plaisir.
KRAFFT-EBING, TARNOWSKY, CHEVALLIER qui ont étudié l’uranisme, signalent que ces sujets se trouvaient dès l'enfance homosexuels de tendances : « leur pudeur précoce s’alarmait à s’habiller devant un homme », certains étaient coquets, aimant la parure et les jeux des filles.
Le Professeur CLAUDE rapporte l’observation d’un sadomasochiste de 29 ans, arrêté pour avoir étranglé une jeune fille et dévoré une partie de la fesse. Dès son enfance, exposera-t-il, il avait « la pensée de la chair », il se faisait des coupures sur la peau des cuisses ou du ventre qui lui furent constatées. Il éprouvait un bonheur à voir tuer les cochons, à leur couper des morceaux de peau, à mordre à même l’animal suspendu. Le sadisme et le masochisme paraissaient étroitement combinés. C’est ainsi qu’il déclarait qu’il aurait voulu être éventré et suspendu comme le cochon, et d’autre part qu'il aurait voulu faire la même chose aux enfants de son âge dont la chair iui faisait envie. À 13 ans, n’ayant pas encore de notions précises sur la sexualité, faisant route avec une fille, il avait envie de la faire tomber pour lui enlever un morceau de chair et le manger. Je ne sais pas, ajoute-t-il, ce qui m’a retenu. Plus tard, pubère, ces tendances continuèrent modifiées seulement par la recherche de la femme non pour avoir des rapports sexuels normaux, mais pour la mordre, ce qui déterminait des éjaculations.
SCHUTZENBERGER et ORLY ont rapporté tout récemment, dans les Annales de Médecine légale, deux cas de perversions sexuelles.
Le premier est un fétichiste. Il a commencé à présenter ces manifestations sexuelles anormales à la puberté, à 14 ans. En réalité, il s’agit d’un pseudo-fétichisme. Ce n’est que par suite de l’impossibilité de rapports sexuels normaux qu'il désire, qu’il a recours à cette compensation. 2
Nous n’avons d’ailleurs pu observer suffisamment de fétichistes pour pouvoir émettre une opinion sur la précocité d'apparition de leur perversion.
Le deuxième cas concerne un vieillard récemment
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poursuivi pour attentat aux mœurs sur de petits garcons; pédophilie assez spéciale car la jouissance sexuelle lui était procurée par le contact du garçonnet, quand au cours d’une lutte, il est vainqueur. C’est à 7 ans que le sujet a ressenti pour la première fois un plaisir inconnu, très particulier, en triomphant d’um petit camarade de son âge, Pendant toute son enfance, jusqu’à la puberté, il chercha à retrouver, en se mettant dans les mêmes conditions, ce trouble intense. A la puberté, il se transforma en véritable volupté, accompagnée d’éjaculation.
On voit, dans tous ces cas, que la perversion est nettement apparue dans l’enfance et que la puberté n’a fait que la fortifier et la rendre plus évidente. Il nous a semblé qu’il en est ainsi fréquemment, et, dans les cas, où semble manquer cette origine infantile, il s’agit peutêtre d’une insuffisance de recherche.